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DIAGNOSTIC

PERTES SÉMINALES INVOLONTAIRES

séminales déformées, cartilagineuses, osseuses, pleines de pus concret, et contenant du sperme altéré. Des lésions analogues se sont montrées dans les conduits urinaires depuis 1 urèthre jusqu’aux reins ; mais il suffit de les indiquer et de dire 1 (lu elles appartiennent toutes à l’inflammation aiguë ou chronique.

Des lésions semblables ne doivent pas exister chez le plus grand nombre des •sujets affectes de pertes séminales, et, dans les cas qui viennent d’être cités • celles-ci ne doivent être regardées que comme un symptôme secondaire d’affec- I lions extrêmement graves par elles-mêmes. Un certain degré d’inflammation nui «doit etre assez léger, puisqu’il cède très-facilement à des moyens très-simples est condition organique nécessaire de la spermatorrhée. On ne peut toutefoii se’dissmmlerl insuffisance des recherches anatomo-pathologiques sur ce point, puisque I Lallemand ne rapporte que neuf faits, et encore assez incomplets.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

On ne peut mettre en doute l’existence des pollutions nocturnes parvenues au I point de constituer une véritable maladie. Les faits rapportés par les auteurs et

! rhô? T fChaqUG medeCIM 3 PU observcr> ne lassent aucune incertitude à cet é-a’rd «Chez certams sujets, ces pollutions nocturnes deviennent tellement habitudles >qut les plus grandes précautions ne peuvent les en préserver et Lallemand p. 'rapporté des exemples évident. Dans ces cas. outre les ipar les malades, qui nous apprennent que ces pollutions, ayant d’abord lieu avec tun oigasme assez fort pour les réveiller, ont fini par se produire sans nue le

• malade endormi en eut la conscience, nous avons l’examen de la liqueur émise

tqu; f lru“ obJf i0“- <*'““>'» l'I® que le liquide n'est mêlé à urime autre

.substance qui puisse donner lieu à l'erreur. Les observateurs ont toujours constaté

• dans ces cas, les caractères propres du sperme. J e’

Les pollutions diurnes (1) qui ont lieu hors de la miction et de la défécation et ' ï“ accompagnent d un certain orgasme, sont plus difficiles à concevoir et cepên 'dant examen des fans ne Iais.se pas plus de douie sur leur exislence que sur celle ildes précédentes. Il est des sujets qui, à la vue d'un objet qui excite leurs désir fliu éveille leur imagination, ont une érection avec éjaculation - chez d'autres’

érection est ...complété et l'éjaculation n'a pas moins lieu ; chez d'autres i suffit •Id un simple attouchement. ts’ sul*11

Les cas de ce genre ont encore l’avantage de ne laisser mrnn dure du liquide excrété , i, n'est pas rejeté »

I ms mêlé a dis piodnus morbides qui peuvent provenir de la vessie du l’m il iti'un abcès prostatique; aussi ,otltes |es fui, dc urel^.

'reconnu tontes les qualités, e, rien que les quali, és de laliqnenr Xti Le" **" a spermato, rhee proprement due présente seule des difficultés de diagnostic [ L origine des pertes arrivant à la fin de la miction ou dans l'acte de la déféra

• •• maladie; ies auteur, cL qui

1 lite à l écoulement involontaire du %zi r^ssvsss£

ne contestent, d’ailleurs, pas sa réalité, mais la singulière fréquence qu’elle aurait, selon l’illustre professeur de Montpellier. Les caractères physiques du liquide rendu, et par-dessus tout l’examen microscopique, fournissent à ce sujet des arguments sans réplique. Mais il faut cesser de voir la preuve matérielle de la maladie dans les globules de Lallemand et la chercher dans la présence sous le microscope des animalcules atrophiés , dont nous avons donné plus haut la description. Il est à remarquer que cette atrophie des animalcules n’attend même pas toujours la spermatorrhée proprement dite, et qu’on la constate déjà dans les pollutions diurnes fréquentes.]

Le diagnostic de la maladie n’est pas si sûr que les hommes les plus habiles ne puissent prendre pour une spermatorrhée une affection toute différente. Que Ion examine la centième observation du Traité des pertes séminales , et l’on verra que des symptômes qui s’appliquent tous à une glycosurie, et qui ne peuvent s’appliquer qu’à cette maladie, d’ailleurs reconnue, ont été regardés comme des signes de spermatorrhée. La méprise était bien excusable, sans doute, puisque, d une part, il y a de nombreux points de ressemblance symptomatique entre la glycosurie et les pertes séminales, et que, de l’autre, les symptômes de la première de ces affections, ainsi que son mode de production, n’étaient pas encore parfaitement appréciés à l’époque où écrivait l’auteur (1839); mais il n en résulte pas moins que la spermatorrhée n'est pas une affection telle qu’il suffise d énoncer 1 existence des pertes séminales, et que l’on ne saurait trop accumulei les pieuvcs.

L’existence de la spermatorrhée proprement dite est aujourd hui bien démontrée ; mais on a exagéré la fréquence de cette maladie.

Les écoulements uréthraux n’ont pas lieu seulement dans certains moments, et la matière ne s'échappe pas en masse comme dans la spermatorrhée, mais d une

manière continue et en petite quantité à la fois.

Les affections que l’on pourrait confondre avec les pertes séminales, sont a gastralgie , la gastro-entéralgie , Vhgpochondrie, ces dernières affections constituant les symptômes généraux de la spermatorrhée. Il ne s’agit que de rechercher la cause de ces étals pathologiques. Chez les sujets qui présentent ces maladies accompagnées d’un dépérissement sensible, on interrogera l’état des voies urinaires, et I on examinera le liquide excrété, ce qui réduit le diagnostic à l’exploration décrite plus haut au sujet des symptômes. Les mêmes réilexions s’appliquent a a glycosurie , qui présente en outre des signes particuliers caractéristiques : abondance des urines, le sucre qu’elles contiennent, etc., etc.

Pronostic. — Le pronostic de la maladie varie suivant son espèce et l époque plus ou moins avancée où elle est parvenue. Les pollutions nocturnes, même ties fréquentes, n’ont généralement pas de gravité réelle; mais si on ne leur oppose les moyens appropriés, elles sont suivies de pollutions diurnes toujoui s graves. Celles-ci, en effet, occasionnent un dépérissement, une prostration extiemes, e souvent le désespoir, avec tendance irrésistible au suicide. La spermaton ije pioprement dite est bien plus grave encore : elle expose les jours du ma ai e. .a prompte efficacité du traitement, dans la presque totalité des cas, prouve que l’affection n’est pas aussi dangereuse que l’éiat général des sujets pomiait c a ou

le faiie croire. g vil. Traitement.

Lorsque V affection est occasionnée par la présence des oxyures dans h t oJ.mn,

PERTES SÉMINALES INVOLONTAIRES

TRAITEMENT

ce que l’on reconnaît aux démangeaisons excessives produites par ces vers dans cette partie, à la rougeur du pourtour de l’anus, et souvent à la vue de ces petits animaux, on peut d’abord mettre en usage Veau froide , commencer par la température de 25 degrés centigrades, pour descendre ensuite à 15 et même à 10. Il importe d 'introduire autant d' eau que possible, afin qu’elle atteigne les parasites les plus éloignés de l’anus, et qu’elle détache avec plus de force ceux qui sont encore adhérents. Les douches ascendantes ont, sous ce rapport, un grand avantage, puisqu’elles ne sont qu’un lavement prolongé, d’une action continue et très-énergique. C’est surtout le soir, cinq ou six heures après le dernier repas, qu’il convient de prendre ces injections froides et copieuses, parce que c’est l’heure à laquelle les ascarides descendent avec les matières fécales dans la partie inférieure du gros intestin. (Lallemand.)

Plus tard, on peut prescrire le lavement suivant :

^ Chlorure de sodium 1 à 3 cuillerées progressivement.

Eau 1 litre.

Prendre de cette solution la quantité suffisante pour un grand lavement. On doit recommander au malade de le garder quelque temps.

Les lavements avec des infusions d 'armoise, de tanaisie, d 'absinthe, de sauge et surtout de santoline blanche, peu concentrées, et répétés seulement deux jours de suite, ont encore des avantages.

Les onctions d 'onguent mercuriel recommandées par J. Cruveilhier ont l’inconvénient de ne pas pouvoir être portées assez haut, et par conséquent de ne pas détruire tous les oxyures.

Les injections avec une solution de deutochlorure de mercure ont leur efficacité, mais il ne faut pas dépasser la proportion suivante :

-, 'f Deutochlorure de mercure 3 à 10 centigr.

Eau 1 litre.

Lallemand craint qu’une plus grande proportion ne détermine l’irritation du rectum qui exciterait la spermatorrhée.

On peut prescrire encore les lavements purgatifs, huileux; les injections d'eaux sulfureuses, et aussi les divers anthelminthiques que nous avons mentionnés-à l'article Oxyures (1), soit en les portant dans le rectum, soit en les administrant par la bouche.

Comme anthelminthique à l’intérieur, Lallemand conseille principalement le calomel à la dose de 40 à 60 centigrammes, si l’estomac peut le supporter. Les autres mercuriaux, comme les pilules de Plenck, de Sédillot, agissent de la même manière.

La médication anthelminthique a assez souvent suffi seule pour mettre un terme aux pertes séminales; mais on n’est pas moins souvent obligé d’avoir recours à d autres moyens, parce que la maladie, ne dépendant pas toujours d’une cause unique, a besoin d’ètrc attaquée de plusieurs manières à la fois.

Lorsque la maladie est due à une affection dartreuse ( herpes prœputialis, eczéma, etc.) fixée à l’anus, sur le prépuce, sur le périnée, et à plus forte raison

(1) Voy. art. Oxyures, toine IV, p. 133 et 134.

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occupant en même temps tout le corps, on prescrit les eaux sulfureuses à une température moyenne, ainsi que les autres moyens reconnus comme elïicaces dans ces maladies.

Quand la maladie a été primitivement causée par ï accumulation de la matière sébacee enlie le prépuce et le gland, si le prépuce n’est pas trop long ou son ouverlure trop étroite, il sulïii des soins ordinaires de propreté pour dissiper l’irritation locale et les pollutions qui en résultent. Mais si le prépuce est dans les conditions que nous venons d indiquer, ce qui est le cas le plus ordinaire, on ne doit pas hésiter a en pratiquer V excision, en enlevant circulairement le prépuce.

L’auteur que nous citons a rapporté plusieurs cas dans lesquels Y existence d'une syphilis constitutionnelle ayant été reconnue , la maladie a cédé au traitement antisyphilitique.

Si Y affection reconnaît pour ccaise un rétrécissement du canal de l'urèthre, comme on en a cité plusieurs exemples, c’est contre ce rétrécissement que doivent être dirigés les moyens chirurgicaux. Lallemand signale, à ce sujet, les inconvénients de la dilatation prolongée, d’où résulte une irritation fâcheuse delà prostate et du col de la vessie, et l’insuffisance de la dilatation opérée en peu, de jours. Cependant cette dernière lui paraît préférable; mais il met au-dessus la cautérisation avec le nitrate d’argent, à l’aide d’une sonde appropriée, bien connue aujourd’hui. Tous ces moyens, du reste, et tous ceux qui ont encore été dirigés contre les rétrécissements de l’urèthre, peuvent être mis en usage suivant les cas. Lorsque le rétrécissement occupe, l’ouverture de l’urèthre, et même quand il est situé à 2 ou 3 centimètres de profondeur, Lallemand conseille Y incision à l’aide d’un bistouri

boutonné.

L’affection est assez souvent causée primitivement par une fluxion hémorrhoidaire ou de véritables hémorrhoïdes. C’est une indication qu’il faut se garder d’oublier. Nous en dirons autant de la constipation, qu’il est toujours important de faire cesser. Lallemand conseille aussi de détruire les brides formées par d anciennes cicatrices aux environs de l’anus, et de faire l’opération de la fistule à l'anus, si le cas l’exige.

Dans certains cas, la production de la maladie peut être attribuée à un état général de faiblesse et d’atonie , à la suite de quelque maladie grave. On emploie alors les moyens généraux les plus propres à relever les forces, et, plus spécialement, ceux qui agissent sur les organes de la génération, comme Yeau de Spa unie à des vins généreux et colorés, la plupart des g ommo- résineux, la cannelle, le gingembre, des mets un peu épicés, du gibier, des viandes noires et faisan-

dées, etc.

Si l’atonie paraît bornée aux parties génitales, les moyens locaux sont préférables; le galvanisme a parfaitement réussi dans des cas graves. On place un des pôles de la pile sur les lombes et l’autre sur le pubis, et l’on produit des secousses dont le nombre doit être déterminé par le médecin, suivant le degré de la maladie. Si l’on veut agir plus vivement, on peut appliquer sur le périnée la plaque que l’on avait d’abord appliquée sur le pubis; mais on doit surveiller attentivement les effets du traitement, car on a à craindre les contractions spasmodiques des vésicules séminales. L’appareil de Clarke, celui des frères Breton, et surtout celui de Duchenne (de Boulogne), sont préférables à la pile ordinaire pour cette appli-

PERTES SÉMINALES INVOLONTAIRES. — TRAITEMENT

cation de l’électricité. [ La faradisation des vésicules séminales se pratique à l’aide (ldu rhéophore du rectum , lequel consiste en une olive montée sur une tige, toutes (Ideux de métal, mais la dernière étant isolée par une sonde de caoutchouc; i l’olive est introduite à la partie inférieure du rectum et portée en divers sens (pendant que l’appareil fonctionne ; le courant est fermé par un rhéophore humide (promené sur le pourtour de l’anus, ou par un autre rhéophore métallique à tige (également isolée, porté dans le bas-fond de la vessie. Duchenne, de Boulogne (t), ddaus les recherches thérapeutiques qu’il a faites à ce sujet, s’est convaincu que ces oorganes n’échappent pas plus que d’autres à l’excitation électrique. ] A l’aide d’une ssonde, on pourrait porter le courant électrique jusque dans la vessie; mais ce procédé ne doit être employé qu’avec circonspection et dans les cas d’atonie trèsi rebelle. [Dans l’intention d’agir sur le système nerveux génito -spinal, Mandl fait lusagedu courant induit de la façon suivante : il introduit dans l’urèthre, jusqu’au col de la vessie, une sonde élastique, fenêirée et pourvue d’un mandrin métallique qqui se trouve en communication avec un des pôles de l’appareil électrique. L’autre (conducteur, pourvu d’une éponge, est placé sur les vertèbres dorsales ou sur le ppérinée ; on peut encore l’introduire dans le rectum, à l’aide d’une sonde à mnandrin. Les séances durent trente à cinquante minutes et se répètent quarante à (cinquante fois. ]

Les divers aphrodisiaques , fort souvent employés à cause de l’impuissance dans ^laquelle tombent les malades, sont sévèrement proscrits par Lallemand. Ainsi il rrejette le phosphore, les cantharides à V intérieur , et même les vésicatoires volants I «recommandés par Sainte-Marie.

L 'ergot de seigle, mis d’abord en usage par un médecin italien et administré ensuite par Lallemand, est, au contraire, un moyen qui a eu des avantages marqués ddans quelques cas. C’est un médicament qu’on peut essayer, mais en surveillant sson emploi. On donne le seigle ergoté à la dose de 0»r,50 à 0sr,90 et même à 1er, 50 successivement, suivant les cas.

Jarowitz (2) a rapporté des cas de guérison par ce médicament qu’il ne donne ((qu’à la dose de 20 à U0 ou 50 centigrammes par jour.

Dans les cas de spermatorrhée avec impuissance, Duclos, de Tours (3), a prescrit avec succès V extrait alcoolique de noix vomique de la manière suivante:

^ Extrait alcoolique de noix vomique 5 gram.

Divisez en cent pilules, à administrer comme il suit :

Pendant cinq jours, une pilule chaque soir.

Les Cinq jours suivants, une le matin, deux le soir.

Pendant cinq autres jours, deux le malin, deux le soir.

Pendant cinq autres jours encore, deux le matin, trois le soir.

Et ainsi de suite, jusqu’à ce que le malade en prenne huit par jour: quatre à lia fois le matin, quatre le soir.

Quelques malades ont pris, sans accident, jusqu’à quatorze pilules par jour.

(1) Duchenne (de Boulogne), De C électrisation localisée, 2e édit. Paris, 1861, p. 96.

(2) Jarowitz, loc. cit.

(3; Duclos (de Tours), De l’emploi de la noix vomique dans l’ impuissance et la spermatorrhée {Bulletin général de thérapeutique , juin 1849).

Quand la chose est possible, Duclos ajoute à sa prescription le liniment suivant:

"if Teinture de noix vomique /

— d’arnica ou de mélisse j aa Sram-

— de cantharides 15 gram.

Pour frictions sur lès lombes et la partie interne et supérieure des cuisses.

Wulzcr (1) recommande contre la spermatorrhée, qui s' accompagne de faiblesse éréthistique des organes génitaux , les pilules suivantes:

if Acide phosphorique sol 4sr,00 I Poudre d’écorce de quinquina . . h gram.

Camphre broyé iGr,20 I Extrait de cascarille q. s.

Faites des pilules de 1 0 centigrammes, et roulez-les dans de la poudre de cannelle. A prendre cinq, trois fois par jour.

Nous n’avons pu prendre connaissance des faits qui déposent en faveur de cette préparation; c’est au praticien à l’expérimenter.

I,. Corvisart (2) a vu les pollutions, chez trois malades atteints de spermatorrhée, se suspendre sous l’influence de la digitaline , à la dose de 1 à 2 milligrammes par jour. Nous avons employé, dans deux cas, ce moyen, et nous avons obtenu un peu d'amélioration, mais non une guérison complète.

La lupuline, partie active du houblon, a été, dans ces derniers temps, préconièe contre la spermatorrhée. Debout (3) cite un cas dans lequel cette substance, administrée à la dose d’un gramme à 2 grammes 50 centigrammes pendant un mois, suffit pour amener la guérison. Aran (h) cite également une observation dans laquelle l’emploi de ce médicament fut suivi de très-bons résultats; la dose en fut portée jusqu’à h grammes, sans déterminer aucun accident: on peut l’administrer sous forme de teinture, ou mieux en substance triturée avec du sucre.

Il semblerait que les bains froids , les bains de mer , dussent agir favorablement sur cette atonie locale ; mais les faits rassemblés par Lallemand prouvent si constamment qu’ils ont de mauvais effets, qu’on ne saurait les conseiller. Les simples applications froides ont moins d’inconvénients, mais n’ont pas plus d’avantages. Il n’en est pas tout à fait de même des douches froides sur l’hypogaslre, les lombes et le périnée; car dans des cas cités par Sainte-Marie et Lallemand, elles ont été suivies de succès. Elles agissent sans doute principalement par la percussion produite par l’eau tombant d’une certaine hauteur sur les parties.

Les boissons froides , des fragments déglacé , le lait glacé , etc., ont paru utiles, et ce résultat ne doit pas nous étonner, puisque dans la gastro-entéralgie ces moyens ont de bons efl’ets.

On peut joindre encore à ces moyens les ferrugineux , les toniques , les astringents, les excitants généraux; en un mot, les divers médicaments pour le traitement des affections avec atonie.

Cambuzy, de Namur (5), a cité un cas de pertes séminales diurnes ayant lieu à chaque garderobe, guéri par l’usage de Veau de Spa.

(1) Wutzer, voyez Bulletin général cle thérapeutique, 15 septembre 1849, t. XXXVII,

(2) L. Corvisart, Bulletin général de thérapeutique, 28 février 1853.

(3) Debout, Bulletin général de thérapeutique, 30 avril 1853.

(4) Aran, Bulletin général de thérapeutique , 15 mai 1853.

(5) Cambuzy (de Namur), Archives de médecine militaire belge, 1849.

PERTES SÉMINALES INVOLONTAIRES. — TRAITEMENT

Dans des cas où il existe une très-grande sensibilité delà muqueuse génito-urinaire, les meilleurs toniques sont, suivant Lallemand, les oléo-résineux, et surtout le copahu, qu'il faut donner à doses lentement croissantes, en commençant par une petite quantité. La térébenthine et Veau de goudron peuvent être commencées à plus haute dose, 30 à h 0 centigrammes pour la première, deux cuillerées à bouche dans un demi-verre d’eau pour la seconde ; on augmente ensuite progressivement les doses.

La susceptibilité nerveuse que présentent la plupart des sujets affectés de pertes séminales involontaires doit être considérée, sous le point de vue du traitement, bien plutôt comme un résultat inévitable que comme la cause de la maladie ; aussi les moyens qu’on a dirigés contre ce symptôme n’ont-ils qu’une importance bien secondaire : ce sont les opiacés et» les antispasmodiques, sur lesquels on trouvera tous les détails nécessaires à l’article Gastralgie. Bornons-nous à dire que Lallemand n’a obtenu aucun bon effet du camphre, qui, dans beaucoup de cas, a, au contraire, été nuisible.

Nous ne faisons que mentionner les rubéfiants sur l’épigastre, Y introduction répétée de la sonde dans la vessie, qui a eu quelquefois de bons effets, mais pas assez pour compenser les inconvénients qu’elle présente ; et X acupuncture, par laquelle Lallemand a réussi à dissiper des douleurs très-vives des testicules et du cordon. La cautérisation a été regardée par Lallemand comme le moyen par excellence, et nécessaire dans la très-grande majorité des cas.

Cautérisation de la portion prostatique de l'urèthre. — Avant de procéder à la cautérisation, il est indispensable de sonder le malade pour prendre la. longueur exacte du canal, et pour vider complètement la vessie.

En retirant lentement la sonde pendant que l’urine s’écoule, on voit le jet s’arrêter quand les ouvertures placées à l’extrémité rentrent dans le canal; il recommence quand ces ouvertures pénètrent de nouveau dans la vessie. La verge étant alors tendue, si l’on applique le pouce et l’indicateur sur l’instrument , au niveau du gland, on peut juger de la longueur du canal par l’intervalle qui se trouve entre les doigts et les yeux de la sonde. Il faut aussitôt la transporter avec précision sur le porte-caustique, et l’y conserver d’une manière invariable ; pour cela, appliquer les yeux de la sonde contre l’extrémité olivaire du porte-caustique, et fixer au niveau des doigts un curseur mobile sur le tube. Ce curseur est rendu fixe par une vis de pression, et n’a pas d’autre usage que d’indiquer la longueur du canal.

La vessie doit être vidée complètement, afin qu’il ne pénètre pas d'urine dans le tube du porte-caustique quand il arrive dans cette cavité, et qu’il n’en passe pas non plus dans le canal pendant la cautérisation...

Le renllement qui termine la cuvette du porte-caustique doit être ovalaire et plus gros que le calibre du tube ; disposition qui empêche la muqueuse d’être pincée dans la manœuvre de l’instrument.

D un autre côté, il faut que le volume de ce renflement dépasse de beaucoup le calibre du tube, car l’opérateur n’a pas d’autre guide pour savoir quand le portecaustique pénètre dans la vessie. 11 peut bien juger que l’extrémité de l’instrument arrive près du col vésical, en voyant le curseur fixé sur le tube approcher du gland ; mais il a besoin qu’une sensation nette lui apprenne positivement quand cetie extrémité pénètre dans la vessie, et cette sensation lui est fournie par

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la secousse qu’éprouve sa main, au moment où le rendement de l’olive franchit le col.

En retirant ensuite légèrement le porte-caustique, il éprouve quelque résistance pour faire rentrer ce rendement olivaire dans le canal : c’est alors seulement qu’il est certain que la cuvette chargée de nitrate d’argent correspond à la surface inférieure de la prostate, sur laquelle viennent s’ouvrir les canaux éjaculateurs. Pour que cette sensation lui serve de guide sûr, il faut donc que le milieu de ce renflement olivaire soit beaucoup plus gros que le calibre du tube...

Pour que cette différence de volume soit très-sensible, il ne faut pas que le tube du porte-caustique ait le calibre des plus grosses sondes d’argent, car le renflement olivaire ne pourrait pas franchir le gland, ou bien il ne dépasserait pas le calibre du tube... Il ne faut pas non pins que l’instrument soit trop petit, car il pénétrerait trop facilement dans la vessie, et l’opérateur n’éprouverait pas la moindre secousse en franchissant le col ; il ne sentirait pas non plus de résistance en voulant faire rentrer ce renflement olivaire dans le canal, et c’est cependant celte résistance qui doit lui servir de guide au moment de pratiquer la cautérisation.. .

Il faut que l’intérieur de la cuvette soit rugueux, chagriné comme la surface d’une lime, pour favoriser l’adhésion du sel caustique.

Le nitrate d’argent doit être fondu dans la cuvette, à la flamme d’une lampe à esprit-de-vin, dé manière à couler comme de l’huile, et à présenter, après son refroidissement, une surface unie. Tant qu’il reste en grenaille, il se détache facilement en fragments. Quand il s’est boursouflé de manière à dépasser çà et là le niveau de la cuvette, les parties saillantes sont cassées par le tube quand on ferme l’instrument, et tombent ensuite quand on l’ouvre. Il est toujours bon, avant de s’en servir, de fermer et d'ouvrir plusieurs fois le porte-caustique d’une manière brusque, pour s’assurer que rien ne peut se détacher.

Il en est de la cautérisation comme des opérations les plus simples, dont les résultats diffèrent suivant la manière dont elles sont pratiquées, et qui donnent souvent lieu à des accidents graves, par cela seul qu’on a négligé des précautions regardées comme trop minutieuses.

Le malade doit être couché pendant la cautérisation ; assis ou debout, il est moins fixe ; les déplacements du bassin peuvent être plus brusques, plus étendus, ce qu’il •importe beaucoup d’éviter; l’opérateur lui-même est moins à son aise, moins sûr de ses mouvements.

A mesure que l’extrémité de l’instrument approche du col de la vessie, le curseur fixé sur le tube arrive près du gland ; la sensibilité du canal augmente : •c’est alors que l’agitation du malade tend à s’accroître, et devient plus fâcheuse. Il faut la laisser tomber , et redoubler d’attention, pour saisir le moment où le renflement olivaire pénètre dans la vessie. On doit ensuite le retirer lentement contre le col , le maintenir dans cette position , saisir le mandrin d'une main , faire remonter le tube de l'autre , et promener très-rapidement le caustique , mis /), découvert , à la surface du lobe inférieur de la prostate. Aussitôt après, il faut faire rentrer la cuvette dans le tube, et retirer lentement l’instrument fermé. (Lallemand. )

La cautérisation sera faite en un instant indivisible. On peut attribuer à la

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cautérisation trop prolongée , et dont on peut calculer la durée à l’aide d’une montre, un grand nombre d’accidents qui ont suivi cette opération entre des mains inexpérimentées.

Suites de l'opération , et traitement qu' el les réclament. — Pendant deux ou trois jours, l’émission des urines est fréquente, douloureuse et accompagnée de quelques gouttes de sang; mais ces symptômes se dissipent bientôt, à moins de quelque imprudence. Nous avons vu la douleur persister pendant dix jours, et même plus; mais les malades avaient commis des imprudences peu de temps après l’opération.

Tant que dure la période inflammatoire, les pertes séminales sont augmentées plutôt que diminuées. L’amélioration ne commence à devenir sensible que du moment où la résolution s’opère : on n’en peut guère juger avant le douzième ou le quinzième jour; elle peut se faire attendre plus longtemps s’il survient une recrudescence de l’inflammation, au moment où le malade se croyait dispensé de toute réserve. C’est surtout contre les désirs vénériens qu’il faut le prémunir lorsque les érections se manifestent avec énergie. (Lallemand.)

Dans aucun cas, on ne peut attendre d’elfet curatif de la cautérisation avant quinze jours au plus tôt : il faut laisser passer un mois environ pour en juger . définitivement...

Dans les premiers temps qui suivent la cautérisation, le malade doit prendre des bains, des lavements, des boissons adoucissantes, suivre une diète lactée et végétale, afin de rendre les urines aussi aqueuses que possible ; il doit s’abstenir de toute fatigue, et se préserver soigneusement du froid.

11 est un cas particulier dans lequel la spermatorrhée se complique de la déviation des conduits éjaculateurs, de telle sorte que dans les circonstances précédemment mentionnées, le sperme, au lieu de s’échapper par l’urèthre, se porte en arrière dans la vessie , pour être ensuite évacué avec les urines. En pareil cas, Lallemand a cautérisé surtout au devant de la prostate, c’est-à-dire que, après avoir parcouru rapidement sa surface, depuis le col de la vessie, il a laissé l’instrument beaucoup plus longtemps sur la portion membraneuse de l’urèthre, et ne l’a fermé qu’au niveau du bulbe.

Chez les sujets affectés de pollutions nocturnes fréquentes et de pollutions diurnes avec orgasme, presque toujours une seule cautérisation suffit ; et s’il n’en était pas ainsi, une seconde, pratiquée au bout d’un ou de deux mois, mettrait un terme à la maladie. Les mêmes résultats se sont montrés dans la spermatorrhée proprement dite, et quelque opinion qu’on se soit faite sur un certain nombre de cas de 1 affection désignée par ce nom, il n’en est pas moins vrai que des sujets menant une vie misérable, et pour ainsi dire séparés de la société, ont été rendus par ces moyens à une existence agréable et utile.

Les boissons émollientes, une diète lactée, les adoucissants, les bains, que nous avons vu employer après la cautérisation, sont mis en usage chez les sujets qui présentent une grande irritation des voies génito-urinaires.

Régime. — Quant au régime à suivre, il doit être très-léger dans les premiers temps du traitement, et dans la convalescence on doit passer progressivement et lentement des aliments légers aux aliments substantiels.

Un exercice convenable, des précautions indispensables contre le froid et l’humi-

dite, et lorsque les forces sont revenues, les bains frais , et surtout les bains de rivière, complètent le traitement.

[Tout en professant une certaine confiance dans le procédé de Lallemand et ses nombreuses observations de guérison, Trousseau (1) pense que l’emploi de la cautérisation a été trop généralisé, parce que l’auteur de cette méthode faisait jouer un rôle trop étendu à l’influence de la phlegmasie uréthrale sur la production des pertes séminales. Les espèces qui se confondent avec les névroses pures ne sont point susceptibles de l’application de ce moyen. Quand il y a indication de combattre un élément spasmodique, la belladone rend les mômes services que dans l’incontinence d’urine, en agissant probablement sur l’ensemble du système nerveux encéphalo-rachidicn. Trousseau a eu quelquefois à se louer de l’usage du nitrate d’argent à l’intérieur, d’applications irritantes le long de la colonne vertébrale, comme dans Yataxie locomotrice qui débute assez souvent par la spermatorrhée. Enfin, un moyen mécanique lui a réussi dans des cas où les autres avaient échoué : c’est le compresseur de la prostate, qui lui semble agir en comprimant la prostate et, médiatement, les canaux éjaculateurs, pression qui supplée au défaut de résistance que les conduits auraient dû opposer normalement à la contractilité des vésicules séminales. Après des tâtonnements , il est arrivé à donner à l’instrument la forme représentée dans la figure 132. C’est une sorte de

bondon de métal, ayant la forme d’une olive trèsallongée, et dont la grosseur varie depuis celle d’un œuf de pigeon jusqu’à celle d’un petit œuf de poule. Ce bondon va en s’amincissant, en bas, sous forme d’un goulot dont le diamètre n’excède pas 5 millimètres, de façon qu’une fois introduit dans le rectum, il y soit naturellement maintenu par le resserrement du sphincter anal. En outre, le bondon compresseur est soudé sur une tige plate du même métal, de 3 à A centimètres de longueur sur 1/2 centimètre de largeur, qui va appliquer sa moitié antérieure sur le périnée, l’autre sur la région coccygienne. Les deux pièces de l’appareil ne sont pas perpendiculaires : pendant l’application, l’angle obtus regarde le coccyx et l’angle aigu le pubis; de cette manière, la partie supérieure du rendement appuie nécessairement sur la prostate. La longueur de la partie interne variera un peu selon les malades.

Après sept à huit jours de l’usage de cet appareil, trousseau a vu sunenii les plus heureuses modifications générales et locales, et, par son emploi continué, disparaître des spennatorrhées rebelles. Il réussit encore dans 1 incontinence

d’urine [y oy. p. 633).]

Récidives. — Il est à remarquer que dans cette affection les récidives sont tresrares. On aurait pu penser le contraire, d’après la nature de la maladie. Cela tient sans doute à ce (pie les causes déterminantes organiques ont été pour toujours détruites, et surtout à ce que les malades, sur leurs gardes, ne s exposent plus aux

(1) Trousseau. Clinique médicale de V Hôtel-Dieu, 1865, t. II, p. 645.

Fig. 132. — Compresseur de la prostate. C'est une espèce d’embout monté sur une traverse, A, qui empêche l'instrument d'entrer dans le rectum. La lettre B montre un trou qui laisse passer le gaz.

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