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MOBILITÉ DES II EJ N S. — TRAITEMENT

La sécrétion urinaire n’éprouve, d’ordinaire, aucun trouble : deux fois, seulement, on a observé du ténesme vésical ; l’un de ces cas appartient à Henoch, l’autre à lago (1).

Il y a quelquefois complication de chloro-anémie : c’est une circonstance importante, car elle favorise, et prolonge la mobilité des reins. On a aussi observé en même temps X hydronéphrose (Oppolzer) et des manifestations de péritonite généralement bénignes.

Diagnostic. — Les reins flottants ont été souvent méconnus ou pris pour une obstruction du foie, des coliques nerveuses, de l’hypochondrie, des douleurs névralgiques, voire pour la tympanitc hystérique. Fritz indique le diagnostic absolu pour lequel il suffit de se reporter aux signes que nous avons donnés, et le diagnostic différentiel d’avec les tumeurs qui occupent la paroi abdominale , d’avec les

corps étrangers dans le péritoine et d’avec les tumeurs des divers viscères abdominaux.

1" Les tumeurs de la paroi abdominale ne peuvent être écartées de cette paroi •

a leur niveau, la peau est souvent altérée, elles s’élèvent au lieu de s’abaisser pendant 1 inspiration. 1

2° Les corps étrangers dans le péritoine, extrêmement rares, sont, en général plus petits que le rein. °

o0 Les tumeurs du foie ne sont pas mobiles comme l’est le rein flottant, à moins que celui-ci n adhéré a la paroi abdominale ou au foie : celles de la vésicule biliaire peu mobiles, font corps avec le foie et ont l’extrémité inférieure et gauche piriforrae.’ Les tumeurs de la rate sont plus volumineuses que Je rein. Les tumeurs de l’inles- 11,1 ont leurs signes caractéristiques: celles du mésentère sont très-rares (Vov aux chapitres spéciaux les signes respectifs de ces diverses affections. )]

§ III. — Traitement.

Les traitements les plus bizarres et quelquefois les plus douloureux ont été appliques a ces prétendues tumeurs. Il suffit le plus souvent de maintenir le ventre par rme ceinture convenablement appliquée pour faire cesser ou rendre supportable la douleur occasionnée par un rein mobile. Dans deux cas où cette mobilité coïncidait m ec un abaissement de l'utérus , le repos sur un lit horizontal et l’emploi de douches sulfureuses en arrosoir ont été très-salutaires.

Lorsque les douleurs lombaires sont très-aiguës, et qu’il existe des svmntAm^ de péritonite ou d’entérite concomitantes, l’application d’un certain nombre de

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élal chl0‘ °-anémi<Iue sera tra,të convenablement ; les eau* de Plon,-

(0 lago, Medical Times and Gazette, t. XVII, n 3c Valleix, 5b édit.

bières ou de Néris paraissent pouvoir procurer du soulagement et même une guérison plus ou moins durable.]

ARTICLE XII

PÉRINÊPHRITE , ARCÈS PÉRINÉPIIRIQÜES.

[Rayer (1) avait déjà décrit, sous le nom de périnéphrite, les phlegmons développés dans la région lombaire, autour du rein. Cette affection a été, plus tard, l’objet de monographies très-intéressantes dues à Félon (2), Picard (3), Parmentier (k), Lemoine (5), Ch. Hallé (6), et d’un important article de la clinique de Trousseau (7). Divers recueils en renferment des observations pleines d intérêt ; elle mérite donc de trouver place dans le chapitre consacré aux maladies des reins. Il semblerait, eu égard à sa terminaison habituelle par des abcès, que la

névralgiques, ou celles d’une affection rénale ordinaire.

§ I. — Causes.

L’étiologie des abcès périnéphriques est multiple et parfois complexe. Souvent le traumatisme y a une part importante : les abcès sont occasionnés par des plaies de la région rénale, comme Baudens (8) en rapporte un exemple, ou par des contusions de la région lombaire, comme dans les observations de Bergounhioux (de Clermont) (9), et de Bienfait (de Reims) (10). D’autres fois, il n’y a eu que des exercices violents, une course à cheval ou dans une voilure mal suspendue, ou des efforts musculaires considérables, par exemple dans l’acte de soulever un fardeau. Ollivier (11) a recueilli dans le service de Tardieu une observation où l’on peut retrouver celle condition étiologique. Selon Hallé, le refroidissement, le corps ôtant en sueur, jouerait souvent un grand rôle, soit par lui-même, soit en s’associant à d’autres influences.

La pyélite et la pyélo-néphrite calculeuses , les hydatides du rein sont fréquemment le point de départ des phlegmons périnéphriques, par propagation de l’inflammation ou par le fait de fistules qui se produisent.

La simple colique néphrétique peut avoir ce résultat, et 1 rousseau voit ici 1 effet de la douleur persistante, devenue l’occasion de la fluxion inflammatoire. Il existe une observation de Chopart (12), dans laquelle un phlegmon périnéphrique fut

Rayer, Traité des maladies des reins. Paris, 1839.

Pérou, De la périnéphrite primitive, thèse de Paris, 18G0.

Picard, De la périnéphrite primitive, thèse de Paris, 1860.

Parniènlier, Sur les abcès périnéphrétiques {Union médicale, t. XV, 1862).

Lemoine, Abcès périnéphrique ; mort ( Union mèd., juin 1863).^

Ch llallé, Des phlegmons périnéphrétiques, thèse de Paris, août 1863.

Trousseau, Clinique, t. III, p. 713, art. Abcès périnéphriques.

Baudens Traité des blessures par armes à feu. Paris, 1836, p. 361.

Bergouhnioux, thèse de Féron, n° Ml. Paris, 1860.

(10) Bienfait, Périnéphrite supput ée : ponction, injections chlorurées ; guérison apres ae

aravel accidents, {Gazette hebdomadaire, 1856). . . .

J ^u.r. Ollivier, Phlegmon périnéphr étique déterminé par un effort musculaire, incision,

infections chlorur. ; guérison, tyèse de Halle, 1863.

(12) Chopart, Traité des maladies des voies urinaires. Paris, 1821.

PÉRiNÉPHRITE. — SYMPTÔMES. 515

consécutif à la castration, et parut avoir pour point de départ la douleur rénale due à la ligature en masse du cordon, y compris les nerfs.

La perforation du côlon a été quelquefois la cause d’abcès périnéphriques.

Ils se développent encore après des fièvres graves , comme la fièvre typhoïde. Desruelles en a observé un cas après une gangrène du poumon, ou bien ils font partie des manifestations d’une diathèse purulente spontanée ou créée par des conditions spéciales. Butter (1) en a mentionné un cas observé à Plymouth, lorsqu’il y régnait endémiquemenl une fièvre grave particulière, accompagnée de larges suppurations dans le tissu cellulaire de diverses parties du corps. Daga (2) attribue un cas de sa pratique, compliqué d’autres suppurations, à une sorte de diathèse purulente acquise, et il est difficile de rattacher à une autre cause les faits qu’il rapporte.

L’inflammation de la vésicule biliaire peut encore, par l’intermédiaire du péritoine, se propager au tissu cellulaire circumrénal. Enfin, il est quelquefois impossible de préciser la cause qui a provoqué la formation du phlegmon périnéphrétique.

Dans tous les cas, la condition organique des désordres causés par ces phlegmons et leurs diverses complications, consiste dans ce fait anatomique, que les reins sont plongés dans une atmosphère de tissu cellulo-adipeux qui se continue par des lamelles celluleuses avec les aponévroses de la région, se dirigeant, en haut, vers les piliers du diaphragme, en bas, vers l’aponévrose iliaque, et en arrière avec le tissu cellulaire de la région lombaire, en dehors du carré des lombes, entre les limites du grand dorsal et du grand oblique. Ces points d’anatomie nous feront comprendre quelques-uns des détails qui vont suivre.

§ II. — Symptômes.

On conçoit, d’après ce qui vient d’être dit de l’étiologie, que les symptômes du phlegmon périnéphrique se confondent souvent avec ceux de la néphrite ou de la pyélo-néphrite, calculeuscs ou autres.

Ceux qui s’v rapportent plus particulièrement quand l'affection est primitive sont les suivants :

Le malade accuse tout à coup une douleur profonde, diffuse, aiguë ou sourde, dans la région lombaire. Cette douleur est augmentée par la pression, surtout quand on comprend la région malade entre les deux mains. Elle peut disparaître pour un temps variable, quelques semaines, quelques mois, et attendre une nou- ' elle cause déterminante pour se montrer de nouveau. Ordinairement, la douleur est persistante et, pendant plusieurs jours, est le seul symptôme local. Bientôt, cependant, il apparaît des troubles généraux : les malades ont de la fièvre continue avec paroxysme et frisson dans la soirée. Le paroxysme rappelle les trois stades de la fièvre intermittente. Cette fièvre affaiblit les malades : ils perdent l’appétit,

(1) Butter, Remarks on irritative Fevcr cûmmônly caUed Plymouth dockyard diseasè [Edinb. med. and sur y. Journ., vol. XXVI, p. 10G).

(2) Daga, Panaris de l’index de la main droite; abcès périnéphrétique s’étant fait jour à

ZnTm n'r ,VUste collection purulente péritonéale; pus dans la plèvre gauche ;

mon ( Bulletin médical du nord de la France , 1 864) . J '

MALADIES DLS NOIES GÉNITO-URIlN AIRES.

maigrissent rapidement; ils oui parfois des vomissements au début du paroxysme fébrile, et presque toujours il existe une constipation opiniâtre.

Puis se manifestent d’autres signes locaux de la phlegmasie profonde ; la région, de plus en plus douloureuse à la pression, devient le siège d’un empâtement plus ou moins étendu; en même temps, l'échancrure costo-iliaque s'efface, et si, le malade étant dans le décubitus dorsal, le médecin plonge sa main dans la région lombaire, il perçoit par le toucher, comme bientôt par la vue, une saillie plus ou moins marquée; et si, en même temps, il place l’autre main sur la région antérieure correspondante, il constate entre les deux mains une tumeur profonde se continuant avec le tissu cellulaire sous-cutané. Celte tumeur est immobile dans les mouvements de respiration, et par conséquent se distingue du foie et des tumeurs qui lui appartiennent. 11 y a un œdème plus ou moins étendu et une certaine

rougeur de la région.

A cette époque, on peut d’ordinaire, mais en y mettant une certaine attention et quelque instance, constater une fluctuation profonde. Il est certain que, dans bon nombre de cas, on n’a perçu ce phénomène que tardivement, et que plusieurs jours ont été ainsi perdus pour un traitement actif. La suppuration se signale par une recrudescence de la fièvre, et indique le moment d’intervenir par les moyens chirurgicaux.

Lu général, à moins de pyélitc ou de pyélo-néphritc antérieure, la sécrétion urinaire ne présente aucun trouble pendant la durée de la maladie. Le phlegmon n’atteint généralement qu’un seul côté.

Daga signale encore un détail qu’il est bon de noter : c’est l’attitude du malade, qui garde la cuisse, du côté malade, fléchie sur le bassin, et la possibilité d’étemlre ce membre sans faire souffrir le patient.

§ III. — Marche, durée, terminaison.

Dans la première période et avant l’apparition d’une tumeur, la marche de cette affection est assez souvent insidieuse , ses allures lentes , au point que la véritable nature du mal est longtemps méconnue, ou l’objet de graves méprises.

Entre cette première période de fièvre avec paroxysmes réguliers et la fièvre de suppuration, il y a des rémissions quelquefois très-longues, une amélioration appareille telle, qu’il n’est pas extraordinaire de voir le malade se croire guéri et le médecin partager cette illusion. La fièvre de suppuration apparaît presque toujours brusquement et adopte une marche continue. Dans la plupart des cas, l’appareil fébrile, les symptômes généraux et locaux font place à un soulagement immédiat, dès qu’il a été donné issue au pus La fièvre diminue peu à peu, puis cesse tout à fait ; l’appétit reparaît ; le pus qui d’abord s’est écoulé eu quantité notable, chaque jour, finit par se tarir, l’empâtement de la région se dissipe, les lèvres de la plaie se ferment : la maladie peut avoir duré trois semaines avant l’ouverture de l’abcès et demander encore trois semaines pour la cicatrisation

complète du foyer ; c’est la durée moyenne.

Dans des cas heureux, mais rares, le phlegmon peut se terminer par resolution. On doit encore se trouver satisfait quand, la tumeur s’étant abcédé, le pus se collectionne en un foyer bien limité et peut être évacué sans qu’il survienne de coin-

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