DE L’ALBUMINURIE
[L’albuminurie est un phénomène qui se rencontre dans un grand nombre d’étals morbides différents : tantôt c’est un symptôme purement accidentel, transitoire, qui n’est même pas compris dans le cadre de la maladie qu’il complique ; tantôt, au contraire, c’est un épiphénomène, sinon nécessaire, du moins prévu de la maladie. Dans tous les cas, ce phénomène doit être rigoureusement attaché 'a l’idée d’un trouble de la sécrétion rénale , qu’il soit, dans son essence, organique ou purement fonctionnel; et, en cette qualité, son histoire appartient à la pathologie du rein. Au demeurant, cet article serait encore la préface obligée de celui qui aura pour objet la maladie de Bright, affection que l’on ne saurait bien comprendre qu’autant que l’on connaît la pathologie générale de l’albuminurie, ,
C’est surtout à ce point de vue que nous allons traiter la question, ne considérant, provisoirement, l’albuminurie que d’une façon générale et sans relier encore cet important fait morbide à aucune entité déterminée.
Nous commencerons par un aperçu historique, afin que le lecteur puisse mieux saisir les liens qui rattachent l’albuminurie et la maladie de Bright à un grand nombre d’états morbides, et afin qu’il soit au courant des modifications qui ont été successivement imprimées à l’opinion des médecins par les nombreux et intéressants travaux dont cette question a été l’objet depuis plusieurs années, en Angleterre, en France et en Allemagne.
§ I. — Considérations générales et historiques. — Définition.
La connaissance de l’albuminurie, c’est-à-dire de la présence de l’albumine dans l’urine, est d’origine moderne ; elle ne pouvait dater, en effet, que du jour où l’analyse chimique a permis de reconnaître dans les liquides de l’organisme un principe dont la présence pouvait être soupçonnée par les anciens, mais non démontrée. Cette question est donc de celles qui appartiennent en propre à notre époque d’observation exacte, d’analyse chimique aux résultats rigoureux.
La découverte de l’albumine dans l’urine date du siècle dernier seulement ; aussi est-ce par quelques affections ou phénomènes morbides qui accompagnent d’habitude l’albuminurie, phénomènes très-apparents et tels, que les médecins de tous les temps, même dépourvus de toute notion de chimie, les pouvaient facilement reconnaître, qu’il faut remonter à l’origine de la question. Parmi ces affections, la plus apparente, la mieux connue de tout temps, c’est l’hydropisie, surtout celle espèce d’hydropisie qui envahit toute l’étendue du tissu cellulaire sous-cutané en même temps que les cavités séreuses, l’anasarque.
O est donc aux travaux relatifs aux hydropisies que l’on doit se reporter à ce sujet.
Hippocrate a signalé, parmi les causes des hydropisies, la diminution de la sécrétion urinaire (1) ; Galien, dans ses Essais de classification des hydropisies,
(1) Hippocrate, Œuvres complètes, trad. Littré, t. V, 18Û6 : COAQUES, p. 685.
indique que le foie n’est pas en pareil cas, comme le croyait Érasistrate, le seul organe malade, et dit qu’il y a des hydropisies qui surviennent subitement sous l’influence de troubles de la sécrétion urinaire. Aétius signale Y endurcissement des reins comme amenant à la longue les hydropisies. La tradition des anciens fut recueillie par Avicenne. L’ouvrage de Fernel (1) ne renferme que peu de renseignements sur l’hydropisie qui procède des reins ; Van Helmont affirme que les hydropisies reconnaissent le plus souvent pour cause une affection des reins. Lazare Rivière (2) admet théoriquement la meme idée. Parmi les faits isolés, citons l’observation rapportée par Bonet (3), d’après Heurne, d’un hydropique dont les reins étaient manifestement altérés. Morgagni, Lieutaud, J. P. Frank, Portai, rapportent plusieurs cas de rétention d’urine, ou de lésions rénales avec hydropisie ; mais, à cette époque, l’albuminurie n’est pas môme soupçonnée.
A une période nouvelle des études médicales on voit poindre la méthode d’analyse. L’examen chimique de divers liquides de l’économie conduisit Cotugno (4) à la découverte d’un principe coagulable dans l’urine. Le malade qu’il observait était un hydropique. Cotugno pensa que le sérum du sang passait dans l’urine. Du même coup Cotugno signala la présence de l’albumine dans l’urine chez les hydropiques et les diabétiques; mais il ne put arriver à conclure. Cependant il faut reconnaître que du jour où l’albumine fut découverte dans l’urine date l’origine véritable de cette question. Cruikshank, après Cotugno, rechercha les urines albumineuses, et lit de ce symptôme un caractère nosologique important et la base d’une classification des hydropisies sans albumine dans l’urine. Il constata également la présence de l’albumine dans les urines de quelques diabétiques (5). A la môme époque, Darwin (6) observait également l’albuminurie dans quelques cas de diabète et d’hydropisie. A cette époque, la présence de l’albumine dans l’urine était signalée, mais non interprétée, l’opinion générale d’alors étant que c’était là une sorte de phénomène critique, un passage du liquide de l’hydropisie à travers les reins. On n’était même pas éloigné d’en faire un signe favorable pour le pronostic , le rein paraissant, en pareil cas, jouer le rôle d’émonctoire.
C’est Wells, de Saint-Thomas Hospital, qui démontra le rapport habituel et nécessaire dans certains cas, qui existe entre l’anasarque et les urines albumineuses. Ce fut d’abord dans l’anasarque scarlatineuse que AVells reconnut l’albumine, dont la présence dans l’urine fut constatée par lui dans deux circonstances différentes : 1° lorsque cette urine contenait la matière rouge du sang; 2° lorsque, quoique incolore, l’urine contenait cependant un principe coagulable qu’il appelle le sérum du sang (7). En 1812, Wells annonçait qu’on devait, pour rechercher l’albumine dans les urines, les traiter par l’acide .nitrique et par la chaleur. Ayant examiné l’urine de 138 malades affectés d’hydropisies autres que celles qui suivent la scarlatine, il avait trouvé 78 fois l’urine albumineuse.
(1) Fernel, Universa medicina. Coloniæ Allobr., 1679.
(2) Lazari Riverii Opéra med. unie. : De hydrope. Lugduni, 1738.
(3) Boneti Sepulchretum, lib. III.
(U) Cotunii de Ischiade nervosa comment. Viennæ, 1770.
(5) Cruikshanks dans Rollo, Cases of the Diabètes mellitus, cb. vi. London, 1798.
(6) Darwin, Zoonomie. London, 1801.
(7) Wells, Transact. ofa Society for the improvement of medical and chirurg. knowledge ,
vol. III, p.16 et 194.
ALBUMINURIE. — HISTORIQUE, DÉFINITION. dU
Blackall (1) étudie l’étiologie, la marche et l'anatomie pathologique des hydropisies, et accepte, comme fondée et définitivement classique, leur division en deux grandes classes, suivant que les urines contiennent de l’albumine ou n’eu contiennent pas.
En même temps, la diminution de l’urée dans les urines des albuminuriques était constatée par Brande (2) et par Scudamore (3). Boerhaave, Margraff, Schlosser et Pott avaient signalé déjà ce produit ; Cruikshank l’avait décrit sous le nom de matière extractive animale j mais on n avait pas déteimine le lait de la diminution de l’urée chez des malades dont l’urine contient de l’albumine. Alison (d’Edimbourg), vers la même époque (1823), décrivait une lésion des reins consistant en un aspect mamelonné avec induration, chez un malade mort à la suite d’une hydropisie. Le Traité des affections urinaires du docteur Howship (1823) contient des faits du même genre. D’ailleurs, les médecins français ne se bornaient pas à recevoir les produits d'importation, et les hydropisies avec urines coagulables étaient distinguées (180(3 à 1827) par Dupuytrcn, Nvsten, Andral (4), Barbier, d'Amiens (5); ces deux derniers accordaient même une égale attention à l’altération du liquide urinaire et à la lésion rénale.
C’est en 1827 que Bright exposa les faits et les déductions d’où décoide l’albuminurie telle qu’on la connaît aujourd’hui (6). Ce n’était plus une hypothèse que formulait l’auteur; il introduisait dans la nosologie une espèce nouvelle. « Jusqu’à » présent, dit-il ( loe . cit), il y a une sorte de lésion à laquelle on a fait trop peu » d’attention, je veux parler des modifications qui surviennent dans la structure des » reins, et qui, soit qu’on les considère en tant que cause de l’anasarque, soit au » point de vue de quelques autres maladies, méritent qu’on y attache de l’impor- » tance. Lorsque ces modifications de la substance rénale dont je parle se sont » rencontrées, je les ai souvent trouvées liées à une hydropisie et à la présence de » l’albumine dans les urines. » Il décrit l’aspect que prend l’urine traitée par la chaleur dans les différents cas, soit qu’il se forme un nuage ou que de gros flocons albumineux se coagulent ; il remarque que dans quelques cas rares d’anasarque il y a passage dans les urines d’une certaine partie des éléments du sang (partie colorée), représentant une hématurie à divers degrés, et qu’il ne confond pas avec l’urine incolore albumineuse qui se rencontre dans les autres cas. Il distingue deux formes d’hydropisies avec urine albumineuse, l’anasarque aiguë, et d’autre part ces cas dans lesquels les malades ont été longtemps affectés d’une anasarque sujette à des retours, où il y a altération des traits, émaciation, pâleur, aspect cachectique, ces cas se montrant spécialement chez des gens d’une vie irrégulière et adonnés aux liqueurs fortes. « Dans tous les cas, dit-il, où j’ai observé l’urine albumineuse, il m’a paru que les reins avaient pris à la maladie une part très-importante, et qu’ils avaient été le siège d’un trouble fonctionnel ou d’une lésion orga-
(1) J. Blackall, Observ. on tke nature and cure of Dropsies. London, 1813.
(2) Brande, Ou Account of some changes from diseuse in the composition of Urine. London,
(3) Scudamore, A Treatise on the nature of Goût and Gravel. Londres, 1823.
(4) Andral, Clinique médicale , t. III, p. 567. Paris, 1826.
(5) Barbier (d’Amiens), Précis de patnol. et de thérapeutique, t. 1. Paris, 1827.
(6) Bright, Reports of medical cases selected mith a view of illustrating the symptoms and cure of diseuses by a référencé io morbid anutomy , 1827.
nique, et cela bien plus qu'on ne se l’était imaginé jusqu’ici. Dans la seconde forme de la maladie (chronique) j’ai toujours trouvé une altération organique évidente [decidedly disorqanized). Dans la première forme, lorsque la maladie était toute récente, j’ai trouvé les reins gorgés de sang. Dans les cas mixtes, alors que l’attaque était récente, et quoique, en apparence, elle reconnût pour cause occasionnelle un excès d’intempérance, j’ai trouvé de même les reins désorganisés. » Le travail de Bright, en raison de la netteté et de la simplicité des rapports établis entre le symptôme et la lésion anatomo-pathologique, fit une révolution telle, qu’il sembla que la maladie venait d’être réellement découverte pour la première fois et qu’elle emprunta, dit Gu hier (1), le nom de celui qui l’avait révélée. Il est cependant certain que Bright, s’il a cru à la doctrine organiciennc exclusive qui veut que la lésion rénale soit toujours la cause de l’albuminurie, n’a éclairé qu’une partie de ce vaste tableau ; mais il est probable que cette idée n’existait chez cet homme illustre qu’à l’état de tendance, et que ses adhérents, comme cela arrive chaque jour, ont donné à sa doctrine une rigueur qu’elle n’avait pas d’abord : selon quelques-uns d’entre eux, il eût même fallu repousser du champ de la maladie de Bright des affections chroniques avec albuminurie et lésions rénales, si la forme anatomique de ces dernières n’était pas identique avec les cas types présentés d’abord par l’inventeur. Le passage suivant a semblé à quelques auteurs pouvoir justifier Bright du reproche d’avoir méconnu l’importance de l’état général par rapport à celle de la lésion organique.
« La lésion de structure du rein, qui a fait que mon attention d’abord s’est portée sur cet objet, doit-elle être considérée comme primitive et comme cause de l’altération dans la sécrétion, ou bien la lésion organique n’est- elle que la conséquence d’une action morbide longtemps continuée? C’est ce que je ne saurais dire; la solution la plus probable me paraît être que le trouble fonctionnel des reins est le résultat des causes morbides nombreuses qui l’influencent par l’intermédiaire de l’estomac et de la peau, soit en troublant l'équilibre de la circulation , soit en produisant une véritable inflammation des reins eux-mêmes ; que si ces influences ou troubles persistent pendant longtemps, l’altération organique des reins devient permanente, que l'action morbide persiste ou non. »
Préoccupé de l’analyse des urines, Bright, aidé de Bostock, établit que l’albumine des urines ne présentait pas tous les caractères de celle du sérum du sang. Bostock, en analysant le sang des malades albuminuriques, y reconnut, dans plusieurs cas, une substance jouissant de propriétés particulières qui semblaient se rapprocher beaucoup de celles de l'urée.
Christison fut le premier après Bright à signaler des faits de cette nature. En une seule année il en observa vingt cas (2). Ces observations, non-seulement apportaient la confirmation la plus complète à l’opinion de Bright, mais encore elles prouvaient positivement la présence de l’urée dans le sang des malades affectés de cette espèce d’hydropisie. Christison retrouve les lésions rénales seules ou associées à des altérations du cœur ou du foie; il reconnaît la faible pesanteur spécifique de l’ urine
(1) Gubler, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Paris, 18(55, t. II, article Albuminurie, p. 535.
(2) Christison, Observations on the variety of Dropsy which dépends on diseased Sydney (The Eâinburgh mecl. andsury. Journal, oct. 1829).
ALBUMINURIE. • — HISTORIQUE, DÉFINITION
albumineuse, ia diminuiion de l’urée : ayant trouvé la pesanteur spécifique du sérum du sang augmentée, il en conclut que c’est le sérum qui passe dans l’urine. Il signale les causes et les symptômes de la maladie, et en particulier les symptômes cérébraux. Il est à remarquer qu’il insiste, mais sans en tirer loutes les conséquences au point de vue de la prééminence du trouble fonctionnel sur la lésion organique, sur la fréquente curabilité de cette affection, lorsque la lésion de l’organe sécréteur n’est pas encore très-avancée. Il fait observer que l’hydropisie qui se développe à la suite de la lièvre scarlatine cède très-fréquemment aux ressources de l’art, que dans l’espèce d’hydropisie qui suit la scarlatine, les reins sont trèssouvent malades, et que la lésion de ces organes est la cause probable de l’épanchement hydropique; or, dit-il, comme on sait généralement que ce genre d’hydropisie se guérit radicalement, on peut en inférer que celle qui dépend d’une lésion des reins est également guérissable dans des circonstances favorables. Il est très-probable, ajoute-t-il, que dans les premiers temps, c’est une affection inflammatoire lente que l’on pourrait combattre par un traitement antiphlogistique.
Bientôt parut l’ouvrage du docteur Cranford Gregory, médecin de l’infirmerie royale d’Édimbourg (1). L’auteur signale principalement les faits suivants dans la symptomatologie : fréquence des vomissements et de la diarrhée, douleurs lombaires, marche insidieuse de la maladie, qui tend à se reproduire, œdème commençant habituellement par les mains et le visage. Il recommande, comme Christison, les diurétiques.
Christison publia de nouveau, en 1839, un ouvrage sur la môme question. Un fait digne de remarque, c’est qu’à cette époque et en Angleterre, un certain nombre de médecins résistaient à l’entraînement général et protégeaient contre l’organicisme victorieux, certains principes desquels il a bien fallu se souvenir plus tard : ainsi Copland, qui se refusait à croire que l’altération des reins seuls suffit à produire les hydropisies, et qui croyait à la préexistence d’une altération du sang. Eu même temps cet auteur insistait sur la fréquence très-grande de l’urine albumineuse chez les enfants, à la suite des fièvres éruptives, sans qu’il y eût altération des reins.
A cette même époque, les chimistes étudièrent l’urine indépendamment de l’étude clinique, et la présence de tous les principes coagulables dans l’urine fut recherchée : c’est ainsi que AV illis décrivit les urines oléo-albumineuses et les urines chyleuses, sans se préoccuper des espèces morbides et des lésions correspondantes des reins* Cependant l’école française s’était emparée de la question, et il lui était réservé d’éviter les égarements dans lesquels s’engageait l’école de Bright. C’était l’époque où Broussais battait en brèche la spécificité et les entités morbides : on dut probablement à la doctrine physiologique de ne voir, en France dans les reins de Bright, que les conséquences d’un travail inflammatoire- le (jranular Kidney devint moins nécessaire, et il y eut une néphrite albumineuse te qui amoindrissait beaucoup l’idée de spécificité de la maladie, puisque Je symptôme albuminurie pouvait correspondre à une simple fluxion inflammatoire à l’hypérémie rénale ou à l’action d’une cause irritante quelconque.
(1) C. Gregory, On dûcased states of the Kidney connected duriny lifevnth album Urines, illustrated by cases (Edinburgh rned. and surg. Journal, oct. 1831).
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Les symptômes qui accompagnent les urines albumineuses et l’anatomie pathologique des divers états morbides qui les présentent, furent d’ailleurs mieux étudiés, et l’on put introduire des distinctions dans les faits observés jusque-là et recueillis avec une certaine précipitation. C’est ce que l’on peut reconnaître dans des travaux, la plupart inspirés dès lors par Rayer, longtemps avant la publication de son grand ouvrage sur les maladies des reins, et dont les principaux sont dus à Tissot (1), Sabatier (2), Monassot (3), A. Désir (ô) et Genest (5).]
Dans son mémoire, A. Désir prétendit ne pas se borner à la description de la maladie granuleuse de Bright. Un long chapitre y est consacré à l’analyse chimique des urines albumineuses L’auteur s’occupe ensuite de la recherche des urines albumineuses dans les maladies, et signale diverses maladies 'dans lesquelles il a noté ce phénomène et sa durée temporaire.
Les conclusions de cette thèse ont une valeur qu’on ne peut méconnaître, et montrent quelle netteté avait acquise dès lors cette question. Voici la principale de ces conclusions :
« La présence de l’albumine dans les urines, étant un phénomène commun à plusieurs maladies aiguës ou chroniques des voies urinaires, demande le concours de plusieurs autres symptômes ou de signes négatifs pour acquérir une signification positive dans le diagnostic. Utile dans la détermination de plusieurs maladies, elle a une importance capitale dans le diagnostic des hydropisies et des affections qui la produisent ; c’est le symptôme le plus constant, et, pendant la vie, le signe le plus positif de la néphrite albumineuse. Enfin la présence de l’albumine dans l’urine, comme signe, peut servir à fixer un point du pronostic du diabète, à établir le diagnostic des tubercules des reins, des calices et des bassinets, et à reconnaître d’autres altérations organiques des voies urinaires. » Désir indiquait, en outre, qu’il fallait s’assurer que l’urine était coagulable par la chaleur et par l’acide nitrique.
Genest décrivit la forme aiguë, d’après Rayer, et tenta d’établir que l 'altération des reins précède l'altération du sang et des fluides séreux, proposition qui était contraire à l’opinion que Graves émettait sur le même sujet. Bouillaud montrait, vers la même époque, que les urines albumineuses peuvent exister dans le cours de plusieurs maladies aiguës. Forget rapportait quelques observations d’hydropisie avec lésions rénales.
En 1838, parut le traité de Martin Solon (6), qui marque véritablement le commencement d’une troisième période. Le titre du livre peut être critiqué, car albuminurie et hydropisie ne sont synonymes sous aucun rapport ; mais il faut savoir
(1) Tissot, De P hydropisie camée par l'affection granuleuse des reins, thèse de Paris,
(2) Sabatier, Considérations et observations sur P hydropisie symptomatique d une lésion spéciale des reins {Archives générales de médecine, 1834).
(3) Monassot, Étude sur la granulation des reins, thèse de Paris, 1835.
(4) A. Désir, De la présence de P albumine dans les urines , considérée comme phénomène et comme signe dans les maladies, thèse de Paris, 1835.
(5) Genest, État actuel des connaissances sur la maladie des reins designée sous les dénominations de maladie de Bright, etc. {Gazette médicale de Paris, 1830, p. 449).
(6) Martin Solon, Albuminurie ou hydropisie causée par la maladie des reins ; sur les modifications de l’urine clans cet étal morbide, à l'époque critique des maladies aigues et durant le cours de (quelques affections bilieuses. Paris, 1838.
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démêler l’intention de l’auteur dans le rapprochement qu’il fait d’un certain nombre d’états morbides différents, y compris l’albuminurie critique, qui tous présentent le symptôme commun de pissement d’albumine. C’est pour fixer l’indépendance du phénomène que Martin Solon créa le néologisme heureux éC albuminurie qui devait être si profitable à la science (Gubler) et qui renfermait une idée aussi vaste que vraie.
Martin Solon se demande si la lésion des reins est constante, et il s’appuie de quelques faits observés par lui, ainsi que de l’opinion de Graves et de Gregory, pour admettre qu’il peut y avoir albuminurie sans lésion rénale. 11 admet que la fonction rénale peut être modifiée par la gêne de la circulation dans les maladies du cœur. Ces laits doivent, dit-il, former une classe à part, mais ils n’enlèvent aucunement leur valeur aux faits décrits par Bright.
En 1838 également, Graves soutenait que l’albuminurie devait être distinguée de la maladie de Bright ; que l’état albumineux des urines est la cause et non l’effet de 1 altération granuleuse du rein ; il donnait en même temps, avec une remarquable sagacité, la théorie pathogénique de la maladie de Bright. « Comme, ditil, la sécrétion de l’urine s’opère dans les tubes extrêmement fins de la substance corticale des reins, et comme cette sécrétion est accompagnée de celle de certains sels et acides, il n’est pas étonnant qu’il se sépare, par la coagulation, un dépôt de matières albumineuses qui reste dans les tubes sécréteurs, lesquels sont graduellement remplis et distendus, et donne aussi naissance à l’oblitération du tissu, ce qui forme la maladie dite de Bright. » Nous renvoyons aux paragraphes 2 et h l’examen de celte théorie, reprise depuis par plusieurs auteurs, et qui compte beaucoup d’adhérents. Cette théorie, du reste, s’accordait avec les travaux entrepris à cette époque en Allemagne, principalement par Valentin, sur la structure (des reins.
Christison, après plusieurs mémoires publiés sur ce sujet (voyez plus haut), rc- | prenait, en 1839, ses travaux et ceux de ses contemporains, et, dans un dernier 'ouvrage, tentait de donner une solution définitive à la question (1). Il repoussait l’expression d 'albuminurie comme trop générale, celle de néphrite albumineuse (Rayer) , comme s’appliquant h des affections diverses des reins, et celle de déqê mérescence granuleuse , parce que le rein n’est pas toujours granuleux. Ainsi (Christison était resté dans l’étude exclusive de la maladie de Bright. Il insiste ‘beaucoup sur les symptômes cérébraux , qu’il attribue h la rétention de l'urée
Mans le sang, et sur ce fait que la maladie peut être mortelle sans qu’il y ait hydroppisie.
Eu 1839, Addison (2) étudia spécialement les symptômes cérébraux que l’on (rencontre avec certaines albuminuries et indiqua l’éclampsie albuminurique Enfin parut en 1840 le livre de Rayer (3). Ce livre a surtout pour but l’histoire ' les lésions rénales et des symptômes qui semblent devoir y être rapportés : nous
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le mentionnons, cependant, dans ces considérations générales sur l'albuminurie, a cause du caractère qu’il révèle dans la direction des études faites à celle époque sur ce sujet, direction notablement différente de celle de l’école qui pense suivre les traditions de Bright.
L’expression néphrite albumineuse adoptée par l’auteur ne préjuge rien quant aux diverses variétés ou degrés de lésions anatomiques dont les reins sont le siège. La description des lésions anatomiques, comprenant six degrés, fut adoptée aussitôt eL est restée classique : c’était plus que Bright n’avait pu faire lui-même. La maladie de Bright fut ainsi complétée pour ainsi dire et parfaite, au point de vue de l’anatomie pathologique ; la sémiotique des urines fut traitée avec le
même soin.
De plus, Rayer consacre un chapitre aux rapports de la néphrite albumineuse avec les autres maladies des voies urinaires , et, après avoir isolé nettement la maladie de Bright, montre dans quelles circonstances, du reste, l’albumine peut se montrer dans les urines. Des chapitres sont consacrés à la néphrite albumineuse avec péricardite , avec endocardite , hypertrophie du cœur , maladies des veines, maladies du cœur, bronchite, pneumonie, pleurésie, phthisie pulmonaire, angine couenneuse, affections de l’estomac et des intestins, maladies du foie, de la rate, maladies de la peau, scrofule, syphilis. Deux chapitres très-longs sont affectés à la description de la néphrite albumineuse dans la scarlatine et la grossesse; aujourd’hui la tendance de la majorité des médecins, et Rayer professe, nous le croyons, la même opinion, est de rattacher à la maladie de Bright l’albuminurie dans ces deux états particuliers. (Lorain.)
Ainsi la confusion n’était plus possible : il y avait une maladie de Bright ouw<?% phrite albumineuse avec la forme aiguë ou chronique, et des altérations des reins nettement définies à divers degrés ; et à côté se plaçaient différents états morbides, d’un tout autre ordre, où l’albumine pouvait plus ou moins incidemment se montrer dans les urines, quelques-uns de ces états morbides ayant les reins ou les voies urinaires pour point de départ, d’autres n’ayant aucun rapport avec ces organes. La question de l’albuminurie avait fait un grand pas. Elle était, sinon résolue, du moins nettement posée dans les termes où il nous est donnéde l’étudier aujourd’hui.
En 18M, parut le livre d’Alfred Becquerel (1). Becquerel décrivit 1’anatonue de texture des reins et les altérations qu’éprouve leur tissu dans ses éléments intimes. S’aidant des travaux des anatomistes allemands, et en particulier de ceux de Valentin, il professe que les parties élémentaires du rein primitivement affectées dans la maladie de Bright sont les corpuscules de Malpighi.
Les anatomo-pathologistes allemands mettant à profit la connaissance de la stiucture intime des reins, décrivirent les éléments histologiques de ces oiganes dans les cas d 'albuminurie. Citons Gluge (2), Valentin (3), qui émit d’abord des doutes sur
fl’) Alfred Becquerel, Sémiotique des urines, ou Traité des altérations de l urine dans les maladies; suivi d’un Truité de la maladie de Bright aux divers âges de la vie. Paris, 1841,
i‘2) Gluge, Casper’s Wochenschrift, Jalirg. 1837, n°3 38, 39, 40 ; 18o9, n 5. liecherches d’anatomie microscopique ayant trait à la pathologie generale et spéciale, 1838.
(3) Valentin, Repertorium der Anatomie and Physiologie.
ALBUMINURIE. — HISTORIQUE
l’essentialité (les lésions rénales, et fut conduit à chercher dans le sang la cause de la maladie; Heck (1), qui signalait la compression des canalicules urinaires, cl comparait la lésion rénale à la cirrhose ; idée reprise plus tard par Gluge et Henle (2) , qui émit l’opinion que la lésion principale consistait dans la production d’un tissu cellulaire de nouvelle formation qui comprimait les tubes urinifères. Vogel décrivit la néphrite latente et chronique (3), indiqua et dessina des tubes urinifères contenant des cellules granuleuses d’une teinte brune, et des granulations libres d’une couleur rouge foncée. Il décrivit aussi dans la substance corticale les lésions suivantes : corpuscules de Malpighi très-apparents, vaisseaux vides de sang, tubuli comprimés par un épanchement de lymphe plastique.
Pendant que chaque nation rivalisait d’ardeur dans les recherches microscopiques sur le sujet qui nous occupe, les cliniciens assuraient les voies de l’étude par l’observation pathologique. L'albuminurie de lu grossesse attirait spécialement l’attention des accoucheurs: nous citerons, pour leurs travaux sur différents points de cette question, Tweclie, de Guy’s Hospital, Simpson, d’Édimbourg(4),Lever (5), Caleb-Rose (6), Cahen (ï), Üevilliers et G. Ilegnauld (8), Blot (9), Braun, de Vienne (10), Mascarel (11), Leudet de Rouen (12) et Fleetwood-Churchill (13), enfin le mémoire, couronné par l’Académie, d’Imbert- Gourbeyre (14).
Un autre fait (l’une importance moindre, l 'amaurose albuminurique , a été aussi l’objet de nombreux travaux. Wells, Bright, Addison, Rayer, avaient signalé lès troubles de la vision dans l’albuminurie; le docteur suédois Malmsten avait observé l’amblyopie 11 fois sur 24 malades atteints d’albuminurie. Simpson eut le mérite d’insister sur ce symptôme, de lui donner une importance toute particulière, puisqu’il le nomme symptôme prémonitoire (15). Landouzy (16), Forget (17),
(1) Heck, Derenibusin morbo Brightii degeneratis , diss. inaug. Berolini, 1839.
(2) Henle, Zeitschrift fur rat. Med., 1842.
(3) J. Vogel, Icônes histologiœ pathologicœ. Lipsiæ, 1843.
(4) James Simpson, Contribution to obstetric pathologg and practice. Edinburgh, 1853. — Et antérieurement, On lesione of the nervous System in the puerpéral state, connected wil/t albuminuria ( Edinburgh monthly Journal, 1847, p. 288).
(5) Lever, Guy' s hosp. Reports.
(6) Caleb-Rose, Provincial med. Journal, marsh 1844.
(7) Cahen, De la néphrite chez les femmes enceintes, thèse de Paris, 1846.
(8) Devilliers et Regnauld, Recherches sur les hydrop. chez les femmes enceintes {Archives de médecine, Paris, 1848).
(9) Blot, Albuminurie des femmes enceintes, thèse inaugurale. Paris, 1849.
(10) Braun, Des convulsions des femmes grosses en travail et en couches, 1853 (Wien. medic. Wochenschrift, 1853).
(11) Mascarel, Bulletin de l’Académie impériale de médecine. Paris, 1834 t XIX
(12) Leudet, Sur la néphrite albumineuse consécut. à F albuminurie des femmes grosses ( Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1854).
(13) Fleetwood Churchill, Dublin quarterly Journal of medical science, 1854.
(14) Imbert-Gourbeyre, De l'albuminurie puerpérale et de ses rapports avec l’éclampsie [Mémoires de l’ Académie impériale de médecine. Paris, 1856, t. XX, p. 1 etsuiv.).
(15) Simpson, Transact. of medico-chir. Soc., 1846, et Mont ly Journal ofmcd. science t. VIII, 1848.
(16) Landouzy, Bulletin de l’Académie de médecine, 1849, t. XV, p. 74, et Gazette médicale : De la coexistence de 1‘ amaurose et de la néphrite albumineuse, 1850.
(17) Forget, Union médicale, 1849.
Debout (1), Michel-Lévy (2), Perrin, Avrard, Sandras (3), Imbert-Gourbeyre (U), poursuivirent les mêmes recherches. Charcot (5) a publié une revue critique de travaux faits en Allemagne sur ce sujet, en ce qui concerne surtout l’anatomie pathologique de l’œil : plaques nébuleuses et ecchymoses de la rétine, lésions décrites par Desmarres (6). Enfin Lécorché a choisi pour sujet de sa thèse inaugurale en 1858, l'altération de la vision dans la néphrite albumineuse.
11 nous reste à parler des recherches relatives a Y état du sang dans l albuminurie, et notamment à Y urémie.
Bright et Chrislison avaient déjà constaté l’excès d’urée dans le sang de leurs
malades et en soupçonnaient l’importance.
Wilson, en 1833, fondait la théorie de l’urémie (7). Cette altération du sang consistait en une augmentation d urée avec diminution de 1 albumine.
Caleb-Rose (8) et Rose Cormack (9) n’hésitaient pas à attribuer à l’urée les accidents cérébraux observés par eux. Frérichs, de Berlin (10), a proposé une théorie des accidents nerveux de l’albuminurie, fondée sur l’intoxication du sang par le carbonate d’ammoniaque formé dans le torrent circulatoire par la décomposition de l’urée. Parmi les travaux entrepris en France sur ce sujet, nous citerons les thèses de Picard (11) et de Teissier (12).
C’est au moment où il nous venait d’Allemagne les séduisantes théories et les notions d’anatomie microscopique qui ont tant influencé la génération médicale actuelle, que Parka» (13) en Angleterre; Gubler (U), Luton (15), Paulimer (16), Pidoux (17) en France, reprenant sous un certain jour l’idée de Graves, et 1 appuyant de recherches expérimentales, s’efforçaient d’élargir le cadre de l'albuminurie au profit de la pathologie générale et de la physiologie morbide, loul en
(2) Michel’ L6vy° 'Bulletin de l’Académie de médecine, t. XV, p. ‘JG, et Union médicale , J8( A) Sandras; De l'albuminurie dans les maladies nerveuses ( Gazette des hôpitaux,
(U) Imbert-Gourbeyre, Moniteur des hôpitaux, 185G.
(5) Charcot, Gazette hebdomadaire, lévrier 1858.
/c\ TWmarres Traité des maladies des yeux. Paris, 18o8.
(7) Wilson, On filts and sudden Death in connexion witli diseuse of the kidneij (London med. Gazette, 1833).
$ etc. (London Journal of medical
(a as ’prpiichs Die Briahtsche Nierenkrankheit. Braunschweig, 1851. .
ÎÎ 5££ , De la présence de l'urée dans le sang, et de sa diffusion dans l’organisme a
l'état physiologique et à T état pathologique . Strasbourg, 1856.
$ ÎtZ: Bright’sd^se (^ Times
W 'Obier, Su! te variations diurnes
"Sr ,fc ‘-Z’uofnairc ellgclopédigue Oc, sciences médicales, .orne II,
mrM*>
18(^) l,,„U„ier , Du diabète Iwumatigue, ou Essai entre s,,,- une maladie prétendue ""ufnniSf cômidtaiiom sur la maladie de BriglU (Union médicale, 1855).
ALBUMINURIE. — HISTORIQUE
tenant compte des travaux de leurs devanciers, tout en reconnaissant la valeur des recherches entreprises sur les modifications éprouvées par le rein et l’importance de leurs résultats, les savants de cette école tendent à faire prévaloir l’idée que l’état général de l’économie est, dans l’albuminurie, le fait primitif et la lésion rénale le fait secondaire. L’état morbide général serait seul nécessaire, la lésion rénale pourrait manquer ou n’être qu’à un degré médiocre; la néphrite albumineuse, sans avoir, d’ailleurs, rien de spécifique, serait la conséquence plus ou moins nécessaire de l’albuminurie persistante. Cette doctrine est présentée avec le talent qui distingue l’auteur, par Gubler, dans l’article Albuminurie du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Elle a eu aussi pour un de ses partisans Jaccoud (1), qui tenta de constituer la classe des albuminuries par altérations du sang. Mais, depuis, cet auteur a cru devoir apporter de grandes restrictions à ses conclusions premières, et il reconnaît que le domaine des lésions rénales va de jour en jour s’agrandissant aux dépens de la classe des albuminuries par simple altération du sang, destinée peut-être à disparaître un jour (2).
Nous ne pouvons qu’indiquer sommairement, à une époque très-rapprochée de nous, un grand nombre d’autres productions afférentes à notre sujet, au point de vue clinique ou dogmatique. Citons seulement quelques noms : Lorain (3), dont le travail fait la base de cet article; Goodfellow (A), Abeille (5), Aug. Ollivier (6), qui a fait connaître l’albuminurie par intoxication saturnine ; Rosenstein (7) , Yogel (8), Félix Roubaud (9).
L’anatomie pathologique et la physiologie appliquée à l’albuminurie, marchaient d’ailleurs parallèlement à la clinique, et fournissaient des bases aux diverses théories. La desquamation des cellules épithéliales des tubuli, la présence de cylindres fibrineux, étaient déjà des faits acquis pour John Simon (1 ü) et Johnson (11), quand Frerichs (12) fit connaître ses études sur la production et la régression des exsudais du rein. Bence Jones (13), Mac Gregor, Begbie (IA) , Tripe (15),
(1) Jaccoud, Des Conditions pathogéniques de T albuminurie, thèse de Paris, 1860.
(2) Jaccoud, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Paris, 1864, article Albuminurie, t. I, p. 527.
(3) Lorain, De T albuminurie, thèse de concours d’agrégation. Paris, 1860.
(4) Goodfellow, Lectures on the diseuses of the Kidneg. London, 1861 .
(5) Abeille, Traité des maladies à urines albumineuses et sucrées. Paris, 1863.
(6) Auguste Ollivier, De T albuminurie saturnine ( Archives générales de médecine, 1863); lissai sur T albuminurie produite par T élimination des substances toxiques , thèse de Paris , 1 8 6 3 .
(7) Rosenstein, Pathologie und Thérapie der Nier enter ankheiten. Berlin, 1863.
(8) Vogel, Krankheiten der harnbereitenden Organe (Virchow’s Handbuch der speciellen Pathologie und Thérapie. Erlangen, 1863).
(9) Félix Roubaud, De l’identité d'origine de la gravellc, du diabète et de P albuminurie (Gaz. des hôp., avril 1865).
(10) J. Simon, On subacute inflammation of the Kidneg (Medico- chirurgical Transactions, 1847).
(11) Johnson, On the inflarnmatorg diseuses of' the Kidneg (Médico-chirurgical Transactions, 1847) ; On the proximale cause of the albuminous Urine and Dropsg, and on the pathology of the rénal Bloodvessels in Bright’s diseuse ( Medico-chir . Trans., 1850); On the forms and stages of Bright’s diseuse of the Kidneg wich especial refersnce to diagnosis and prognosis (Medico-chir. Trans., 1859).
(12) Frerichs, toc. cit., 1851.
(13) BenceJones, Case of albuminous and fatty Urines (Medico-chir . Trans., 1850 et 1853).
(14) Begbie, De T albuminurie temporaire dans le cours de quelques maladies aiguës (Edinburgh rnonthly Journal, 1853).
(15) Tripe, De la scarlatine (British and foreign med.-chir. Revicw, 1854).
Becquerel et Vernois (1), apportèrent encore divers éléments précieux à ce point de science. Bien que cette étude se rapporte plutôt h la maladie de Bright, nous mentionnerons encore, comme ayant, avec Frerichs, exposé les lésions intimes du rein, Roinliardt (5), Virchow (3), Rosenstein (4), Henle (5), et tout récemment Corn il (6).
Enfin, la chimie a rendu les plus grands services à notre science en cet objet, et, pour ne citer que les travaux les plus récents et les plus spéciaux, nous venons que la connaissance de l’albuminurie fût restée incomplète sans les faits apportés par Andral et Gavarret (V), Becquerel et ltodier (8), Lehmann (9), Relier (10), Robin et Verdeil (11), Schottin (12), Miallie (13), Hoppe (14), Wiirtz (15), Parkes (16), Saccarjin (17), Schmidt (18), Graham (19), Funke (20), Pavy (21), et d’autres dont nous invoquerons l’autorité dans le cours de cet article.
La façon dont nous avons envisagé le sujet dans cet historique peut faire prévoir la définition que nous allons adopter. Celle de Guider est celle-ci : la sécrétion par les reins d'une urine albumineuse ; celle de Jaccoud, qui en diffère peu, nous paraît avoir l’avantage d’exprimer l’idée d’un fait pathologique; ce sera donc la nôtre : l’albuminurie est un trouble de la sécrétion rénale caractérisé par la présence de l’albumine dans l'urine.
(1) Becquerel et Vernois, De l'albuminurie et de la maladie de Bright {Moniteur des hôpitaux , 1856).
(2) Reinhardt, Beitrtige zur Kcnntniss der Bright' schcn Kranklieit {Deutsche Klinik, 18 tih); ]d ., ibid {Annal, des Charite-Krankenhauses zu Berlin, 1850).
(3) Virchow, Gesammelte Abhandlungen. Berlin, 1862.
(4) Rosenstein, Zur parenchymatôsen Nephritis (Virchow’s Archiv , 1859); Pathol, und Thérapie der Nierenkrankheiten. Berlin, 1864.
(5) Henle, Zur Anatomie der Nieren. Gœttingen, 1862.
(6) Cornil, Sur les lésions anatomiques du rein dans T albuminurie {Journal de l'anatomie et de la physiologie , public par Ch. Robin, janvier et mars 1865).
(7) Andral et Gavarret, Recherches sur les modifications de proportion de quelques principes du sang. Paris, 1840.
(8) Becquerel et Rodier, Chimie pathologique. Paris, 1854.
(9) Lehmann, Ueber Harn , Schmidt’s J ahr bûcher Chimie physiologique, Irad. de Drion . Paris, 1845).
(1 0) Heller, Chemischc Untersuchungen des liants, der Hamseaimente undConcrelionen am Krankenbette (Heller’s Archiv, 1847); Ueber das Albuminalbestandtheil des Harns in Krankheiten (Heller’s Archiv, 1852).
(11) Robin et Verdeil, Chimie anatomique et physiologique. Paris, 1852.
(12) Schottin, Usber die chemischen Bestandtheile des Schweisses {Archiv für physiol. lleilk 1852); Sur les caractères de l'urémie {Gazette hebdomadaire, 1653) (traduction).
(13) Mialhe, Chimie appliquée à la physiologie. Paris, 1856.
(14) Hoppe, Ueber Bestimmung des Eiweissgehultes im Ulutserum, Urin, Transsudatcn mitte/st des Wentzel-Soleilschen Polarisations-Apparates (Virchow’s Archiv, XI, 1857).
(15) Wiirtz, Sur la présence de l’urée diras le chyle et la lymphe {Académie des sciences,
Paris, 1859).
(16) Parkes, The Composition of the Urine. London, 1860.
(17) Saccarjin, Zur Blutlehre (Virchow’s Archiv, 1861).
(18) Schmidt, Filtration von Eiweiss, Koclisalz, Itarnstoff und andern Lôsungen durcit
thierische Membran (Poggendorf’s Annal., 1861). ....... .
(19) Graham, Anxvendung der Diffusion der Flüssigkeiten zur Analyse (Liebig s Annale n,