DYSENTERIE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON
, oui signalé celte coïncidence, qui a été remarquable dans l’épidémie décrite par , eu\, et ils ont été même jusqu a regarder la cause de la dysenterie et celle déjà l fièvre intermittente comme identiques. [Artigues (,!)., lùnpis (2), Gestin (3), Lebozec (A) , Delioux de Savignac (5), ont admis cette forme de dysenterie, avec i quelques variantes dans leurs opinions ; les uns ne voyant qu’une affection intermittente cholériforme, les autres la considérant comme une espèce particulière. Trousseau (6) admet une forme intermittente légère qu’on observe dans les localités où existent des fièvres palustres.
B. Les complications de la forme chronique ne s’observent guère que dans les pays chauds ; cependant il en est quelques-unes qu’on rencontre dans nos climats.
Les maladies aiguës du foie sont exceptionnelles, nous n’en dirons pas autant de la cirrhose, qui, quoique rare, paraît exclusive à la forme chronique.
Les cachexies dysentériques ci paludéennes peuvent se compliquer ! une 1 autre et s’aggravent naturellement. La paludéenne paraît primer 1 autre.
La complication scorbutique est plus fréquente dans cette forme, que dans la forme aiguë. Nous en dirons autant du choléra auquel le scorbut prédisposé.
Du côté des organes respiratoires, on observe souvent la bronchite chronique et la tuberculisation pulmonaire. Dans cette forme la métastase peut se manifeste! sur la poitrine par des douleurs pleurétiques, par des pleurodynies.
Les complications rhumatoïdes sont assez communes et nous en avons obsene aux articulations du genou, aux articulations de l’épaule. La fluxion articulaire est le plus souvent passagère.; quelquefois elle est permanente, protonde, et donne lieu à des épanchements assez considérables.
Delioux de Savignac a cité Y ascite, Y hypertrophie de la rate, quand il y a eu complication paludéenne ; Y anémie et la péritonite .]
Indiquons comme complications de la dysenterie les maladies des divers organes abdominaux; les hernorrhoïdes, les angines, etc. Tout porte à croire qu il ny a dans les cas de ce genre que de simples coïncidences.
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
La marche de la dysenterie non fébrile, aussi bien que de la dysenterie fébrile, est ordinairement très-rapide et continue. En quelques heures ou en très-peu de jours, l’affection est portée au plus haut degré. On a observé quelquefois des rechutes évidentes, soit qu’un mauvais régime les eût provoquées, soit que, dans une épidémie, il survînt une recrudescence au moment où le malade croyait toucher à la guérison. On a noté assez fréquemment de véritables récidives, car la dysenterie n’est pas une de ces affections qu’on n’éprouve qu’une seule fois dans la vie. Certains sujets y sont particulièrement exposés et en sont fréquemment atteints.
(1) Artigues, Rulletin rte P Académie deméd., t. VIII, p. 589.
(2) Empis, A rchives de méd., novembre 4 861.
(3) Gestin, Épidémie de dysenterie dans le canton de Vont aveu (Finistère) ( Archives yen. deméd., 5e série, l. XII).
(4) Lebozec, Relation de la campagne de l’Alger dans ta mer Noire en 1855. Thèse de Montpellier, 1858.
(5) Delioux de Savignac, ouvrage cité, p. 453.
(6) Trousseau, Clinique de V Hôtel-Dieu, t. III, p. 163.
MALADIES DES A OIES DIGESTIVES
La duree est très-variable : elle est surtout très-inlluencée par le traitement. La dysenterie non fébrile , convenablement traitée, peut en effet se dissiper très-bien en deux, trois ou quatre jours. La dysenterie fébrile , au contraire, a une durée d’un septénaire au moins, il n’est pas rare de la voir se prolonger davantage, surtout en temps d’épidémie.
La terminaison de la dysenterie non fébrile est constamment favorable, à moins de circonstances tout exceptionnelles. La dysenterie fébrile sporadique guérit facilement dans la plupart des cas ; mais les choses se passent bien différemment dans la dysenterie épidémique. D’après les ‘relevés des auteurs, et d’Ozanam en particulier, la dysenterie serait peut-être, de toutes les affections épidémiques, celle qui se termine le plus fréquemment par la mort.
Dans l’épidémie observée par Cornue] (1), la mortalité a été de H, H sur J 00.
Cette terminaison fatale peut avoir lieu en très-peu de temps; c’est ainsi qu’on a vu des sujets succomber en moins de deux ou trois jours. Quelquefois, au contraire, la maladie tend «à passer à l’état chronique, et présente quelques caractères qui seront exposés un peu plus loin.
[Suites de la dysenterie. — Parmi les altérations ou les troubles fonctionnels sur lesquels il faut que l’attention soit fixée, nous citerons surtout l 'anémie et la paraplégie.
L'anemie des gens atteints de dysenterie à longue durée est pour ainsi dire proverbiale, et nulle part on ne rencontre chez l’homme une pâleur cachectique plus marquée que dans la convalescence ou les suites de la dysenterie. Non-seulement la lace est pâle, mais la maigreur est excessive, squelettique, et la face a pris une expression d’insensibilité et d’immobilité vraiment effrayante ; les rides se creusent profondément, le faciès senilis se montre ; en même temps il se produit assez souvent de l’œdème aux extrémités ; il y a un bruit de souflle au cœur et dans les vaisseaux, des palpitations, une faiblesse telie, que les malades tombent parfois en syncope, des névralgies, etc. , tous les symptômes de l’anémie. Souvent il y a une laim dévorante, et c’est là un danger sérieux ; aussi les convalescents doivent-ils être soumis à une surveillance sévère.
La paraplégie a été observée un assez grand nombre de fois chez les dysentériques. Cette paraplégie affecte souvent la sensibilité seule. On trouve également une diminution de la sensibilité aux membres supérieurs, au tronc, à la face. Mais il est des cas ou la paralysie affecte à la fois la sensibilité et le mouvement dans les membres inférieurs ; le malade, lorsqu’on le lève pour la première fois, tombe, et 1 on attribue a la seule faiblesse l’impossibilité où il est de se tenir debout sur ses jambes ; mais c’est bien là en réalité une véritable paralysie. Le plus souvent la paraplégie n est pas complète, et elle peut se dissiper au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois. On a vu ces paraplégies persister indéfiniment. ]
§ V. — Lésions anatomiques.
Pour Hippocrate, il n’était pas douteux que cette affection ne fût occasionnée
(1) Cornucl, Mémoire sur la dysenterie observée à la Basse-Terre ( Mém. de T Académie de médecine. Paris, 1842, t VIII, p, 101).
mSENTEIllE. — LÉSIONS ANATOMIQUES. 'l J
par des ulcères intestinaux. Cette croyance a été partagée jusqu’à l’époque où Sydenham a avancé que, clans un certain nombre de cas, il n’existait aucune ulcération Thomas, revenant à la manière de voir des anciens, fit des ulcères du gros intestin le caractère essentiel de la dysenterie, et Gély, Masselot et Follet ont repris cette importante question.
Suivant tous ces auteurs, ce ne serait pas au début même de la dysentei ic qu’existeraient les ulcérations, mais seulement quelques jours après. Or, que trouve-t-on avant l’apparition des ulcères? Rien que l’épaississement, le boursouflement, le ramollissement plus ou moins profond des parois de 1 intestin, cest-adire les signes d’une inflammation violente. On n y a oit pas, comme dans la fiène typhoïde et la phthisie , des altérations toutes spéciales qui annoncent la nature primitivement ulcéreuse de la lésion. C’est là une première raison qui nous porte à croire que les ulcérations dysentériques ne sont pas dues a aulie chose qu à une inflammation très-violente. Thomas, il est vrai, dit les avoir vues constamment commencer par l’orifice des follicules ; mais Gély a constaté maintes fois que l’ouverture béante des follicules gonflés pouvait en imposer pour une ulcération réelle. D’un autre côté, Masselot et Follet attribuent l’ulcération à deux causes principales : d’abord au ramollissement du corps muqueux, et en second lieu à la g angrène.
De quelque manière que se forment ces ulcérations, elles se piésentcnt sous d< s aspects très-variés, et que Gély a très-bien décrits. Tantôt ce sont de \asies destructions de la muqueuse envahissant plus ou moins profondément les tissus sous-jacents, mettant parfois à nu la membrane musculaire, et parfois aussi pénétrant, comme Thomas en a cité des exemples, jusqu’à la membrane péritonéale. D’autres fois, on voit une multitude de petites ulcérations, ou plutôt de petits orifices ulcérés dans la membrane muqueuse, au-dessous de laquelle le tissu cellulaire est entré en suppuration. D’autres fols, il existe des eschares gangreneuses, détachées dans certains points, adhérentes dans d’autres ; et quelquefois ces lésions sont portées au point que toute l’étendue du gros intestin semble complètement détruite à sa face interne.
Ces ulcérations existent-elles dans la dysenterie non fébrile ou sporadique, ou dysenterie bénigne de quelques auteurs? C’est ce qui ne paraît nullement probable, d’après la rapidité extrême de la guérison, et c’est une nouvelle objection à ce qu on admette l’ulcère comme le caractère essentiel de la dysenterie.
Bien rarement on a vu ces ulcérations détruire toute l’épaisseur de 1 intestin, et donner lieu à une perforation. On en a cité des exemples, et alors il est survenu une péritonite suraiguë qui a promptement enlevé les malades.
Une autre lésion qu’il est très-important de constater, c’est l’existence d une production pseudo-membraneuse qui vient recouvrir les ulcérations, et qui peut en imposer pour la membrane muqueuse elle-même. Cette production, très-fréquente, explique la présence des débris pseudo-membraneux dans les selles. Nous verrons plus loin à quoi Masselot et Follet l’ont attribuée.
Viennent ensuite des bosselures formées et par l’épaississement des tuniques et par la contraction des fibres musculaires, bosselures signalées par tous les auteurs; puis le gonflement notable des follicules, puis les divers degrés de coloration qui appartiennent à l’inflammation, à ses diverses époques, depuis le rouge vif jusqu’au
bleu ardoisé: C’est ordinairement le rouge sombre qjue l’on trouve, et Masselol et Follet en ont conclu que les lésions n’étaient pa9 dues à une véritable iullamma>tion. Cette conclusion ne paraîtra guère légitime, si l’on se rappelle que, dans les inflammations les plus franches, c’est celle coloration' que l’on retrouve le plus souvent après la mort.
Dans l’intérieur de l'intestin, on a trouvé du mucus sanguinolent en plus ou moins grande abondance ; quelquefois du sang pur qu’on a vu sourdre des parties ulcérées; quelquefois mu détritus brunâtre, verdâtre, évidemment gangréneux; d’autres fois des matières purulentes. Telles sont les lésions trouvées' dans le principal organe affecté.
Suivant Masselol et follet, la lésion, portant df abord sur l’épiderme intestinal, produit principalement cette altération qu’on a désignée sous le nom de fausses membranes. Puis, survient le ramollissement du tissu muqueux et du tissu sousmuqueux, d’où résultent: les- ulcérations plus ou moins vastes dont nous avons parlé. Enfin, le ramollissement, faisant des- progrès, peut aller jusqu'à produire une véritable perforation.
Masselol et Follet pensent que c’est par erreur qu’on a admis que la membrane muqueuse peut se détacher, et ils croient qu’on a pris pour la muqueuse une simple pseudo-membrane ; mais Cambay (1) a pu plusieurs fois constater, chez des sujets affectés de la dysenterie, la séparation d’une portion de la muqueuse qui se détachait comme une fausse membrane. La dissection à laquelle s’est livré Cambay a été plusieurs fois faite avec l’assistance de médecins compétents ; on ne peut plu avoir de doute à ce sujet.
Les altérations trouvées dans les autres organes n’ont pas une grande importance. Quelques lésions inflammatoires dans l’estomac et l’intestin grêle; le ramollissement du foie, des reins, de la rate, les ecchymoses signalées principalement par Masselot et Follet, et occupant la plupart des organes; la rétraction de la vessie, la distension de la vésicule du fiel par une bile noire, poisseuse et grumeleuse, telles sont: celles qui méritent d’être mentionnées. Elles paraîtront bien plutôt l’effet que la cause réelle de la maladie. Cependant Masselot et Folletv se fondant sur ces diverses lésions et sur une analyse du sang des dysentériques, qui a montré, d’une part une diminution notable de la fibrine et des globules, et de l’autre unegrande augmentation de la partie séreuse, ont voulu faire de cette affection une maladie primitivement générale, consistant principalement dans une altération du sang. Mais les expériences sont insuffisantes. Il aurait fallu, em effet, rechercher si le sang était déjà altéré lors de l’apparition des premiers symptômes, et d’un autre côté, dans un très-grand nombre de cas, la dysenterie, à son début, paraît tellement bornée à l’intestin, si bien localisée, qu’on a peine à concevoir une altération du sang. . Dans les épidémies, il y a quelque chose qui nous échappe, une cause inconnue; mais il n’est nullement démontré que cette cause se trouve dans une altération primitive des liquides.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
La dysenterie est une affection qu’il est généralement très-facile de diagnostiquer. Parmi les maladies (pie l’on pourrait confondre avec elle, on a cité d’abord
(1) Gambay, /oc. ci/.
DYSENTERIE. — TRAITEMENT. Ho-
I s hèmorrhoïdes internes. Dans cette maladie il y a des épreintcs, des déjections sanguinolentes : un certain degré dfinflamination de la partie inférieure du rectum peut rendre ces- symptômes assez intenses ; mais, dans un cas douteux, le toucher rectal lèverait tous les doutes; il n’y a. donc pas lieu à s’arrêter plus longtemps silice diagnostic.
Il y aurait difficulté à distinguer , au début, la dysenterie non fébrile, de la simple entérite. Plus tard, la présence de mucosités sanguinolentes, les douleurs dans le trajet du côlon, le ténesme, suffisent pour faire cesser les incertitudes.
Le choléra-morbus diffère à tel point de la dysenterie, qu’il n’est pas nécessaire d’établir un diagnostic à ce sujet.
Quant aux diverses coliques qui s’accompagnent de dévoiement, comme la colique de cuivre , la colique de plomb , dont il sera question aux chapitres consacrés aux empoisonnements, nous renvoyons après leur description l’exposition «le leur diagnostic..
Pronostic. — Dans les épidémies, la dysenterie était une maladie excessivement grave ; l’affaiblissement et le ralentissement du pouls, l’abattement complet des forces, des déjections ou un ténesme continuels, annoncent une mort prochaine.
§ VII. — Traitement.
Le traitement * de la dysenterie est presque aussi riche et aussi varié que celui du choléra-morbus épidémique ; mais nous devons nous borner a passer en revue les médications le plus généralement employées.
Émissions sanguines. — Dans ces dernières années, ou l’on ne se proposait que d’attaquer vigoureusement l’inflammation, lès saignées générales et locales ont été presque exclusivement vantées ; mais déjà*, longtemps auparavant, un bon nombre d’auteurs avaient regardé ce moyen comme très-efficace. On peut citer en particulier Stoll, Sydenham, Lind, P. Frank, qui veulent que, dans toute dysenterie violente, on commence le traitement par ouvrir la veine. Hullin, dans une épidémie qu’il a observée à Mortagne (1), a agi selon cette méthode.
Les sangsues , soit sur l’abdomen, soit à l’anus, n’ont pas été moins préconisées-; peut-être même l’ont-elles été davantage. Lorsque l’on juge convenable de les employer, on doit, suivant Thomas, les appliquer en grand nombre : vingt, trente et plus, à plusieurs reprises. Quelle est la valeur réelle de ce moyen thérapeutique ? (l’est ce qu’il est très-difficile de dire, et cependant la plupart des médecins des siècles passés n’ont pas hésité à le vanter outre mesure ou à le proscrire complètement. Constatons seulement que presque aucun médecin ne s’est borné à leur emploi et ne leur a attribué entièrement la guérison des malades.
[Cornue], Dutroulau, Delioux de Saviguac, ont combattu cette thérapeutique; tout au plus ils consentent à quelques émissions sanguines locales.
Émollients. — Ou maintiendra sur le ventre des cataplasmes émollients, qu’on pourra rendre calmants en les arrosant de laudanum, 20 à 30 gouttes, ou bien on aura recours aux fomentations émollientes, aux embrocations avec l’huile lauda-
(1) Hullin, De la dysenterie épidémique de Mortagne ( Bulletin de l’Académie de médecine, Piiris, 1850, t. XV, p. 923).
nisée camphrée, l’huile térébenthinée ; on prescrira des bains entiers ou des demibains dans l’eau de guimauve, l’eau de son, la décoction de feuilles de morcllc, de belladone (60 gr.). Segond et Delioux ont retiré de bons effets du bain de siège très-chaud additionné d’un litre de bon vinaigre. ]
Narcotiques. — Les narcotiques ont été encore plus généralement employés ((ue les émissions sanguines. V opium, en particulier, a été mis en usage dès les temps les plus reculés. On voit, en effet, qu’Alcxandre de Traites s’élève déjà contre l’usage intempestif qu’on en faisait à son époque (1). Ramazzini lui attribue la guérison d’un grand nombre de malades dans l 'épidémie de Modène, en 1693. Il n’est guère d’auteur qui n’ait également recommandé ce médicament; mais presque tous ne l’ont fait qu’avec de certaines restrictions. Alexandre de Tralles attribuait à l’opium des effets fâcheux lorsqu’il était administré sans discernement Hoffmann, Zimmermann, et beaucoup d’autres, ont émis la même opinion. Sydenham, au contraire, Vogler, Schmidtmann, regardent ce médicament comme éminemment utile dans tous les cas. Quant à Jos. Frank, il pense que, dans la dysenterie légère, il suffit seul pour triompher de la maladie; mais que, dans la dysenterie grave, il faut l’associer à d’autres substances.
Dans les cas où l’on a attribué de fâcheux effets à l’opium, les accidents ne devaient être rapportés qu’à une gravité excessive de la maladie, contre laquelle les autres médications auraient également échoué.
[L’opium doit être administré surtout comme adjuvant et calmant : « 11 facilite, dit Delioux (2), la tolérance et l’action thérapeutique des médicaments employés soit pour produire l’astringence, soit pour déterminer des évacuations. » Comme médication exclusive, l’opium serait nuisible, et c’est un médicament qu’emploient avec beaucoup de modération les médecins de marine les plus distingués, parmi lesquels nous citerons Dutroulau (3), Delioux de Savignac, etc. Toutefois on emploie les opiacés avantageusement à l’extérieur, le laudanum sur des cataplasmes, etc.]
On administre Y opium en même temps par la bouche et par l’intestin. Guéretin (ù) l’a administré à la dose de 3 à 5 grammes, de deux heures en deux heures, et quelquefois à une dose plus élevée, et c’est le moyen dont il [a eu le plus à se féliciter.
Girault (5) prescrit également l’opium à haute dose; il en donne 5 centigrammes d’extrait à la fois, répétés de cinq heures en cinq heures, jour cl nuit, jusqu’à cessation des accidents, sans s’inquiéter du léger narcotisme qui peut survenir.
Mais c’est surtout en lavements que l’opium doit être administré.
Un petit lavement d’eau de guimauve ou de graine de lin, avec addition de :
Laudanum 15 à 20 gouttes. | Amidon - gram.
doit être donné deux et trois fois par jour, et plus souvent même si le cas est trèsgrave.
(1) Alexandre de Tralles, De arfe medica, t. VII : De artis medicœ princip , édit. A. Haller.
(2) Delioux de Savignac, ouvr. cité, p. 376.
(3) Dutroulau, Mat. des Européens dans tes payschauds. 1861 , p. à 5 à .
(A) Guéretin, Mémoire sur la dysenterie épidémique de Maine-et-Loire en 1834 (Archives yén. de médecine , 2e série, t. VII).
(5) Girault, Union médicale, 15 novembre 1851.
DYSENTERIE. — TRAITEMENT
Masselot et Follet croient avoir constaté que, lorsqu’il y avait un ralentissement notable du pouls, un collapsus évident, l’opium n’avait pas d’aussi bons résultats que d’autres substances et que le nitrate d’argent en particulier, ce qui n’est pas parfaitement démontré.
Parmi les autres narcotiques, citons la belladone, la jusquiame, le datura stramonium, donnés à une dose élevée, c’est-à-dire à la dose de 3 à 5 grammes, toutes les deux ou trois heures. Ces substances agissent dans le même sens que l’opium, mais leur efficacité est moins bien prouvée, [à part toutefois celle de la belladone, que Dclioux considère comme analgésique et cicatrisante].
Forget, de Strasbourg (1), rapporte que, dans le cours d’une épidémie qui a régné dans cette ville, seize malades traités par les antiphlogistiques et les narcotiques ont guéri, tandis que par les autres méthodes on a eu une grande mortalité.
Marbot (2) a eu occasion d’employer V aconit napel sur une grande échelle, dans une épidémie qui éclata à bord du Crocodile , dix jours après avoir quitté la rade de Zanzibar. Sur trois cents cas, dont plusieurs étaient très-graves, il n’v eut pas un seul cas de mort. L’aconit était administré sous forme d’extrait, à la dose de 5 à 10 centigrammes. Délayez l’aconit dans de l’eau pure de fontaine, et donnez la solution par cuillerée à bouche à des intervalles de une, deux ou trois heures, mais de manière que la fraction du médicament administré reste toujours la même. L’aconit ne produit pas la guérison complète, mais sous son influence les garderobes changent de nature et la fièvre tombe. Alors on administre Yipécacuan/m , puis les lavements amylacés et anodins, qui terminent la guérison.
Cette médication est complexe, et il faudrait de nouvelles observations pour savoir quelle est la valeur de chacun des moyens qui la composent.
Purgatifs. — Ce sont des idées théoriques qui ont engagé à mettre en usage les purgatifs. Tantôt c’est pour débarrasser l’intestin des saburres , de la bile âcre qu’on y supposait accumulées, tantôt pour faciliter simplement les évacuations alvines, etc.
Purgatifs salins. — Déjà mis en usage par les auteurs du siècle dernier, et en particulier par Zimmermann, ils ont été principalement préconisés, dans ces derniers temps, par Bretonneau et ses élèves. Le sulfate de soude ou le sulfate de magnésie sont les sels particulièrement employés. Berggren conseille le mélange suivant :
If Sulfate de soude . .
Miel
Dose : une cuillerée à bouche trois fois par jour.
aa parties égales.
Bretonneau donnait tantôt le sidfate de soude et tantôt le sulfate de magnésie, à la dose de 8 à 16 grammes dans une potion, et autant en lavements dans 180 à '2ô0 grammes de liquide. Cheyne administre la crème de tartre à doses élevées ; il en donne, en effet, 15 grammes tous les quarts d’heure. Enfin Meyer (3) s’est servi dû nitrate de sov.de à la dose suivante :
(1) Forget, Bulletin gén. de thérap., 30 janvier 1869, et Principes de thérapeutique gén et spéciale. Paris, 1860, p. 635.
(2) Marbot, Bulletin général de thérapeutique, 15 août 1869.
(3) Meyer, Hufeland’s Journal, 1827.
M AJ. VIMES DES VOIES DIGESTIVES
Nitrate de soude. . .
Eau commune
de 15à 30 gram.
. . . . 250 gram.
Gomme adragant .
A prendre par cuillerée à bouche, dans la journée.
50 centigrum.
Ou peut encore, comme le conseille Thomas, donner simplement I eau de Sed litz à la dose d’une demi-bouteille par jour, et d’un verre chez les enfants. 'Quel que soit le sel que l’on mette en usage, l’effet est évidemment toujours le même; mais quel est cet effet ? Comment ces purgatifs peuvent-ils réussir dans une affection dont le dévoiement est un des principaux symptômes? Les explications n’oni pas manqué, mais, il faut le dire, elles sont très-peu satisfaisantes. Contentonsnous de noter les succès qu’un si grand nombre d’auteurs affirment avoir obtenus, tout en remarquant «pie leur opinion n’est pas fondée sur des preuves irréfragables. Suivant quelques-uns, les purgatifs seraient principalement utiles dans certaines formes de la dysenterie, et surtout dans la dysenterie dite bilieuse. Mais les réflexions Faites plus haut à l’occasion de ces prétendues formes de la maladie nous dispensent de rechercher la valeur de cette opinion.
Parmi les autres puryatifs, nous trouverons d’abord la rhubarbe. 11 n’est pas de médicaments dont on ait plus abusé dans le traitement de la dysenterie. On en trouve la preuve dans une dissertation de Jacob (1), qui s’élève fortement contre cet abus. Stoll, Richter, et, dans ces derniers temps, Gall, ont recommandé ce médicament. Ce dernier l’associait à d’autres substances ainsi qu’il suit :
-if Teinture de gentiane A5 gram. Teinture de cannelle 15 grain.
— de rhubarbe 15 gram. Teinture anodine 10 gouttes.
Dose : une cuillerée à café toutes les heures.
[Toutefois elle ne convient bien qu’après les autres purgatifs.]
L'huile de ricin a été prescrite par un bon nombre de praticiens, et en particulier par Fraser (2), Clark (3), [Dclioux de Savignac ('i). Ce dernier administre volontiers l’huile de ricin à la dose de 10 à 15 grammes dans du bouillon. Le tamarin, la casse, la manne, sont aussi quelquefois avantageusement employés. Aux Antilles, Dutroulau (5) faisait boire pendant huit jours 30 grammes de manne dans f>00 grammes de petit-lait, un domi-verre toutes les heures. Il fallait qu’il fût toléré les trois premiers] jours.
Les préparations mercurielles , et principalement le calomel, ont une grande réputation, surtout parmi les médecins anglais. Dans une épidémie de dysenterie, Amiel dit avoir eu beaucoup à se louer du traitement suivant :
Dès le début, prendre 2 grammes de calomel en une seule prise, matin et soir. Continuer ainsi pendant cinq ou six jours. Annesley associe le calomel à l’opium.
Le calomel a été administré à fortes doses selon la méthode d’ Annesley, ou d Amiel, ou bien à doses minimes selon la méthode de La w. Ces deux méthodes
(T) Erfürth, 1800.
(2) Fraser, Medical Observations and inquiries, vol. II.
(3) Clark, Observations on the Diseases wbich prenait in long Voyages to bot Climates, particularly in t/iose to the East hulies. 2e «édit. London, 1792.
(A) Delioux de Savignac, ouvrage cité, p. 263.
(5) Dutroulau, ouvr. cité, p. A 5 6. — Fonssagrives, Sur le rôle du calomel dans la médecine anglaise (Bull, de Ihérap., 15 déc. 1861).
DYSENTERIE. — TRAITEMENT
mc soûl pas toujours applicables et présentent des inconvénients. Le calomel parait indiqué à Delioux quand les -selles persistent à être mncoso-sanguinolenles ; il convient moins quand la sérosité prédomine; il ne convient pas quand les seUes sont bilieuses. Pëcholier (i) 'le donne quand il trouve un éréthisme suuguin ou nerveux sur le tube intestinal; il le -considère comme purgatif antiphlogistique. Delioux de Savignao a retiré de bons effets des pilules suivantes :
If Calomel 50 centigcam. I Opium • 5 cautigram.
Rhubarbe 2 gram. |
F. s. a. quinze pilules; à doses éloignées ou rapprochées selon les cas.]
D’aulres ont administré la coloquinte , 1 ejalap, etc. ; en un mot, les diverses espèces de purgatifs, sans qu’on puisse attribuer à quelqu’un ffieux une efficacité
particulière.
Vomitifs. — Les vomitifs, et surtout Vipécacuanha, tiennent une grande place dans la thérapeutique de la dysenterie.
[ L’ipécacuanha est le vomitif par excellence; il est particulièrement indiquédans les formes bilieuses, modifie, les garderobas et stimule les intestins ; en un mot, il est antidysentérique et expectorant (2). On le donne à la dose de 1 à 3 grammes, en quatre prises, à prendre de cinq en cinq minutes, jusqu’à ce que le malade vomisse ; on s’arrête dès qu’il y a eu vomissement.
Mais ‘la méthode dite brésilienne est la plus heureuse. On prend 5 à 8 grammes de poudre d’ipéca, que l’on verse dans 250 grammes d’eau bouillante ; on fait infuser pendant dix à douze heures ; on décante, on sucre, on édulcore, et l’on fait boire à coups rapprochés, ou en un seul coup. Des vomissements surviennent.— Le marc est conservé, traité et administré de la même manière, le lendemain matin ; il n’y a que des nausées. — Le marc est encore conservé et traité de la même manière; cette fois il n’y a plus ni nausées ni vomissements, mais les selles sont modifiées. En général, une seule série d’infusion suffit; quelquefois il en faut deux ou trois.
Delioux de Savignae préfère les décoctions aux infusions, et il emploie la formule suivante :
ïf Poudre d’ipéca ti gram.
Faites bouillir cinq minutes dans
Eau 300 gram.
Filtrez, ajoutez à la 'liqueur :
Sirop d’opium 30 gram. | Hydrolat Üe cannelle 30 gram.
A prendre par cuillerée d’heure en heure : ralentir en cas de nausées ou de vomissement
Dans les cas graves, cette potion est bue en un jour.; dans les cas moyens, en deux jours. Les matières fécales sont promptement modifiées, et souvent même le premier jour.
(1) Pécholier, Des indicat. de l'emploi du calomel dans le traitement, de la dysenterie (. Montpellier médical , févr., mars, mai 1865).
(2) Delioux de Savignae, Mémoire sur l’ipéca { Gazette médicale de Paris , 1852). — Trousseau, Clinique méd ., t. III, p. 170.
Trousseau (l) résume ainsi sa pratique clans la dysenterie épidémique sporadique : Au début, ipécacuanha à closes vomitives, 3 grammes en quatre paquets, à dix minutes d’intervalle. Le lendemain, un sel neutre à la dose de 15, 20, 25 grammes, que l’on répète jusqu a ce que les selles soient devenues diarrhéiques. Concurremment avec ces moyens, il prescrit des lavements avec le nitrate d’argent, à la dose, de 5 à 75 centigrammes pour 125 grammes d’eau, ou avec le sulfate de zinc, à la close de 5 centigrammes à un gramme.]
C’est l’ipécacuanha qui formait la base du remède secret d'Helvétius. Des médecins préfèrent le tartre stibié ; on peut citer parmi eux Pringle (2), qui vante particulièrement l’emploi du vomitif antimonié. D’un autre côté, Rœclerer cl AVagler, Clark, etc., s’élèvent fortement contre ce vomitif.
Segond (3) a beaucoup vanté les pilules anglaises , qui contiennent de Yipécacuanha, du calomel et de Y opium.
[ïf Ipéca pulvérisé AO centigram. I Extrait aqueux d’opium... 5 ceutigram.
Calomel à la vapeur. . 20 centigram. | Sirop de nerprun q. s.
Pour six pilules.
• Ces pilules ont été avantageusement employées dans la deuxième forme et dans la période chronique.]
Astringents. — h' acétate de plomb a été le plus souvent administré. Fr. Hoffmann le faisait entrer clans un mélange qui était regardé comme assez efficace pour qu’on lui donnât le nom de poudre dysentérique.
If Safran de Mars astringent (per-
oxyde de fer) 30 gram.
Corne de cerf calcinée 15 gram.
Racine de bistorte 8 gram.
Mêlez. Faites une poudre. Dose: ier,25.
Racine du tormen tille 8 gram.
Cinnamomum lgr,25
Acétate de plomb 28r,50
D’autres praticiens ont mis en usage l’acétate cle plomb. Mittchel (&) l’associe à l’opium, et donne ces deux substances à la dose de 5 à 10 centigrammes chacune, toutes les deux ou trois heures. Levrat-Perroton (5) a imité cette pratique.
François Barthez (6) et Trousseau (7) ont mis en usage le sous-acétate de plomb en lavements à la close de 5 à 6 grammes, fractionnée en trois ou quatre lavements de 500 grammes. Les premiers lavements ne sont guère conservés pendant quelques minutes; mais la tolérance s’établit à mesure que l’administration continue, au point que les derniers sont conservés pendant vingt-quatre heures. Ils n’ont pas observé d’accidents toxiques.
La ratankia est ensuite, parmi les astringents, la substance la plus fréquemment recommandée. Une décoction édulcorée avec le sirop cle coings pour tisane; un la-
(1) Trousseau, Clinique de V Hôtel-Dieu, t. III, p. 170.
(2) Pringle, Maladies des armées. Paris, 1793, p. 230.
(3) Segond, Documents relatifs à la méthode élect. employée contre la dysenterie. Paris.
(4) Mittchel, The North American med. and. chu . Juurn. Philadelphia, 1820.
(5) Perroton, Journal de méd. et de chir.prat.
(6) François Barthez, Séances de la Société médicale des hôpitaux de Paris , et Union médicale, 14 janvier 1851.
(7) Trousseau, Clinique médicale de l’Hôtel-Dieu. Paris, 1865, t. III, p. 170.
DYSENTERIE. — TRAITEMENT
i emcnt d’eau d’orge, avec addition de 8 à 10 grammes d’extrait, telle est la maîiiière dont on doit employer ce médicament, auquel les Anglais ont fréquemment recours dans les pays chauds. La monesia peut être prescrite de la même manière. Divers autres médicaments, ayant à peu près la même action , comme le sulfate lie cuivre , le sulfate de zinc , l 'eau de chaux , etc., ont été également mis en usage.
Toniques. — On a eu recours encore aux toniques et aux amers. Parmi les •ubstances de ce genre, il en est quelques-unes qui ont surtout eu la réputation l’être d’excellents antidysentériques. Nous citerons, entre autres, X écorce de imarouba , vantée principalement par de Jussieu, et après lui par Sarcone et \ Frank; le quinquina , le lichen d'Islande , que l’on a donnés quelquefois eeuls, mais plus souvent unis à d’autres substances, et en particulier à l’opium et iiux astringents. On a également fait un assez grand usage des ferruyineux [du ' lercldorurc de fer surtout, mais sans avantage marqué.]
JSitratc d’argent. — Le nitrate d’argent, que, d’après Masselot et Follet, doerhaave avait employé le premier, était bien rarement mis en usage, lorsque, i.lans ces dernières années, Boudin et surtout Trousseau lui ont accordé une grande importance dans le traitement de la dysenterie. Masselot et Follet (1), qui nnt examiné les résultats thérapeutiques des divers médicaments qu’ils ont employés, regardent le nitrate d’argent comme très-efficace, surtout lorsque les forces ont très-abattues. Le nitrate d’argent est dissous simplement dans l’eau à la dose uiivante :
2£ Nitrate d’argent de 0e%10 à 1 et2 6r. | Eau q. s. pour un lavement.
Cette derniere dose ne doit être donnée qu’avec précaution. Chez les enfants très-jeunes, un se bornerait à une solution de 5 centigrammes, et l’on augmenterait ensuite la dose suivant •âge.
[Trousseau (2) prescrit les lavements cathérétiques et caustiques avec le nitrate I aigent, le sulfate de cuivre ou le sulfate de zinc. La dose est de 5 à 10 centir ranimes de nitrate d’argent pour 125 grammes d’eau chez un enfant ; de 20 à 5 centigrammes pour 200 grammes d’eau chez un adulte. Les sulfates de cuivre t de zinc se donnent à la dose de 5 centigrammes pour un enfant, de 1 gramme (nu les adultes. Ces lavements sont réitérés deux ou trois fois dans les vingt - "uatre heures. Us doivent être conservés autant que possible; pour cela, il faut noii soin, avant de les administrer, d’en donner un d’eau pure qui sera rejeté, et e pousser lentement l’injection du second.]
J. Delioux de Savignac (3) associe l’albumine au nitrate d’argent, et ajoute à la •blution du chlorure de sodium en quantité égale à celle du nitrate d’argent. « Par "A moyen» 10 ,e malade bénéficie des propriétés thérapeutiques de l’albuiinne et du nitrate d’argent ; 2° il n’y a pas de coliques vives; 3° on peut em-
loyer des seringues de métal sans craindre quelles décomposent la solution ■ gentique. »
(1) Masselot et Follet, toc. cit.
Trousseau, Clinique médicale de l' Hôtel-Dieu. Paris, 1865, t. III, p. 170.
(o) Bulletin général de thérapeutique, 15 juin' 1851.
Vallf.ix, 5e édit.
IV — h
Blanc d’œuf n° 1.
On dissout dans :
Eau distillée 250 gram.
On filtre à travers un Ijnge. On prend d’un autre côté :
Oxalate d’argent cristallisé 10, 20, 30 centigram.
Chlorure de sodium 10, 20, 30 centigram.
On fait dissoudre séparément les deux sels dans une très-petite quantité d’eau distillée. On verse dans la solution albumineuse la solution d’azotate d’argent, puis on ajoute la solution de chlorure de sodium, et l’on agite vivement avec une baguette de verre. Pour un quart de lavement.
On ne peut encore se prononcer d’une manière définitive sur l’efficacité réelle de ce médicament, parce qu’une analyse rigoureuse et exacte d un assez grand
nombre de faits n’a pas encore été présentée.
Iode. — D’après Eimer (1), les lavements iodés posséderaient une efficacité non moins grande que le nitrate d’argent. <■ Dans les cas récents, ils peuvent, dit-il, arrêter d’un seul coup la marche de la maladie ; mais, dans tous les cas, ils diminuent les garderobes et les rendent plus naturelles. » Limer les piesciit
ainsi :
Iode pur de 25 à 50 ceutigram.
Iodure de potassium, q. s. pour la dissolution dans : eau distillée 30 à 90 gram.
Pour un lavement à renouveler deux fois dans les vingt-quatre heures ; plus rarement ti ois ou quatre fois. On peut, s’il y a du ténesme, ou si le malade ne peut retenir le lavement, remplacer l’eau par un véhicule mucilagineux et l’additionner de dix à quinze gouttes de teinture d’opium.
Diaphorctù/ues. — Les diaphor étiques ont également trouvé leur place dans ce traitement. Nous citerons en particulier l 'acétate et l'hydrochlorate d'ammoniuque , qui ont été presque exclusivement mis en usage. Voici une formule qui
était familière à Vogel :
y. Gomme arabique 30 gram. | Sucre blanc 8 grain.
Dissolvez dans :
Eau de fenouil *8® gram.
Ajoutez :
Acétate d’ammoniaque 60 grain. | Teinture d’opium de 2 à é gram.
Mêlez. Dose : une cuillerée à bouche toutes les deux heures.
Eau albumineuse. — L'eau albumineuse a été prescrite dans la dysenterie plus encore que clans l’entérite simple. Voici comment Baudin de la Pichonnerie (2) indique la manière de la préparer :
Blancs d’œufs n° 5 ou 6. | Sucre en poudre 45 gram.
Mettez ces substances dans une bouteille d’eau ; ajoutez quelques grains de plomb dechasse. Agitez quelque temps : le mélange est parfait.
(1) Eimer, Henlc’s Zeitschrift fur rationelle Mcdizin, 1852, et Bulletin général de1 2
thérapeutique. 30 novembre 1852. # ... • ( m . oao
(2) Baudin de la Pichonnerie, Journal de médecine et de chirurgie pratiques, t. III, p. -3-.
DYSENTERIE. — TRAITEMENT
Dans les cas où il y a de violentes douleurs, Baudin ajoute au licruide précédent :
Sirop d’acétate de morphine. 2 cuillerées
ou bien :
Laudanum de Sydenham 8 à 10 gouttes.
Mondière (1) a principalement insisté sur l’emploi de ce moyen.
Moyens divers. — La noix vomique a été recommandée par un grand nombre « d’auteurs. Nous citerons, éntre autres, Hufeland, qui la prescrivait après l’admii nistration d’un vomitif, et de la manière suivante :
'tf Extrait de noix vomique.. 50 centigr. Mucilage de gomme arab. . 30 gram.
Sirop de guimauve 30 gram.
Eau de sureau 180 grarn.
Il faisait administrer en même temps des lavements mucilagineux, avec addition ide 15 à 20 centigrammes d’extrait de noix vomique. Gcddings et 31ost (2) ont I beaucoup vanté ce traitement. Ce dernier employait la décoction de noix vomique ■ i 2 3* laquelle il ajoutait une quantité considérable d’opium.
[ Sous-nitrate de bismuth. — L’action de ce médicament est fort douteuse . dans les dysenteries épidémiques et sporadiques; mais il convient plutôt dans la i diarrhée séreuse consécutive à la dysenterie. On le donne à la dose de 10, 15 : 20 grammes par jour, dans du pain azyme ou dans du sirop. Si les selles ne de’vient lient pas noires au bout de quelques jours, on cesse le médicament; il manque s son effet. ] 4
Reste maintenant un grand nombre de substances qui ont été préconisées par < dlvers médecins’ saQS qu’on puisse se foire une idée, môme approximative de leur ' deSr6 d’efficacité. Nous citerons d’abord l’emploi de la cire jaune , médicament » employé dès les anciens temps, puisque Dioscoride en parle déjà. Pringleen faisait i un assez fréquent usage, et voici comment il l’administrait :
^ Cire jaune 15 *r,00 (Eaucommune A „r,m
Savon de Venise l®r,25. J •••• gram.
Faites dissoudre lentement ; ajoutez peu à peu dans un mortier chaud :
Eau de menthe poivrée .
Eau commune
aa 90 gram. I f'roP diacode 45 gram.
7 t*u xj\j ciuiu, |r , ..... giniu.
) ( Laudanum de Sydenham 15 gouttes.
A prendre par cuillerées.
Dans cette formule les opiacés dominent, et l’on a eu grand tort d’attribuer comme on 1 a fait, tous les honneurs de la guérison à l’emploi d’une substauce très- I probablement inerte, ou du moins très-peu active.
Dans la formule ,1e Wiûis (.3), ce sont les excitants et les astringents nui sont 'Ts * la Clre’ 01 <!'" sout- sa"s doute, les substattees vraiment actives Aussi ■ " aï0ns-"0u* c#,i 005 '“•dicameuts que pour montrer avec combien peu de rigueur ' 011 procédé dans les expériences thérapeutiques.
(1) Mondière, Journal l’ Expérience.
(2) Geddings Encyklopüd. HanclwSrtérbuch der mn/t i . ,
The North American n J. and chir. Journ. / 1 834 p,acL A,zn<nmttellel™- 1841, et Most,
(3) Voy. Formulaire de Foy.
Le phosphore, prescrit par Ortel (1) ; la térébenthine, conseillée surtout par Copland (2) ; le chlorure de chaux, les antispasmodiques, etc. , sont des médicaments douteux.
Plusieurs auteurs ont paru attribuer une espèce de spécificité au narcisse des prés (Narcissus pseudo-narctssus). Passaquay (3) indique ainsi l’administration qui en a été faite dans une épidémie du département du Jura :
If Poudre de narcisse des prés 4 gram.
Divisez en trois paquets. Dose : un par jour, délayé dans : (
Eau sucrée J verre.
Le narcisse des prés a une action vomi-purgative, et c’est sans doute de cette manière qu’il a agi dans le traitement de la dysenterie. Or rien ne prouve qu’il ail une efficacité plus grande que les autres vomitifs et purgatifs indiqués plus ltaul.
Boissons, lavements, affusions d'eau froide. — Brefeld ( h ) assure avoir obtenu de très-nombreuses guérisons par la simple administration de l’eau froide et des lotions froides sur l’abdomen. Kent (5) administrait principalement des lavements d'eau froide ; enfin les affusions froides ont été recommandées particulièrement par Nardi et Récamier. C’est dans les cas où les symptômes sont arrivés à leur plus haut degré, et où les malades tombent dans le collapsus, que ce dernier médecin emploie les affusions.
A l 'extérieur, outre ces affusions, on a appliqué des rubéfiants et des vésicants, principalement sur l’abdomen, sur les lombes et sur le sacrum; mais il est plus (jue douteux que ces moyens aient été réellement efficaces. Ramener la chaleur aux extrémités, pratiquer sur l’abdomen des frictions sèches et chaudes, et y appliquer quelques fomentations émollientes, tels sont les moyens simples qu’il suffit de mettre en usage.
Lavements d'eau chaude. — J. Irving (6) recommande les lavements d’eau simple à 25 ou 26 degrés au-dessus de zéro. Il les fait donner à l’aide d’une sonde œsophagienne, afin qu’ils pénètrent plus haut. Dès que le malade a pris un de ces lavements, il doit se coucher sur le côté gauche, et ne se déranger que lorsque le besoin d’aller à la garderobe se fait impérieusement sentir. Cette médication bien simple mérite d’être expérimentée de nouveau.
Résumé, régime , ordonnances. — Il n’est aucune médication à laquelle il faille accorder plus de confiance qu’à l’association des narcotiques avec les astringents. Ces derniers médicaments ne doivent être mis en usage que dans les dernière temps de la maladie et dans la période de collapsus. Alors aussi on doit avoir recoure aux lavements de nitrate d’argent dont nous venons de parler. C’est aux préparations opiacées qu’il faut donner la préférence.
f Régime de la forme aiguë. — Dans cette forme, les boissons consisteront en eau albumineuse, en décoction blanche, en thé léger, un ou deux litres par jour;
(t) Med. pract. Beobacht. Leipzig, 1804.
(2) Vie London med. Journ., 1821.
(3) Thèses de Paris.
(4) Brefeld, Dictionnaire des sciences medicales, t. X.
(5 The North American Journal, 1826.
(6) Edinburgh med. andsurg. Journ., janvier 1849.
DYSENTERIE. — TRAITEMENT
à définit de celles-ci, on prescrira l’eau de gruau, l’eau de riz. Puis ou conjointement, on donnera un œuf à la coque, quelques bouillons, quelques potages. Trousseau (1) attache une très-grande importance à l’alimentation, et même dans la forme aiguë il conseille les panades. On arrive ainsi successivement aux viandes blanches, au poisson, au bœuf, au mouton, grillés ou rôtis. Les légumes indigestes doivent être sérieusement proscrits.]
/re Ordonnance. — Dysenterie légère , non fébrile.
1“ Pour tisane, légère décoction de riz, édulcorée avec le sirop de gomme ou de coings.
2° Matin et soir, un quart de lavement d’eau de guimauve, avec addition de :
Laudanum 10à!2 gouttes.
Pour les enfants très-jeunes... 1 goutte.
Amidon
h gram.
3“ Fomentations émollientes sur l’abdomen.
[ 5° Bains de siège.]
5° Diète sévère.
Ce traitement simple réussit toujours.
IIe Ordonnance. — Dysentérie très-aiguë , avec vive réaction..
lu Même tisane, ou bien décoction de simarouba, ou encore, eau albumineuse (voy. p. 50).
2° Une saignée du bras, si la fièvre est forte. Vingt ou trente sangsues sur le trajet du gros intestin, répétées si le cas l’exige.
3° Prendre toutes les trois heures une pilule de 2 à 3 centigrammes d’extrait tliébaïque.
6° Matin et soir, un lavement d’eau de graine de lin avec addition de :
Laudanum 15 à 20 gouttes. | Amidon 5 gram.
Pour les enfants, dose, ut supra.
5° Diète sévère ; repos absolu autant que possible.
//Ie Ordonnance. — Abattement considérable des forces, refroidissement
des extrémités, etc.
1° Tisane, ut suprà, ou bien, décoction de ratanhia, d’arnica, etc.
2° Un ou deux lavements par jour, avec une solution de nitrate d’argent (voy. p. 69)
3° Frictions chaudes et sèches.
6° Le reste, ut suprà.
Nous n’indiquons pas ici les médications particulières ; nous les avons exposées avec des détails suffisants.
Résumé. — Émissions sanguines ; narcotiques, purgatifs, astringents, toniques, amers, ferrugineux; nitrate d’argent, iode ; diaphoniques, eau albumineuse ; noix
(1) Trousseau, ouvr.cité, p. 171.
vomique; préparations mercurielles, acétate de plomb, cire jaune; moyens divers: phosphore, térébenthine, pilules anglaises, etc.; narcisse des prés ; boisson, lavements, affusions d’eau froide, lavements d’eau chaude ; bains; moyens externes ; régime.