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ALBUMINURIE. — TRAITEMENT

minurie, au point qu’elle peut l’entretenir, L’exagérer et amener tôt ou tard des lésions rénales incurables, on devra surveiller cette alimentation avec le plus grand soin : toutes les fois que l’état du malade le permettra, principalement dans le cas d’albuminurie aiguë et essentielle, le régime végétal devra dominer sur le régime animal. » Gubler pense qu’on fera bien d’éviter les aliments dans lesquels entre l’albumine proprement dite. Réduite à ces proportions, l’indication n’a rien qui ne puisse être approuvé.

L’expérience nous ayant appris dans quelles conditions se produit, s’engendre l’albuminurie, principalement dans le cours de certains états morbides, tous nos soins devront être employés à éviter la rencontre de ces conditions. Telle est l’action du froid sur la peau dans la période de desquamation de la scarlatine. La prophylaxie a donc ici à jouer un rôle considérable. Si l’albuminurie existe déjà, à plus forte raison faudrait-il s’appliquer à empêcher par les précautions prises que cet état transitoire ne s’aggravât, ne se compliquât d’accidents souvent funestes, et enfin ne persistât de façon à devenir chronique.

A l’égard de l’albuminurie gravidique, quelques auteurs ont osé proposer et même provoquer l’avortement. Cette forme nous semble avoir assez de chances de finir avec le temps de la gestation, pour que l’on hésite beaucoup à recourir à ce moyen extrême qui, d’ailleurs, n’assure pas complètement la cessation des accidents, puisque l’accouchement naturel lui-même n’en procure pas constamment la guérison.

Le traitement des phénomènes d’éclampsie albuminurique de la grossesse, d'après la pratique nouvelle, consiste dans l’emploi du chloroforme. Simpson a inauguré l’emploi de ce nouveau moyen, et en a retiré de grands avantages. Braun (de Vienne) dit que les résultats du narcotisme obtenu parle chloroforme dépassent toute attente. Selon cet accoucheur, on ne saurait trop recommander le narcotisme par le chloroforme, lorsque les indices d’un paroxysme commencent à se montrer. Si l’attaque a lieu pendant le travail, le chloroforme a encore ici une action particulièrement favorable sur la vie de l’enfant, en ce qu’il favorise la rapidité de la délivrance.

Plusieurs accoucheurs très-distingués de la capitale emploient le chloroforme dans les circonstances que nous venons d’indiquer.

Suivant que les théories sur l’albuminurie ont varié, les indications ont été différentes. Ainsi, au début des recherches de Brigtit, et plus tard, alors que l’albuminurie n’était considérée que comme un résultat d’inflammation, les saignées ont été fortement recommandées. Elles peuvent, en effet, être utiles dans quelques cas particuliers, lorsque l’hypérémie est marquée, et qu’on les fait modérément.

La théorie qui veut que, la peau cessant de fonctionner, l’albuminurie ait lieu, conclut à conseiller les bains de vapeur, dont l'emploi exige les plus grandes précautions.

Les diurétiques ont été employés de préférence à tous les autres moyens : cependant, au début, a part la digitale, ils peuvent irriter le rein et sont contre-indiqués

La digitale est administrée à la dose de 5 à 10 centigrammes en pilules, trois fois par jour, ou bien de la manière suivante:

Eau distillée de cannelle

ou de casse 1 cuillerée à thé.

A prendre trois fois par jour.

Teinture de digitale. 10, 15 ou 20 gouttes.

La crème détartré est prescrite ainsi qu’il suit :

if Eau | Crème de tartre 6 à 8 gram.

A prendre en une fois, trois fois par jour.

Les uns adoptent les purgatifs salins et repoussent les drastiques ; d’autres ont les préférences inverses. Les révulsifs cutanés, à condition que l’on évite les vésicatoires cantharidiens, ont rendu des services. Les acides minéraux (Rayer et Forgct) paraissent à Guider avoir dû leur succès à leur action tempérante, plus ou moins apte à diminuer l’hypérémie du rein. Les astringents partagent, à un certain degré, cette propriété : on emploie le tannin, l’alun, l’acide galliquc, ce dernier à la dose de 50 centigrammes à 1 et 2 grammes dans les vingt-quatre heures pendant cinq ou six jours consécutifs.

Lorsque l’albuminurie est liée à un défaut dans l’accomplissement de la fonction respiratoire, on conseillera le chlorure de sodium, équivalent de diffusion de l’albumine (Schmidt) et qui paraît pouvoir diminuer la quantité de ce principe dans le sang (Vogel, Plouviez); par conséquent, l’habitation au bord de la mer, l’usage des eaux chlorurées sodiques ou bicarbonatées sodiques, Balaruc, Hambourg, Nioderbrom, Salins, Bourbonnc, ou bien Carlsbad, Etns, Vichy (1), seiont des moyens desquels on peut espérer des résultats avantageux.

Gubler emploie, au lieu de diurétiques, le bromure de potassium. Dose : 50 centigrammes b 1 et 2 grammes par jour.

L’idée de faire passer par les reins une substance qui au passage pût modifier l’état morbide de cet organe a dû venir tout d’abord à l’esprit des médecins. Seulement, s’il est vrai que dans certaines formes d’albuminurie avec anasarque, ce moyen ait eu (le bons résultats ; qu’en particulier, dans la forme chronique, la cantharide ait été employée avec succès, il n’en est pas moins certain que cet ordre de médicaments ne doit être manié qu’avec une prudence dont on comprendra la nécessité, si l’on réfléchit à la nature des lésions rénales et au mécanisme de 1 albuminurie, tels que nous les avons exposés.

Dans celte classe si nombreuse d’albuminuries qui s établissent lentement et silencieusement, sans manifestations aiguës du côté des reins, albuminuiics qui h connaissent le plus souvent pour condition organique une congestion passive des organes sécréteurs, et dont le type est fourni par l’albuminurie des maladies du cœur, les indications sont différentes. La parésie plus ou moins prononcée de l’organe central de la circulation, les troubles simultanés de la circulation périphérique, dominent tous les phénomènes; de là deux indications : maintenir à son maximum l’énergie fonctionnelle du cœur ; exciter la contractilité des vaisseaux artériels. Pour remplir le première de ces indications on s’adressera à la nutrition générale, et 1 on soumettra le malade à un régime fortement animalisé et tonique, dans lequel le vin entrera pour une part plus ou moins grande, selon les cas ; pour obéir à la deuxième indication, on aura recours aux substances qui ont une action directe sur la contractilité vasculaire; l’expérience et l’expérimentation ont appris qu il faut placer en première ligne le tannin, le perchlorure de fer et l’acétate de plomb (Vogel, Lewald, Mosler). L’acide phosphorique et l’acide sulfurique ont été préconisés dans les mêmes circonstances, et quoique l’acide nitrique n’ait point réalisé toutes les

(1) Voy. Durand-Fardel, Le Bret, Lefort, Dictionnaire des eaux minérales. Paris, 1860.

MALADIE DE BRIGHT. — DÉFINITION, SYNONYME, FRÉQUENCE. l\ 75

espérances qu’on avait conçues, cependant il a donné aussi quelques succès (Moritz); en associant le perchlorure de fer au seigle ergoté, Socquet et Hugues ont également obtenu des guérisons définitives. C’est à la môme médication qu’appartient un. agent non encore essayé en France, qui a produit entre les mains de Korner les plus heureux résultats ; savoir le trichlorure de méthyle (C'CPS^O4), qui paraît avoir une action puissante sur la contractilité du cœur et des artères (Korner, Bcrnatzik).

Lorsque, en l’absence de toute autre cause appréciable, l’albuminurie paraît être sous la dépendance d’une modification moléculaire des principes albumineux du sang, on se souviendra cjue cette altération a Je plus souvent sa cause dans une perversion des fonctions digestives, et notamment des fonctions de l’estomac ; dans ces cas-là l’indication principale sera tirée de la dyspepsie, et le traitement de Gamberini, basé sur l’emploi simultané du tannin et de la noix vomique, peut rendre de véritables services ; Jaccoud, dans des circonstances analogues, l’a employé avec succès.

Dans quelques cas enfin, l’albuminurie apparaissant chez des individus atteints d’une maladie constitutionnelle, peut à bon droit être regardée comme l’une des expressions symptomatiques de la maladie générale ; cela s’observe surtout dans la scrofule et dans la dartre ; si alors l’étude sémiotique du phénomène démontre que le rein n’est pas encore le siège d’altérations incurables, il n’y a pas lieu de diriger contre l’albuminurie d’autre traitement que celui qui est indiqué par la maladie constitutionnelle, et la guérison vient souvent démontrer la justesse de celte interprétation. Ainsi doivent être compris les succès qui ont été obtenus, en pareil cas, au moyen des préparations sulfureuses, iodées et arsenicales (Jaccoud)].

ARTICLE VI

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