INCONTINENCE D’URINE. — TRAITEMENT
On a employé aussi Y acide benzoïque. De Fcaenc (1) a guéri une jeune fille en Hui faisant prendre des pilules finies avec 8 grammes de cet acide pour 40 pilules,
;,à la dose de quatre, matin et soir. C’est un moyen qui mérite d etre de nouveau
CX On T conseillé l’usage de Veau de chaux. Debout (2) conseille le mastic en I larmes employé par les anciens et tombé, à tort, en désuétude :
Mastic en larmes 32 gram. | Sirop de sucre. a- *•
Pour Ci bols ou 128 pilules. A prendre le tout en cinq ou six jours.
2° Médication externe. — Presque toujours on n’y a eu recours que pour venin
< en aide aux moyens internes déjà indiqués.
Application de l'eau froide , bains froids. - Underwood (3) voulait qu a un ré aime excitant et à un exercice convenable , on joignit des fomentations faites avec de l’eau froide et pratiquées sur le périnée et les parties voisines. Cet auteur n’accorde toutefôis qu’une confiance très-limitée à ce moyen. , .
Les bains froids ont été plus particulièrement conseillés, et l’on a cite des laits qui déposent en leur faveur. D’après Constant (4), Baudelocque et Guersant ont obtenu des succès en employant des bains à 18 ou 20 degrés : mais les bains froid. s par immersion, rois en usage par Dupuytren, sont ceux dont les effets ont eu e plus de retentissement. Une baignoire étant convenablement remplie deau a n température extérieure, on y plongeait le malade, puis on le retirait, pour \ replonger encore, et ainsi de suite, pendant deux ou -trois minutes; ensuite on l’essuyait avec soin, on l’habillait chaudement, et on lui faisait prendre de exercice. ChampouiUon conseille les bains froids et même glacés qui ont l’avantage de pouvoir guérir l’incontinence réelle et de décourager les fausses.
Les bains de mer par immersion ont nécessairement les mûmes avantages, et de plus ils ont l’action sur la peau des substances contenues dans l’eau de mer.
Mondière fait, au sujet des bains froids, et surtout des bains par immersion, des réflexions qui tendent à diminuer beaucoup la valeur de ces agents thérapeutiques. Il est certain que les preuves de leur efficacité ne sont ni péremptoires ni nombreuses. Quant aux accidents que l’immersion dans 1 eau froide pourrait causer,.
nous pensons que Mondière se les exagère.
Bains aromatiques. •— Les bains aromatiques employés par Lallemand doivent, dit Mondière, mériter la préférence sur les bains froids, puisque les accidents qui peuvent souvent être produits par ceux-ci uc sont point a craindre pai 1 emploi des premiers, et qu’au rapport du professeur de Montpellier, aucun cas d incontinence d'urine n’aurait résisté à leur action. Toutefois les résultats du ü alternent de Lallemand sont moins prompts que ceux qu’obtenait Dupuytren par sa méthode, puisque ce n’est guère qu’après huit ou dix bains que l’on commence a obseivei un changement notable, et que quinze, dix-huit ou même trente sont quelquefois nécessaires pour obtenir une cure complète. Yoici la manière de préparer les bains
aromatiques :
(11 DeFraene, Journal de médecine de Bruxelles, 1845.
(2) Debout, Mastic en larmes contre F incontinence d'urine ( Bulletin de thérapeutique ,
1859, t. LVtî, p. 24). ' ,, . „ „70
(3) Underwood, Traité des maladies des enfants , trad. d Eusebe de Salles, p. U 3.
(ti) Constant, Bulletin général de thérapeutique, t. 1836.
On jette de 1 eau bouillante sur quatre ou cinq poignées de plantes labiées, dites espèces aromatiques ; on couvre exactement. On laisse refroidir jusqu’à température agréable. On ajoute un verre d'eau-de-vie , en mettant l’enfant dans le bain; on le couvre et on l’y laisse tant qu'il s’y trouve bien. En le retirant, on le frotte avec de la flanelle, et on l’habille chaudement.
Après cinq ou six bains, on doit augmenter la quantité des plantes aromatiques et de l’eau-de-vie. Si les premiers produisent trop d’excitation, il faut mettre deux ou trois jours d’interruption entre chacun.
Ventouses sèches. — Canin (1) a cité deux cas de guérison d incontinence d urine par 1 application de plusieurs ventouses sèches au périnée. L’action de ce moyen paraît tout à fait douteuse.
Vésicatoires , moxas. — Le vésicatoire a une double action: c’est d’abord un excitant puissant, et ensuite un moyen indirect qui ne consiste pas en autre chose qu’en l’influence des cantharides absorbées, sur le col de la vessie. C’est à l’hypogastre qu’on l’applique principalement ; si l’on veut multiplier les emplâtres, on en met d’autres sur le périnée et le sacrum. Les vésicatoires ne devront être employés que dans le cas où l’on aurait vu échouer d’autres moyens plus prompts, plus sûrs et non douloureux, la noix vomique en particulier.
Quant au moxa, il doit être proscrit C’est, en effet, un moyen douloureux et d’une action très-douteuse.
Electricité. — 'Webster et Mauduyt (2) ont guéri, dit Mondière, des incontinences d’urine en tirant dés étincelles le long du raphé et de la symphyse du pubis. Mais cet auteur fait remarquer aussi que Guersanl a toujours employé l’électricité sans succès.
[Il en serait autrement des résultats de l’électricité appliquée suivant une autre méthode, celle qu’expose Nardin et qu’il a vue réussir entre les mains de Mallez et de Tripier. La raison de l’emploi de cet agent est, bien entendu, l’atonie du sphincter et de la vessie. On place dans la vessie une sonde n° 1 2 de la filière Charrière, munie à son centre d’un conducteur en communication avec une petite plaque de cuivre fixée dans les parois de la sonde à 2 centimètres de son extrémité vésicale. L’extrémité libre est mise en rapport avec le pôle positif et la cuisse du malade avec le pôle négatif d’une pile de Benoist et Marié-Davy, à six éléments. Cette pratique n’est point douloureuse et réussirait assez promptement, d’après les observations rapportées par Nardin. ]
Sonde. — La sonde agit directement sur le col de la vessie. Goulard l’avait déjà proposée ; mais c’est Samuel Lair (3) qui a le plus insisté sur son efficacité. Ce médecin a cité trois cas dans lesquels cette pratique a été suivie de succès ; mais dans ces cas, la sonde fut enduite de teinture de cantharides , el par conséquent, la médication fut complexe. Les faits rapportés par Baudelocque et Mondière sont, au contraire, très-simples. Ces médecins se sont contentés, en effet, d’introduire une sonde, et d’exercer, par de petits mouvements de va-et-vient et de circum-
(1) Canin, Incontinence d’urine guérie par l’ application de ventouses sèches au périnée ( Archives générales de médecine, 1826, t. XII, p. 618).
(2) Webster et Mauduyt, voy. Bonnefoy, De l’ application de l’électricité à l’art de guérir. Lyon, 1782.
(3) Samuel Lair, Académie de médecine, 2 ü août 1826.