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NÉPHRITE SIMPLE AIGUË. — SYMPTÔMES. MW

appartiennent bien plus à la néphrite occasionnée par les calculs qu’à celle dont il a été question jusqu’à présent ; et s’il est des cas où il y a eu des vomissements de matières bilieuses, muqueuses, ou ayant quelquefois l’odeur uriueuse, sans qu’il ait existé aucun calcul dans le rein, on doit les regarder comme entièrement exceptionnels. Ce qui appartient réellement à la néphrite dont il est ici question, c’est l’enduit muqueux de la langue, un certain degré de soif, ['anorexie; en un mot, des symptômes communs à toutes les inflammations assez intenses pour déterminer un mouvement fébrile.

Symptômes généraux. — Au moment où l’inflammation prend un assez haut degré d’intensité, le pouls devient dur, élevé, fréquent, et si la maladie lait de grands progrès, il devient petit, concentré, sans perdre de sa fréquence, ou même en présentant un plus grand nombre de pulsations. En même temps, la peau est chaude et sèche. On a remarqué dans les symptômes généraux ces exacerbations tranchées, déjà signalées à propos de la douleur, et ces exacerbations ont été (juelqucfois tellement violentes, que la maladie a simulé des accès de fiè\ie intermittente pernicieuse. Ce sont là des cas exceptionnels que nous ne devons accepter qu’avec restrictions, parce qu’il u’est pas prouvé que le déplacement d’un calcul ne fût pas uniquement la cause de ces phénomènes rémittents. Dans les faits observés par Cossy, il n’y a eu rien de semblable.

Suivant Rayer, il n’y a pas un rapport constant entre l’intensité de la fièvre et les principaux symptômes locaux, c’est-à-dire la douleur rénale et la diminution de la sécrétion urinaire. Cette proposition peut être juste; mais si. l’on admettait sans discussion les faits rapportés par l’auteur que nous venons de citer, on courrait risque de tomber dans une grande exagération. Rayer a rassemblé plusieurs cas dans lesquels il y avait fièvre très-violente , coma , stupeur, putridité, et il les a donnés comme des cas de néphrite simple aiguë.

Lorsque la maladie tend à se terminer par la guérison, la fièvre tombe en même temps que la douleur commence à s’apaiser ; celle-ci disparaît peu à peu ; les urines deviennent plus faciles, plus abondantes, et le malade entre promptement en convalescence. Dans le cas contraire, le pouls devient petit et serré,, les urines • se suppriment, il survient de l’abattement, et c’est alors qu’on voit succomber les malades dans le délire et le coma.

2° Abcès du rein. — Lorsqu'un ou plusieurs abcès se forment dans le rein, on peut croire d’abord (à moins que ces lésions ne soient le résultat d’une infection purulente, auquel cas la maladie générale prédomine), on peut croire que l’aflection tend à une terminaison favorable, parce que la douleur se calme et que le malade éprouve un bien-être momentané; mais bientôt le pouls reprend de la fréquence; une gêne, une pesanteur, parfois un e douleur pulsotive, se font sentir dans la région rénale, et l’on observe enfin de petits frissons revenant par accès, état qui se prolonge pendant plusieurs jours. Les cas de ce genre où l’abcès n'occupe que la substance rénale même sont bien rares, et le plus souvent le tissu qui environne le rein participe à l’inflammation; il y alors complication de perinéphrite. (Yoy. l’article Périnéphrite.)

On a cité quelques faits fort rares dans lesquels un abcès rénal s’est ouvert dans le bassinet; l’apparition subite d’une quantité considérable de pus dans les urines, qui jusqu’alors avaient eu les caractères décrits plus haut, le .soulagement qu e-

'l1() MALADIES DES YOIES GÉNITO-URINAIRES.

prouve le malade, I inflammation delà vessie qui peut résulter du passage de cette matièie purulente, serviront à faire reconnaître cette rupture de l'abcès dans les conduits urinaires. On a vu aussi quelquefois la collection purulente s’ouvrir et se vider dans le côlon; il survient alors absolument les mêmes phénomènes que dans les cas de rupture d abcès du foie ou de la vésicule biliaire dans le même intestin (1). Dans les cas où l’on a été porté h admettre l’existence d’un abcès du rein, on doit, si l’on voit survenir un soulagement très-prompt et très- considérable, examiner avec soin les selles aussi bien (pic les urines, car l 'existence du pus dans les selles est le signe capital de cette rupture de l’abcès rénal dans l’intestin.

llutton (2) a vu chez un enfant de cinq ans une périnéphrite dans laquelle la capsule propre décollée formait un sac plein de matière purulente qui entourait le rein. Il y avait fistule rénale.

3“ Néphrite calcnieusc. — Début. — Si nous examinons les faits, nous voyons qu’il est impossible de dire quel est le moment où l’inflammation a envahi la substance rénale et de déterminer le début de la maladie qui nous occupe. Si l’on parvient plus tard à s’assurer que le rein est atteint de phlogose, les symptômes de colique néphrétique serviront à faire reconnaître la cause h laquelle il faut rapporter cette affection ; ils nous apprendront qu’il s’agit d’une néphrite calculeuse; mais quand on ne se laisse pas tromper par de simples apparences, on ne peut, avec la plupart des auteurs, attribuer ces symptômes à la néphrite elle-même. (Voy. Colique néphrétique.)

Symptômes. — Il n’v a évidemment que V augmentation de volume et la grande sensibilité de l'organe , lorsqu’on peut les constater par la palpation, et encore faut-il être très-réservé dans le diagnostic, car l’obstacle qui s’oppose à l’écoulement de l’urine et du pus peut occasionner une distension considérable du bassinet et des calices, d’où résulte une ampliation du rein qui est de nature à en imposer pour une augmentation de volume de sa substance. Quant à l’écoulement du sang et de la matière purulente, à la violence des douleurs, à leurs irradiations, à la brusque disparition des symptômes, à leur retour, etc., ce sont des signes de la colique néphrétique, dans laquelle l’inflammation reste, le plus souvent, bornée aux membranes des calices et du bassinet, et où l’on ne peut pas voir une néphrite proprement dite.

La néphrite calculeuse ne doit être regardée que comme une simple extension d’une inflammation bien plus importante; elle n’apporte à la maladie principale aucun changement bien intéressant «à constater.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

Dans quelques cas de néphrite simple non calculeuse, la maladie a marché de manière à simuler jusqu’à un certain point une fièvre intermittente pernicieuse. Rayer en a cité un exemple remarquable; mais dans le plus grand nombre des cas, les alternatives d’exacerbation et de sédation n’ont pas été telles, il s’en faut de beaucoup, qu’on puisse établir ce fait en règle générale. Lorsque cette intermittence plus ou moins marquée vient à se montrer, on ne peut s’empêcher de rapprocher les faits de ce genre de ce qu’on observe parfois dans d’autres affections

(1) Voy. Abcès du foie, tome IV, page 188.

(2) Hutton, Dublin quarterly Journal of medicirte, novembre 1848.

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