GRAVELLE
Si l’on ne considère que les corps étrangers eux-mêmes, il n’est pas douteux qu’entre les graviers et les pierres ou calculs il n’y ait, comme dit Ségalas (2), d’autre différence que celle du volume. Mais si l’on a égard aux symptômes que produisent les concrétions urinaires, on voit que de cette différence de volume résulte une différence extrême dans la manière d’être de la maladie, c’est-à-dire dans ce qui intéresse le plus le praticien. Les concrétions urinaires peuvent, en effet, être si fines, que leur présence n'altère en rien la santé et ne donne lieu à aucun symptôme local; tandis que si leur volume augmente, elles occasionnent les symptômes les plus violents, et vont jusqu’à produire la désorganisation de l’organe. C’est donc une distinction utile pour la pratique que celle qu’on a établie entre la gravelle et les calculs rénaux proprement dits.
Comme les calculs rénaux, la gravelle est connue depuis les premiers temps de la médecine. On en trouve des descriptions plus ou moins complètes dans Galien, Arélée (3). Mais c’est surtout aux écrits de Sydenham et de F. Hoffmann qu’il faut remonter pour trouver une bonne symptomatologie de cette affection. Parmi les modernes, il faut citer, comme ayant fait connaître la composition des concrétions urinaires, leur étiologie et leur traitement, Marcet (é), Brugnatelli (5), Prout, Magendie ^6), Civiale (7), [Golding Bird (8), Leroy (d’Étiolles) fils (9), et Lionel S. Bealc (10)].
Civiale veut qu’on divise ainsi qu’il suit les concrétions urinaires : 1° Lors-
(1) llenninger, De T hydronèphrose ou hydropisic (lu rein, thcsc clc Strasbourg, 1802.
(2) Ségalas, Essai sur la gravelle et la pierre. Paris, 1838.
(3) Arétéc, De curai, moi b. diut., lib. II.
(Zi) Marcel, Essai sur l'histoire chimique des calculs et sur le traitement medical des
affections calculeuses. Paris, 1823, in -8 avec figures.
(5) Brugnatelli, Litologia umana. Pavia, 1819. ... .
(0) Magendie, Recherches sur la gravelle. Paris, 1828, in-8;— Dictionnaire de médccitu et de chirurgie pratiques . Paris, 1833, art. Gravelle, t. IX, p. 2.)/.
(7) Civiale, Traité de T affection calculeuse. Paris, 1838; — Du traitement mcdicat et pré
servatif de la pierre et de la gravelle. Paris, 1840. % S
(8) Golding Bird, De l'urine et des dépôts urinaires, trad. et annoté par O'Rorkc. Paris
^(9)" Leroy (d’Étiolles), Traite pratique de la g nivelle et des calculs urinaires. Paris 1804-1860, avec gravures dans le texte.
(10) Lionel S. Bealeu, De l’urine , des dépôts urin. et des calculs, trad. de l’anglais pa A. Ollivicr et G. Bcrgeron. Paris, 1805.