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GRAVELLE. — SYMPTÔMES

instantanée. Si l’on ne peut pas dire que, en pareil cas, il y ait réellement gravclle, on doit reconnaître du moins qu’elle paraît imminente, et que cet état appelle l’attention du médecin.

Que le sable sorte tout formé avec l’urine ; que, par conséquent, il y ait eu déjà cristallisation ou précipitation amorphe dans les voies urinaires, ou bien que la cristallisation n’ait lieu que par suite du refroidissement , les symptômes sont ordinairement nuis. Cependant on voit des sujets éprouver dans les régions rénales une gêne, et quelquefois une douteur sourde, qui peut les inquiéter s’ils ont reconnu l’état de leurs urines. Ce symptôme se remarque surtout dans le cas où le sable se forme dans le rein.

2" Graviers pouvant traverser les uretères. — Chez des sujets qui ont déjà présenté du sable, dans leurs urines, et parfois chez des individus qui n’ont pas offert ce symptôme, l’urine rendue contient une plus ou moins grande quantité de graviers gros comme la tète d’une épingle, souvent plus petits, quelquefois plus volumineux. Chez ceux qui ont préalablement du sable dans les urines, voici comment se passent les choses, d’après Magendie : Le plus souvent, celui qui doit être attaqué de la gravclle ressent, quelques mois avant son apparition, un sentiment particulier de fourmillement, d 'engourdissement, dans la région des reins; son urine est foncée en couleur et laisse déposer, au bout d’une heure ou deux, un sédiment rougeutre plus ou moins abondant... Ces premiers symptômes s’accroissent, le sentiment d’engourdissement des reins se change en une véritable faiblesse douloureuse qui varie d’intensité; le lendemain du jour où elle a été la plus forte, une certaine quantité de sable est évacuée avec l’urine. Ces prodromes se rapportent particulièrement à la gravclle urique , qui est, il est vrai, la plus fréquente de toutes.

Plus tard, ces symptômes continuant, on trouve dans l’urine les graviers indiqués, et ordinairement arrondis. Souvent le malade les entend tomber avec bruit dans l'urinoir, mais ordinairement il n’éprouve aucun accident grave. Cependant on a vu maintes fois ces petits graviers, d’un diamètre inférieur à celui de l’uretère, produire de violents symptômes qui seront décrits plus bas, et qui ne sont autres que ceux de la colique néphrétique. Cet accident peut s’expliquer, dans quelques cas, par les aspérités d’un gravier qui ont arrêté ce corps étranger dans |c conduit réno-vésical , et qui ont déchiré les parois de ce conduit ; ou bien par la forme de ce corps, qui, ayant dans un sens un diamètre considérable, s’est présenté au passage suivant ce diamètre. Mais, dans quelques cas aussi, on ne trouve aucune explication de ce genre. Il faut bien admettre alors une contraction, un resserrement spasmodique du canal, qui a empêché le calcul d’avancer.

3° Gravier d’un volume trop grand pour traverser librement l’uretère. — Lorsque les graviers sont trop volumineux pour traverser librement le conduit, ils peuvent souvent encore s’engager dans la partie supérieure, et ne descendre ensuite que très-péniblement. En pareil cas, Y hématurie et la colique néphrétique sont les signes auxquels on reconnaît ces concrétions.

Il peut même arriver qu’après s’être engagé, un calcul reste fixé dans l’uretère, où il détermine d’abord une irritation, puis une inflammation plus ou moins vive. Dans ces cas, après un ou plusieurs accès de colique néphrétique , après une ou plusieurs hématuries, survient la distension de l’uretère, puis cel'e du rein,

soit simplement par l’urine, soit par l’urine mêlée de pus. Ce dernier état morbide a été décrit, l’autre sera étudié plus tard.

L'examen de l'urine , dans ces trois espèces, fait reconnaître un grand nombre de caractères communs, et c’est pourquoi nous l’avons renvoyé après la description des autres symptômes.

L’urine est en général aussi abondante qu’à l’état normal. On a vu néanmoins la quantité augmentée ou diminuée dans quelques cas. Il faut prendre garde de se laisser tromper par quelques circonstances. Les remèdes que l’on donne aux malades ont presque tous pour but d’augmenter la sécrétion urinaire; il n’est donc pas surprenant qu’alors les urines soient plus abondantes. D’un autre côté, une concrétion peut obstruer l’uretère, et, dans ce cas, il y a, non pas diminution, mais arrêt de l’urine d’un côté. Dans les cas où les graviers produisent la colique néphrétique, l’urine peut être complètement supprimée, quoiqu’un seul uretère soit obstrué; mais il est plus ordinaire de voir le rein sain suppléer en pareil cas à la sécrétion du rein malade.

L’urine présente des caractères physiques très-variables suivant les cas. Tout dépend, en effet, non de la gravelle elle-même, mais de l’état dans lequel se trouvent les organes urinaires. Le sang, le pus, l’albumine, le mucus, lui donnent des aspects que nous avons décrits plus haut, lorsque l’inflammation occupe les voies urinaires. Dans le cas contraire, l’urine conserve ses caractères normaux, et la présence du sable ou des graviers est la seule circonstance remarquable.

Voici toutefois une distinction importante établie par Rayer entre l’état de l’urine dans les cas de ç/ravelle urique et dans les cas de qravelle phosphatique. Lorsque les graviers qui déterminent les accidents de la colique néphrétique sont composés d 'acide urique (et c’est le cas le plus ordinaire), l’urine est acide, cl le sédiment offre des cristaux rhomho'i daux d’un jaune rougeâtre. Filtrée, elle devient légèrement louche lorsqu’on la traite par l’acide nitrique, qui précipite une certaine quantité d'acide urique ou d’albumine, mélangée ou non de globules sanguins.

Lorsque les graviers sont phosphatiques , l’urine, alcaline et louche au moment de l’émission, s’éclaircit d’abord par l’addition de l’acide nitrique, et elle se trouble quelquefois ensuite par l’addition d’une plus grande quantité de cet acide, si elle contient de l’albumine, du sang ou du pus.

SaDie. — Il est bien rare que le sable qui se produit après l’émission de l’urine soit autre chose que de l 'acide urique cristallisé. La poudre qui en résulte a, par conséquent, presque toujours les caractères du sable qui s’est formé avant l’émission, et qui est également de l’acide urique cristallisé dans le plus grand nombre des cas.

Lorsque le sable est formé au moment même de l’émission, il se rassemble promptement au fond du vase, tandis que celui qui se dépose par suite du refroidissement se montre d’abord sur les bords, là où le liquide offrant une moindre épaisseur, subit le plus promptement l’influence de la température extérieure. C’est là un signe différentiel qu’il ne faut pas oublier. Quant aux caractères chimiques de ces gravclles pulvérulentes, comme ils ne diffèrent pas de ceux que l’on retrouve dans les gravellesoù les concrétions sont plus volumineuses, nous donnerons quelques indications qui serviront à distinguer entre eux les différents sables.

(JRAVELEE. — SYMPTÔMES.

L 'acide urique se montre quelquefois sous forme de poudre amorphe, mais bien plus souvent sous forme de prismes rhomboïdaux, [ ordinairement groupés en rosaces régulières ou irrégulières, comme le montre la figure 76.

On peut

Fig. 70. — Acide urique. (Robin cl Vcrdcil, pl. XI cl XII.)

encore rencontrer la forme de la figure 77 ou de la figure 78, qui

Fig. 77. — Acide urique, cristaux rhombuddriques à angles mousses. (Robin ot Verdeil, pl. XIII, fig. 2.)

Fig. 78. — Acide urique. Grands rhomboèdres opaques, à angles mousses.

(Robin cl Verdeil, pl. XVI, fig. 3.)

représente des rhomboèdres dont les angles sont comme émoussés, ou celle de la figure 79, qui est celle de l’acide urique hydraté, et qu’on obtient en le précipitant de sa dissolution dans l’eau bouillante. Les tirâtes présentent au microscope

Fio. 80. — Urale d’ammoniaque. (Donné, Allas.)

les caractères suivants: 1 vrate d ammoniaque, quand l’urine vient d’être rendue, est sous forme de poudre amorphe (fig. 80); plus lard, cette poudre Se ^omie cn globules, et, quand l’urine est devenue alcaline, les globules s’en-

tourent d'aiguilles (fig. 81). Ces caractères sont indiqués par Robin et Verdcil (1).

Pic. 8i. Urate d’ammoniaque. — Vues à un grossissement do 250 diamètres, ces masses cristalline s appa-

raissent sous forme d'aiguilles très-longues, extrêmement fines et délicates ; elles sont incolores, mais des que les groupes qu’elles forment atlcignent une certaine épaisseur, elles deviennent opaques.

b 1 1 (Robin et Verdeil, pl. XVIII, fig. i.)

Ptc. 82. - Urate de soude. - Globules, aiguilles, 1^— J ï^fig^c, 3.)

(1) Robin et Vordeil: Traité de chimie anatomique et physiologique normale et pathologique. Paris, 1853. t. II, p. ÆS5, avec atlas.

CRAVELLE. — SYMPTOMES.

Vuratc de soude , fréquent dans les dépôts urinaires, surtout à létal d’uratc neutre (pyrexies), est une poudre formée de granules spbéroïdaux ou ovoïdes, un peu colorés en brun a leur centre et piésentant quelquefois des prolongements comme des racines (fig. 82). I es autres urates sont peu importants.

Voxalate de chaux est fréquent dans les sédiments urinaires, même à l’état sain, après l’ingestion de certains ali- 4 ments végétaux ; il existe rarement en graviers, plus souvent dans les calculs. Il apparaît au microscope sous la forme de petits octaèdres à base carrée ressemblant à des enveloppes de lettres (fig. 83); ces cristaux s’altèrent dans l’urine, et prennent, d’après Thudichum (1), la forme représentée dans la figure 8ô. Il cristallise encore en losanges, d’après GoklingBird, Robin et Ycrdeil (fig. 85). Un aspect remarquable que prennent quelquefois ces

Fig. 83. — Oxalaio de chaux en forme d’enveloppes do leilres.

(Robin cl Vordeil.pl. VI, fig. 3.)

Fig. 84. — Cristaux alldrcs d'oxalatc de chaux. (Thudichum, Pa'hology of the urine, pl.V , fig. 5, p.35G.)

Fig. 85. — Cristaux d’oxalatc de chaux en losange. (Golding Bird.)

Fig. 8G. — Pcliic agglomcra-

lion do cristaux en sablier (oxalaio de chaux).

(liealc, pl. XXIV, fig. 12G)

FlG. 83. — llomi -octaèdres et lamelles superposées — Phosphate acide do chaux. (Robin cl Vcrdcil, pl .III, lig- 1.)

1) Thudichum, Treatise on the pathology of the Urine, pl. V, (Ig. 5.

cristaux a été signalé par Golding Bird, qui leur a donné le nom de cristaux en sablier ( dumb-bells ), lig. 86. J

Les phosphates se montrent sous forme d’un sédiment blanc et crayeux. ['Le phosphate de chaux est rare dans les sédiments urinaires (lig. 87); le “phosphate de magnésie s’y trouve à l’état de mélange; sous le microscope, il se présente en prismes brillants, obliques, à base rhomboïdale (fig. 88). ] Le phosphate ammo-

Fig. 88. — Prismes obliques de phosphate de magnésie.

(Robin et Yerdeil.)

Etc. 89. — Phosphate ammoniaco-magndsien. — Cristaux prismatiques communs, (Robin et Vcrdcil, pl. VII, fig. 1, 2.)

maco-magnésien est cristallin, et présente des prismes à quatre pans, terminés par des pyramides à quatre faces ou en aiguilles.

Fig. 90. — Phosphate ammoniaco-magndsien. — Cristallisation en feuilles de fougère.

(Robin et Verdeil, pl. VIII, fig. 2.)

[Berzelius et Rayer pensent que la cristallisation en feuilles de fougère (lig. 90) appartient surtout au phosphate ammoniaco -magnésien bibas ique.

La egstine étant insoluble dans l’eau se précipite rapidement lorsqu’il s’en trouve dans l’urine ; elle cristallise en paillettes ou lamelles minces hexagonales ou en prismes hexagonaux (lig.

Le carbonate de chaux, dans les sédiments urinaires, est presque toujours associé aux phosphates dont il a été question; quand il existe seul, on le trouve en petites sphères rayonnées, comme les oursins de mer (lig. 92).

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