INCONTINENCE D’URINE. — TRAITEMENT
duction, des frictions légères sur la région prostatique de l’urèthre et sur le col de la vessie. L’emploi de ce moyen a été suivi de succès; mais on voit, dans le cas observé par Mondière, que l’action de la sonde n’est pas très-prompte, et n’empêche pas des récidives plus ou moins nombreuses. Si l’on veut employer le procédé de Lair, il faut faire en sorte de n’agir que sur la région prostatique et sur le col de la vessie ; chez la femme, au contraire, il faut irriter tout le canal.
[Nélaton se borne à introduire la sônde cinq ou six fois, à deux ou trois jours d’intervalle (Nardin). ]
Instruments pour intercepter le cours de V urine. — Chez les vieillards du sexe masculin qui ont une incontinence d’urine permanente ou complète, les instruments de ce genre ne doivent pas être appliqués; on se borne à leur faire porter un urinai de gomme élastique, où l’urine s’écoule goutte à goutte. Chez les femmes, «on peut, dit Boyer, intercepter le passage de l’urine, en comprimant l’urèthre contre la symphyse des pubis au moyen d’un bouton mollet de gomme élastique appliqué sur la partie antérieure de la paroi inférieure du vagin. Ce bouton est placé à l’extrémité d’une tige élastique courbée, assujettie supérieurement au milieu d’une plaque fixée d’une manière invariable sur le pubis, parle moyen d’une ceinture. »
En pareil cas, ces moyens mécaniques ne peuvent être que palliatifs.
Mais on en a mis d’autres en usage dans l’incontinence d’urine intermittente ou nocturne, et dans un but curatif. C’est ainsi qu’on a imaginé la compression de l’urèthre par divers procédés, et entre autres par l’application du bandage à crémaillère , ou constricteur de la verge. Mais aujourd’hui on a renoncé généralement à ces moyens qui sont gênants, douloureux, et peuvent être dangereux. Si toutefois, par un motif quelconque, on se trouvait porté h y avoir recours, on ne devrait exercer la compression de l’urèthre que directement sous les pubis.
[Ou bien, et mieux encore, on aurait recours au compresseur de la prostate , de Trousseau, dont nous donnerons la description et la figure à l’article Pertes SÉMINALES INVOLONTAIRES. ]
Chambers (1) a réussi à arrêter une incontinence d’urine en cautérisant avec le nitrate cl argent le méat urinaire chez une jeune fille de seize ans traitée infructueusement par les cantharides, le chlorure de fer et les douches froides vers les organes génitaux. Demeaux (2), après avoir vainement mis en usage contre une incontinence d’urine intermittente, un grand nombre de moyens, chez deux malades âgés de vingt ans, eut l’idée de cautériser le col de la vessie au moyen du porte- caustique de Lallemand (fig. 120) : chez un malade, il fallut recourir deux fois à la cautérisation ; chez l’autre, une seule application suffit : cette infirmité a disparu complètement. On a vu plus haut que beaucoup d’autres moyens efficaces auraient pu être employés avant d’en venir il celte cautérisation douloureuse dont le praticien doit néanmoins connaître les effets pour les cas extrêmes.
L’emploi de la noix vomique et de la belladone doit avoir principalement la confiance du praticien.
L’urine, en séjournant sur la peau des cuisses et du périnée, produit une irritation fâcheuse. Pour combattre et empêcher cette irritation , Maurat (3) a eu recours avec succès au mélange suivant:
Magnésie calcinée ) . , . I Eau tiède q s.
Sesquioxyde de fer . . . j aa Par ' e^d es‘ |
Faites une pâte.
Enduisez les parties en contact avec l’urine. Saupoudrez les parties déclives où la pâte ne tiendrait pas, avec de la dextrine sur laquelle vous l’étalerez ensuite.
Résumé. — 1° Moyens moraux. — 2° Médication interne: Belladone ; toniques, ferrugineux; cantharides, noix vomique ; moyens divers. • — Médication externe: Application de l’eau froide, bains froids, bains de mer; bains aromatiques; vésicatoires, électricité; sonde, instruments pour arrêter le cours de l’urine; cautérisation du canal, cautérisation du col de la vessie.
ARTICLE VI