HYDATIDES DES REINS. — SYMPTÔMES
canal de l’urèthre, surtout s’il existe un rétrécissement. Ce sont alors des douleurs vives dans le trajet des conduits, l’ischurie, la rétraction des testicules, l’engourdissement de la cuisse, les hoquets, les nausées, les vomissements; en un mot, les symptômes de la colique néphrétique. [ Les descriptions données par Davaine (1), Roberts et d’autres observateurs, reproduisent plus ou moins complètement les traits de ce tableau.]
Les acéphalocystes contenues dans l'urine sont souvent très-nombreuses. Nous en avons cité plus haut un exemple, et l’on en trouve de semblables dans les auteurs. Un des plus remarquables est celui qui a été rapporté par AVeitenkampf (2) ; le sujet rendait en effet chaque fois jusqu’à cinquante ou soixante hydatides. Quelquefois il n’y en a qu’une seule à chaque émission.
Leur volume varie entre celui d’un pois et celui d’une noix ; du moins on n’a pas cité d’exemple d’hydatide plus volumineuse rendue par les urines. Les plus grosses sont ordinairement vides et opaques. C’est un indice qu'elles étaient déjà malades ou qu’elles ont été crevées, depuis un temps assez long, dans leur passage à travers les conduits urinaires. Il n’est pourtant pas sans exemple que des acéphalocystes de la grosseur d’une noix aient été rendues vivantes, et par conséquent pleines. C’est ce qu’on observait dans le cas cité par Weitenkampf, et que nous venons de mentionner. On a peine à comprendre au premier abord comment des corps aussi volumineux peuvent franchir l’uretère et l’urèthre; mais ces vers sont élastiques, s’allongent facilement, peuvent par là perdre une très-grande partie de leur diamètre, et l’on conçoit que, la dilatation des conduits aidant, leur expulsion ait lieu sans trop de difficulté. D’ailleurs les accidents de colique néphrétique accompagnent fréquemment cette expulsion. Les petites hydatides sont rendues entières, à moins que l’inflammation ne les ait détruites dans le kyste. On les voit dans l’urine, arrondies, blanches, demi-transparentes, élastiques, et si on les examine au microscope, on leur trouve les caractères signalés par Livois (3).
h' urine contient en outre des matières qui décèlent l’inflammation qui a précédé la perforation des conduits urinaires : du sang après les douleurs violentes, une sanie putride, et enfin du pus. Il en résulte des dépôts plus ou moins abondants, facilement reconnaissables à leur aspect, et qu’on distingue bien mieux encore à 1 aide du microscope, qui fait voir les globules sanguins et purulents, mêlés souvent à des fragments membraneux et à des crochets d’échinocoques.
Les phénomènes qui viennent d’être décrits ne se produisent pas d’une manière continue. Ordinairement après un, deux ou trois jours, les urines cessent de contenir des acéphalocystes, et les symptômes que nous avons dit appartenir aux hydatides restées intactes dans la substance rénale persistent seuls. Ce sont la gêne dans la région lombaire , un malaise général, une tristesse plus ou moins grande et un dépérissement lent; dans un assez bon nombre de cas, la présence d’une matière sauteuse et purulente dans l'urine, parce que si le foyer cesse de verser des acéphalocystes, il rejette néanmoins le produit purulent de la sécrétion de ses parois. Quelquefois cependant tous les symptômes disparaissent et le malade semble revenir à la santé, lorsqu’au bout d’un temps variable, et qui peut n’être pas plus long
(1) Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses.
(2) Weitenkampf, Provin. Sanittits-Berichte , etc., 1835.
(3) Voy. Hydatides du foie.
Paris, 1860.
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que quinze jours ou un mois, les accidents reparaissent et des aeéphalocystes sont de nouveau rejetées parles urines.
[La rechute, en revanche, peut se faire attendre plusieurs années; dans une observation duc h Tomowitz (1), la seconde attaque n’eut lieu qu’après trois ans; dans une de Quinquerez (2), après sept ans. Chez un malade deZinkeisen (3), les attaques reparaissaient après un excès de spiritueux ou de café. Plus souvent, elles sont rappelées par les mouvements de la vectation ou de l’exercice du cheval. ]
Kystes hydatiques s’ouvrant à l'extérieur. — Quelquefois les choses se passent comme dans les cas d’hydatides du foie, lorsque le foyer hydatique s’ouvre au dehors. Le travail de perforation que nous avons vu se faire vers le bassinet, se fait vers la surface du rein. L’inflammation est considérable; elle gagne les membranes rénales et le tissu cellulaire abondant qui recouvre l’organe en arrière. La douleur devient vive et continue ; elle est pulsative, comme dans tous les cas où il existe une inflammation suppurative. Bientôt le point de la région lombaire correspondant a l’affection devient tuméfié, pâteux, d’une rougeur obscure. Les limites de ces altérations ne sont pas bien circonscrites, et enfin on finit parfois par sentir
une fluctuation profonde, mais l’empâtement œdémateux peut être le seul signe auquel on puisse reconnaître la formation du pus. On trouve deux exemples des plus remarquables de ces abcès acéphalocystiques dans l’ouvrage de Rayer (h) (l. III)- Dans le premier de ces deux cas, rapporté par Jannin, chirurgien h Vallières, 1 ouverture du foyer ayant été pratiquée l\ l’aide de l'instrument tranchant, il en sortit une multitude d’hydatides; dans le second, l’ouverture sé fit spontanément après plusieurs années de douleur et de gonflement lombaires.
Les symptômes généraux qui accompagnent cette inflammation du foyer cl celle suppuration des reins ne sont pas toujours aussi intenses qu’on pourrait le supposer. Dans les deux cas qui viennent d'être cités, à peine y a-t-il eu, en effet, un peu de dérangement de la santé, même après 1 ouverture de la tumeur. Cependant il esi plus ordinaire d’observer le mouvement fébrile qui accompagne les suppurations considérables.
Nous avons vu plus haut (5) par quels symptômes se termine la maladie dans les cas où la dégénérescence complète des reins cause la mort. Dans ceux où les hydalides sont rejetées au dehors, soit par les urines, soit en se frayant un passage à travers les parois lombaires, on voit ordinairement, après l’expulsion d’une quantité plus ou moins grande de ces vers, tous les symptômes s’amender. La gêne de la région rénale et la tumeur, s’il en existait une appréciable, diminuent sensiblement; les urines sont plus faciles; ou bien la suppuration de la plaie extéiieme diminue, n’est plus sanieuse, et ne contient plus d’hydatides; l’appétit, la gaieté, les forces reviennent, et le malade guérit promptement. Cette amélioration est ordinairement beaucoup plus marquée, dès son début, que celle qui survient dans l’intervalle des attaques, dans les cas d’expulsion des hydatides par les urines, ce
(1) Tomowitz, Hydatides du rein gauche (Wiener medic. Wochenschrift, 1801, t. XI).
/q\ Ouinquerez, OEsterr. Zeitschrift fur prakt. Ueilkunde, 1861, VII.
(3) Ziiikciscn, Wiener med. Wochenschrift, 1862, t. XII. Voy. aussi Schmidt s Jahrbudicr,
*> l(4) Rayer, extraits de la Bibtothèijue médicale, 1805, t. X; 1814, t. XL11I.
(5) Voyez tome IV, Kystes simples des reins, p. 494 et 495.