CHAPITRE
MALADIES DES URETÈRES.
Les uretères ont fort peu d’affections qui leur soient propres, et la plupart des lésions qu’ils peuvent présenter ont été décrites en même temps que celles de certaines maladies des reins, telles que les calculs rénaux , les acéphalocystes , etc. Nous ne donnerons donc ici qu’une indication sommaire de ces affections.
1° L’ hémorrhagie des uretères ou uretérorrhagie, est fort rare. Dans les cas où l’on a pu la constater, ce n’est qu’après la mort qu’on en a reconnu le siège; pendant la vie, il est impossible de la distinguer de l’hémorrhagie rénale.
2° L 'inflammation des uretères résulte toujours, soit de l’extension de l’inflammation de la vessie ou du rein, soit de la présence d’un corps étranger.
3° Les calculs une fois engagés dans l’uretère présentent quelques particularités: lorsqu’ils acquièrent une certaine grosseur ou offrent des aspérités, ils donnent lieu à la colique néphrétique ; néanmoins il résulte de l’observation que ces accidents dépendent aussi du degré d’irritation que peut avoir déjà acquis l’uretère par suite de l’affection rénale. Il n’est pas rare de voir les calculs s’arrêter dans ce conduit , et même y prendre de l’accroissement; s’ils deviennent trop volumineux, ils empêchent le cours de l’urine, et de là Y hydronéphrose. On a vu toutefois des concrétions assez volumineuses ne pas interrompre l’excrétion urinaire, ce qui tenait à ce qu'elles étaient percées d’un canal central par où s’écoulait le liquide. Quelquefois plusieurs calculs étant accumulés dans un renflement de l’uretère , l’urine peut encore filtrer dans leurs interstices.
Le diagnostic des calculs fixés dans l’uretère est extrêmement difficile, lorsque la douleur néphrétique, parcourant ce conduit, ne vient pas éclairer l’observateur. Leur pronostic est toujours grave, par les raisons données à l’article Colique NÉPHRÉTIQUE. Quant à leur traitement , on se reportera aux articles Calculs rénaux, Gravelle et Colique néphrétique.
U° Nous avons vu, à l’article précédent, que l’uretère peut offrir un rétrécissement et même une oblitération dès la naissance. Plus tard on trouve ce conduit rétréci, lorsqu’un obstacle quelconque interrompt le cours de l’urine dans le rein. Les parois du canal sont, en effet, revenues sur elles-mêmes. Si l’obstacle est dans l’uretère lui-même, la partie au-dessous est rétrécie, tandis que la partie supérieur#
11ÉM0RRHA.GIE VÉSICALE.
peut présenter au plus haut point. l'altération contraire, c'est-à-dire la dilatation.
5° L’uretère peut être comprimé par des tumeurs extérieures, être envahi par les maladies des tissus adjacents, et en particulier par le cancer. Cette compression produit des rétrécissements plus ou moins étendus, dont les conséquences ont été indiquées.
6° La dilatation qui résulte des lésions déjà signalées tanL de fois esL quelquefois énorme. On a vu la portion de l’uretère située au-dessus d’un obstacle complet égaler en volume l’intestin grêle, et plus encore. En même temps que le conduit se dilate, ses parois s’épaississent et peuvent tripler et quintupler d’épaisseur.
, Quelles conséquences pratiques tirer de cette exposition rapide? Il faut reconnaître, avec Aug. Vidal, de Cassis (1), que malheureusement nos connaissances sur les maladies des conduits réno-vésicaux se réduisent presque à des notions d’anatomie pathologique; que, pendant la vie, on ignore presque toujours le siège de l’affection, et que, le connût-on, il n’y aurait à en tirer aucune indication particulière pour le traitement.