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RÉTENTION DE I. URINE DANS LES CAVITÉS RÉNALES, OU HYDRONÉPHROSE

Des exemples de cette maladie ont été rapportés par des auteurs déjà anciens, et Rayer a rassemblé les principales observations connues dans la science, à son époque. [Nous en trouvons dans le Traité de Roberts et dans les Bulletins de la Société anatomique quelques autres qui feront, avec celles de Rayer, la base de notre description. ]

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

La î étention de 1 urine dans le rein, outre le nom d hydronéphrose, qui lui a de donné par Rayer, en a reçu d’autres, tels que ceux d 'hydropisie, tumeur séreuse du rem , distension hydrorénale. Il vaut mieux, nous croyons, conserver la dénomination de rétention de l'urine dans le rein , qui rapproche cette affection de la rétention d urine dans la vessie. Voici la définition donnée par Rayer : « Lorsque l’urine s’accumule lentement dans les reins à la suile d’un obstacle apporté à

(!) Sydenham, Opéra omnia, Genevæ, 1709, t. I, p. 132; Colica biliosa, ann. 1670, 1671, 1672.

(2) Sauvages, Nosologia methodica. Amsterdam, 1768.

(3) Strambio, Journal des progrès, t. I.

(4) Baraillon, Journal de médecine et de chirurgie pratiques, par A. Roux. Paris, 1767, t. XXVII, p. 430.

(5) Teale, Edinburgh med. andsurg. Jnurn., vol. XXXIII.

ltÉlENllÜN UE L IIKINE DANS LES CAVITÉS KÉNALES. — SYMPTÔMES. 589

son passage dans la vessie ou à son expulsion au dehors, soit par un corps étranger, soit par un vice de conformation, il arrive quelquefois que les calices et le bassinet se dilatent sans que leurs parois s’enflamment sensiblement. Ces collections i d’un liquide primitivement urineux, et plus tard d’apparence séreuse, dans le bassinet et les calices distendus et non enflammés, ont été désignées sous le nom ( d’bydropisie du rein, d 'hydrorenal distension. »

[Ce fait d’un liquide primitivement urineux et prenant plus tard l’apparence du liquide des hydropisies nous fait préférer, malgré l’opinion de Valleix, la dénomii nation d 'hydronéphrose, acceptée aussi par Roberts.

Il ne sera pas question ici de ce que Henninger (1) appelle hydronéphrose partielle, état étudié par Virchow, qui commence par les glomérules et aboutit à des k kystes du rein. Bien que le fait primitif ait pu être, là, une rétention du liquide u urinaire dans ses premières voies, nous avons cru devoir étudier l’affection kystique sséparément.] " J

§ II. — Causes.

On a constaté l’existence de cette maladie à tous les âyes. Bonet (2) avait déjà 1 ci té un cas observé chez un enfant nouveau-né, et Billard (3) a rapporté un cas "semblable, qui a été reproduit par Rayer.

[Sur 37 cas rassemblés par Roberts, il y avait U fois un vice de conformation (congénital des voies urinaires : dans 8 cas, l’hydronéphrose était double ; de ces l/i i cas, deux étaient des enfants mort-nés, le troisième mourut trente heures après 'sa naissance ; les autres moururent à l’âge de cinq à huit ans, excepté un malade >ide Hare (/»), qui atteignit trente -huit ans.

Dans les 27 autres cas, l’obstruction était due à des concrétions urinaires, 10 fois; a une constriction cicatricielle, de provenance inflammatoire, U fois ; à une tumeur du bassin, 6 fois; parmi ces tumeurs, on compte l’utérus gravide, circonstance étudiée spécialement par Stadfeldt (5). Dans le reste des cas, le mécanisme 'est reste inconnu. Il arrive qu’un rétrécissement congénital de l’uretère, qui ipermet d’abord l’écoulement plus ou moins facile de l’urine, se resserre davantage ipar la suite et détermine l’hydronéphrose à un âge avancé du sujet: Boogard (6) i.i îcconnu cette circonstance chez un jeune homme de vingt ans.]

Pour que la rétention de l’urine ait lieu, il faut qu’il y ait, soit un vice de conformation qui oblitère l’uretère, ce que l’on observe dans les cas où la maladie m>ui vient chez des nouveau-nés, soit un corps étranger qui obstrue ce conduit, soit inné tumeur qui comprime et oblitère une partie des voies urinaires.

Parmi les tumeurs qui, en obstruant une partie des conduits, occasionnent la 'rétention de urine, il n’en est pas qu’on observe plus fréquemment que le cancer.

§ III. — Symptômes.

Les symptômes sont assez obscurs.

[Les enfants vivent peu quand ils apportent une hydronéphrose congénitale:

(2) ^e£pt2tiT'ose' " '"Jd‘'opisic *• reim’ <le Sirasb»“'-S’ *«*•

(3) Billard, Traité des maladies des nouveau-nés.

(&) Harc, Medical Times and Gazette, 1858, t. 1, p. 234.

(5) Stadfeldt, Monatschrift für Geburtskunde, 1862

(6) g Boogard, Ardue f. d. Hollandische lieitrüye zur Natur-und-Hedkunde, Baud I,

MALADIES DES VOIES G ÉN ITO-U 1U N A l K ES.

lorsqu’elle est double, ils meurent vite., par la gêne que la double tumeur rénale apixii te à l’abaissement du diaphragme. Quand il s’agit d’adultes, le début est insidieux. Dans le cas d’Aubrée (1), une femme de soixante-sept ans qui n’avait jamais eu de colique néphrétique, éprouva des douleurs lombaires et épigastriques pendant six mois.]

Les malades ont ressenti, à une époque plus ou moins éloignée, des douleurs plus ou moins vives, surtout lorsque l’obstacle consiste dans un calcul engagé dans l’uretère, car alors ils ont été en proie à des accès de colique néphrétique. Dans le cas où une tumeur cancéreuse a produit l’oblitération des conduits urinaires, on a en outre pu observer les autres symptômes propres à cette maladie, comme l'affaiblissement, le dépérissement et le teint jaune-paille, etc. ; mais rien n’indique d’une manière positive qu'il se fait une accumulation de liquide dans le bassinet et les calices, si ce n’est l’apparition d’une tumeur fluctuante dans la région rénale.

Cette tumeur est molle, indolente, sans changement de couleur à la peau; <• son volume, dit Rayer, peut varier entre celui du poing et celui de l’utérus, tel qu’il est dans les derniers mois de la grossesse. » La tuméfaction est alors très-sensible dans la région lombaire, et quelque position qu’on fasse prendre au malade, elle ne disparaît pas complètement. La palpation fait reconnaître dans cette tumeur de grosses bosselures ; celte sensation a été comparée à celle que produit le gros intestin fortement distendu.

Dans une observation rapportée par Alb. Legrand (2), et qui avait pour sujet une femme de cinquante ans, la tumeur était surtout abdominale et aurait pu être prise pour la vessie distendue. Quand l’hydronéphrose complique la grossesse, le ventre forme une tumeur à deux compartiments, au point que l’on pourrait croire à une grossesse gémellaire (Henninger).]

La fluctuation qu’on y détermine est toujours profonde, à cause de la grande épaisseur des parties qui recouvrent le rein ; cependant, lorsque l’accumulation de liquide est très-considérable, on la fait naître assez facilement.

La percussion pourrait être pratiquée pour déterminer les dimensions de la tumeur, s’il n’était inutile de fatiguer le malade en lui faisant prendre les postures indiquées par quelques médecins.

Dans le cas où la rétention de l’urine et la tumeur séreuse qui en esL la suite ont pour siège un seul côté, l’état général ne présente rien de particulier, et les su- ' jets vaquent à leurs occupations, remplissent toutes leurs fonctions comme à 1 étal normal. On ne peut même trouver aucun signe dans la quantité de 1 urine , cai le rein sain suppléant le rein allecté, les malades rendent une urine non altérée, en même quantité qu’à l’état sain. Dans les cas où la maladie occupe les deux côtés, les symptômes sont au contraire très-graves à partir du moment où le cours de l’urine a été complètement arrêté; et comme cet état ne peut durer qu’un trespetit nombre de jours, les accidents acquièrent rapidement une grande intensité.

En pareil cas, outre les signes locaux précédemment indiqués, et qui se montrent des deux côtés, on observe: 1° la rétention complète de l'urine; si l’on introduit une sonde dans la vessie, on n’obtient pas une goutte de liquide.

(1) Aubrée, Hydronéphrose du rein droit avec oblitération de l'uretère pur un cuit et

(Bull, de la Soc. anal., 1857, p. 213). . . . , o.„,

(2) Alb. Legrand, Hydronépkrose , disparition de la Subst. tubul., etc. {Bull. Ut la t.

( mat., 1861, p. 255).

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