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NÉPHRITES RHUMATISMALE, GOUTTEUSE, PAR POISONS MORBIDES

néphrite simple et dans celle que nous appelons, avec Rayer, néphrite par poisons morbides. Il faut même ajouter que, dans les cas où elles se sont rencontrées à l’autopsie, les fausses membranes plastiques étaient souvent associées à de petits

dépôts purulents. ,

Le traitement ne diffère donc pas de celui du rhumatisme, quant aux indications générales, et ne saurait guère être que celui de la néphrite simple, en ce qui concerne les indications locales.

2° Néphrite goutteuse. — Cette variété est susceptible de toutes les restrictions posées au commencement de cet article. Elle n’est jamais autre chose que la néphrite chez les goutteux , et ne se caractérise par aucun symptôme ni par aucune lésion propre.

La goutte, très-analogue, sans être identique, h la gravelle, est, comme celte dernière, l’élimination de matériaux azotés non dépensés dans l’économie; mais il s’en faut que tous les goutteux aient des graviers. D’après Durand-Fardel (1), la gravelle se rencontrerait à peine chez la moitié des goutteux.

Remarquons d’abord, quant à la symptomatologie de la néphrite dite goutteuse, que l’on n’a généralement supposé cette affection qu’en reconnaissant des cristaux ou des graviers plus ou moins considérables dans l’urine, quelquefois une légère hématurie et un peu d’albumine, le tout accompagné d’une douleur rénale qui ne se distingue en rien de celle qui peut se manifester dans toute autre affection du rein. Il en résulte que l’on peut être certain d’avoir affaire à une gravelle chez un goutteux, et que rien n’est plus facile que d’expliquer, par la présence de poussière urique dans les voies urinaires, et même dans les tubes rénaux, tout l ensemble des phénomènes observés. Mais ces phénomènes sont ceux de la gravelle, et non pas ceux de la goutte.

Quant à la néphrite, elle peut exister réellement; mais c’est une néphrite simple, déterminée par les grains d’acide urique agissant comme corps étranger sur les reins, et qui, dans le fait, n'a pas de lésions anatomiques autres que les néphrites simples, et surtout chroniques de cause commune; ces inflammations, dit Monneret (2), n’ont de spécial que la cause qui les provoque. Lç seul cas dans lequel les lésions aient présenté quelque chose d’un peu insolite et qui est décrit par Rayer, n’échappe pas à cette règle. Les deux reins présentaient de gros mamelons blanchâtres, séparés par des dépressions à fond rougeâtre, vascularisé. Ces mamelons adhéraient fortement à la capsule; la substance corticale était très-pâle, et, par endroits, d’une teinte jaunâtre et transparente, à peu près comme dans un des états de la néphrite albumineuse. Les bassinets, un peu dilatés et arborisés, contenaient un assez grand nombre de petits graviers jaunes d’acicle urique.

C’est à tort que plusieurs auteurs contemporains ont tenté de faire considérer comme une sorte de gravelle urique un état physiologique qui se présente trèssouvent chez les jeunes enfants peu de jours après la naissance, et qui consiste dans l’accumulation de nombreux cristaux d’acide urique et d’urates dans les tubes urinifères. (Voy. l’article Gravelle. )

Nous verrons, à l’article Albuminurie, que dans un grand nombre de circon -

(1) Durand-Fardel, Eugène Le Bret et J. Lefort, Dictionnaire général des eaux minérales et d’hydrolog . inèd. Paris, 1860, t. Il, p. A6.

(2) Monneret, thèse citée, p. 10.

stances la goutte a pu devenir le point de départ de l’albuminurie, ce qui s’explique par 1 excitation habituelle du rein. Cette albuminurie peut devenir chronique, et, en pareil cas, la maladie de Bright, avec tous ses caractères, s’est montrée quelquefois. Il y a là quelque chose d’analogue à ce qui se produit dans le diabète, maladie qui se complique fréquemment d’albuminurie. Nous répétons ici que plusieurs maladies des reins peuvent se produire sous l’influence de la goutte, à titre de complications, mais qu’il n’existe pas, à proprement parler, une altération des reins méritant le nom de néphrite goutteuse.

3° Néphrite par poisons morbides. — Celte forme a été signalée dans les affections gangréneuses, dans la morve, la fièvre typhoïde, la variole, la scarlatine, la rougeole, dans les résorptions purulentes et la fièvre jaune. Elle n’est pas autre chose, d’après Ilardy et Béhier (3), dont nous partageons ici la manière de voir, que l’un des éléments de ces maladies générales et elle tient à leur nature même.

Les symptômes qui manifestent ce désordre du côté du rein, ou bien passent inaperçus, en raison de l’intensité de l’affection primitive et de la prostration des malades, en pareil cas ; ou bien ils ressemblent, sauf de légères modifications, aux manifestations de la néphrite simple. Dans les maladies charbonneuses, dans la résorption purulente on peut voir, dans les accidents rénaux, seulement l’extension de la maladie générale au rein. Dans les fièvres éruptives, la congestion ou le travail morbide observé vers la peau se répète vers le rein, comme il le fait vers les bronches ou vers l’intestin, ce qui arrive sans que l’on se croie obliger d’y reconnaître une bronchite ou une entérite varioleuse, scarlatineuse, etc. Dans la fièvre typhoïde, les accidents du côté du rein sont généralement dus à la rétention d’urine si commune dans cette affection, mais qui agit ici, vis-à-vis de la production delà néphrite, comme elle pourrait faire dans toute autre circonstance, sans qu’il y ait fièvre typhoïde. Ainsi, eu égard aux signes qu’elle présente, la néphrite par poisons morbides ne mérite guère d’être considérée comme une variété spéciale.

Relativement aux lésions anatomiques , nous ne sommes pas éloigné d’en dire autant. La néphrite des fièvres éruptives est peut-être plus particulièrement marquée par des hémorrhagies rénales ; celle de la fièvre typhoïde a cela de particulier que les deux reins sont généralement atteints et peuvent présenter des points purulents : en cas de résorption purulente, si le rein participe aux accidents, on observe, naturellement, des abcès métastatiques dans la substance rénale.

Le traitement s’adressera surtout à la maladie générale dont la néphrite est un des accidents; l’apparition de cette complication locale, lorsqu’elle est remarquée, établira seulement l’indication de quelques soins particuliers qui ne sauraient, cependant, être absolument les mêmes que les moyens employés contre la néphrite aiguë, franche. On pourra recourir à quelques émissions sanguines locales, et mieux à des révulsifs , pommades irritantes, vésicatoires. On fera cesser la rétention d’urine de la fièvre typhoïde par le cathétérisme pratiqué plusieurs fois par jour : ces tentatives seront aidées de l’usage de boissons délayantes et légèrement diurétiques : on donnera quelques lavements émollients ou laxatifs.

On a encore observé une néphrite syphilitique, intéressante surtout au point de vue des lésions. Son histoire semble devoir être mieux placée à l’article qui traitera de la syphilis viscérale.]

ALBUMINURIE. — HISTORIQUE, DÉFINITION

ARTICLE Y

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