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MALADIE DE BRIGHT. — TRAITEMENT

Les purgatifs peu énergiques sont recommandés. On peut prescrire :

3e Eau de chicorée 100 gram. I Sirop de nerprun 00 gram.

Sulfate de magnésie 15 gram. |

A prendre en deux fois.

L huile de ricin, a la dose de 30 a 60 grammes, est également donnée en pareil cas.-

Des purgatifs plus énergiques, tels que la racine de jalap et la gomme-gutte , doivent être administrés de préférence dans les cas où l’hydropisie est très-considérable, et lorsqu’elle n’a été que peu modifiée par la saignée, surtout dans les cas où la maladie s’annonce avec beaucoup de gravité, et lorsqu’il y a imminence de symptômes cérébraux (Rayer). Ces médicaments peuvent être prescrits de la manière suivante :

Ja'aP lgr,50 | Décoction de chicorée 130 gram.

Mêlez. A prendre en trois fois, à une demi-heure d’intervalle. S’arrêter si les deux premières agissent suffisamment. ' 1

Pour les enfants, on donnera le jalap à la dose de 50 à 75 centigrammes dans 15 grammes de sirop de guimauve, et également en trois fois, en observant les mêmes précautions.

Pour la gomme-gutte, on administrera les pilules de Bontius fVov Ascite p. 379.) v ' ’

Un bain simple, le soir, sera utile, pris auprès du lit, afin que le malade ne soit pas exposé aux causes de refroidissement.

Les bains de vapeur ou bien les fumigations avec les baies de genièvre sont prescrits dans le but d’exciter la transpiration.

Lorsque les symptômes gastriques ou intestinaux , et en particulier les vomissements et la diarrhée, sont très-notables, les bains tièdes, des sangsues à l’anus et de petites doses d opium sont des remèdes salutaires. Lorsque les malades se niai gnent de dyspnée ou d’oppression, après la saignée, les purgatifs sont préférables (Rayer) Toutefois on a peine à croire, quand ou se rappelle l’effet des narcotim.es sur les fonctions respiratoires, que les purgatifs aient plus d’efficacité que l’on un. pour calmer la dyspnée. 1 1

La persuasion où l’on est que le froid, et surtout le froid humide, est une des causes les plus puissantes de la maladie, a eu pour résultat naturel la recommandation générale de tenir 1 appartement a une température assez élevée et en outre de couvrir le corps de flanelle.

Lorsque les signes de réaction sont marqués, ou soumettra les malades à une dtetc assez sévère mats on ne doit pas tarder à donner des aliments assez substa tels des que le léger mouvement fébrile est tombé. Plusieurs malades se sont trouvés b, en de I usage du laitp our toute nourriture pendant quelques jours [Les moyens indiqués au traitement de l’albuminurie en général , muraient être indiqués a la suite de ceux que nous venons de parcourir, et en particulier le régime

et les médicaments que I on regarde comme propres à modifier l’état du sang et à diminuer la quantité d albumine rendue. ]

2° Maladie de B. ight confirmée. - Le médecin ne doit pas avoir grand espoir de guérir son malade, même en employant les moyens qui paraissent le mieux appropriés. Mais on a vu aussi que plusieurs laits ont démontré la possibi-

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lité d’un adoucissement considérable au mal et de la prolongation des jours du malade, alors même que la maladie avait fait, à n’en pas douter, d’assez grands progrès. C’est principalement pour atteindre ce but que l’on a institué le traitement de la maladie de Bright à forme chronique, et par conséquent ce traitement n’est guère que palliatif.

Emissions sanguines. — Les émissions sanguines sont bien loin d’çtre recommandées dans celte forme. Si elles peuvent être employées contre l’hypérémie rénale, qui s’opère lentement ou par attaques successives, elles sont non- seulement inutiles, mais encore nuisibles, dans une foule de cas où les reins sont décolorés, granulés ou indurés.

Diurétiques. — Christison (1) préconise particulièrement les diurétiques déjà prescrits par Bright, et auxquels cet auteur a plus tard accordé beaucoup moins de confiance. Ceux que préfère Christison sont la digitale et la crème de tartre.

La digitale est administrée par lui à lu dose de 5 à lü centigrammes en pilules, trois fois par jour; ou bien de la manière suivante:

'Jf Eau distillée de cannelle ou de casse une cuillerée à thé.

Teinture de digitale 10, 15 ou 20 gouttes.

A prendre trois fois par jour.

La crème de tartre est prescrite ainsi qu’il suit:

Eau 100 gram. | Crème de tartre. ; 6 ou 8 grarn.

A prendre en une fois, trois fois par jour.

Si l’elTet diurétique n’avait pas lieu dès les premiers jours, il ne faudrait pas en conclure que ces médicaments resteront sans action, car Christison a vu la diurèse s’établir après un certain temps, et il dit avoir favorisé celle apparition en administrant un vomitif composé de tartre stibié et tVipécacuanha.

Les autres diurétiques mis en usage sont la scille, le nitrate, Y acétate de /jutasse, etc. Bright et Rayer ont recommandé Vuva ursi et le raifort sauvage. [Roberts loue ce dernier diurétique.]

La busserole (raisin d’ours, uva ursi ) a été donnée par Bright. On peut la prescrire de la manière suivante :

if Busserole (uva ursi) 2 à 4 gram. | Eau 500 gram.

Faites bouillir pendant vingt minutes. Édulcorez. A prendre par tasses dans la journée.

Ou bien :

^ Poudre de busserole ( uva ursi) 1 à 2 gram.

Divisez en trois paquets. A prendre dans la journée, dans une cuillerée d’eau ou de tisane.

Le raifort sauvage se prend en tisane.

L'infusion des sommités de genêt (15 grammes; eau, 500) est une boisson que les*malades prennent avec plaisir et qui paraît donner de bons résultats. (Rayer) (2).

Les diurétiques comptent, comme on le voit, un grand nombre de partisans. Celle faveur, selon Roberts, reposerait sur une illusion : quand l’état aigu de la

(1) Christison, loc.cit., p. 148 et suiv.

(2) Rayer, Bulletin général de thérapeutique, 15 mai 1850.

MALADIE DE BRIttHT. — TRAITEMENT.

néphrite marche à la guérison ou à une période de calme, l’hydropisie se résout naturellement par une diurèse abondante dont on peut faire, à tort, l’honneur aux diurétiques employés pendant la phase d’acuité. Osborne pense qu’il est mauvais d’exciter le rein par ces médicaments.

Térébenthine , baume de Tolu, de copahu , cantharides. — Il faut rapprocher des diurétiques d’autres médicaments qui agissent d’une manière bien connue sur les voies urinaires; savoir la térébenthine , les baumes de Tolu et de copahu , et surtout les cantharides.

Les auteurs s’accordent à dire que la térébenthine et les baumes que nous venons d’indiquer n’ont pas d’effets avantageux. Quant aux cantharides , elles ont été d’abord administrées par Wels, sous forme de teinture , à une dose très-considérable : 30, 50 et 60 gouttes dans les vingt-quatre heurek Rayer a administré ce médicament également sous forme de teinture, mais à une bien plus faible dose ; il le prescrit, en effet, de la manière suivante :

if Émulsion commune ou lait | Teinture de cantharides. 4 à 12 gouttes,

d’amandes 30 arram.

Mêlez. A prendre par cuillerées.

Ces deux auteurs, ainsi que Fonssagrives, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, ont vu, dans certains cas, l’albumine disparaître de l’urine, et l’hydropisie diminuer ou se dissiper sous l’influence de cette médication, que néanmoins Rayer regarde comme fort incertaine. D’un autre côté, Blackall a vu quelquefois le coagulum albumineux augmenter dans l’urine des sujets qui faisaient usage de cette substance; et comme tout le monde convient que c’est un remède dangereux, surtout aux doses prescrites par Wells, on hésitera sans doute à le mettre en usage, et si on le donne, ce ne sera qu’avec les plus grandes précautions. Quant h nous, nous avons voulu employer ce médicament, mais il n’a jamais pu être supporté.

Toniques. — Nouât (1) a obtenu six guérisons sur dix cas, à l’aide du traitement tonique. C’est là un des plus beaux résultats qui aient été signalés.

Quand les symptômes réactionnels sont tombés^ ou quand ils ne se sont jamais montrés, si les organes digestifs sont en bon état, il convient de soutenir les forces en administrant des aliments légers, des bouillons, de Veau vineuse , même du vin de Bordeaux ou du vin de Bagnols.

Les aliments doivent être choisis parmi ceux de facile digestion. Puis on passe aux aliments plus nourrissants, à la viande rôtie par exemple. On y ajoute des stimulants du système nerveux, des alcooliques, de Veau vineuse, du vin de Bordeaux ou du vin de Bagnols, à la dose de 30 à 125 grammes.

[ Ce traitement est celui qui remplit le mieux l’indication d’empêcher l’extension des désordres rénaux quand la maladie est entrée dans une période de calme relatif, sans qu’il se présente d’ailleurs de complications. Roberts conseille d’aider aux effets d une alimentation modérée par l’usage des préparations martiales, sous la forme qui sera le mieux supportée, dans chaque cas particulier, perchlorure de fer, citrate de fer, fer réduit, etc. Il associe l’huile de foie de morue avec le sirop d iodure de fer, dans les cas où la constitution accuse le vice scrofuleux. C’est pour les malades la meilleure sauve-garde contre l’anémie qui leur amène tant de dan-

(1) Nonat, De tu néphrite albumineuse , etc. (Union médicale, septembre 1847, p. 467).

MALADIES DES VOIES GfiNITO-URINAIRES.

gors. Ces moyens, accompagnés de la plus stricte observance des règles d’hygiène, seront encore les plus efficaces pour prolonger l’état stationnaire qui est une sorte de guérison de la maladie. On doit prévenir les sujets de se considérer toujours comme convalescents plutôt que comme guéris. ]

! ha phonétiques. — William Osborne (1) a surtout insisté sur l’utilité de ces médications, qu il place bien au-dessus des diurétiques.

On peut mettre en usage, comme dans la forme aiguë, les bains de vapeurs ou de fumigations , en même temps que l’on donne à l’intérieur des tisanes chaudes et excitantes, comme l’infusion de bourrache et de sureau , etc. Souvent on se contente de prescrire une simple infusion de thé, à laquelle on ajoute quelques gouttes d acetate d ammoniaque y parmi les diaphoniques cités par les auteurs anglais, il en est deux auxquels ils accordent une assez grande confiance : c’est la poudre de Dower et la poudre de James.

Purgatifs. — On emploie souvent ici les purgatifs énergiques; mais, dans certains cas, et surtout dans ceux où la maladie est compliquée de tubercules pulmonaires, on peut déterminer par cette médication un dévoiement qu’il est ensuite difficile d’arrêter. On doit donc n’y avoir recours qu’avec prudence, et s’arrêter dès que l’on voit les selles devenir trop fréquentes.

Martin Solon a vu l’hydropisie disparaître complètement dans un cas où il a prescrit les pilules suivantes :

% Aloès I ,. I Extrait d’ellébore 5 cenligr.

Gomme-gutte ( *®r' | Résine de jalap 10 centigr.

F. s. a. des pilules semblables, dont on donne deux ou trois par jour.

Les auteurs anglais conseillent généralement l’usage du calomel & la dose de 30, /|0 et 50 centigrammes par jour; mais, dans cette administration, on doit surveiller attentivement l’état de la bouche.

Martin Solon a encore employé quelquefois avec succès Y huile d'èpurge (2) depuis la dose de lgr,35 jusqu’à cellp de h à 6 grammes, mais, dans d’autres cas, en continuant trop longtemps son administration, on a produit une irritation assez vive de la muqueuse intestinale, qui a paru hâter la mort. On voit par là avec quelle prudence ces remèdes doivent être maniés.

On a eu encore recours aux eaux de Sedlitz, de Pullna , à la racine de sureau, et à un bon nombre de purgatifs qui n’ont rien de particulier.

[ Hoberts a retiré des avantages de l’emploi du jalap associé au bitarlrate de potasse, selon la formule suivante :

Bitartrate de potasse 12 gram,

Poudre de jalap 1 gram

A prendre le matin, deux ou trois fois par semaine.]

Aromatisez avec gingembre.

Les vomitifs ont été bien plus rarement administrés. Quelquefois, et Martin Solon en a cité deux exemples, on a eu recours aux éméto-cathartiques , mais sans en avoir retiré d’avantages évidents.

Cependant Garcia y Alvarez (3) a vu un cas de maladie de Bright, chez un

(1) William Osborne, On Dropsies connect. with suppressed perspiration mut coagulable Urine. London, 1835.

(2) Martin Solon, Bulletin de thérapeutique, t. VIII. v3) Garcia y Alvarez, Kl Telegrafo medico , 18A7.

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