ALBUMINURIE. — SYMPTÔMES
lion d’acide oxalique dans l’économie, l’urée ou les unîtes se transformant en oxalaLes ou en acide oxalique. Cette théorie n’a pas été longtemps en faveur. Pour Frericbs, les accidents résultent, ainsi que nous l’avons dit, de l’intoxication du sang par le carbonate d’ammoniaque formé dans le torrent circulatoire par la décomposition de l’urée, ce qui s’exprime par la formule suivante :
C2Az2lî402 -f HO = (AzH3,HO) CO2.
Or, Wôbler a démontré depuis longtemps que l’urée peut se transformer, dans le corps humain, en carbonate d’ammoniaque ; mais le ferment qui est censé produire celte transformation d'urée en carbonate d’ammoniaque est encore à trouver,
Frericbs, Lehmann et Schmidt ont dit avoir retrouvé le carbonate d’ammoniaque chez les malades ischuriques ou anuriques, et chez les animaux néphrotomisés (par conséquent urémiques). Cependant on a pensé qu’il y avait eu quelquefois illusion quand on croyait reconnaître le carbonate d’ammoniaque dans les produits de la respiration, par les vapeurs qui se produisent autour d’une baguette trempée dans l’acide chlorhydrique et présentée à la bouche des malades. Ces vapeurs se manifestent par un air humide : la bouche des malades est quelquefois malpropre et ammoniacale. Le sang normal dégage de l’ammoniaque par l’addition d’un alcali caustique, bien que l’ammoniaque n’y préexiste pas.
Quant à l’urémie, dans le sens propre du mot , elle est fortement compromise par les expériences réitérées, celles, en particulier, de WUrlz et Berthelot, qui ont démontré l’innocuité constante des injections d’urée dans le sang des animaux, pourvu que les doses n’en fussent pas trop massives (Gubler). Bien plus, il paraîtrait que le procédé de Liebig, pour le dosage de l’urée, est vicieux et donne* une trop forte proportion de ce principe : le nitrate acide de mercure précipitant certaines autres substances azotées tout aussi bien que l’urée. AViirtz et Berthelot dans trois cas d’albuminurie aiguë, avec attaques épileptiques, ml coma éclamptique, n’auraient trouvé dans le sang que la proportion d’urée moyenne de toute phlegmasic fébrile.
Schottin a pensé qu’une part importante des accidents revient aux matières extractives, inconnues, qui accompagneraient l’urée, et Picard (1) n’est pas éloigné de partager cette opinion. La thèse récente de Challan (2) soutient avec talent celle doctrine , et signale, parmi les matières extractives de l’urine, la créatinine
comme suspecte d’une nocuité particulière. Ce serait donc la doctrine de Yurmémie.
Pour Gubler, celle vue approche plus que les autres [de la vérité. A part 1 éclampsie, qui manque souvent dans l’urémie et peut exister sans elle les autres symptômes plus obscurs pourraient être ainsi expliqués, comme ceux de U ch» lé, me le sont par l’accumulation, dans le sang, des substances dont l’éfrtrrfnatîon appartient a la glande hépatique. L’œdème cérébral serait, en définitive la meilleure raison anatomo-pathologique de l’éclampsie.
Dans un rapport lait à la Société anatomique en juin 1854, sur des observations
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no(845Albert Cliallan’ N°UCellcs ',<?cWww l’urémie, thèse de Strasbourg, 1865,
d’urémie présentes par d’Ornellas, Charcot (1) se demande quelle est la cause des accidents cérébraux dans la maladie de Bright II établit que rarement on la trouve dans les lésions des centres nerveux ; le plus souvent ces lésions n’existent pas, d’après Charcot, et l’on est conduit à voir, dans ces accidents, non une complication, mais une conséquence de l'affection rénale elle-même.
1 ibet et, dans un tiavail sut les convulsions dans I albuminurie (2), conclut que ; 1 Les épanchements de sérosité dans 1 arachnoïde, les ventricules du cerveau, l’infiltration de la pie-mère et de la substance cérébrale, lui paraissent expliquer le plus souvent les accidents cérébraux dans la maladie de Bright et la scarlatine. 2° Certains cas d’accidents nerveux ne peuvent être expliqués par aucune lésion céi ébi o— spinale. En pareil cas, il y a une véritable intoxication; seulement cet agent toxique n’est pas encore trouvé. D’autre part, Barthez et llilliet (3) s’expriment ainsi : « L’anatomie pathologique démontre d’une manière irrécusable que » les accidents cérébraux ne sont d’ordinaire le résultat d’aucune lésion impor-
» tante de l’appareil cérébro-spinal C’est très-probablement à l’altération du
-> sang qu’il faut rapporter la véritable cause des accidents cérébraux. »
Hémorrhagies. — Cependant il y a quelques raisons de croire que l’albuminurie avec urémie n’est pas sans influence sur la production de certaines hémorrhagies. En faveur de cette opinion nous citerons Blot comme ayant démontré l’influence de l’albuminurie sur les hémorrhagies chez les femmes grosses. L’altération du sang qui favorise les hémorrhagies se produit dans la maladie albuminurique aiguë ou chronique. Un cas d’hémorrhagie cérébrale a été observé dans le cours de la maladie de Bright par A. Tardieu (4).
Rapports de l’albuminurie avec des affections diverses. — Nous terminerons cet aperçu des rapports de l’albuminurie avec les différents états morbides, en reproduisant, d’après Frerichs, une statistique des organes malades avant ou après la maladie de Bright, dressée sur l’analyse de 292 observations, dont 100 de Bright, 14 de Christison, 37 de Gregory, 8 de Martin-Solon, 48 de Rayer, 45 de Becquerel, 10 de Bright et Barlow, 9 de Malmsten et 21 de Frerichs.
1 ü Organes de la circulation. — Sur ces 292 cas, le cœur a été trouvé 99 fois hypertrophié, dont 41 cas avec altération des orifices, 16 avec adhérence des grosses artères, 42 sans autre altération que l’hypertrophie.
2° Poumons. — Ces organes ont été trouvés plus souvent malades que l’appareil de la circulation. Sur les 292 cas, 175 fois les poumons ou les bronches furent trouvés malades, dont 75 cas d’œdème du poumon (4 cas d’œdème de la glotte) ; la pneumonie à tous les degrés a été trouvée 27 fois; dans 2 cas, il y eut gangrène du poumon, et 8 fois apoplexie pulmonaire (dans quelques-uns de ces cas, il y avait lésion du cœur); 22 fois il y avait de l’emphysème, et 37 fois des tubercules.
3° Foie. — ; Sur les 292 cas, le foie a été trouvé 46 fois malade ; c’est la même
(1) Charcot, Gazette hebdomadaire de médecine , février 1858.
(2) l'iberct, Des accidents qui peuvent survenir du côté du. système nerveux dans le cours de la maladie de Bright et de l’ albuminurie consécutive à la scarlatine , thèse de doctorat, l'aris, 1855.
(3) Rilliet et Barthez, Traité des maladies des enfants.
(1) A. Tardieu, Bulletins de la Société anatomique de Paris, XVIe année, bulletin u° 4, mai 1841.