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NÉPHRITE SIMPLE AIGUË. — SYMPTÔMES. ÔU

sous le rapport de la coloration et de la température ; le siège de l’inflammation est . trop profond pour que l’on puisse en apercevoir aucune trace à la surface. Rayer a néanmoins cité un cas où l’on pouvait sentir une tumeur au-dessous du bord libre des côtes, point dans lequel il y avait une vive douleur. Mais les cas de ce genre sont tout à fait exceptionnels.

Par la percussion, on ne peut que reconnaître l’existence de la douleur rénale ; mais nous avons vu que la palpation, convenablement pratiquée, suffit parfaitement pour cela, et en supposant même que l’on parvînt à déterminer rigoureusement, parce moyen, l’augmentation de volume du rein, devrait-on acheter la connaissance d’un signe d’une importance aussi secondaire au prix de tous les désagréments que l’exploration occasionne au malade, lorsque nous avons tant d autres signes qui indiquent l’inflammation rénale, affection qui, quel que soit son siège précis, réclame les mêmes moyens de traitement.

Après la douleur, le symptôme le plus important est, sans contredit, le trouble toujours très-marqué que l’on observe dans la sécrétion et dans 1 excrétion de l’urine. Rayer a, sous ce rapport, donné un résumé exact des observations qu’il a rassemblées, et nous ne pouvons, par conséquent, mieux faire que de lui emprunter sa description : « Lorsque, dit-il (1), la maladie est à son début ou dans son état, l’urine est modifiée dans sa quantité, dans son apparence et dans sa composition. La sécrétion de l’urine est toujours diminuée et quelquefois complètement supprimée, surtout lorsque lesdeux reins sont affectés. L’excrétion del urine est rare (deux ou trois émissions dans les vingt-quatre heures), ou bien le malade, tourmenté par des besoins continuels d’uriner, ne rend que quelques gouttes d’urine à la fois, et si l’on introduit une sonde dans la vessie, on ne retire que quelques gouttes d’urine très-colorée... »

Onze malades ont éprouvé dans le cours d’affections diverses, et pendant leur séjour à l’hôpital, les accidents suivants : Douleurs plus ou moins intenses aux lombes, diminution notable ou même suppression presque complète des urines, chez quelques-uns il y avait accélération du pouls et augmentation de la chaleur. Chez tous les malades les symptômes se dissipèrent soit spontanément, soit à la suite d’application de sangsues ou de ventouses scarifiées aux régions lombaires, et dans aucun cas ne persistèrent au delà de quarante-huit heures. A part sa diminution de quantité, l’urine n’offrit, chez aucun sujet, d’altération appréciable dans ses caractères physiques.

L’urine contient toujours une certaine quantité de sang dans la néphrite aiguë traumatique, lorsque l’inflammation se déclare peu de temps après la blessure. On voit aussi quelquefois une certaine quantité de sang ou de sérum se mêler accidentellement avec l’urine, la rendre sanguinolente ou albumineuse dans d’autres néphrites simples aiguës, produites par l’impression du froid et de l’humidité, ou par l’absorption des cantharides. (Rayer.)

Rayer signale ensuite la présence de l'albumine dans un bon nombre de cas de néphrite simple, et fait observer que cette substance ne se montre pas, en pareil cas, d’une manière constante; puis il établit que ce liquide est légèrement acide, quelquefois neutre ou alcalin, que l’acide urique et les uralcs y sont en moins

(1) Rayer, Traité des maladies des reins. Paris, 1839, t. I,p. 302.

MAtAÔlES DES VOTES GÉNITO-URTN AIRES.

ççiaiulf' proportion que dans l’urine saine, et que le dépôt muqueux, ou plus rarement le léger sédiment de pus qui peut se montrer dans l’affection qui nous occupe,

appartient, non a la néphrite elle-même, mais à l’extension de l’inflarfimation aux calices et au bassinet.

L apparence ou les caractères physiques de l’urine sont nécessairement variables dans la néphrite simple aiguë. Lorsque l’urine contient une certaine quantité de sang, elle peut être d un rouge plus ou moins vif ou d’un brun foncé, ce qui a fait diie a quelques pathologistes que, dans la néphrite, l’urine avait une teinte plus foncée que dans aucune autre maladie inflammatoire.

Dans une variété de néphrite {néphrite arthritique), l’urine présente quelquefois une teinte foncée due à un excès de matière colorante de l’urine. Dans ce cas,

1 urine est très-acide et ollrc par le refroidissement un dépôt considérable d’acide inique et d urates. Nous avons cité cette assertion de Rayer, quoique jusqu’à présent il n ait pas été question de cette variété de néphrite, dont nous dirons un mot plus tard ; nous avons cru devoir le faire, parce que celte proposition tend à propager une erreur. A propos de, la néphrite rhumatismale, l'auteur dit luimême que cette apparence des urines est un symptôme de la maladie générale, et n’est nullement de nature à faire soupçonner l’affection des reins.

Lorsque la néphrite simple aiguë est dans son état ou à son summum, et lorsqu elle n’a pas été produite par une plaie ou une contusion, le plus souvent l’urine ne contient pas de sang; alors elle est pâle, ou peu colorée, peu chargée d’acide urique; ce qui a fait ajouter que, dans la néphrite, au plus haut degré d’intensité, l’urine était tout à fait aqueuse.

On a dit que dans la néphrite l’urine était trouble et purulente lorsque la maladie se terminait par suppuration, et que l’urine présentait alors un sédiment blanc et purulent. Mais ce caractère appartient bien rarement à la néphrite. Ordinairement le pus est le produit de l’inflammation de la membrane interne du bassinet, de l’uretère, de la vessie et de l’urèthre, qui complique souvent, il est vrai, celle des substances rénales proprement dites. Dans des cas de néphrite simple aiguë avec dépôts de pus dans la substance corticale, sans inflammation du bassinet et des autres parties des voies urinaires, nous avons constaté plusieurs fois, pendant la vie, que l’urine ne contenait pas de pus. On a regardé comme provenant de la substance rénale proprement dite en suppuration le pus fourni par de véritables pyélites aiguës ou chroniques. Nous n’avons rencontré, dans l’urine, le pus provenant des substances rénales que dans des cas très-rares où les mamelons étaient atteints d’une inflammation ulcérative, ou lorsqu’un foyer de pus, formé dans le rein, s’était fait jour dans le bassinet (Rayer). Dans les cas de suppuration des reins, recueillis par Cossy, les urines n’ont pas été purulentes, mais seulement troubles, ce qui vient confirmer les remarques de Rayer.

De tous les caractères que présente l’urine dans la néphrite simple aiguë, il n’en est aucun qui, considéré en lui-même, puisse faire reconnaître cette maladie. (Rayer.)

Alfred Becquerel (1), ayant recherché, dans un petit nombre de cas (six) de néphrite sans inflammation des conduits urinaires, l’état des urines, a trouvé tout

(1) Alfred Becquerel, Sémiotique des urines. Paris, 1841.

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