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HÉMORRHAGIE RÉNALE. — DIAGNOSTIC

ide ces cavités, ou bien un cancer, des calculs; dans plusieurs cas d’hémorrhagies i essentielles, on ne trouve pas ces organes altérés*' d’une manière notable. [Nous ï ne reviendrons pas sur l’histoire des entozoaires trouvés dans les voies urinaires i dans des cas d’hématurie endémique. Les détails transcrits page 508 , nous paraissent suffisamment explicites. Dans la fièvre bilieuse hômaturique du Sénégal, i Barthélemy-Benoît a retrouvé, comme l’avait déjà fait Pellarin, des lésions rénales qu’on ne saurait négliger. Le rein, d’après cet auteur, est souvent augmenté de volume et toujours de poids; la tunique propre est épaissie, l’organe très-coloré, et présentant de nombreuses plaques ecchymotiques noirâtres. Ces plaques se continuent avec des ecchymoses de la substance corticale, et même de la substance tubuleuse. Cette coloration tient à une suffusion sanguine interstitielle qui va quelquefois jusqu’à l’état de foyer hémorrhagique ou de noyau apoplectique.

1 L’organe est, en conséquence, plus ou moins ramolli et quelquefois tout à fait ^ désorganisé dans ces points. Le bassinet est habituellement vide ; le système veii neux turgescent, l’uretère normal ; la vessie est revenue sur elle-même, mais sa i muqueuse est absolument saine. Les reins ne présentent aucune atteinte de dégénérescence glandulaire.]

Parfois on trouve du sang accumulé dans le bassinet. C’est qu’alors il existe un obstacle au cours de ce liquide, un calcul, une acéphalocyste, un simple caillot ' volumineux engagé dans l’uratère sans pouvoir le franchir, une tumeur comprimant ce conduit, etc. Si l’obstacle est situé dans un point inférieur de l’uretère, on trouve en outre toute la partie supérieure de ce conduit dilatée à un très-haut degré. Enfin, on peut voir du sang en caillots accumulé dans la vessie.

Lorsque le sang s’est accumulé lentement dans le bassinet, il est ordinairement noirâtre et fluide, ou ne présente qu’une quantité proportionnelle de caillots peu

* considérable ; il est parfois comme décomposé et fétide. Si l’accumulation s’est : faite rapidement, les caillots sont beaucoup plus abondants.

La distension du rein par le sang accumulé dans son intérieur est quelquefois

• extrême. Ce fait ne s’est présenté que lorsque l’hémorrhagie interne s’est effectuée lentement. On trouve alors l’organe aminci et transformé en une vaste poche qui occupe une grande partie de l’abdomen. [La coagulation du sang dans les tubuli, en moules fibrineux, peut comprimer assez une portion de la glande pour en déterminer l’atrophie, ou être le point de départ d’une dégénérescence de mau-

waise nature (Roberts). ]

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Dans les cas où le sang s’écoule librement au dehors et avec une certaine abondance, rien n’est évidemment plus facile que de reconnaître l’hématurie. Mais i l’hémorrhagie provient-elle des reins? C’est là la difficulté.

On peut se demander si le sang n’a pas sa source dans un des uretères. Les cas -sont très-rares où ces conduits sont le siège d’une hémorrhagie. Cependant on eu a cité des exemples, et Rayer en a rapporté de remarquables. Les cas de ce genre i appartiennent à l’hématurie déterminée par un calcul.

Il est moins difficile de s’assurer que le sang provient des reins et non de la vessie. Il est des cas où ce diagnostic offre aussi des incertitudes. Si l’on excepte les cas de fongus de la vessie, de cystite ealculeuse et de tubercules de la vessie ave (:

cystite, maladies dont le diagnostic n’offre pas en général de grandes difficultés, il y a peu de cas dans lesquels on puisse supposer que le sang rendu avec l’urine esl fourni par la vessie. Cependant on voit des hématuries provenant des reins simuler des hématuries provenant delà vessie, et vice versa. J’ajoute que, lorsque l’hématurie est vésicale, elle est bien rarement essentielle, et qu’elle est presque toujours précédée des symptômes propres à d’autres maladies de la vessie, à la cystite simple ou calculeuse, au cancer , etc. Cependant on a cité quelques cas d’hématurie remplaçant un flux hémorrhoïdal, et dans lesquels la douleur et les principaux accidents paraissaient circonscrits dans l’hypogastre. (Rayer).

[Indépendamment des signes que nous avons indiqués comme symptômes et qui sont fournis par l’investigation microscopique, Roberts fait encore remarquer que le sang qui vient du rein est uniformément mêlé h l’urine, lui communique une teinte rougeâtre obscure et après le repos laisse déposer des grumeaux couleur chocolat. Quand il vient d’une autre portion des voies urinaires, la coloration de l’urine est vermillon et par taches plus vives; le dépôt renferme des caillots facilement reconnaissables.

Le diagnostic de l’hématurie, lorsque la quantité de sang excrétée est abondante, n’offre pas, en général, de grandes difficultés; néanmoins il existe à cet égard quelques préceptes utiles au diagnostic, et dont plusieurs ont été exposés plus haut. Lorsqu’il y aura doute, l’usage du microscope fera reconnaître la présence des globules sanguins. Les causes d’erreur écartées, il faut encore reconnaître de quelle partie de l’appareil urinaire provient le sang. Civiale (1) a traité ce sujet avec soin, et donné des signes excellents pour le diagnostic. Dans l’uréthrite, le sang apparaît ordinairement par gouttes sans mélange d’urine. Dans l’hématurie par affection de la vessie, on voit surtout sortir le sang lorsque le malade finit d’uriner, et, en général, la première urine n’en contient pas. ]

Dans les hémorrhagies du rein, le sang ne sort pas pur, c’est là ce qui les distingue principalement des hémorrhagies uréthrales, dans lesquelles d’ailleurs le sang s’écoule en bavant, sans efforts d’excrétion urinaire. On peut encore, s’il reste quelques doutes, introduire une sonde dans la vessie; l’urine sort claire, et les premières gouttes seulement sont teintes par le sang qui a pu pénétrer dans la sonde au moment où elle a franchi l’urèthre.

Lorque le sang provenant des reins est en très-petite quantité, on peut méconnaître l’existence de la maladie. Cependant on arrive assez facilement au diagnostic par les moyens que nous avons indiqués en décrivant les symptômes. D’ailleurs, ce n’est que dans les cas où il y a eu déjà une hématurie facilement appréciable que l’on est intéressé à s’assurer s’il existe encore une certaine quantité de sang dans les urines.

Enfin la rétention du sang dans les cavités urinaires, c’est-à-dire l’hémorrhagie interne, peut être diagnostiquée à l’aide de renseignements exacts qui nous apprennent que le malade a eu une ou plusieurs'hématuries, et en tenant compte des symptômes locaux, de l’affaiblissement et du dépérissement des malades. La pesanteur, la douleur, la tumeur dans la région des reins, indiquent que cet organe est le siège de la rétention. Des symptômes semblables, ayant leur siège dans l’hypo-

(1) Civiale, Maladies\des organes génito-urinaires, 3e édition. Paris, 1860, t, III, p. 355.

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gastre, font reconnaître que l’accumulation du sang se fait dans la vessie, et le cathétérisme vient aider au diagnostic.

§ VII. — Traitement,

Supposons une hémorrhagie du rein non accompagnée des symptômes locaux d’une affection organique de cet organe, et que l’on peut regarder comme essentielle. Si le sujet est fort, s’il a présenté les signes qui précèdent les hémorrhagies auxquelles on donne le nom d ’ actives, il est généralement recommandé de ne pas s'opposer trop tût à l'écoulement du sang. Tout le traitement consiste alors en certaines précautions bien simples, et que l’on retrouve dans toutes les hémorrhagies. L’appartement doit être tenu à une température modérée. Le malade doit garder le repos dans la position horizontale. Prendre quelques lavements émollients, pour s’épargner les efforts de garderobe. Se soumettre à un régime doux et léger. Tels sont, avec quelques boissons adoucissantes, les moyens qu’on oppose à l’hémorrhagie.

Il n’est pas un seul des cas indiqués jusqu’à présent qui, dans certaines circonstances, ne puisse présenter une de ces hémorrhagies extrêmement abondantes qui par elles-mêmes peuvent causer la mort. Ces cas fort rares se sont principalement montrés chez des sujets présentant une tendance aux hémorrhagies, qui a fait donner à ces affections le nom de constitutionnelles , et dans celles qui ont pour causes les maladies organiques des reins. On doit alors mettre en usage les moyens indiqués contre les grandes hémorrhagies (1 ) : Y application de Veau froide , de la glace; les boissons froides, acidulées, etc.

Le lieu dans lequel il convient de faire les applications froides doit être le plus voisin possible du siège du mal. Ici, c’est sur les lombes, sur les flancs, qu’il faut les faire. Cependant on a vu quelquefois les injections dans le rectum, et même dans la vessie, avoir un effet plus prompt. Pour les lavements, on prend de Veau très-froide à laquelle on ajoute une petite quantité de vinaigre, et dans la vessie on injecte de l’eau avec addition d’une faible proportion d 'acétate de plomb. La température de l’appartement doit être plus basse, et le repos plus complet encore que dans le cas précédent.

Si l’hémorrhagie est peu considérable, mais se reproduit à de courts intervalles, elle peut occasionner 1 anémie et un dépérissement assez rapide. C’est dans les cas de ce genie qu on a recommande les astringents, les antihémorrhagiques, tels que la ratanhia, le tannin, le seigle ergoté, etc. ; les toniques, et en particulier le quinquina, les ferrugineux ; mais comme l’administration de ces remèdes ne présente lien de paiticulier, ce serait tomber dans des redites inutiles que d’entrer à ce sujet dans de plus grands détails. On fera facilement aux différents cas l’application de ces moyens tels qu’ils sont exposés dans l’histoire des hémorrhagies précédemment indiquées.

Abandonnée à elle-même, 1 hémorrhagie endémique de l’île de France, compliquée ou non de gravelle, guérit spontanément, sans émigration, au bout de plusieurs mois ou de plusieuis années, lorsqu’elle n’est pas assez abondante pour détéi ioiei la constitution... A 1 île de France ou sur le continent, la saignée ,

(1) Voy. tome II, Epistaxis, p. 22G ; Hémoptysie, p.514.

combinée avec l’administration des boissons acidulées , avec l’emploi de la ratanhm et 1 aide du repos, a suspendu pour quelque temps l’hémorrhagie. Mais les émissions sanguines , quelquefois nécessaires au début de cette hématurie, ou dans son cours en quelques cas exceptionnels, sont formellement contre-indiquées dans une foule de cas où des perles de sang répétées ont détérioré la constitution. . . Lorsque les enfants sont devenus pâles et languissants après ces sortes d’hémorrhagies, les préparations ferrugineuses sont utiles; les bons effets de ces préparations sont favorisés par une nourriture substantielle et un exercice modéré.

Des individus atteints de ce pissement de sang, ayant contracté une blennorrhagie, le copahu, employé contre cette dernière affection, en a non-seulement procuré la guérison, mais encore celle de l’hématurie.

Lorsque 1 hématurie endémique de l’île de France est compliquée de gravelle d’acide urique , il faut associer aux moyens précédemment indiqués les poudres et les boissons alcalines (1), jusqu’à ce que le dépôt de l’urine abandonnée à ellemême ne contienne presque plus d’acide urique cristallisé...

Lorsque cette hématurie résiste aux moyens précédemment indiqués, Y émigration est le meilleur moyen que l’on puisse conseiller pour faire cesser la maladie... 11 a suffi à quelques individus de quitter l’île de France, et de venir habiter en Europe un pays tempéré , sans s’assujettir à aucun remède, pour obtenir la guérison de leur hématurie. Chez plusieurs colons, la guérison n’a été que temporaire ; la maladie s’est déclarée de nouveau peu de temps après leur retour à l’île de France, ou bien ils ont présenté une autre altération de l’urine (urine chyleuse, ou urine albumineuse et graisseuse). Un voyage en France n’est pas un moyen infaillible; la maladie a continué sans être sensiblement modifiée parle changement de climat, mais alors aussi la plupart des remèdes ont échoué, ou l’amélioration s’est déclarée, si tardivement et si obscurément, que les causes en sont restées indéterminées. (Rayer).

Ces moyens, auxquels les médecins du Brésil ajoutent les bains froids salés , et surtout les bains de mer , ne diffèrent guère de ceux qu’on emploie dans tous les pays contre les diverses hémorrhagies. Il faut noter avec soin l'effet du copahu dans quelques cas.

[Les traitements employés contre les urines chyleuses ne paraissent pas avoir eu jamais un succès complet. Le médicament qui semble avoir le mieux réussi est l 'acide gai tique, essayé d’abord par Bence Jones. Le malade de Priestley ne put le supporter à cause des nausées qu’il lui procurait. On le donne à la dose de 2 grammes par jour, dose que l’on élève progressivement jusqu’à 9 grammes. Bunyan (2), de George-Towue (Guyane anglaise), sur le conseil d’une négresse, essaya la décoction de l’écorce du Bizophora raccmosa, à la dose de 30 grammes par jour, et obtint des résultats avantageux.

Les notions que nous possédons aujourd’hui sur la nature de l’hématurie endémique et de l’urine chyleuse, autoriseraient l’emploi des parasiticides, et en particulier de la térébenthine. ]

Si l’hématurie était accompagnée de douleurs plus ou moins vives dans la région

(1) Nous exposerons ce traitement dans l’art'cle consacré aux Calculs rénaux, p. 575, 576.

(2) Bunyan, Lancet, -1846.

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