NÉPHRITE SIMPLE AIGUË. — SYMPTÔMES. Ô
simplement qu’elles étaient fébriles (c’est-îi-dire peu aqueuses, foncées en couleur et chargées de matières salines, car c’est là ce que cet auteur entend par l’expression d'urines fébriles ), sans autre altération.
[Le docteur Image (1) a publié une observation très-intéressante de néphrite aiguë. Le malade, âgé de trente-trois ans, avait été opéré de hernie étranglée ; quatre jours après, u 1 érysipèle se déclara et disparut au bout de trois jours. Le lendemain, l’urine, qui jusqu’alors avait été normale, renfermait de V albumine.
Fig. 53. — Capillaires du glomérule de Malpighi injectés de bleu de Prusse, montrant la connexion des nucléus avec leurs parois. — a. Vaisseaux enroulés, séparés du glomérule. — b. Partie d’anse vasculaire un peu compiimée. — c. Tissu reliant entre eux les vaisseaux. — d. Petite portion de capillaire excessivement comprimée, montrant l'épaisseur de la paroi capillaiic au point de réflexion. (Bealo )
— Moules dans un cas de fièvre aiguë suppurative. (Beale.)
Fig. 55.
FIG. 54. — Moules des tubes urinifères dans un cas de néphrite aiguë suppurative.
Des moules formés dans la partie contournée du tube apparaissent enfoncés dans une matière qui s’est coagulée dans la partie droite.
(Beale.)
Fig. 56. — Portion d’un moule extrêmement grossie , montrant des corps semblables aux corpuscules blancs du sang, groupés au centre.
(Beale.)
des exsudats fibrineux, des globules du sang. Le malade mourut dix-neuf jours après ; l'indue s'était entièrement supprimée dans les trois derniers jours de la vie
(1) Image, Arch. ofmetlicine. London, vol. Il, p. 28G.
/lÜ,S MALADIES DES VOIES GÉNITO-URINAIRES.
du mu Inde. Il y av ait eu de I anasarque, mais la sensibilité et le mouvement étaient lestés intacts ; on n av ail point observé de vomissements. Les exsudats trouvés dans l’urine, trois jours avant la mort, sont représentés ici (fig. 54, 55).
On aperçoit (fig. 56) une portion de moule de tube à un grossissement de 700 diamètres. Au centre se voient des globules du sang et des sortes de globules blancs qui semblent se gioupei dans 1 exsudât. Les reins étaient très-augmentés de volume et de poids. L un pesait lx 03 grammes et l’autre 465 grammes.
Cette augmentation considérable était principalement due à l’accumulation de matières plastiques dans les capillaires cl les tubes excréteurs. Les vaisseaux étaient distendus par de grandes cellules ressemblant à des globules blancs du sang, les tubes étaient îemplis de cylindres, cl exsudât et de cellules analogues aux globules de pus. On ne peut douter, jusqu’à un certain point, que les cellules et capillaires représentés ligule 57, ne soient des globules blancs du sang, et il est presque certain que les globules pu riformes englobés dans le moule du tube ont la même origine (comparez fig. 53 et fig. 57). Tout le rein entrait en suppuration, et lesglobules puriformes de l’urine de ce malade provenaient probablement de la multiplication de ces corpuscules blancs sanguins. (Image.)
Nous avons reproduit cette observation, parce qu’au point de vue des symptômes, elle confirme les assertions de Rayer, et qu’elle nous fournit des détails bien étudiés d’anatomie pathologique.
Louis Bauer (1) a publié une observation de néphrite diphthéritique, c’est-àdire fibrineuse, où se trouvaient relatés les principaux caractères que nous venons d’indiquer.]
La rétraction du testicule du côté malade a été observée un assez grand nombre de fois, et sur trois cas en particulier où la néphrite s’était développée sans cause appréciable, ce phénomène s’est montré deux fois. En pareil cas, le testicule se porte vers l’anneau, laissant le scrotum de son côté ridé et revenu sur lui-même. Parfois celte rétraction est douloureuse. 11 est probable que, dans plusieurs des cas cités comme des exemples de néphrite simple avec rétraction du testicule, il y avait plutôt une pyélile causée par un calcul rénal; caria néphrite, en l’absence de calcul des reins, affecte bien rarement un seul de ces organes. De tous ceux, en effet, où l’existence de la néphrite a pu être vérifiée par l'autopsie, il n’en est aucun où une néphrite simple, soit aiguë, soit chronique, ait été bornée à l’un des reins. Or, comme la rétraction du testicule n’est presque jamais mentionnée que d’un seul côté, il est plus que probable qu’elle a été occasionnée maintes fois par une véritable cotique néphrétique.
On a cité, comme appartenant à cette maladie, les musées , les vomissements, les vomi (mitions, les douleurs intestinales, la constipation; mais ces phénomènes
Fig. 57.
— Corpuscules blancs du sang distendant les capillaires du rein. (Beale.)
(1) Louis Bauer, American medical monthly , et Gazette des hôpitaux , 18G0, p. 430.