KYSTES SIMPLES DES REINS. * — LÉSIONS ANATOMIQUES
dans un cas emprunté par Rayer a un journal allemand (1), que la luméiactino était assez considérable pour faire soupçonner une grossesse.
Chez un des sujets précédemment cités, Vitrine était copieuse et aqueuse. Il arrive quelquefois qu’elle est purulente; c’est qu’alors un ou plusieurs kystes se sont enflammés, ont suppuré et se sont vidés dans le bassinet. [Plus souvent, elle est albumineuse et, à des intervalles variables, il se manifeste des hématuries. L’albumine manquait, deux mois avant la mort, dans un cas rapporté par Conway Ewans (2). En général, la densité de l’urine va en diminuant]
Des troubles des voies digestives peuvent survenir. Ceux qui ont été bien observés étaient dus principalement à la compression exercée par le rein tuméfié sur l’estomac, et surtout sur sa portion pylorique : ce sont des difficultés de la digestion, de la gêne épigastrique, des vomissements.
Des symptômes très-importants à noter sont ceux qui se manifestent du côté du cerveau. Dans les divers cas cités, et qui se sont terminés par la mort, on a vu survenir pendant un temps variable, mais ordinairement court, avant le terme fatal, la somnolence, le coma, la perte de l’intelligence et même le délire. Dans quelques cas, il est vrai, on pourrait croire que ces symptômes appartiennent à d’autres maladies graves existant concurremment avec la lésion rénale ; mais il en est plusieurs où celle-ci se montrait seule. Nous citerons particulièrement celui qui a été communiqué à Rayer par Béhier (3). [Ces phénomènes, d’ailleurs, s’expliquent facilement : ils ne sont autres que les manifestations ordinaires de l’urinémie.]
Terminaison. — Les kystes des reins peuvent par eux-mêmes causer la mort. En pareil cas, la dégénérescence est complète. Dans d’autres cas, les malades sont enlevés par une autre maladie, et la lésion des reins n’a d’importance que sous le rapport de l’anatomie pathologique. [La dégénérescence kystique congénitale est constamment une cause de mort du fœtus, quand les deux reins sont affectés, ainsi qu’il résulte des faits recueillis par Virchow (4) et Roberts.]
Lésions anatomiques. — Les kystes occupent de préférence la substance corticale des reins [comme dans une observation de Bordes (5)] ; on en a trouvé dans le tissu cellulaire des vaisseaux rénaux et dans la substance tubuleuse. Ils sont arrondis, à moins d’être comprimés; ils ont des parois minces, lisses à l’intérieur, et contiennent soit de la sérosité transparente, ce qui est le cas le plus ordinaire, soit une matière gélatiniforme ou d’apparence muqueuse. Rayer, [Lancereaux (6), Lemarchant (7), ont] cité des cas où la matière contenue dans les kystes ressemblait au cristallin, ou bien n’était autre chose que de la cholestérine, comme l’a démontré l’analyse. Lorsque l’inflammation s’est emparée d’un ou de plusieurs kystes, on les trouve remplis de sanie puriforme ou de véritable pus (8). [Dans le cas de
(1) Mittheilungen ans dem Gebiete der gesammten Heilkunde, herausgegebeu von einer medicinisch chirurgischen Gesellschaft in Hamburg Band 1, Seite 362 und 375.
(2) Conway Ewans, Patholog. Society Transact., 1851, vol. V, p. 183.
(3) Voy. Rayer, Traité des maladies des reins. Paris, 1841, t. III, p. 519.
(4) Virchow, Gesammelte Abhandlungen, p. 837, 864.
(5) Bordes, Kystes multipl. des deux reins {Bulletins de la Société anatomique, 1857, p. 24).
(6) Lancereaux, Kyste sanguin du rein ( Bulletins de la Société anatomique, 1858).
(7) Lemarchant, Rein transformé en une poche de volume des deux poings {Bulletins de la Société anatomique, 1861).
(8) Voyez, pour plus de détails, Bayer, Maladies des reins, vol. III, p. 507 et suiv.
Lanceieaux, il y avait des vestiges de globules sanguins dans l’un des kystes et nu caillot dans un autre. Souvent, on y trouve encore les sels de l’urine.
Les dimensions des kystes isolés peuvent être monstrueuses. Cæsar Hawkins (1 ) a observé, chez un garçon de six ans, un kyste qui remplissait toute la moitié droite de l’abdomen, La dégénérescence kystique des adultes augmente aussi plus ou moins le volume de l’organe. Les deux reins participent communément à la dégénérescence : la substance tubulaire disparaît en partie ou en totalité et le rein peut être transformé en une poche à coque libreuse et à cloisons complètes ou incomplètes. Le bassinet, les calices, les uretères sont généralement sains et perméables : l’uretère manque dans la dégénérescence kystique congénitale et assez souvent les autres voies urinaires sont mal conformées.]
Pronostic. — Si l’on parvenait à diagnostiquer les kystes simples dans les reins, on ne devrait pas hésiter à porter un pronostic fâcheux.
Traitement. — « Les préparations iodées, dit Rayer, ont été plusieurs fois employées avec succès contre la dégénérescence enkystée des ovaires; mais la dégénérescence enkystée des reins est un mal sans remède, lorsqu'elle est arrivée au point où elle peut être reconnue ou soupçonnée pendant la vie. » Il suit de là que les préparations iodées peuvent être mises en usage comme traitement, mais qu’on ne doit guère compter sur leurs bons effets. [Roberts propose le traitement de la maladie de Bright.]
ARTICLE X
ENTOZOAIRES DES REINS.
1° IIYDATIDES DES REINS, OU KYSTES ACÉP1IALOCYSTIQUES.
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
[La présence dans les reins d’une ou plusieurs poches contenant des hydatides, lesquelles renferment elles-mêmes des échinocoques, constitue la maladie dont il est ici question. L’histoire naturelle de ces produits morbides parasitaires n’offre rien de particulier en pareil cas, et les hydatides sont semblables à elles-mêmes dans quelque région du corps qu’elles se développent (Voy. les figures que nous en avons données tome IV, page 216.) L’étucle des symptômes de la maladie a été fort avancée, grâce aux travaux de Rayer (2), de Üavaine (3), en France, de Spencer Cobbold (6) en Angleterre.]
Les acéphalocvstes sont rares chez l’homme, et si l’on en trouve dans les auteurs un assez grand nombre d’exemples, c’est que les cas qui se sont présentés à l’observation ont en général été publiés avec empressement.
§ II. — Causes.
Les causes des kystes acéphalocystiques des reins sont très-peu connues, (t Plusieurs fois, dit Rayer, ils ont paru se développer à la suite de chutes ou de contusions sur les lombes. » Ce n’est que par analogie, et en appliquant à l’homme
(1) Cæsar Hawkins, Case of aqueous encysted tumour oftlw Kidney with a supernumerary gland attached to it {Med. chirurg. Transuct., 1833, vol. XVIII, ]>. 175).
(2) Rayer, Traité des maladies des reins, t. III.
(3) Davaine, Traité des entozoaires et desmaladies vermineuses chez l'homme. Paris, 1860.
(4) Spencer Cobbold, Entozoa : an Introduction to the study of Helminthology , with référencé more particulurly to the internui parasites of man. London, 1864.