‹ Guide du médecin praticienChapitre 253 sur 305 · INCONTINENCE D’URINE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON · texte numérisé non relu

INCONTINENCE D’URINE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

V incontinence intermittente a lieu ordinairement pendant le sommeil ; queli quefois, néanmoins, on l’observe pendant la veille, mais alors elle est due soit aux •-secousses brusques dont nous avons parlé, soit à la compression de la vessie par oune tumeur quelconque. Les émotions, les secousses, qui, en général, ne seraient [pas suffisantes pour l’évacuation involontaire de l’urine dans un état de santé parffaite, le deviennent dès que le sphincter de la vessie commence à se paralyser. .'•Sous ce rapport, l’émission involontaire de l’urine devient un symptôme d’une grande importance; car, dans les cas de ce genre, on voit ordinairement l’inconttinence, d’abord intermittente, devenir ensuite permanente, la paralysie du - sphincter faisant sans cesse des progrès.

L’incontinence qui a lieu pendant le sommeil est celle qui se produit chez les enfants, et se continue pendant un temps plus ou moins long. Cette incommodité me présente aucun autre symptôme que l’émission involontaire elle-même, i Celte incontinence se continue souvent dans l’âge adulte des malades : il n’est pas trare d’en voir chez qui l’infirmité se traduit pendant le jour par des besoins subits i et impérieux d’uriner, revenant à intervalles plus ou moins éloignés.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche de la maladie est différente, suivant qu’on a affaire à l’incontinence d’urine permanente ou à l’incontinence intermittente dont nous avons signalé les dissemblances. La première arrive plus ou moins lentement à son plus haut degré, de telle sorte qu’au début elle peut être intermittente, le sphincter de la vessie ayant encore assez de résistance pour retenir l’urine jusqu’à ce qu’elle soit accumulée en certaine quantité, et les lésions qui s’opposent à la contractilité du corps de cet organe ne se produisant que lentement. Puis arrive le moment où l'urine : s’échappe goutte à goutte à mesure qu’elle est versée par les uretères; alors la i maladie est stationnaire. La seconde reste ordinairement ce qu’elle était au début, sauf quelques améliorations passagères, le sujet pouvant être un temps plus ou i moins long sans avoir d’évacuations involontaires.

La durée de l’incontinence permanente est souvent aussi longue que la vie des i malades. Celle de l’incontinence intermittente est très- variable; très-souvent, en effet, on ne l’observe que pendant une petite partie de la seconde enfance; et I parfois, ainsi que Mondière en a cité plusieurs exemples, elle se prolonge au delà de la puberté.

La terminaison de la première est due ordinairement aux progrès des maladies graves qui 1 ont occasionnée. Les malades succombent avec cette incommodité.

Dans la très-grande majorité des cas, l’incontinence intermittente se termine par la guérison, à moins qu’elle ne soit le début d’une incontinence permanente, c’est-à-dire qu’elle ne soit occasionnée par la paralysie du sphincter ou par une altération oiganique de la vessie. On a rapporté quelques faits dans lesquels cette infil mite n a eu d autie teimc que celui de la vie, et c’est ce qui a donné lieu à celte opinion assez générale, que si l’incontinence se prolonge au delà de la puberté elle est ordinairement incurable. Mais cette manière de voir n’est pas fondée sur les faits, et en ayant recours à un bon traitement, il est permis de compter sur une terminaison heureuse.

Valleix, 5e édit.

§ V. — Lésions anatomiques.

Dans l’incontinence permanente on a trouvé des lésions de la moelle épinière, du cerveau, de la vessie, qui ont expliqué la paralysie du sphincter, ou bien le défaut de contractilité et I’inextension permanente de l’organe, suivant les cas. Dans les cas d’incontinence intermittente due à des convulsions, à la grossesse, etc. , l’explication se trouve dans la perturbation du système nerveux, dans la compression de la vessie, etc. L’incontinence intermittente proprement dite ne présente aucune lésion, ce qui a fait imaginer l’existence d’une atonie générale ou partielle.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

Le diagnostic n’offre un certain intérêt qu’au début de l’incontinence permanente. Ainsi lorsqu’on voit les malades rendre involontairement leurs urines à des intervalles variables, on peut se demander s’il s’agit d’une paralysie simple et partielle de la vessie, ou d’une paralysie développée sous l’influence soit d’une lésion grave des centres nerveux, soit d’une maladie organique. La gravité de la maladie est très-différente suivant les différents cas. Quant à l’incontinence intermittente proprement dite, elle ne présente aucune difficulté sous ce rapport.

De toutes les espèces d’incontinence d’urine, celle qui est produite par une lésion organique de la vessie est la plus fâcheuse.

§ VII. — Traitement.

Le traitement de l’incontinence d’urine complète ou permanente n’exige quelques moyens curatifs qu’à son début et lorsque la permanence ne s’est pas encore établie; mais ces moyens ont bien peu de chances de succès, èt, quoi qu’on fasse, on voit ordinairement la maladie faire des progrès et arriver au point où le liquide, ne pouvant plus s’accumuler dans son réservoir, s’écoule goutte à goutte. Cependant on ne doit pas complètement désespérer. D’après Boyer, le traitement de l’incontinence d’urine incomplète (c’est-à-dire de celle qui n’a pas encore atteint son plus haut point d’intensité) est toujours subordonné à la cause qui la produit ; lorsqu’elle dépend de l’atonie du sphincter et du col de la vessie, on lui oppose les remèdes propres à réveiller l’action de ces parties. A l extérieur ,les bains de siège par immersion dans l’eau froide , les applications froides , spin tueuses, balsamiques, aromatiques sur le périnée ; les lavements avec la décoction de, quinquina et le camphre ; les vésicatoires volants à la région du sacrum, a l’épigastre. A 7 intérieur, le quinquina et tous les autres remèdes propres à fortifier les organes relâchés. On a quelquefois employé la teinture de cantharides à la dose de dix, quinze , vingt gouttes administrées dans Veau pure ou dans la décoction de graine de lin deux fois par jour.

Quand l’incontinence d’urine incomplète reconnaît pour cause l’exaltation de la sensibilité et de la contractilité de la vessie, on doit employer les bains, les lavements émollients et anodins, les boissons mucilagineuses, V opium, un régime doux.

Si l’excès de l’irritabilité de la vessie est le produit de quelque vice acrimonieux, rhumatismal, par exemple, on emploie des moyens propres à le combattre : les boissons mucilagineuses et diàphor étiques, comme l 'infusion légère de bourrache et de

Page 1