HYDATIDES DES REINS. — DIAGNOSTIC
phalocystes, et celles-ci sont plus ou moins complètement détruites. Il ne faut pas confondre l’incrustation crétacée avec les granules qu’on observe dans les parois du kyste non altéré.
Tantôt on trouve de petits kystes isolés, tantôt une réunion de plusieurs kystes, et parfois le rein en est rempli ; d’où résulte une déformation considérable et une grande augmentation du volume de cet organe.
[Selon Davaine (1) : « L’un des reins est ordinairement seul affecté. Le kyste est généralement unique, et, dans sa cavité, les hydatides sont presque toujours multiples. Les parois du kyste sont fermes et fibreuses, quelquefois fibro-cartilagineuses ou crétacées; son contenu peut subir les transformations les plus variées. La poche hydatique, en se transformant, s’arrête quelquefois dans son accroissement, et même subit im retrait considérable dans son volume, ce qui amène la guérison; mais plus souvent elle continue de s’accroître et forme une tumeur considérable, qui produit une distension générale ou partielle du rein, et l’atrophie plus ou moins complète de la substance de cet organe. La partie du rein occupée par un kyste hydatique volumineux prend quelquefois une teinte jaunâtre chamois : souvent alors le bassinet est confondu et réuni avec le kyste par des pseudomembranes organisées, parcourues d’un grand nombre de vaisseaux. La coupe de la tumeur montre ordinairement les dispositions suivantes : à l’extérieur, elle est formée par les substances rénales atrophiées et anémiques, distinctes encore dans quelques points, et en quelques autres, réduites à une simple trame celluleuse infiltrée çà et là d’une matière jaunâtre accidentelle; à l’intérieur, par un kyste à parois fermes, dont la surface interne est un peu inégale et jaunâtre, et offre quelquefois des brides celluleuses plus condensées que les parois. Les kystes hydatiques du rein peuvent rester longtemps sans déterminer de lésions autour d’eux, mais finissent presque toujours par causer l’inflammation ou l’ulcération des parties voisines et par se perforer; quelquefois ils s’ouvrent une issue à l’extérieur dans la région des lombes, d’autres fois dans l’intestin sans doute, mais nous n’en connaissons pas d’observation certaine; ils pénètrent dans la poitrine et s’ouvrent dans les bronches. Dans ces différents cas, les hydatides sortent par une fistule lombaire, par les garderobes, ou bien elles sont expectorées par des efforts de toux. Le plus souvent les kystes hydatiques des reins contractent des adhérences avec les parois du bassinet et s’ouvrent dans sa cavité. » ]
Le diagnostic est difficile jusqu’au moment où les hydatides sont rejetées à l’extérieur par une voie quelconque. L’existence d’une tumeur avec gêne dans la région lombaire est loin de suffire pour faire reconnaître la présence des kystes acéphalocystiques. S’il n’y a eu ni douleur dans les membres inférieurs, ni rétraction du testicule, ni mouvement fébrile, comme dans la néphrite; ni hématurie, comme dans le cancer; ni colique néphrétique, comme dans les calculs rénaux, il est permis de soupçonner l’existence de kystes dans les reins ; mais des kystes simples peuvent avoir leur siège dans cet organe, et si des hydatides n’ont pas
(1) Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses de l'homme. Paris, 1860. p. 524.
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été rejetées, on ne peut se prononcer d’une manière précise sur la nature de l’affection.
Lorsque la tumeur occupe le rein droit, on peut croire à l’existence de kystes acéphalocystiques du foie. Il faut tenir compte, en pareil cas, du siège de la tumeur, qui est plus inférieur et plus postérieur dans les hydatides des reins, et de l’absence ou de l'existence de l’ictère.
Ouand Ges acéphalocystes sont rendues avec l’urine, on peut se demander encore si ces corps ne viendraient pas d’un foyer voisin de la vessie et ouvert dans cet
organe. La douleur préalable des lombes, la palpation de la région lombaire, et pour contre-épreuve celle de l’hypogâstre, fourniront les lumières qui dirigeront le médecin dans son diagnostic. [ Birkett (1) a trouvé un kyste hydatique entre la vessie et le rectum chez un malade qui avait rendu des hydatides par le cathétérisme de la vessie. Mayer rapporte un cas de tumeur semblable de la fosse iliaque gauche, laquelle s’ouvrit dans le rectum, avec expulsion de vésicules par les selles et de pus pat I urethre. 1) autres cas du même genre ont encore été soupçonnés : Roberts en a constaté un d’une façon positive, et conseille, pour le reconnaître, l’exploration par le rectum, ou le vagin chez les femmes.]
Lorsqu’il se forme à la région lombaire une tumeur fluctuante, on peut se demander s il s agit d hydatides ou d’un abcès dû à une simple inflammation des
oins. Mais les abcès des reins sont presque constamment causés par la présence
es calculs rénaux. La colique néphrétique causée plus ou moins fréquemment paies calculs, l’expulsion des graviers par les urines, suffiront pour éloigner l’idée d'un abcès produit par une inflammation simple.
Pronostic. — Le pronostic n’est pas défavorable. Rayer a dit à ce sujet : « A en juger par la marche de la maladie dans la plupart des cas de kystes acéphalocysliques des reins qui ont été publiés jusqu’à ce jour, le pronostic de ces espèces de tumeurs serait généralement moins grave que celui des tumeurs rénales formées à la suite des pyélites. Chose remarquable, les kystes acéphalocystiques des reins ont, comme les kystes acéphalocystiques qui se développent dans les autres organes, une grande tendance à s’enflammer, à se perforer et à revenir sur euxmêmes lorsqu’ils se sont complètement vidés. Aussi les exemples de guérison des tumeurs rénales, après l’évacuation d’hydatides par les voies urinaires, ne sont-ils pas très-rares. Mais, dans un cas donné, on ne peut préjuger l’époque à laquelle une semblable évacuation aura lieu. >>
L’évacuation des hydatides, soit par les urines, soit, comme on peut s'en convaincre en se rappelant les faits cités plus haut, par une ouverture à la région lombaire, est, toutes choses égales d’ailleurs, la circonstance qui doit rendre le pronostic le moins grave. [La faculté d’évacuation spontanée des kystes, spéciale au rein, rend la présence d’acéphalocystes dans cet organe moins grave que le même accident dans la plupart des autres viscères, à part l'utérus. Développés entre la capsule et la glande, ou même dans la substance corticale, les kystes ont plus de tendance à former une tumeur croissant progressivement que quand ils atteignent les pyramides. Une oblitération du bassinet ou de l’uretère aggrave aussi le pronostic.]
(1) Birkett, Medical Times and Gazette. London, 1855, t. I, p. 161.