ALBUMINURIE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON
altération que la cirrhose qui a toujours été constatée ; 19 fois il y avait état gras ; 1 fois, carcinome.
4° Bâte. — 30 fois on y a trouvé des altérations pathologiques, dont 26 cas de tumeurs anciennes, et 4 cas de maladie aiguë.
5° Estomac. — 31 cas de maladie: 24 fois gastrite ou catarrhe chronique de l’estomac (chez les buveurs); 3 fois ulcère simple; 4 fois carcinome du pylore; une fois ramollissement typhique de l’estomac.
6 a Intestin. — 61 cas d’altérations morbides: 34 fois hypérémie et catarrhe intestinal; 13 fois éruption folliculeuse ; 12 fois tubercules des ganglions, et 2 fois ulcérations typhoïdes.
7° Système nerveux central. — Cerveau, il fois apoplexie cérébrale, dont 8 fois avec hypertrophie du cœur et lésions valvulaires ; 2 fois avec dégénérescence athéromateuse des artères ; une seule foisonne trouva aucune autre lésion que l’apoplexie cérébrale.
Dans 40 cas, on a noté un épanchement de sérosité dans l’arachnoïde : 2 fois il y avait méningite, et dans l’un de ces deux cas productions tuberculeuses ; une fois tumeur du cerveau de nature cancéreuse.
8° Membranes séreuses. — En outre des épanchements ordinaires ascitiques, on a noté des épanchements considérables dans les plèvres, 35 fois; dans le péritoine, 33 fois; dans le péricarde, 13 fois.
On a encore noté diverses maladies des os : 7 fois tumeur blanche, carie des vertèbres, nécrose, etc. On a noté aussi un certain nombre de maladies des voies urinaires, pierre, etc.
Ce qui frappe dans cette statistique, c’est l’excessive fréquence des maladies du ' cœur, et en cela le fait est d’accord avec la théorie, rien ne paraissant plus prédis- I poser a 1 albuminurie qu’un trouble de la circulation.
§ IV. — Marche, durée, terminaison.
Quelques auteurs ont rangé les diverses albuminuries sous deux chefs : 1° albui minurie aiguë ; 2° albuminurie chronique.
La première expression ne signifie pas toujours albuminurie passagère, et la sei coude ne veut pas toujours dire maladie de Bright. Il serait préférable d’adopter, avec Jaccoud, les quatre désignations suivantes: albuminurie passagère , albuminurie aiguë, albuminurie persistante, albuminurie brightique. Roberts (1), bien qu’il ; accepte des albuminuries temporaires, en rapport avec un simple état catarrhal ides tubes urinifères et une prolifération considérable de leurs éléments épithéliaux,
' état bien éloigné, par conséquent, du granular kidney, ne fait cependant que la (distinction de maladie de Bright aiguë et chronique. En France, où l’on s’est hai bitué a entendre sous le nom de maladie de Bright des lésions très-avancées et ipiesque spécifiques du rein, cette division serait mal comprise, et l’on trouverait ^•sans doute que le nom de maladie de Bright est mal appliqué aux albuminuries de ! api emière classe : Roberts aura voulu faire à son illustre compatriote l’honneur
c une laige interprétation du phénomène que l’on a peine à retrouver dans ses 1 œuvres.
(1) Robeits, A practical treatisc on urinary and rénal diseases. London, 1865.
On peut Admettre trois cIassgs d'albuminurie i
1° Dans la première classe, nous rangerons les albuminuries (pii se montrent un instant et accidentellement dans le cours d’une maladie chronique (goutte, diabète, etc.), sans que rien pût faire prévoir qu’il en serait ainsi-, sans qu’il fût dans le génie morbide de produire l'albuminurie. Telles sont encore les albuminuries des lièvres typhoïdes, dp typhus, de la pneumonie, accidents sans importance, sans valeur, qui ne persistent pas, et qui ne paraissent pas devoir être lie point de départ d’une albuminurie chronique, ni se compliquer des graves accidents qui’ se rencontrent dans d’autres formes de l’albuminurie, même à l’état aigu. De la
marche, de la durée, de la terminaison de cette albuminurie, il n'y a donc rien à dire. Tout au plus pourrait-on faire une réserve en ce qui concerne l’albuminurie du choléra. Quelques médecins (Martin Solon) ont pensé qn’H1 pouvait y avoir des albuminuries critiques. On constate qu’il' se montre souvent de l’albumine d'ans l’urine des cholériques, et que ce phénomène coïncide avec la période de réaction.
Ce n’est point là une crise : mais c’en est une quand, comme Bouiliaud l’a observé, la résorption rapide d’on épanchement pleurétique fait apparaître l’albuminedans l’urine. Au point de vue de Gubter, l’albuminurie serait assez souvent un phénomène critique de la superalbuminose sanguine (dvserasie leucomatique).
Nous ne pensons pas qu’on puisse donner non plus une signification particulière à l’albuminurie du croup (vov. le pronostic), et que ce phénomène ait aucune importance diagnostique.
2° L’albuminurie aigiô: comprend quelques formes dans lesquelles il peut y avoir délitescence, disparition rapide, ou au contraire persistance et aggravation de ce symptôme. Ces cas se rencontrent dans les fièvres éruptives, et surtout la scarlatine, la rougeole, la variole, les érysipèles mêmes, à la suite de refroidissements, d’excès de boissons dans l’état de grossesse. Chacune de ces formes peut passer de l’état aigu à l’étal chronique, et il n’est pas une de ces albuminuries aiguës qui ne puisse devenir albuminurie chronique, ou maladie de Bright véritable. Ce sera donc par la durée du symptôme, par la concomitance d’autres accidents dont nous allons parler, que l’on jugera de la valeur de l’albuminurie et qu’on en reconnaîtra l’espèce. Quant à l’albuminurie qui survient dans quelques affections chroniques des viscères, elle ne peut être étudiée qu’à titre de complication de ces maladies, sous la dépendance desquelles elle se trouve.
3° L’albuminurie chronique comporte la persistance de l’albumine dans l’urine et l’ensemble de symptômes propres ou de complications habituelles qui se rencontrent dans la maladie de Bright, dont nous n’avons pas à faire la description.
La durée de l’albuminurie est extrêmement variable. La forme aiguë transitoire, passagère, n’est qu’un accident fugitif qui peut apparaître et disparaître et dont la durée peut n’être que de quelques heures, et ne pas dépasser plusieurs semaines : l’albuminurie cantharidienne dure, en moyenne, de trois à quatre jours. La seconde forme comporte une durée un peu plus longue ; l’albuminurie scarlatineuse et celle qui accompagne la grossesse, lorsqu’elles guérissent, peuvent persister, la première pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines, la seconde pendant plusieurs mois, et se terminer néanmoins par la guérison. Dans la grossesse, la persistance de ce symptôme est en rapport avec la persistance de la cause, qui est la grossesse même. L’albuminurie aiguë, suite de refroidissement, peut ne durer que plusieurs