PY ÉLITE- — DÉFINITION
rénale, avec des symptômes d'excitation , il faudrait pratiquer des émissions sanguines plus ou moins abondantes, selon la force du sujet.
S’il existait une rétention du sang dans la cavité des reins, de l’uretère ou de la vessie, on devrait d’abord chercher à faire disparaître l’obstacle qui s’oppose au libre écoulement du sang; puis calmer par les adoucissants et les opiacés les accidents de colique néphrétique qui accompagnent souvent cet état. Les sangsues sur la région lombaire, les ventouses scarifiées, seraient appliquées dans le but de faire disparaître l’irritation et la douleur locale. Quand c’est dans la vessie que ce liquide s’est accumulé, on peut par des moyens mécaniques donner issue à la masse sanguine coagulée qui obstrue cet organe, comme nous le verrons à l’article consacré à l’HÉMATURIE VÉSICALE.
ARTICLE II
PYÉL1TE.
Rayer distingue nettement de l’inflammation du rein celle des bassinets et des calices décrite par tous les auteurs sous le nom de néphrite , et en particulier de néphrite calculeuse.
La pyélite simple peut exister. Rayer en a cité des exemples, et l’on en trouve quelques-uns dans divers auteurs. Le plus souvent cette affection est liée à la présence de calculs plus ou moins volumineux ou plus ou moins nombreux dans le calice et le bassinet, ou «à toute autre cause d’irritation des voies urinaires qui a joué, par rapport à la maladie rénale, le rôle d’affection primitive.
Ce n’est que dans ces derniers temps que les altérations produites par les calculs dans les bassinets et les calices, et par suite dans la substance rénale, ont été exactement appréciées. A une époque très-voisine de nous, on considérait l’inflammation qui résulte de la présence des calculs dans la glande rénale, comme occupant la substance de cette glande, sans établir de distinction entre les parois des bassinets et les autres parties des reins. Jusqu’à Chomel (1), c’est toujours une néphrite qu’on a vue dans les cas où les calculs des reins avaient déterminé l’inflammation.
La connaissance de l’inflammation des reins remonte à la plus haute antiquité, car on en trouve déjà des indications dans Hippocrate. Rufus, Galien, Arétée, etc. , donnent la description des abcès que déterminent les calculs. Bright, Rayer, Dance (2), Todd (3), etc., ont, de nos jours, fixé l’histoire de la pyélite.
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
On donne le nom de pyélite à l’inflammation des calices et des bassinets, qu’elle ait été produite par la présence de corps étrangers, qu’ellè soit le résultat de l’extension de l’inflammation d’un autre organe, ou qu’elle se soit produite spontanément.
(1) Chomel, Recherches sur In néphrite ou inflammation <les reins (Archives générales de médecine, 2e série, t. XIII).
(2) Dance, Pyélite calculeuse double ( Archives générales de médecine, t. XXIX, 1 812, p. 169).
(3) Todd, Clinical Lectures on diseases of the urin. Organs. I.ond n, 1852.
C’est cette maladie qui a été décrite sous le nom de néphrite, d'abcès des rems, etc. toutefois, ou ne doit pas toujours voir dans les anciennes dénominations une fausse appréciation de la maladie, mais seulement une confusion de plusieurs étals pathologiques distincts.
La fréquence de la pyélitc est très-différente, suivant que l’on considère la pyélite simple indépendante de tout corps étranger, ou celle qui a pour cause la présence d un corps étranger quelconque. La première est relativement fort rare ; cependant il en est une espèce qui serait beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit communément : c’est la pyélite blennorrhuyique. Nous reviendrons sur ce point en parlant des causes.
§ II. — Causes.
1° Causes prédisposantes. — U âge; la pyélite simple est presque inconnue chez les enfants, et toutes les espèces de pyélites sont beaucoup plus fréquentes dans, l’âge adulte et dans la vieillesse que dans les premières années de la vie.
D’après presque tous les auteurs, le sexe masculin est beaucoup plus exposé à cette affection, et les faits confirment cette manière de voir. Nous n’avons pas de renseignements exacts sur d’influence de la constitution, du tempérament, des climats, et quant aux autres causes prédisposantes, nous ne pourrions que nous livrer à des conjectures à leur sujet.
2° Causes occasionnelles. — La classificatoin étiologique de Roberts nous a semblé résumer très-simplement et très-complètement l’ensemble des causes occasionnelles de la pyélite. Nous la reproduisons ici. Ces causes peuvent être :
1° L’abus ou les doses exagérées delà térébenthine, des cantharides ou d’autres diurétiques irritants. Bouillaud (1) a signalé la production de ce résultat par l’application de vésicatoires cantharidiens sur des ventouses scarifiées.
2° L’existence d’une maladie de Bright aiguë ou chronique, d’une albuminurie ou du diabète.
3° L’existence d’une maladie générale grave, telle que le typhus, les fièvres éruptives, la pyohémie, le scorbut, la diphthérite, le choléra, le charbon, etc.
l\° L’irritation produite mécaniquement sur les calices ou les bassinets par un corps étranger, graviers ou calculs urinaires, hydatides ou autres parasites, caillots sanguins, dépôts tuberculeux ou cancéreux.
5° La stagnation et la décomposition de l’urine dans les calices ou le bassinet. La simple stagnation produit plus ordinairement l’hydronéphrose, à moins qu’elle ne soit déterminée brusquement. La décomposition de l’urine stagnante, surtout par la transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque, produit des désordres inflammatoires graves, et c’est probablement là le mécanisme de la pyélite de la grossesse.
6° L’extension au rein de l’inflammation de la vessie, laquelle peut elle-même avoir été causée par un calcul, par une prostatite, le cancer ou les tubercules de la vessie, un rétrécissement de l’urèthre, récent ou ancien. J. Arnould (2) a observé
(1) Bouillaud, Revue médico-chirurgicale de Paris, janvier et février 1848, et Bulletin de V Académie de médecine. Paris, IS47, t. XII, p. 744, 779, 812.
(2) J. Arnould, Affection calculeuse des rems datant de plusieurs années ; colique néphrétique consécutive à un cathétérisme curatif, abcès rénal, terminaison favorable ( Gazette des
o pilaux, 1858).