RÉTENTION DE L’URINE DANS LES CAVITÉS RÉNALES. — LÉSIONS ANAT
Dans quelques cas, après avoir couslaté d’abord celle vacuité absolue de la vessie, il arrive que le lendemain on la trouve pleine et même distendue : c’est un signe diagnostique presque certain d’hydronéphrose double.
2° Une agitation suivie d’affaissement (symptômes cérébraux) ; 3° un mouvement fébrile prononcé. Il y a quelque analogie entre la manière dont les malades succombent et la mort des sujets dont les reins sont envahis par un très-grand nombre d’acéphalocystes (1).
Quelquefois le rein distendu vient à s’enflammer; on observe alors les signes tic la py élite aiguë, avec accumulation du pus dans les cavités rénales (2).
§ IV. — Marche, durée, terminaison.
Dans les cas où l’affection n’occupe qu’un seul rein, la marche de la maladie est extrêmement lente. Dans ceux où la maladie occupe les deux côtés, il y a deux périodes bien distinctes. Lorsque l’obstruction est encore incomplète, au moins d’un côté, et que l’excrétion urinaire peut avoir lieu, les sujets ne présentent pas un état beaucoup plus grave que dans les cas où un seul côté est malade; mais du moment que l’obstruction devient complète des deux côtés, l’affection acquiert une intensité extrême.
La même distinction doit être faite relativement h la durée de cette maladie. On a vu des sujets qui ne la présentaient que d’un côté, vivre pendant de nombreuses années sans en éprouver de grandes incommodités. Chez ceux qui ont les deux reins affectés, la durée est moins longue; mais encore ici il faut mentionner les deux périodes très-différentes signalées à propos de la marche. La première a une longue durée (des années entières), la seconde se termine par la mort en quelques jours.
Il n’est pas rare d’observer des alternatives d’affaissement et de distension de la tumeur rénale; avec l’affaissement, coïncide une évacuation urinaire abondante. Sur 17 cas, Roberts a reconnu que cette particularité dans la marche de la maladie s’était présentée 7 fois..
Lorsqu’il n’y a encore que simple rétention d'urine dans le rien, la maladie se termine fréquemment par l’expulsion de l’obstacle qui empêchait le cours de l’urine, et par une guérison rapide. Lorsque l’obstacle est devenu permanent, et que le rein s’est converti en une poche renfermant un liquide séreux, l’affection devient également permanente, et persiste jusqu’à la mort, causée soit par une maladie intercurrente, soit par l’oblitération de l’uretère du côté opposé, auquel cas l’affection détermine la mort par elle-même. Thompson a vu la rupture de la poche causer une péritonite mortelle (3).
§ V. — Lésions anatomiques;
Le bassinet et les calices sont énormément distendus; la substance du rein est atrophiée et réduite à une lame mince. Le liquide, dit Rayer, qu’on trouve dans ces tumeurs, n’a jamais les qualités de l’uritie saine, même dans les cas où la
(1) Voy. page 499, art. Hydatide des reins.
(2) Voy page 540, art. Pyélite.
(3) Thompson, Pathol, üoeiety Transactions, vol. Xlll.
maladie résulte de l’oblitération des conduits urinaires, mais contient toujours de l’urée.
[Il est plus aqueux que l’urine normale;: les matériaux de sécrétion y ont quelquefois laissé des traces. Sa coloration est variable ; toujours, il est plus ou moins albumineux. Dickinson (1) et Dumreicher (2) ont trouvé, chacun une fois, le contenu du kyste à l’état de matière colloïde.
La quantité de ce liquide atteint des proportions élevées : on l’a vue de 20, 30 kilogrammes et, selon Glass (3), 112 kilogrammes.
Dans les 37 cas recueillis par Roberts, i’hydronéphrose était simple 26 fois et double 11 fois: le rein droit était plus souvent affecté que le gauche. D’après la statistique de Kœnig (à), le rein gauche était atteint 15 fois sur 2h cas d’hvdronéphrose simple.
Quant à la poche elle-même, c’est en général un kyste beaucoup plus volumineux que le rein normal, multiloculaire, à cloisons complètes ou incomplètes, ce qui explique les bosselures que présente la tumeur à la palpation pendant la vie. La membrane du kyste et celle des cloisons sont denses, fibreuses ou même fibrocartilagineuses ; primitivement, cet étal résulte simplement de la dilatation des calices et du bassinet ; mais plus tard, le tissu cellulaire du rein et le parenchyme atrophié contribuent à former les membranes.
Le rein du côté opposé est souvent hypertrophié. On trouve encore, dans le rein malade, des calculs, des corps étrangers, l’oblitération, le rétrécissement par coarctation de l’uretère ou par la présence des valvules congénitales ou accidentelles.]
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
« De semblables tumeurs ne peuvent être confondues, par leur forme, qu’avec celles qui résultent des kystes des reins , de l'accumulation du pus ou du sany dans le bassinet et les calices dilatés ; mais dans l’inflammation du bassinet, l’urine est toujours plus ou moins chargée de pus, à moins que toute communication ne soit interceptée entre le bassinet enflammé et la vessie, ce qui n’est pas le cas le plus ordinaire. D’ailleurs, dans la py élite, la tumeur est presque toujours douloureuse, et le plus souvent elle est indolente dans l’hydronéphrose. Dans les derniers temps de l’hydropisie des reins, l’urine muqueuse et légèrement filante rendue par le malade est bien distincte de l’urine purulente et sanguinolente de la pyélite chronique ; de sorte que, après un examen attentif, il sera toujours possible de distinguer ces deux espèces de tumeurs rénales (Rayer). »
Des erreurs de diagnostic assez graves ont cependant été commises au sujet de la maladie qui nous occupe. Dans trois cas cités par Rayer, et empruntés à différents auteurs, la tumeur rénale fut prise pour Y utérus développé , ou bien pour une hydropisie de l'ovaire , ou encore pour un spasme de l'intestin (Howison). Cette dernière maladie, même en admettant son existence, se trouve naturellement écartée par un signe bien simple: le son clair que doit rendre la tumeur intestinale, tandis que la tumeur rénale donne un sou mat à la percussion. Quant aux
(1) Dickinson, Pat hotog. Society Transactions, vol. \III, p. 137.
(2) Dumreicher, Wiener medic. Halle, 18(56, p. 189.
(8) 8. Glass, Philosophiml Transactions , 1767.
(à) Kœnig, Krankheilm der Nierai. Leipzig, 1826'.