GRAVELLE. — SYMPTÔMES
Fig. 91. — Pailleltcs, lamelles et prismes hexagonaux de cystinc. (Robin et Verdeil, pl. XXXIII.)
Les mêmes en agglomérons.
(«raviers. — Nous avons réservé ce nom pour les concrétions qui présentent un volume qui varie ordinairement entre celui d’une tête d’épingle et celui d’un pois, et qui parfois ayant une grosseur plus considérable, causent par cela seul les accidents alarmants de la colique néphrétique.
La forme des graviers varie beaucoup d’une manière générale ; ils sont ovalaires ou oblongs; c’est là, en effet, le cas le plus ordinaire. Mais on en a vu d’arrondis, d’autres qui avaient la forme d’une poire, qui étaient prismatiques, etc. Il arrive parfois, même lorsque les calculs ont la forme arrondie, qu’ils présentent à leur surface une ou plusieurs aspérités ; en pareil cas, on comprend facilement comment, en traversant l’uretère, ils déterminent Y hématurie et la colique néphrétique .
Le nombre de ces concrétions peut être très-considérable. En général, il est en rapport inverse de la grosseur des petits calculs \ mais cette règle souffre des exceptions.
Les autres caractères étant différents suivant les graviers, voyons ce qui distingue chaque espèce de gravelle.
Gravelle urique. — Les graviers d’acide urique, les plus communs de tous, sont d’un rouge jaunâtre; de là le nom de gravelle rouge; mais cette couleur n’est pas propre a l acide urique, elle est due à une matière colorante sur laquelle les chimistes ne sont pas parfaitement d’accord. En contact avec les alcalis, et surtout avec la potasse, ils se dissolvent facilement et promptement. L’acide nitrique les dissout avec effervescence, et si l’on évapore la solution jusqu’à siccité, il reste
Fig. 92. — Carbonate de clmux, formes se rentontrant quelquefois dans les urines alcalines d'hommes et d'enfants.
(Robin et Verdeil, pl. III, fig. 2.)
sur le vase line couche de couleur pourpre. Exposés à un feu vif, ils sont entièrement consumés, signe caractéristique très-important pour le praticien.
[Les tirâtes sont rares dans les graviers, surtout à l’état isolé; ils s’associent entre eux ou avec d’autres sels; les calculs d’urate d’ammoniaque sont très-friables, dégagent de l’ammoniaque quand on les chauffe avec la potasse, abandonnent de l’acide urique quand on les traite par l’acide nitrique. Ce dernier caractère est commun à tous les graviers d'urates, et sert à les distinguer. ]
(jiravciic phosphu tique. — Les graviers de phosphate ammoniaco -magnésien sont ceux que l’on rencontre ordinairement dans cette espèce. Lavés, ils se
pi ésentent avec une couleur blanche; mais, avant cette opération, ils sont gris, ce qui leur a valu le nom de gravelle grise. Ils verdissent le sirop de violette. Leur saveur est salée. Sur les charbons ardents, ils noircissent, en répandant une odeur ammoniacale. La potasse et la soude, triturées avec eux, en dégagent l’ammoniaque. lisse dissolvent dans les acides les plus faibles.
Les graviers de phosphate de chaux n’ont pas le même intérêt pour nous; ils sont très-rares, ainsi que les concrétions formées par les autres sels calciques. Ils sont blancs, d’où le nom de gravelle blanche qui leur est commun avec celle qui est formée de graviers de carbonate de chaux , etc.
(àravciic oxalique. — Les graviers formés d 'oxalate de chaux sont loin de pouvoir être rangés parmi les plus fréquents. Ils sont généralement d’un jaune brun, et ont été désignés sous le nom de gravelle jaune ; cependant on les trouve quelquefois de couleur brune ou noirâtre. En les brûlant à l’aide du chalumeau, on enlève l’acide oxalique, et il ne reste qu’une poudre blanche qui n’est autre chose que de la chaux pure.
[L’oxalate de chaux est presque toujours associé dans ces concrétions à l’oxalate d’ammoniaque et à des sels uriques. Ces graviers sont très-durs et très-lourds; leur surface extérieure rugueuse, mamelonnée, et leur cassure veinée de lignes claires sTir un fond brun. Les graviers d’oxalate de chaux pur sont très-petits et d’un jaune clair ou même blancs. Les concrétions d’oxalate sortent plus rarement que les autres, peut-être à cause de leurs aspérités; elles restent dans la vessie, et on les trouve plus souvent à l’état de pierres que sous celui de graviers (Leroy
d’Etioiles fils).
(*mvellc cystique. — C’est en 1805 que "Wollaston (1) découvrit un corps qu’il appela oxyde cystique , et auquel Berzclius (2) donna celui de cystine, ayant démontré que cette substance n’est point un oxyde. Selon Fabre (3), la cystine n’existe pas en dissolution dans l’urine; dès qu’elle se forme, elle se dépose en cristaux ou en graviers. Elle est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther; soluble dans l’ammoniaque et les acides minéraux; par la chaleur, elle dégage des produits ammoniacaux, et laisse un charbon léger. Elle brûle à l’air en répandant une odeur alliacée. Sa formule chimique serait C,2fll2Az208S4. Elle forme des calculs à elle seule (Wollaston, Civiale, Henry, Marcet), ou associée à d’autres substances : ces concrétions ont une surface hérissée, et ne présentent pas des couches concentriques, mais des cristaux réunis sans ordre. ]
H) Wollaston, De l'oxyde cystique , nouvelle espèce de calculs (Ann. de chimie , t. LXXVI, 1810, et P/iilosoph. Transact., 1 808).
(2) Berzclius, Traité de chimie, traduction française, t. VII , 1828.
(3) A. Fabre, De la cystine, thèse de Paris, 1859, n° 11.