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GRAVELLE. — LÉSIONS ANATOMIQUES

Gravelle pileuse. — On a trouvé quelquefois, comme nous l’avons vu, des poils au milieu des concrétions ; mais cette circonstance, très-remarquable sous d’autres points de vue, n’a pas un intérêt réel pour le praticien.

Il ne faut pas croire que les concrétions urinaires se présentent toujours de la même manière chez un même sujet. Il est des malades qui, dans tout le cours de leur affection, ne rendent que du sable avec leurs urines ; mais il en est beaucoup aussi qui rendent tantôt du sable, tantôt des graviers d’un petit volume, tantôt des graviers assez volumineux pour causer les symptômes de la colique néphrétique, et souvent il est très-difficile de découvrir la cause du changement qui a lieu, à des intervalles variables, dans la grosseur des calculs, changement d’où résulte une si grande différence dans les symptômes de la maladie.

Lorsque les concrétions sont assez nombreuses pour déterminer l’irritation des parties qui les renferment, lorsque la maladie dure depuis longtemps, et qu’il y a eu plusieurs accès de colique 'néphrétique, les reins finissent par s’enflammer d’une manière chronique, et de là les symptômes de la néphrite chronique: douleur, miction purulente, dépérissement. Ces symptômes persistent jusqu’à la mort, avec des exacerbations plus ou moins vives, toujours dues aux irritations vives causées par les concrétions, et il n’est pas rare, dans de semblables circonstances, de voir des calculs se former chez des sujets qui jusque-là n’avaient rendu que du sable ou des graviers.

§IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche de la gravelle est une des moins uniformes que nous connaissions. La variabilité du volume des concrétions en est la cause ; car suivant que celles-ci sont volumineuses ou non, le malade peut être en proie aux plus vives souffrances, ou paraître dans le meilleur état de santé. A cela il faut joindre les effets du traitement, et les variations du régime et des conditions hygiéniques, dont l’action sur la gravelle déjà existante est souvent très-marquée.

La durée de cette affection est illimitée. Lorsque le malade rend du sable déjà formé au moment de l’émission de l’urine, il est rare qu’on en triomphe; et lorsqu’il existe de véritables graviers, on voit la maladie se prolonger ordinairement jusqu’à la mort du sujet, qui peut être causée par la gravelle elle-même, lorsque les graviers sont abondants et assez volumineux pour irriter les parties et pour franchir difficilement l’uretère.

§ V. — Lésions anatomiques.

Lorsque l’affection consiste simplement dans un dépôt de sable, on trouve dans les diverses parties des conduits urinaires comme des incrustations formées par ces ' concrétions. Nous avons vu que chez les nouveau-nés le? tubuli sont dessinés sous i forme de pinceaux par la poussière d’acide urique qu’ils contiennent. On peut - également trouver dans les parois des cavités rénales quelques légères traces d’in- ; «animation ; mais en général ces dépôts pulvérulents n’occasionnent pas d’altération 'Sensible dans l’organe.

Des graviers se retrouvent en plus ou moins grande abondance dans les calices et le bassinet. On peut en rencontrer même dans la vessie. Les signes d'inflammation des reins sont alors bien plus prononcés, et lorsque les graviers sont volumi-

^aluüx, 5e édit.

IV — 3(i

5(j2 MALADIES DES VOIES GÉNITO-URINAIRES.

ncux, nombreux, couverts d’aspérités, ils ont ordinairement provoqué 1 inflammation chronique du bassinet, des calices et même de la substance des reins. De là le pus dans ces cavités, les abcès, etc. ; lésions que nous avons décrites à 1 occasion de la Pïélite et de la Néphrite chroniques. Guyot (l)a observé, en pareil cas,

la rétraction de la vessie. .

Si un gravier s’est arrêté dans l’uretère, et a suspendu le cours de 1 urine et du pus, on observe la dilatation, par les liquides, du bassinet et de la partie de l’uretère située au-dessus de l’obstacle. Nous allons retrouver ces lésions plus marquées encore en décrivant les véritables calculs rénaux. La ligure 93 peut

donner une idée de la disposition des graviers dans les voies urinaires, a leui origine.

§ VI- — Diagnostic, pronostic.

Le diagnostic de la gravelle telle que nous l’avons décrite, c’est-à-dire absti action laite des symptômes de la colique néphrétique, ne présente généralement aucune difficulté sérieuse, car la présence du sable ou des graviers dans les uriues est le phénomène pour lequel on est consulté.

Un malade, sans avoir préalablement rendu du sable ou des graviers, éprouve des douleurs sourdes et continues dans une région rénale ou dans les deux à la Mmur . f0js; peUt-on, en pareil cas, déterminer

, . . . oî res douleurs sont dues à la gravelle

Fig. 93. — Coupe médiane du rein. — Les trois poiult. Si ... . n %

noirs représentent le bassinet et un

médiane du rem. — ues uuu ~ .. .

t trois graviers dont deux sont dans ([yul |a production II est p3S actuellement dans l’uretère. (Mallet.) Ce diagnostic, qui ne pourrait

être porté que d’après des signes rationnels, est tout à fait impossible.

Uo a au contraire, rendu déjà du a, Me ou de» graviers; apres avo

été débarrassé des symptômes de cette affection, il lui survient ; d le non rreau de a douleur de la pesanteur dans la région rénale, mais on ne voit encoie daus l mine aucune concrétion. Dans ce cas, on peut supposer que de nouveaux graviers se Y '• ri ins Ips reins mais on ne saurait porter un diagnostic positif, cai rucoip'YuUes maladies, telles qu'une simple néphrite, on lumbago, une donleur nerveuse lombaire, peuvent produire des pltenomenes semblab .

, Wm de gravelle sera facilement diagnostiquée a 1 aide des caia.cu.res i n, ^ fbdknés pins haut; il ne faudrait pas se contenter de a couleur de ° -0 car elle peut être altérée par des substances étrangères. Pour le ti alternent

^ ’ octant de porter d'une manière assez exacte ce diagnostic; cependant ce

11 M écossai, e de se rappeler, c'est que la gravelle est tantn

Si et tantôt alcaline, car c'est d'après cette considération capitale quoi, oppose les principaux moyens de traitement.

(1) Guyot, Dr» calcule rénaux (llulletme Je la Société anatomie, Uob,.

CALCULS RÉNAUX. • — CAUSES.

§ VII. — Traitement.

Le traitement de la gravelle est le même que celui des calculs rénaux et de la colique néphrétique, à laquelle ces diverses concrétions donnent naissance. Les diurétiques doivent être plus particulièrement opposés à la simple gravelle, attendu que tout ce qui peut favoriser l'expulsion des graviers suffit maintes lois pour faire disparaître les accidents les plus redoutables, et que ces graviers, étant peu volumineux, sont plus ou moins facilement entraînés par le liquide urinaire.

Gouttes lithontvip tiques de Palmier i (1).

En voici la formule :

Soufre 30 gxam. | Eau de goudron 300 grairl.

On fait bouillir le soufre dans l’eau de goudron jusqu’à ce que la liqueur ait pris une belle couleur rouge-rubis; on décante et l’on conserve pour l'usage. On en prend dix gouttes par jour comme moyen préventif du retour des accès de douleurs néphrétiques dues à la gravelle et quinze à vingt gouttes comme moyen curatif.

ARTICLE iV.

CALCULS RÉNAUX.

iVous allons exposer ici ce qui appartient en propre aux calculs volumineux formés dans les reins, et passer ensuite au traitement mis en usage pour les dissoudre ainsi que les graviers dont nous venons de tracer l’iiistoire.

§ I. — Causes.

Les causes des calculs rénaux ne diffèrent pas de celles de la gravelle Leur bolume varie énormément : ainsi on en trouve qui/excèdent à peine la , 'grosseur d’un pois, et qui néanmoins n’ont pu être expulsés par l’uretère ou qui sont restés fixés dans le point où ils se sont formés ; d’autres, au contraire, remplissent tou!

le bassinet, et l’on en a vu qui, envoyant des prolongements rameux dans toutes les cavités rénales, ont ainsi envahi l’organe tout entier.

(Rarement, selon R. Leroy (d’Étiolles)^ fils, les plus grosses pierres rénales dépassent le volume d’une forte noix : la figure 9a représente une des plus grosses qu’il ait vues. Elle est longue de 64 millimètres, large de 30 centimètres et pèse, desséchée, 75 grammes. Garmann (2) en aurait trouvé une du volume d’un œuf de

poule. Le volume des concrétions n’est point en raison de l’àge des malades

(1) Journal des connaissances médico -chirurgicales , 15 juillet 1852 i

(2) Garmann, De mirac. rnortuor ., lib. III, p. H93.

t'iG . 94. — Calcul rénal.

(Leroy «l’Étiolles fils, fig. 29, p. H 3.)

MALADIES DüS VOIES GÉNITO-URINAIRES.

Ruyscli (1), Reichel (2), ont relaté des cas de pierres volumineuses dans des reins d’enfants. Les pierres trouvées dans l’uretère sont encore moins volumineuses : elles atteignent la grosseur d’une olive, celle d’un œuf de pigeon et sont, en général, allongées. On en rencontra de très-grosses dans les uretères du ministre Colbert, mort dans des douleurs néphrétiques.]

§ IL — Forme.

La [orme des calculs n’est pas moins variée ; cependant on les trouve ordinairement arrondis, présentant ou non des aspérités plus ou moins considérables, paisible des prolongements qui envahissent les diverses cavités rénales. Leur forme est quelquefois très-bizarre, aussi les a-t-on comparés souvent a divers animaux avec lesquels ils avaient une ressemblance grossière.

[Un calcul, pesant 288 grammes, trouvé dans le rein gauche du pape Innocent XI, d’après Dionis (3), ressemblait à un de ces chiens de forme fantastique qui servent de gargouilles à certains monuments gothiques. Celui que représente la figure précédente a de l’analogie avec une main. Souvent, ces calculs sontc-om/li formes , ainsi qu’on le voit dans la ligure 95, prise sur le même malade.

1?jg. 1)5 — Calcul rénal eorallifornie.

(Leroy d’Éliolles fils, fig. 30, H9.)

ri

l'IG. 1)0. — Concrétion trouvée par 11. Leroy fi'ËliolIcs, chez un homme mort île péritonite à la suite d’une taille hypogastrique.

(Leroy d’LCtioIlcs, fig. 28.)

(loulou (fi) a \u un de ces calculs gros comme un œuf de poule, dans le rein „auchc; Moutard-Martin (5) a retrouvé vingt cinq à trente calculs en brandies de corail dans un même rein presque complètement détruit. Ce dernier fait montre aussi que les pierres peuvent exister en grand nombre dans le rein. Royer (6) en a vu en forme de corne d’abondance.

La ligure 96 représente une petite concrétion en forme de champignon, engagée

(1) lluysclt, Ubs. clrir. ( mal ., obs. vlii, p. 53, l. 1. Amstelod., 1

(2) Reichel, De calculis renulibus. Lipsiæ.

(3) Dionis, Cours d’opérations de chirurgie , A'-cdil. , -1751.

(4) Couloii, Culculs dans les calices et les bassinets ( Bulletins de la Société anatomique , 1 S5(j, p. 8 fl).

(5) Moutard- Marti il, P '/élite culcu/euse ( Bulletin de la Société de médecine des hôpitaux, août 1864).

(ü) Royer, Calculs rénaux { bulletins de la Soc. anal., 1860).

CALCULS RÉNAUX.

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