P Y ÉLITE. — SYMPTÔMES
dans le service de Champouillon, au Val-de-Grüce, une pyélite développée api es des tentatives de dilatation d un rétrécissement uréthral.
Dans le cours de la blennorrhagie, et surtout après sa brusque suppression, il survient, et moins rarement que ne le pensent la plupart des praticiens, une inflammation légère, mais rebelle, de la membrane muqueuse de la vessie, inflammation qui des uretères se propage jusqu’au bassinet, et s’accompagne de douleurs rénales (Rayer). C’est là ce que cet auteur a appelé pyélite blennorrliagique.
7° Le froid ou des causes inconnues : cas exceptionnel.
§ III. — Symptômes.
Les symptômes de la pyélite se composent de ceux qui sont dus, directement, à l’inflammation des calices et du bassinet, et de ceux de la lésion primitive qui a été la cause de l’irritation rénale. Les premiers doivent seuls nous occuper.
J)ébut. Nous ne connaissons que très-imparfaitement le début de la pyélite
simple indépendante de la présence des corps étrangers. Quant à la pyélite calculleme, elle a ordinairement cela de remarquable, qu elle succède à une attaque plus ou moins violente de' colique néphrétique. Cependant nous connaissons un giand nombre de cas dans lesquels l’inflammation des bassinets, du calice, et consécutivement de la substance rénale, a été produite par des calculs sans coliques néphrétiques ; des douleurs sourdes dans la région lombaire, plus vives ensuite, et les altérations de la sécrétion urinaire qui seront exposées plus loin, ont été, en pareil cas, le premier signal de la maladie. Il en est de même lorsque d’autres corps étrangers, comme les vers rénaux , sont la cause de 1 affection.
Symptômes. — Au point de vue des symptômes on peut distinguer deux formes : la pyélite aiguë et la pyélite chronique.
1° Pyélite simple aiguë. — La douleur rénale est ordinairement médiocrement vive. Celle qui est produite par un corps étranger autre que les calculs n’est pas non plus remarquable par sa violence ; c’est souvent une simple gêne avec des exacerbations plus ou moins fréquentes. Enfin, lorsque les calculs ont produit la maladie, il faut bien prendre garde de regarder comme un symptôme de la pyélite ce qui est dû au déplacement des calculs et à l’irritation qui en résulte dans les parois enflammées. Ce qui le prouve, c’est que, après la première attaque de colique néphrétique, lorsque le calcul s’est établi dans le bassinet et y a déterminé une inflammation suppurative, il est ordinaire de voir la douleur non pas augmenter, comme cela devrait être si l’inflammation en était la cause, mais au contraire diminuer notablement.
Souvent des corps étrangers obstruent les voies urinaires, donnent lieu à l’accumulation de l’urine et du pus dans le6 parties supérieures, à la distension du rein, et par suite à des douleurs indépendantes de l’inflammation, puisque, dans des circonstances semblables, on les verrait se montrer sans elle.
Même réflexion relativement à la suppression de la sécrétion urinaire. Ce n’est pas à la pyélite qu’il faut l’attribuer, mais aux corps étrangers qui ont donné naissance à l’une et à l’autre.
On recherchera la présence du mucus et du pus dans le liquide urinaire. Les auteurs ont dit que l’hématurie était un des premiers symptômes qui annoncent la
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maladie ; mais I hématurie n’estqu’un accidont semblable à ceux qisc nous venons de mentionner, quoique assez fréquent.
Lorsque le mucus est devenu plus abondant qu’à l’état sain, on s’en aperçoit aux caractères suivants: Au moment de l’émission de l’urine, il donne à ce liquide un aspect louche; puis, lorsqu’il s’est rassemblé au fond du vase, il se présente sous la forme d un sédiment un peu filant plus ou moins abondant, et de couleur opaline. Entre le moment de rémission et celui du repos complet, il forme des flocons légers, demi -transparents, ou un nuage blanc avec une teinte brillante, qui restent quelque temps en suspension. Cette quantité anormale de mucus due à 1 inflammation, et à laquelle on donne le nom de muco-pus , ne peut être distinguée du pus par l’inspection microscopique de ses globules; mais si on le traite pat 1 éthei , il ne donne jamais de traces aussi évidentes de matières grasses (tue le pus (Rayer).
Lorsqu’une certaine quantité de pus est déposée dans l’urine à la suite d’une inflammation de la membrane muqueuse des voies urinaires, la liqueur est trouble, blcinch.it i e ou lactescente au moment de l’émission. Recueillie dans un vase transpaient, et abandonnée a elle-même, elle se sépare bientôt en deux couches: I une, supérieure, transparente ou légèrement trouble, ayant la teinte du petit-lait ou de l’urine foncée en couleur; l’autre, inférieure, formée par un dépôt opaque, ordinairement d’une couleur blanche, mate, laiteuse, presque semblable à celle de la cire, ou légèrement jaunâtre. Le niveau de cette couche purulente est bien ti anche et ne se fond pas avec la derniere couche de l’urine qui la surmonte. Si l’on place une goutte de pus sur une lame de verre, et que l’on y verse un Peu d’éther, la matière grasse est dissoute et reste apparente sur le verre après l’évaporation; c’est là, nous le répétons, le principal-caractère qui distingue le pus du mucus. (Rayer. )
I n certain mouvement fébrile , et par suite un trouble plus ou moins marqué, dans quelques cas, des principales fonctions, complètent le tableau de la pyélitc simple aiguë, maladie encore mal étudiée.
Py élite calculeuse aiguë. — Abstraction faite des accidents de colique néphréliquc causés par la présence des calculs, elle ne diffère de celle que nous venons de décrire que par sa plus grande intensité. Ses principaux caractères sont toujours la douleur rénale et la présence dans l’urine d’abord du sang, du muco-pus , puis du pus en plus ou moins grande abondance. Les symptômes généraux sont en rapport avec les douleurs causées par les calculs et avec le degré de l'inflammation. Les choses se passent de la même manière dans les py élites dues à d'autres corps étrangers.
2° Pyélitc simple chronique. — C’est une maladie qui, si elle s’est montrée quelquefois à l’observation, n’a été du moins que très-rarement indiquée. Jl n’en est pas de même de la py élite calculeuse chronique , qui accompagne presque toujours les concrétions urinaires dont le rein est le siège.
La pyélite calculeuse chronique, dont la description peut s’appliquer, avec de très-légères nuances, à l’inflammation du bassinet causée par la présence des vers rénaux, débute souvent par les symptômes de la pyélite aiguë, accompagnés de ceux de la colique néphrétique. Au bout d’un temps variable, ces symptômes paraissent s’amender, mais la santé ne se rétablit pas complètement; il reste dans le rein une
PYKLITË.
SYMPTÔMES
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douleur sourde, et Y urine contient toujours une certaine quantité de pus. Puis surviennent le dépérissement, Y amaigrissement, la fièvre hectique, indices de la destruction du rein, et le malade finit par succomber épuisé, qu’il se forme ou non un abcès dans la région rénale.
Abcès rénaux. — C’est surtout lorsque des calculs volumineux et nombreux ont occasionné dans le rein une inflammation prolongée, que l’on voit survenir les abcès qui, après avoir envahi une grande partie de l'organe, se vident dans les voies urinaires, en rendant bien plus considérable la quantité de pus dans l’urine, ou s’étendent vers les parois lombaires, par lesquelles ils ont de la tendance à s’ouvrir une issue, ou enfin occasionnent la perforation d’autres cavités (intestin, estomac, poumons, péritoine).
Les abcès qui deviennent manifestes du côté de la région lombaire se produisent ordinairement de la manière suivante : un ou plusieurs calculs déterminent l’inflammation de la substance rénale ; celle-ci finit par se détruire et par leur livrer un passage suffisant pour qu’une de leurs aspérités irrite le tissu cellulaire environnant; ce tissu s’enflamme et suppure, les reins continuentà se désorganiser, et au bout d’un certain temps le calcul est à nu dans le tissu postrénal.
rDe là, ces abcès peuvent fuser vers le petit bassin ou dans la région inguinocrurale. Leroy (d’Étiolles) (1) a présenté à la Société de médecine du département de la Seine un malade ayant eu un abcès lombaire et un dans l’aine. De l’abcès lombaire sortirent des graviers de phosphate ammoniaco - magnésien ; Leroy (d’Étiolles) dilata la fistule et alla briser par cette voie des calculs qui furent rendus en graviers par l’urine. C’est le quatrième cas de ce genre connu de l’auteur,]
Ces abcès produits par les calculs ne diffèrent pas sensiblement, pour leurs symptômes et leur marche, de ceux décrits à l’occasion de la néphrite simple, et des tumeurs acéphaloci/stiques ; ils ont ceci de particulier, que l’hématurie, la colique néphrétique, la présence de graviers dans les urines, ont précédé leur apparition.
Lorsque la rupture de l’abcès contenant des calculs se fait dans les autres organes indiqués, c’est la sortie de ces calculs par une voie insolite qui est le symptôme capital. On a vu des calculs rendus par les vomissements et par les selles. Quand la rupture se fait dans le péritoine, elle donne lieu à une péritonite suraiguë et mortelle.
La rétention du pus dans le bassinet, d’où résulte une accumulation souvent très-considérable de ce liquide et la distension du réin {pyonéphrose de Roberts), a une grande analogie avec les abcès.
Cette rétention a des symptômes analogues à ceux delà rétention de l'urine ou hyd ronéph rose .
Si, dans le cours d’une pyélite causée par un corps étranger, celui-ci obstrue plus ou moins l’uretère, l’urine et le pus s’accumulent au-dessus et produisent les accidents suivants: quand Y obstruction est complète, l’urine précédemment purulente devient claire ; la douleur rénale se produit, ou augmente si elle existait; une tumeur ordinairement bosselée est sentie, en palpant l’abdomen, au devant du rein malade. Quelques malades ont dit avoir senti le bruit de collision causé par les calculs contenus dans la poche purulente lorsqu’ils faisaient des mouvements.
(1) Leroy (ë’Éliolles), Guzelte hebdomadaire , 1858.
miner (le trois manières : 1° Assez fréquemment, l’obstacle étant chassé, l’amas purulent se fait jour par les conduits urinaires, et une grande quantité d’urine fortement purulente est rendue en peu de temps. 2° Quelquefois, l’obstacle persistant, les accidents deviennent de plus en plus graves, et le malade succombe épuisé ou avec des symptômes cérébraux. 3° Bien plus rarement il y a rupture de la poche purulente dans une des cavités précédemment indiquées, ou dans le tissu cellulaire postrénal, et alors les choses se passent comme dans les cas d'abcès de la substance rénale et du tissu environnant. (Voy. Périnépurite. )
§ IV. — Marche, durée, terminaison.
La marche de la maladie est rapide, à l’état aigu, surtout lorsque la pyélile est causée par un calcul. L’inflammatiou disparaît avec promptitude dès que la cause cesse d’agir. La pyélite chronique peut marcher très-lentement ; mais il est ordinaire de voir les accidents de l’état aigu se reproduire fréquemment avec violence, ce qui lient à ce que la maladie étant le résultat ordinaire de la présence des calculs, le moindre déplacement de ceux-ci peut produire de graves symptômes.
La durée de la pyélite aiyuë peut être très-courte ; celle de la pyélite chronique est ordinairement longue.
La pyélite aiguë se termine par la guérison lorsqu’elle est simple, ce qui est rare. La pyélite blennorrhayique serait souvent rebelle au traitement. Lorsque la pyélite est due à la présence d’un calcul ou d’un autre corps étranger, elle se termine promptement par la guérison si ce corps étranger est expulsé ; dans le cas contraire, elle passe presque toujours à l’état chronique. Rayer a parlé d’une terminaison de la pyélite par gangrène, et il en a fait une espèce sous le nom de pyélite yanyréneuse ; mais cette gangrène ne se montre que dans des cas où il existe d’autres maladies très-graves, dont la gangrène du rein n’est que la conséquence.
[Lorsque la dilatation du bassinet en une poche purulente a lieu, avec une participation plus ou moins étendue du rein à la dilatation, deux cas peuvent se présenter : ou bien la poche purulente s’ouvre dans une des directions que nous avons indiquées, et la terminaison est en rapport avec la tournure que prennent les nouveaux accidents; ou bien, la collection purulente ne s’ouvre pas ; dans ce cas, elle se vide plus ou moins facilement par l’urèthre; la guérison a lieu, si l’évacuation purulente se fait aisément et se tarit dans un laps de temps assez court ; mais la mort peut survenir quand cette évacuation se prolonge et place le malade dans les conditions ordinaires de toute suppuration de longue durée. Dans quelques cas heureux , la collection purulente est résorbée dans ses éléments séreux, le reste se concrète en une masse caséeuse, et tout rentre dans l’ordre.]
Dans les cas où les malades succombent avec une pyélite simple aiyuë , ce qui arrive dans diverses maladies et dans certains empoisonnements, on trouve après la mort la rougeur, l’épaississement, la friabilité de la membrane qui tapisse le bassinet, et dans l’intérieur de cette cavité, une quantité plus ou moins grande de matière purulente ou de muco-pus mêlé à l’urine ; dans quelques cas rares, des