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GRAVELLE. — CAUSES

qu’elles consistent en une poudre fine, ou en paillettes, ou en très-petits grains, il faut leur donner le nom de sable ; 2° la gravelle proprement dite consiste dans de petits corps granuleux gros au plus comme une tète d’épingle ; 3° lorsque ces concrétions ont acquis un plus grand volume, mais peuvent encore passer par l'uretère, ce sont des graviers : h° si leur diamètre est trop grand pour leur permettre ce passage, ce sont des calculs; et 5° la dénomination de pierres est réservée aux calculs les plus volumineux. Cette division a une importance pratique incontestable et sera utilisée en son lieu. Mais il suffit aux besoins didactiques de distinguer deux genres: la gravelle , qui comprend les trois premières divisions, et les calculs , qui renferment les deux dernières. Plus loin, nous indiquerons, en passant, les distinctions fondées sur la couleur et l’aspect des concrétions. Une division beaucoup plus importante, car elle correspond à des indications thérapeutiques, c’est celle de la gravelle en acide, comprenant les concrétions d’acide urique et oxalique,

, d’urates et d’oxalates, et en alcaline ou pliosphatique.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

Nous donnons le nom de gravelle h toutes les concrétions qui, formées dans le rein, peuvent sortir par les conduits urinaires en déterminant ou non les symptômes connus sous la dénomination de colique néphrétique.

Cette maladie ainsi conçue n’a guère d’autre nom qui lui soit parfaitement applicable. On l’a comprise souvent, dans la description générale des concrétions urinaires, sous les noms de calculatio, lithiasis, etc.

La gravelle est une maladie des voies urinaires qui se présente fréquemment à l’observation, et il est certain que bien souvent, aussi, elle existe et reste ignorée, soit parce qu’il n’en apparaît aucun signe, soit parce que les sujets qui n’ont que du sable, sans en être incotninodés, négligent ce symptôme.

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes. — Age. — La gravelle proprement dite est, chez les enfants, beaucoup plus rare que les calculs. Le sable dans les urines et la colique néphrétique ne s’observent que rarement chez les enfants, du moins dans nos climats. On peut en conclure que, dans l'intérieur du rein , les concrétions n’acquièrent pas ordinairement dans l’enfance un assez grand volume pour être rangées parmi les graviers. Il n’en est peut-être pas tout à fait de même du sable dans les urines. Nous avons trouvé très-fréquemment, chez des nouveau -nés qui avaient succombé à des maladies diverses, les petits conduits de la substance tubuleuse dessinés en jaune, d’une manière très-distincte, par une poussière qui, ainsi que le démontre l’analyse, n’est autre chose que de l’acide urique.

Gallard (1) a vu un calcul de l\ centigrammes chez une petite fille de quatre mois.

[L’état particulier des tubes urinifères contenant un sable jaune a été le sujet de plusieurs travaux, tant en France qu’en Allemagne, depuis quelques années. Quelques auteurs avaient cru y voir la preuve d’une affection analogue îi la gravelle urique; cette erreur est dissipée aujourd’hui : la présence de l’acide urique et des

(1) Gallard, Huit. de tu Soc. nnat., 1858, p. /iSS.

11 rates en grande quantité dans les reins des nouveau-nés est un fait physiologique appartenant à un ordre complexe de phénomènes qui se produisent dans les premiers temps qui suivent la naissance.]

La gravelle, et surtout celle qui est constituée par des graviers d’un certain volume, est notablement plus fréquente chez les adultes et chez les vieillards que chez les enfants.

Sexe. — [Malgré l’assertion contraire de Van Swielen, les statistiques ont démontré que la gravelle est beaucoup plus fréquente chez l’homme que chez la femme; selon Leroy (d’Etiolles) fils, les femmes ne représentent que h pour 100 des malades atteints de la pierre (1).]

Nous ne savons rien de positif relativement à l’influence du tempérament et de la constitution.

[Un fait bien établi, c’est la fréquence de la gravelle urique chez les goutteux. Rayer pensait que 99 goutteux sur 100 ont la gravelle; Durand-Fardel (2) réduit la proportion à la moitié environ. 11 est certain que, sans être identiques, la goutte et la gravelle urique sont des affections de même nature: l’une et l’autre consistent dans l 'élimination de principes azotés en excès , la direction qu’ils prennent dans l’économie fait toute la différence.]

Climats. — D’après Civialc, on doit repousser cette opinion longtemps admise, que les pays très-chauds ou très-froids présentent un bien moins grand nombre de sujets affectés de la gravelle que les pays tempérés et humides. Cet auteur a trouvé, en effet, que cette maladie est aussi commune en Égypte, dans l’Inde, en Suède, en Danemark, qu’en France et en Angleterre.

[Le professeur Reyer, du Caire (3), assure que les calculs sont communs en Égypte : ils ne sont pas dus à ia concentration de l’urine parles sueurs, car ils sont rares dans la haute Égypte et chez les nègres. Au Caire, on a la gravelle urique et li Alexandrie, la gravelle phosphatique.]

Localités. — Sous le même climat et dans des conditions en apparence les mêmes, certaines localités offrent un très-grand nombre d’individus atteints de concrétions urinaires, tandis que des localités très-voisines n’en présentent aucun exemple. Faut-il voir dans ces faits une influence de l’air et des lieux? Magendie ne le pensait pas, et croyait plutôt qu’il faut tout rapporter au régime. C’est à un régime animal et à l’abondance des boissons spiritueuses qu’Orfila rapportait le grand nombre de cas d'affections calculeuses que l’on observe dans l’ile de Majorque.

[Balassa (5) a constaté qu’en Hongrie les sujets jeunes des classes peu aisées sont souvent affectés de calculs, et il attribue ce fait au régime auquel on soumet, dans ce pays, les enfants à peine sevrés, lesquels sont nourris de fruits, d’aliments végétaux, de chair de porc; substances qui fournissent un excès de principes hydrocarbonés. Aussi l’oxalate de chaux forme-t-il la plus grande partie des concrétions, avec, seulement, quelques sels phosphatiques.]

(1) Leroy (d’Éliolles), loc. cit., et Huit, de ta Soc. anat., 1862, p. 331.

(2) Durand-Fardel, toc. cit., p. 46.

(3) Reyer (du Caire), Calculs urinaires; lithotomie en Égypte ( Wiener medtcinische Wochenschrift , 1 856, et Archives yen. de mèd 1857).

(4) Ralassa, Sur les calculs urinaires en Hongrie (Wiener m'edic. Wochenschrift* 1858, n0J 25 et 26, et Archives yen. de mèd., 5e série, l. XIV).

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