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ALBUMINURIE

CAUSES

§ II. — Conditions pathogéniques et étiologiques. - Causes.

1° Causes prédisposantes. — Dire toutes les causes de I albuminurie, ce sciait passer en revue la nosologie entière, car il n’v a pas de maladie dans le cours de laquelle l’albuminurie ne puisse se montrer. Nous répondrons à la question d’étiologie, en établissant des catégories générales qui rapprochent les causes supposées agir de la même manière. Mais, auparavant, il ne scia pas inutile de paicouiii rapidement les causes prédisposantes.

Age. — L’albuminurie se montre à tous les Ages, depuis les premiers temps qui suivent la naissance jusqu’à la plus extrême vieillesse. Bright croyait d abord que les enfants en étaient exempts, mais bientôt des observations publiées par Sabatier, Constant et Becquerel, firent voir qu’il n’en était rien. Frerichs a vu la maladie de Bright avec tous ses symptômes chez un enfant de quinze mois. Gregory cite deux cas d’albuminurie, l’un chez un homme de quatre-vingt-dix ans, 1 autre chez une femme de quatre-vingt -deux ans. T. âge où ce symptôme moi bide se montre le plus fréquemment est entre vingt et quarante ans ; viennent ensuite les périodes de quarante à soixante, de un à dix et de dix à vingt ans.

Frerichs donne le tableau suivant de la fréquence de 1 albuminurie aux différents âges, d’après les observations de plusieurs auteurs :

Noms

Nombre

De i

Do 10

De 20

De 40

Au- dessus

«les auteurs.

des cas.

à 10 ans.

à 20 ans.

à 10 ans.

à 60 ans.

de 00 ans.

Bright

Bright et Barlow

Gregory

Christison

Martin Solon . . .

Rayer

Malmsten ....

Frerichs

Totaux

Cette statistique,

qui ne vaut que pour

les lieux et les conditions

où elle a été

prise, donne peut-être des chiffres trop faibles pour l’âge d’un h vingt ans, bien qu’en général l’albuminurie soit considérée comme moins fréquente chez les enfants que chez les adultes. (Gnbler.)

Braun, médecin d’un hôpital d’accouchements, nous apprend que les convulsions urémiques et l’albuminurie exercent fréquemment leurs ravages sur les enfants nouveau-nés.

On trouve dans Rayer plusieurs observations d’albuminurie chez de très-jeunes enfants. Grisolle a observé une albuminurie passagère chez un enfant âgé de cinq semaines. Plusieurs auteurs ont insisté sur la fréquence toute particulière de l’albuminurie scarlatineuse. Or, la scarlatine est une maladie de l’enfance.

Pour Tripe (1), le jeune âge est un élément digne d’être pris en considération. A Londres, pendant l’épidémie des six derniers mois de 18â8 : de 678 morts par hydropsie scarlatineuse, 6, ou 1,3 pour 100, sont des enfants âgés d’un an; 32, ou 0,7 pour 100, sont dans la deuxième année; 60, ou 13,8 pour 100, dans la

(1) Tripe, De la scarlatine (British and foreifjn med.-chir. Review , 1854).

troisième ; 85, ou 17,8 pour 100, clans la quatrième; 71, ou 15,9pour 100, dans la cinquième: ce qui fait un total de 260, ou 55,5 pour 100 de décès chez des enfants au-dessous de cinq ans; 59 cas ont été mortels durant la sixième année, 57 duiunt la septième, 55 durant la huitième, 27 dans la neuvième et 17 dans la dixième; de sorte que, sur 578 décès à la suite de cette maladie, 555, ou 95,1 pour 100, sont survenus chez des enfants âgés de moins de dix ans’ En poussant plus loin l’examen, on voit que, passé seize ans, la mortalité ne donne plus que le chiffre de 1,2 pour 100.

Quant à la plus grande fréquence de la maladie de vingt à quarante ans, elle s’expliquerait par la plus grande fréquence des refroidissements, des excès de travail, de la débauche, à cette période de l’existence.

Nous observons également que la fréquence plus grande de l’albuminuire chez les hommes que les femmes ne concorde pas avec ce que nous savons d’ailleurs de l’influence de la grossesse sur la production de l’albuminurie. Nous pensons qu’une bonne statistique sur l’influence de l’âge et du sexe est encore à faire.

Constitution. — Christison, Gregory, Bayer, Peacock, ont signalé la diathèse scrofuleuse comme une cause prédisposante de l’albuminurie. Gregory va même jusqu a dire que tous les malades atteints de néphrite albumineuse chronique qu’il a observés, étaient, ou des buveurs, ou des scrofuleux. Bazin, qui s’est occupé spécialement de celte maladie, a noté (1) que l’albuminurie se présente souvent, comme affection propre, dans la quatrième période de la scrofule. Celle cause, signalée par tous les auteurs, ne saurait donc être récusée. Il en est de même, à un moindre degré néanmoins, de la tuberculisation. Toutes les cachexies, la cachexie syphilitique, rhumatismale, paludéenne, alcoolique (indépendamment de l’action spéciale exercée sur les reins par l’alcool), sont également considérées comme causes prédisposantes de l’albuminurie.

Professions. — Les professions qui peuvent être considérées comme prédisposant à l’albuminurie sont principalement celles où l’exposition habituelle au froid humide, lorsque le corps est en sueur, le contact habituel de l’eau, constituent des conditions de refroidissement et de troubles dans les fonctions de la peau: tels sont les boulangers, les pêcheurs, les marins, les verriers, les tanneurs, etc.

Climats. ■ — Les pays humides, peu élevés, marécageux, voisins de la mer (Pays- Bas, Hollande, Angleterre, Suède, provinces allemandes voisines de la mer du Nord), sont ceux où l’albuminurie est le plus communément observée.

2° Causes occasionnelles et organiques. — On a l’habitude de rapporter à quelques groupes homogènes les causes prochaines de l’albuminurie. L’albuminurie est un trouble de la sécrétion urinaire et, par conséquent, ces causes ne peuvent être cherchées que dans deux sources, savoir, d’un côté le liquide qui fournit à la sécrétion, de l’autre la glande qui agit sur ce liquide. En d’autres termes, le sang on le rein ou tous deux à la fois portent avec eux la raison suffisante de l’albuminurie. Pour Gubler (2), l’excès d’albumine dans le sang ( hyperleucomatie , superalbuminosc ) est la cause excitatrice de l’albuminurie (leucomurie) , et la modalité fonctionnelle du rein en est la condition prochaine : il existe seulement des circon-

(1) Bazin, Leçons théoriques et pratiques sur la scrofule. Paris, 1858.

(2) Gubler, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales . Paris, 1865, art. Albuminurie.

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