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ALBUMINURIE. — CAUSES

d’une façon générale, el encore faut-il faire surtout mterveim ^ "

est plus facile de comprendre ce qui se passe dans les malad.es scorbutiques, le pourpre la maladie tachetée, dans l'hémophilie, où des suffusions sanguines se font par tous les tissus; en pareil cas, le rein, sans être privilégié, a souvent sa part de l’ élimination du sang. Le choléra est une dos maladies dans lesquelles 1 albumine se montre dans les urines, et, selon Michel Lévy, le pronostic emprunte sa

uravilô à l’abondance relative cle cette substance. . . .

Reinhardt, Leubuscher, Frerichs, ont donné une explication simple de ce phénomène Au moment de la période de réaction du choléra, il se fait une congestion violente et rapide vers les organes de la sécrétion et de l'excrétion; les urines, qui avaient été supprimées pendant la période algide, sont excrétees avec activité.

Il y a donc là des phénomènes de congestion, et peut-être n’y a-t-il rien de plus. Gubler assimilerait volontiers l’albuminurie du choléra à l’entérorrhée de la meme maladie; il y a une desquamation épithéliale destubuli, dont on retrouve aisément les débris dans l’urine ; quelquefois même, il y a de plus des masses colloïdes amorphes et granuleuses voisines des moules fibrineux des albuminuries a.gues. Du reste, l’albuminurie du choléra est transitoire et disparaît ordinairement en tres-

peu de temps. . , ,

Nous ne saurions omettre de parler ici de l’albuminurie par asphyxie, soit dans

les diverses asphyxies brusques, soit dans le croup. L’explication est analogue a celle que nous avons donnée pour les fièvres ; il y a hypérémie locale, congestion des viscères, mouvements péristaltiques violents des intestins. Le rôle que peut jouer ici l’acide carbonique condensé dans le sang peut être soupçonné, mais nous ne saurions développer cette idée sans sortir de la réserve que nous nous sommes

imposée. (Lorain.) .

D. Parmi les conditions qui peuvent produire l’albuminurie, il fauL notei avec soin, comme l’une des plus simples au point de vue du mécanisme et en même temps des mieux démontrées, celle qui consiste dans Y augmentation de la pression du san ij sur les reins , par arrêt de la circulation en îetour.

Des phlébites rénales produisent l’albuminurie de la même façon que les expérimentateurs l’obtiennent en liant la veine rénale, comme 1 a fait Robinson (1). D’après une autre méthode, on augmente la pression dans le système circulatoire en y injectant une quantité suffisante d’eau (Mosler, Kierulf, Goll) (2) ; ou bien comme Hermann (3), on diminue le calibre de l’artère rénale ou l’on supprime quelques-uns de ses rameaux. La même chose a lieu lorsque 1 obstacle au retoui du sang veineux existe, non plus à la sortie même du rein, mais en quelque point éloigné, comme dans les cas de maladies du cœur ou des poumons s’opposant à la circulation et amenant des congestions et des hypérémies viscérales. Ges cas sont très-communs dans les maladies organiques du cœur et des poumons accompagnées d’albuminurie. En pareil cas, l’albuminurie peut n’êtrc qu’un phénomène ultime d’agonie, mais elle peut se présenter à un degré moins avancé de ces maladies, et

(1) Robinson, On inquiry into the nutwc and pathology of g ranular diseuse uf the Kidney audits mode of action in producing albuminous Urine. London, 1»^-

(2) Goll, Ueber den Einfluss des Blutdruckes auf die Harnabsonderung. Zurich 185 3

(3) Hermann, Ueber den Einfluss der Blutverdünnung auf die Sécrétion des Harns (Vir-

chow’s Archiv , 1859).

kkb MALADIES DES VOIES GÉNITO-URINAIRES.

persister. Jaccoud met sur le compte de ce mécanisme les albuminuries nerveuses et celles du choléra : dans les deux cas, il y a augmentation de la pression sanguine dans le rein par stase du sang, principalement dans les capillaires.

L albuminurie dans la grossesse s’accomtnode-t-elle de semblables explications? Plusieurs auteurs considèrent l’albuminurie des femmes grosses comme reconnaissant pour cause unique au début une compression des veines iliaques ou du tronc de la veine cave par le globe utérin.

Brown-Séquard a noté qu’en faisant changer l’attitude d’une femme enceinte,

de façon qu’elle se tînt inclinée en avant, on faisait momentanément disparaître chez elle l’albuminurie. Braun, de Vienne (1), admet comme causes éloignées de l’albuminurie des femmes grosses les modifications particulières que subit leur sang, la compression que l’utérus renfermant le produit de la conception exerce sur les reins, et la stagnation du sang veineux quelle y cause, car, dit-il, des expériences ont prouvé que cette pression pouvait produire une filtration d’albumine, de fibrine et de sang dans les tubuli urinifères. Quatre-vingts cas d’éclampsie sur cent arrivent dans la première grossesse, où généralement une pression plus grande s’exerce sur les reins, en raison de la résistance plus grande des parois abdominales. Germe (2) a vu à cette explication une difficulté, dans ce fait que l’urine du fœtus d’une femme morte albuminurique contenait aussi de l’albumine. Or, Prout, Mac Clintock (3), Virchow, ont démontré que l’urine du fœtus esL toujours albumineuse et ne contient presque pas d’urée. Toutefois, les cas qui surviennent dans la première moitié de la grossesse ne peuvent pas s’expliquer par ce mécanisme.

U. Toutes les lésions des reins de nature organique (tubercule, cancer, hydatides) ou inflammatoire (pyélile, néphrites diverses) peuvent donner lieu à une altération de l’urine, soit en y versant un produit inflammatoire, soit en provoquant une excitation hypérémique, et amener une albuminurie qui, dans beaucoup de cas, n’est qu’accidentelle, temporaire ou intermittente, mais qui, dans d’autres cas, peut être le point de départ d’un état chronique (maladie deBright).

Dans tous les cas, l’albuminurie confirmée ne peut exister sans qu'il se produise l’altération de structure de la glande rénale, telle que nous l’exposerons tout à l’heure.

§ III.— Symptômes.

Le symptôme essentiel de l’albuminurie est naturellement la présence de l’albumine dans l’urine ; mais c’est un phénomène qui ne se montre pas de soi-même et qu’il faut chercher. C’est pourquoi nous réservons pour le diagnostic l’étude des urines albumineuses.

Quelles que soient son origine et sa nature, l’albuminurie est particulièrement

(1) Braun, Wiener medic. Wochenschrift , 1853.

(2) Germe, Qu’est- ce que U albuminurie? ou de son analogie avec les sécrétions séreuses, séro-plastiques et les hémorrhagies qui se font soit à la surface, soit clans l’épaisseur. Paris, 18(54, thèse de doctorat.

(3) Mac Clintock, The resuit of sonie experiments respccting the présence of urea in the liquor Amnii and fœtal Urine of the human subject ( Dublin quarterly Journal of medical science, 1849).

ALBUMINURIE. — SYMPTÔMES. dkl

liée à quelques étais morbides tout à fait spéciaux avec lesquels elle affecte des rapports tellement intimes et constants, que l’étude des uns ne peut être séparée de celle des autres : telles sont les hydropisies, les troubles du système nerveux, les altérations du sang, l urémie, 1 éclampsie, les hévnoi rhagies.

Hydropisies. — Martin Solon a tenté d’expliquer la coïncidence de l’hydropisic avec l’albuminurie. Nous croyons, dit-il, que quand l’hydropisie manque, et ce sont les cas rares, c’est que l’activité de quelque émonctoire a empêché l’accumulation de la sérosité, ou que la lésion rénale iFest point encore assez avancée, ou (pie la collection n’a point encore eu le temps de se manifester. Après avoir renoncé à l’idée d’expliquer cette hydropisie par un trouble de la circulation, cet auteur se demande si l’hydropisie est occasionnée par une diminution d’activité de la sécrétion urinaire. Or, dit-il, cette diminution n’est pas toujours marquée ; il n’en existe même pas dans beaucoup de cas. Si ce symptôme tenait à cette cause, il devrait tout aussi bien apparaître sous la forme de l’ascite que sous celle de l’anasarque. Dans la maladie de Bright, l’hydropisie se présente sous des formes différentes. Tantôt elle est active ou aiguë, et tantôt passive ou chronique. On peut dire cependant qu’en général elle semble due à l’augmentation du sérum, et surtout à sa plus grande ténuité.

D’après Gubler, l’exhalation séreuse dans les mailles du tissu connectif souscutané et parenchymateux, ou dans les cavités naturelles, n’est pas la conséquence d’une simple filtration : elle s’opère par un travail actif de la part du tissu, analogue à celui qui se passe dans le rein et soumis aux mêmes conditions causales.

Le tableau suivant de Frerichs indique la fréquence de ce symptôme :

Noms

des observateurs.

Nombre des cas.

Avec hydropisie.

Sans hydropisie.

Gregory

Christison

Becquerel

Rayer. .

Martin Solon

Bright et Barlow. . .

Malmsten

Frerichs

Quant au siège des hydropisies, il varie. L’épanchement séreux peut 11e se montrer qu’aux extrémités inférieures, aux lombes ou dans les cavités séreuses. Dans la forme aiguë de l’albuminurie, surtout dans le cours des fièvres éruptives ou à la suite des refroidissements, l’anasarque est générale, et il y a bouffisure de la face en même temps qu’infiltration de tout le tissu sous-cutané.

Dans la forme chronique, l’œdème 11e se montre souvent qu’autour des malléoles, au scrotum, quelquefois aux paupières, au dos des mains.

L’infiltration ne doit pas être toujours mise sur le compte de l’albuminurie; en effet, on trouve ce symptôme très-fréquemment chez des personnes affectées l\ la fois d’albuminurie et de maladies du cœur antécédentes, qui ont joué le rôle principal ; mais l’anasarque par maladie du cœur ne survient pas brusquement, tandis que cette soudaineté d’une anasarque générale caractérise mieux l’état morbide

MALADIES des voies génito-urinaires.

qui cause l’albuminurie, surtout à l’état aigu , comme cela a lieu dans la fièvre scarlatine.

Selon Imbert-Gourbeyre (1) :

l Les deux tiers des maladies de Bright sont accompagnés d’œdème. “2° Il en est un bon tiers (peut-être la moitié) où il n’y a jamais d’hydropisic de la peau. 3° On trouve des maladies de Bright où les œdèmes sont fort peu considérables : Bright en cite un cas où il n’y avait qu’œdème de la conjonctive, chéinosis. /i° Il est d’autres cas où l’enflure n’arrive qu’à la fin, à la période terminale. 5° Il en est d autres où I hydropisie n’est qu’interne, l’hydrothorax, par exemple. 6° il en

est d’autres encore où il n’y a ni hydropisies des téguments, ni épanchements dans les cavités.

Ge symptôme affecte à peu près la même indépendance dans la plupart des albuminuries temporaires (grossesse, scarlatine, etc.).

D’après Frerichs, l’bydropisie, dans la forme chronique, seraiL due à une altération du sang (hydrémie) ; d’autres fois, dans la forme aiguë de l’albuminurie avec anasarque, ce serait la suite de la paralysie par refroidissement de la peau et des capillaires cutanés et sous-cutanés. Les maladies organiques du foie, du cœur, des poumons, seraient même toujours sinon une cause efficiente, du moins une cause prédisposante.

Troubles du système nerveux ( amaurose , céphalalgie , paralysie , convulsions, coma). — Il est constant que l’albuminurie s’accompagne ou se complique fréquemment d’accidents nerveux, qui varient depuis l'encéphalopathie simple jusqu’à l’état convulsif le plus violent, le coma le plus absolu ; parmi ces accidents nci veux, il en est dont la valeur est caractéristique : telle est l’amaurose, que Simpson a appelée un phénomène prémonitoire.

L 'amaurose albuminurique, signalée déjà avant Wells par Clauderus, reconnue par Bright, mieux décrite par Addison, constatée par Rayer, Malinstcn, etc., a été positivement considérée connue un symptôme d’une grande fréquence et d’une grande valeur par Simpson, Landouzy et Michel Lévy (2). Aujourd’hui l’amaurose sert puissamment au diagnostic et au pronostic de l’albuminurie, et réciproquement. Le tableau suivant, de Lécorché, montre les troubles de vision à tous les degrés coïncidant avec l’albuminurie d’après

Bright, dans le rapport de 4 à 87

Landouzy 13 à 25

Malmsten 11 à 24

Abeille 1 à 5

Frerichs 6 à 22

Avrard 5 à 5

Wagner 15 à 157

Lécorché (3) a rencontré l'amblyopie 7 fois dans 17 cas de néphrite albumineuse, aiguë ou chronique.

(1) Imbert-Gourbeyre, Mémoires de l' Académie impériale de médecine. Paris, 185(i, t. XX,

(2) Landouzy et Michel Lévy, Bulletin de l'Académie de médecine, t. XV, p. 74, 96 ; 1. XVI, p. 53, 376.

(3) Lécorché, De l’altération de la vision dans la néphrite albumineuse (Maladie île Bright, thèse inaugurale. Paris, 1858).

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