‹ Guide du médecin praticienChapitre 216 sur 305 · HYDATIDES DES KE1NS. — SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

HYDATIDES DES KE1NS. — SYMPTÔMES

ce <juc 1 on a observé chez le mouton, qu’on peut penser qu’une mauvaise nourriture, le froid, l’ humidité, favorisent le développement de cette maladie.

[La première de ces vues étiologiques repose sur le dire de quelques malades qui ont pu faire dater d’une violence extérieure une maladie qu’ils portaient préalablement, et dont cette violence n’a fait que provoquer les manifestations ; la seconde n’a aucune valeur.

Les hydatides ne sont pas rares en France, en Angleterre et en Allemagne ; elles le sont davantage en Amérique et dans l’Inde. Nulle part elles ne sont si comi mîmes qu’en Islande où les habitants les doivent au nombre considérable de leurs ( chiens, lesquels ont le tœnia echinococcus et en déposent les œufs partout. L’usage de végétaux crus est, par conséquent, un moyen d’introduction de ces parasites dans l’organisme humain.]

§ III- — Symptômes.

Il faut que les acéphalocystes aient un certain développement pour déterminer des phénomènes appréciables. C’est une de ces maladies dont le début est latent, et qui restent à cet état pendant un temps plus ou moins long.

Lorsque les kystes acéphalocystiques ont acquis un développement considérable ou sont très-nombreux, les accidents qu’ils occasionnent sont très-différents, ainsi que Rayer le fait remarquer, suivant que ces productions morbides sont intactes .iau milieu de la substance rénale, ou quelles se sont frayé un passage dans les i conduits urinaires.

Quand les kystes sont' intacts , ils ne donnent lieu qu’à des symptômes peu i; intenses et peu remarquables. Ce n’est pas une véritable douleur , mais la simple 'gène qui suit la distension des organes, qu’on observe dans la région lombaire, t Cependant il peut arriver, comme dans les acéphalocystes du foie, que les kystes ss’enflamment et occasionnent de cette manière une véritable douleur, sans que I pour cela ils se soient ouverts dans les conduits urinaires.

Par suite du grand nombre ou du grand développement des acéphalocystes, il ppc ut survenir une tumeur appréciable par la palpation et ordinairement douloureuse; il est rare qu’en pareille circonstance il n’y ail pas une inflammation de la substance rénale. [La tumeur varie de volume, depuis celui d’une orange jusqu’à celui d’une tète d’adulte, et présente les caractères généraux des tumeurs du rein : e colon passe en avant de la partie saillante. Toutefois, dans un cas de la clinique I le Nelaton, communiqué par Béraud (1), le côlon descendant passait à l’extrémité il un kyste hydatique du rein gauchè, et, dans un cas de Friaux (2), le côlon ascendant rampait le long du bord interne de la tumeur qu’aucune portion d’inesiin ne séparait de la paroi abdominale. Dans une observation de Babington (3) 'accroissement progressif de la tumeur, la suppression des règles chez une femme I le vingt-sept ans, avaient un moment fait croire à une grossesse. La tumeur a été perceptible dix-sept fois dans les cas recueillis par Roberts.]

On n’a rien remarqué du côté de la sécrétion urinaire; ce qui tient sans doute

(1) Bcraud, Hydatides des reins, thèse de Paris, 1861.

(2) Ibid.

i3Lï“l855; ÏXl'Tmï™ dU rdn (JUUClæ ; SOUPÇOn dC 9rossesse> etc- (Med- Tùnes

Valleix, 5e édit. jV — 32

à ce que presque jamais les acéphalocystes ne se montrent dans les deux reins, et que le rein sain, redoublant d’activité, suffit à maintenir cette sécrétion à l’état normal.

Quand les kystes se rompent dans les conduits urinaires , on observe des symptômes remarquables. Cette rupture est précédée d’une douleur rénale plus ou moins vive et de plus ou moins longue durée, qui résulte du travail incessant que détermine vers le bassinet le développement du kyste. Alors aussi l’organe est souvent gonflé de manière à être facilement reconnu par la palpation convenablement pratiquée. La pression augmente la douleur d’une manière très-notable ; c’est du moins ce qui avait lieu dans plusieurs des cas cités par les auteurs.

On a dit que la percussion pouvait être très-utile, en déterminant dans la tumeur le bruit hydatique (1), caractéristique de la lésion qui nous occupe. La production de ce bruit serait utile au diagnostic ; mais il ne faudrait pas s’attendre à le produire infailliblement, puisque, dans des cas de tumeurs hydatiques développées dans d’autres organes, nous avons vu que la percussion était souvent impuissante. [On trouvera l’histoire et la théorie de ce phénomène très-complètement traitées par Davaine (2) et par II. Meissner (3). Il nous suffit de faire remarquer ici que le frémissement ou thrill hydatique est rarement perçu quand il s’agit du rein. Livois, cité par Béraud, rapporte que Rayer lui-même, dans le cas d’un kyste hydatique énorme, ne put percevoir autre chose que la fluctuation ordinaire, et dut diagnostiquer une hydronéphrose.]

Les phénomènes survenus dans X excrétion de l'urine sont, sans contredit, les plus importants. Après une durée plus ou moins longue des symptômes précédents, on observe X expulsion des acéphalocystes , qu’on retrouve dans l’urine. Cette expulsion se fait de deux manières très-différentes : quelquefois elle a lieu sans douleur , ce qui est fort rare, surtout à la première attaque, dans laquelle se produisent la perforation des parois du bassinet et l’irruption des hydatides dans le conduit urinaire, ce qui occasionne ordinairement les accidents de la colique néphrétique. Lorsqu’au contraire il y a déjà communication du foyer acéphalocystique avec la cavité du bassinet, on conçoit très-bien que les hydatides peuvent entrer facilement dans cette cavité, et de là s’échapper, sans accident, au dehors, si elles ne sont pas trop grosses et si les conduits sont suffisamment larges. Cette émission d’hydatides sans douleur réelle a été observée presque uniquement chez les femmes. Nous avons montré, il y a quelques années, à la Société anatomique (4), un grand nombre d’hydatid'es rendues par une femme de trente-cinq à trente-six ans, qui n’éprouvait aucune douleur en urinant, quoiqu’à chaque émission on trouvât dans l’urine, pendant les attaques, jusqu’à douze et treize hydatides de la grosseur d’une noisette à une petite noix.

D'autres causes peuvent encore donner lieu à la colique néphrétique dans les cas d’hydatides expulsées par les urines. Ces corps, trop volumineux, peuvent être arrêtés dans les uretères qu’ils traversent péniblement et lentement, ou bien dans le

(1) Voy, tome IV, Hydatides du foie, p. 210.

(2) Davaine, Gazette médicale de Paris, 1862, n° 20.

(3) H. Meissner, Beitrügc zur Lettre von dem Vorkommen des Echinocomus und Cysticercus celluloses beim Menschen. Schmidt’s Jahrbücher, 1862, Bancl 116.

(b) Valleix, Bulletins de la Société anatomique.

Page 1