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PARALYSIE DE LA VESSIE ET RÉTENTION D’URINE. — SYMPTÔMES

de la vessie résulter de la rétention d’urine causée d’abord par une névralgie de l’urèthre.

Sauf les cas où la paralysie de la vessie est causée par la distension forcée de ses libres, cette affection et la rétention d’urine qui en est la conséquence, commencent d’une manière presque insensible, de telle sorte que, pendant un temps assez long, le malade peut ne pas s’en apercevoir. Ce n’est d’abord qu’une simple paresse de cet organe. Le besoin d’uriner se fait sentir moins fréquemment, et l’on reste quelque temps avant de pouvoir le satisfaire.

A une époque plus ou moins éloignée du début, suivant les cas, le besoin d’uriner ne se fait plus sentir que lorsque la distension de la vessie est portée au point de causer une véritable douleur , et plus tard, enfin, le liquide s accumule sans pouvoii être expulsé en aucune manière : la rétention est complète.

Dans les premiers temps, la contraction de la vessie sulïit seule pour évacuer l’urine ; seulement le jet est moins fort, et les dernières gouttes surtout, loin d êtie rejetées avec énergie, comme chez un sujet en bonne santé, tombent, poui ainsi dire, par leur propre poids, et verticalement, entre les jambes du malade. A une époque plus avancée, la contraction des fibres musculaires de la vessie ne sulïit plus: il s’y joint des contractions plus ou moins énergiques des muscles de l’abdomen, qui, ne suppléant qu’imparfaite ment à celles du viscère, ne pioduisent qu un jet faible, souvent interrompu, et laissent dans l’urèthre quelques gouttes d’urine qui, n’ayant pas été expulsées, souillent ensuite les vêtements. Enfin, la maladie faisant sans cesse des progrès, les sujets restent toujours plus longtemps avant de pouvoir satisfaire le besoin d’uriner ; les efforts abdominaux qu ils font augmentent de jour en jour; ils se tiennent courbés et les jambes écartées, lorsqu ils veulent vider leur vessie, et cependant ils n’y parviennent pas ; le liquide n’est évacué qu’en partie, le besoin d’uriner se fait sentir à des intervalles de plus en plus rapprochés, et la rétention complète de l’urine finit par se déclarer.

Lorsque la maladie est parvenue a ce degré, la distension de la vessie augmente à chaque instant, et l’on observe ce qui suit. D abord 1 affection est indolente ou n’occasionne qu’une gêne supportable ; mais quand la distension de l’organe a dépassé certaines limites, on observe ordinairement une douleur incessante, avec des exacerbations plus ou moins rapprochées.

Cet état, si on ne le fait pas cesser par l’introduction de la sonde, se termine par l’évacuation goutte à goutte de l’urine, sans que, pour cela, la vessie cesse d’être distendue. 11 se passe alors ce qui se passerait si l’on introduisait dans un vase inerte à deux ouvertures, et déjà plein, une nouvelle quantité de liquide ; le tropplein introduit par l’une s’échapperait par l’autre : c’est ce qu’on a nommé uriner par regorgement. Néanmoins, dans cet état, comme l’ont noté les auteurs, l’action d’évacuer l’urine n’est pas encore complètement soustraite à la volonté, en ce sens que l’écoulement peut être suspendu pendant un certain temps ; mais cette suspension ne saurait être de longue durée, parce que l’accumulation du liquide et la distension delà vessie allant toujours en augmentant, sa sortie devient bientôt nécessaire.

Nous n’indiquons ici ni le ténesme vésical, ni la douleur excessive, ni d’autres

accidents de la rétention d urine, parce qu’ils ne se produisent que dans les cas où quelque obstacle s’oppose au regorgement.

I n symptôme nécessaire, et qui est un des plus importants de celte affection, est la tumeur qui se produit à l’épigastre, et qui résulte de la distension de la vessie. Cette tumeur est indolente dans les cas dont il s’agit ici ; à peine une pression un peu forte y détermine-t-elle une sorte de sensibilité. Elle n’a jamais le degte de tension et de résistance que présente la vessie distendue par suite d’une rétention d’urine complète qui reconnaît pour cause un obstacle mécanique au cours de ce liquide. On peut au contraire la déprimer avec facilité, surtout si les paiois de 1 abdomen sont flasques, et assez souvent la palpation , convenablement exercée, y détermine une fluctuation manifeste. Ces signes ont donné lieu plusieurs fois à des erreurs de diagnostic.

La vessie peut s’élever jusqu’à l’ombilic et au-dessus, et si l’on cherche à saisir la partie supérieure du viscère, en l’embrassant avec la paume de la main, après avoir fortement déprimé la paroi abdominale avec le bord cubital de cette partie, on sent une tumeur globuleuse parfaitement distincte. Cette manœuvre a en outre pour effet d’augmenter la sortie de l’urine, qui a lieu par regorgement.

La percussion sert à faire reconnaître la dilatation de la vessie par l’urine. La matité est complète au-dessus des pubis, et s’étend jusqu’à une ligne courbe qui, passant à une distance variable de l’ombilic, circonscrit les limites du viscère distendu. Au delà, le son clair rendu par les intestins, et qui se retrouve de chaque côté dans les flancs et les fosses iliaques, à moins de complication, fait reconnaître qu’il s’agit d’une tumeur ayant pour ainsi dire sa racine à la partie moyenne du bassin, et qui de là s’épanouit à droite et à gauche de la ligne médiane. On a trouvé, vers la limite demi-circulaire de la tumeur, le son humorique qui résulte, comme on le sait, de la juxtaposition d’un liquide et des gaz intestinaux.

Les accidents locaux, les troubles généraux que cette rétention peut produire, appartiennent en propre au cas où elle est la conséquence des divers obstacles mentionnés plus haut. Il n’est pas rare de voir le catarrhe vésical compléter cette affection.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

En traçant l’histoire des symptômes, nous avons dû suivre les divers degrés de l’affection, et par conséquent en indiquer la marche. Dans la paralysie par distension forcée des libres de la vessie, la maladie se produit brusquement et ne tarde pas à disparaître, tandis que, dans les autres cas, la marche est très-lente, et presque toujours l’affection devient permanente. Il en résulte que la durée , qui, dans le premier cas, peut n’être que de quelques jours, n’a le plus souvent d’autre terme, dans le second, que la vie même des sujets.

La terminaison de la paralysie par simple distension est toujours heureuse, à moins qu’il ne survienne une inflammation très-aiguë qui peut causer la mort; mais les cas de ce genre sont très-rares. Dans les autres espèces de paralysie, la guérison a été quelquefois obtenue lorsqu’on a pu traiter la maladie à une époque rapprochée du début; mais le plus souvent l’affection devient permanente, et les sujets en sont réduits à ne plus uriner qu’avec l’aide de la sonde.

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