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INCONTINENCE D’URINE. — TRAITEMENT. G

f/mine de lin , les bains tièdes, les frictions sèches, les vêtements de flanelle, un régime doux, le repos. Si ces moyens ne suffisent pas, on appliquera un vésicatoire à la région du pubis, ou bien aux jambes ou aux bras; on en maintiendra la suppuration pendant plusieurs mois, et s’il a produit de bons effets, on le remplacera par un cautère.

Dans l’incontinence d’urine produite par un corps étranger contenu dans la vessie, par une affection organique de ce viscère ou dos parties environnantes, les secours de l’art doivent être dirigés contre l’affection dont le flux involontaire de l’urine est l’effet.

La noix vomique, dont il n’est pas fait mention dans ce traitement, est cependant le moyen auquel on doit les cas de guérison les plus remarquables et les moins contestables, par exemple, celui qu’ont rapporté Trousseau et Pidoux (l), et dans lequel il s’agit d’une incontinence d’urine fort grave, survenue à la suite d’une chute d’un lieu élevé, qui avait produit une paraplégie et la paralysie de toutes les parties contenues dans le bassin.

On peut recourir aussi à V électricité, dont nous parlerons en détail à propos de la rétention d'urine. Boyer, du reste, et d’autres avec lui, ne se dissimulent pas le peu d’efficacité habituel de ce traitement.

Incontinence d’urine intermittente proprement dite. — Soil traitement a surtout été l’objet du mémoire de Mondière : les thèses de Gagey (2) et de Nardin (3) ont aussi été faites presque uniquement à ce point de vue, lequel est à coup sûr le plus important dans cette maladie.

Moyens v^oraux. — On proscrira tous les moyens qui consistent à effrayer fortement les enfants, à leur faire faire des actes qui les dégoûtent profondément et qui peuvent avoir sur eux les effets les plus funestes.

Quant aux moyens qui consistent à faire honte aux enfants, surtout devant leurs camarades, à leur infliger les punitions qu’on inflige à cet âge, ils n’oni pas les mêmes inconvénients, et sont mis ordinairement en usage avant qu’on ait recours au médecin. Cette seule réflexion prouve combien ils ont peu d’efficacité dans la plupart des cas. Ces moyens seront plus efficaces chez les sujets qui ont passé l’âge de la puberté; mais, en somme, ils sont le plus souvent insuffisants. Réveiller plus ou moins fréquemment l’enfant pour le faire uriner, et tâcher par ce moyen de lui faire prendre l’habitude de se réveiller lui-même, c’est donc, à peu près, tout ce qu’il est permis de tenter.

[Ce moyen est excellent : il est incontestable que l’incurie des parents est souvent la cause de la prolongation, chez leurs enfants, de l’habitude de pisser au lit, laquelle peut avoir été d’abord morbide, mais qui devient ensuite une habitude comme une autre.

L’incontinence nocturne, souvent soigneusement cachée par les malades et par leur famille, se trouve quelquefois fâcheusement révélée, par le mariage, à une personne qui ne la soupçonnait pas et qui a grand intérêt à la faire cesser. Sous l’influence de ce sentiment, le conjoint sain réveille l’autre et parvient à le guérir.

(1) Pidoux, Traité de thérapeutique et. de matière médicale, 7e édition. Paris, 1862, 1. 1 p. 836.

(2) Gagey, De t’ incontinence nocturne de l'urine, thèse de Paris, 1860, n° 125.

(3) Nardin, Essai sur T électrothérapie dans l’incontinence nocturne de V urine, thèse de Paris, 1864, n° 113.

Nous connaissons deux cas de ce genre relatifs l’un à un homme, l’autre à une femme; dans le premier des deux, on ne saurait dire que le mariage ait agi par lui-même, en supposant que cette idée puisse venir à l’esprit à propos du second.] 1° Médication interne. — Belladone. — Morand (1) a eu 1 idée de tiaitei 1 incontinence d’urine nocturne chez les enfants par la belladone , et il a cité des faits très- concluants en faveur de ce médicament.

Après lui, Bretonneau,- îllache et Trousseau (2) ont mis en usage le même moyen avec succès, en vue d’agir sur l’irritabilité de la vessie.

Voici comment la belladone a été administrée par Trousseau chez une jeune fdle

10 centigr. | Extrait de belladone 5 centigr.

de cinq ans :

If Poudre de belladone .

F . a. s. dix pilules.

La première semaine, une de ces pilules chaque soir.

La deuxième semaine, deux pilules chaque soir.

La troisième semaine, une seule pilule.

Après la guérison, reprendre de loin en loin le traitement pendant une semaine. Gagey adopte la théorie étiologique de Trousseau et cite des observations en faveur

de la médication belladonée.

Suivant Morand (3), la jusquiame noire et le datura stramonium , administrés aux mêmes doses et de la même manière que la belladone, produisent des effets

analogues. , , , .

Toniques — Les auteurs qui ont eu en vue l’atome générale ou partielle ont

été naturellement portés à employer la médication tonique. G uersant recommande le vin la décoction de gentiane jaune , celle de quinquina , lorsque 1 incontinence ne paraît lias rebelle, c’est-à-dire dans le cas où l’on doit penser que la maladie tend spontanément à la guérison. Mondière n’a trouvé nulle part un seul cas de guérison par l’emploi seul des amers et des toniques.

Une alimentation fortifiante , composée principalement de viandes noires et grillées, est prescrite en même temps que l’usage des toniques; mais elle n a pas

de plus grands avantages. „ ,

Ferruqineux. — Guersant recommande d’associer au quinquina 1 oxyde noir

de fer à la dose de h à 8 grammes par jour; Meissner associe la limaille de fer aux cantharides dont nous avons parlé tout à l’heure; le sous-carbonate de fer a été donné dans un cas avec succès par Imbert (A), et Mondière a obtenu le meme résultat chez un chlorotique, en associant ce dernier médicament a d auties toniques dans la formule suivante

qf Quinquina rouge concassé Gentiane jaune coupée.

8 gram.

12 gram.

Camomille romaine 15 gram.

Sous-carbonate de fer 45 gram.

UeiHlUIlC IctUllO t/UUjim. ij I . . n

F-,iiPs macérer à froid pendant quarante-huit heures, dans un litre de bon vin blanc. Dose .

faut mettre un linge sur l’ouverture de la bouteille, pour verser

le liquide dans le verre.

(1) Morand, Mémoires et otor»*» StSÏÏE

d’urine [Bulletin général de thérapeutique, 1845, p. 72, et Joui n.

n0wÏÏLlTet Trousseau, Union médicale, U octobre 1848, et Clim*e médicale de VH6tel- Dieu, 1865, t. II, p. 559. j; oo ,a/i0

d’urine, thèse. Paris, 1834,

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