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MALADIES DES ORGANES DE RAPPROCHEMENT SEXUEL

[Ce chapitre comprend quelques affections qui, en raison de la conformation des parties, sont propres à l’homme, et d’autres qui sont communes aux deux sexes, bien que présentant pour le même motif des différences notablès. Ce qui nous engage à les rapprocher dans le môme cadre, c’est l’identité de leurs causes.

Pour présenter avec quelque clarté les détails nombreux qui se rattachent à la question qui nous occupe, nous avons cru devoir adopter les divisions suivantes. Les écoulements pathologiques des organes génitaux des deux sexes comprendront trois grandes catégories : 1° les écoulements sanguins ou uréthrorrhagie ; 2° les écoulements blennorrhagiques ou affections blennorrhugiqu.es qui reconnaissent pour cause non un viras, comme on le dit par abus de langage, mais un contagium spécial, capable de désorganiser en quelques heures les yeux qu’il atteint, ayant une action locale sur les muqueuses, comme le contagium que renferme le globule de pus du chancre simple a une action exclusivement locale sur la peau dénudée. L ccontagiam spécial de la blennorrhagie engendre la blennorrhagie, la vraie blennorrhagie bien distincte de l'uréthrite simple, de l’uréthrite inflammatoire, par exemple.

Autrefois, lorsqu’on croyait à la possibilité de contracter la syphilis par la blennorrhagie, on comprend que le mot virus, qui implique l'idée d’une intoxication générale, ait pu êlic employé a propos de la blennorrhagie, et les auteurs n’étaienl que conséquents en désignant sous le nom de virus blennorrhagique la cause de la maladie. Mais aujourd’hui, les preuves de la non -identité de la blennorrhagie et de la syphilis sont tellement acceptées, qu’il nous paraît inutile et même dangereux de conserver à la blennorrhagie une épithète qui n'est plus en rapport avec les descriptions au courant de la science.

Nous ne dirons donc plus : virus blennorrhagique, mais contagium de la blennorrhagie.

3° Les écoulements bUnnorrhoïdes , écoulements plus ou moins inflammatoires, ne reconnaissent pas pour cause le contagium spécial de la vraie blennorrhagie. Cette deuxième catégorie comprend deux variétés : A. écoulements reconnaissant pour cause une violence extérieure, une injection plus ou moins irritante, le coït avec une femme ayant ses règles, les lochies, ou atteinte de cancer utérin suppurant, etc. ; B. écoulements symptomatiques d’une éruption dentaire, d’une manifestation diathésique quelconque, dartreuse, goutteuse, ou bien de l’ingestion immodérée de certaines boissons, comme la bière, etc. (Viennois.)]

ARTICLE PREMIER

URÉTHRORRI1AGIE.

§ I. — Causes.

Celle maladie est presque toujours le résultat de violences extérieures, ou un simple phénomène appartenant à la blennorrhagie violente, aidée ou non d’un traumatisme.

[ C’est surtout dans les érections douloureuses de la chaudepisse cordée qu’il se fait u ne hémorrhagie uréthrale, légère, il est vrai, par distension brusqueet éraillure de la muqueuse malade. Il y a aussi, d’après Rollet (1), des blennorrhagies sérosanguinolentes, dans lesquelles il ne s’exhale à la surface de la muqueuse qu’un liquide rouge formé par la sérosité et par une quantité variable de globules de sang. ]

L’hémorrhagie de l’urèthre a été désignée sous les noms d'uréthrorrhagie et d'uréthro-hémorrhagie. La plupart se sont contentés de mentionner son existence en parlant de Y hématurie ou pissement de sang.

Les cas cités comme des exemples d’hémorrhagie de l’ urèthre en l’absence de ces causes sont très-peu nombreux. Dans la plupart, on trouve une circonstance remarquable : c’est la suppression du flux hémorrhoïdal ou menstruel. P. Frank en a rapporté quelques exemples. Parfois même, comme l’ont observé j. Hoffmann, Saxonia et plusieurs autres, l’écoulement de sang par l’urèthre se reproduit longtemps aux époques où avaient lieu les flux supprimés.

Cette hémorrhagie se montre presque exclusivement chez l’homme, et l’on pouvait le prévoir d’après ce qui vient d’être dit.

(1) J. Rollet, Traité des maladies vénériennes . Paris, 1865, p. 260.

URÉTHRORRIIAGIE. — DIAGNOSTIC.

§ H. — Symptômes.

Lorsque la maladie est produite par une violence extérieure, l’écoulement sanguin suit promptement la douleur, ordinairement très-vive, causée par la lacération des tissus. Dans le cas contraire, le sang peut commencer à distiller goutte à goutte, sans que le malade ait éprouvé autre chose qu’un peu de tension et de chaleur dans le canal de l’urèthre. Chez un assez grand nombre de sujets, au contraire, la tension est considérable: c’est plutôt une douleur gravative qui parfois s’étend sous forme d’irradiations vers la vessie, le périnée et les lombes. Ixjrsqu’il en est ainsi, il n’est pas rare d’observer un malaise général assez prononcé, et même un léger mouvement fébrile.

L 'écoulement de sang a lieu d’une manière continue et goutte à goutte. On voit qu’à mesure que le liquide est versé dans l’urèthre, il s’échappe au dehors, en obéissant aux lois de la pesanteur. L 'abondance de cette hémorrhagie n’est jamais très-considérable, et l’on n’observe pas ces jets de sang qui se remarquent si souvent dans plusieurs autres. L a sang sort pur, avec tous ses caractères normaux, et non mélangé à l’urine, ce qui est un point important pour le diagnostic. Cependant, si la source de l’hémorrhagie se trouve vers la région prostatique, il peut , arriver qu’une partie ayant reflué dans la vessie, les urines soient ensuite rendues avec une quantité plus ou moins grande de ce liquide. Dans le cas contraire, qui est de beaucoup le plus commun, voici ce qui arrive pendant la miction.

Le premier jet de l’urine est d’abord fortement teint du sang qui se trouve dans l’urèthre, ou qui a été versé au moment de la première contraction vésicale, puis l’urine sort limpide comme s’il n’y avait pas d’hémorrhagie, et peu de temps après, le sang recommence à s’échapper goutte à goutte par le méat urinaire.

Pendant la sortie de l’urine, la douleur augmente notablement et se change en une cuisson violente ou un sentiment de brûlure; mais ce symptôme ne saurait être attribué à l’hémorrhagie, dans la presque totalité des cas du moins. C’est la déchirure de l’urèthre, qui devient douloureuse lorsqu’elle est en contact avec le liquide irritant qui traverse le canal, et lorsque cette perte survient dans une blennorrhagie, le sentiment de brûlure et de cuisson est, comme on le sait, un symptôme propre à cette affection parvenue à un assez haut degré d’intensité.

Ordinairement l’hémorrhagie ne dure que quelques instants; quelquefois le sang continue à distiller pendant une ou plusieurs heures, mais jamais l’écoulement ne se prolonge de manière à devenir très-inquiétant. Seulement il peut se reproduire plusieurs fois en peu de jours, ce qui exige des moyens assez actifs.

Parfois, ainsi que nous l’avons vu plus haut, l’hémorrhagie s’effectue à la fois au dehors et dans la vessie. Le sang versé dans ce dernier organe peut être en assez grande abondance pour qu’il en résulte un trouble de la miction, et même la rétention d'urine.

§ IEE. — Diagnostic, pronostic.

11 suffit de remarquer que le sang s’écoule goutte à goutte et d’une manière continue, pour que sa source soit reconnue, quand même il refluerait en partie dans la vessie pour être ensuite rejeté avec les urines, ce qui est fort rare. Dansles cas ordinaires, on peut, si l’on a quelque doute sur le siège de l’hémorrhagie, faire

uriner le malade. S’il s’agit d’une hémorrhagie de l’urèthre, on voit l’urine devenir claire après le premier jet, ce cjui n’a pas lieu dans les cas d’hématurie rénale et vésicale, dans lesquelles c’est vers la fin de la miction que le liquide sort plus foncé, et présente assez souvent des caillots. [Dans les cas de traumatisme les plus ordinaires, par exemple ceux dans lesquels l’éraillure de la muqueuse uréthrale est due à des manœuvres pratiquées sur le canal pour satisfaire à des goûts aussi singuliers que dépravés, ou dans le but de mystifier le médecin, le cathétérisme est facile, et donne la démonstration immédiate de la provenance du sang, en amenant au dehors une urine parfaitement limpide.] Le pronostic de l’hémorrhagie de

l’urèthre ne saurait être grave.

§ IV. — Traitement.

Le traitement de cette maladie est nécessairement très-simple, car nous n’avons pas à nous occuper ici des lésions, des lacérations produites par les violences extérieures, ni de la blennorrhagie.

Si cet écoulement est très-peu abondant, il ne faut pas chercher à l’arrêter, car bientôt il s’arrêtera de lui-même, et il pourra en résulter du soulagement pour le malade, quelle que soit la cause qui l’a produit. Dans le cas contraire, on fait une ou deux saignées générales ou locales, s'il y a des symptômes de réaction, puis on commence par envelopper la verge de compresses trempées dans l'eau froide, que l’on peut aussi appliquer sur le périnée, surtout si l’on a lieu de croire que la source du sang est vers la région prostatique. On peut ajoutera l’eau un peu de vinaigre, d'extrait de Saturne , d’eau de Goulard, etc., si la simple impression de l’eau froide paraissait ne pas devoir suffire. De la limonade froide pour boisson, un régime un peu sévère, le cathétérisme si le sang afflue dans la vessie en quantité assez considérable pour gêner la miction, et la position de la tierce complètent le traitement. La verge doit être maintenue relevée sur l’abdomen sans être comprimée; par ce moyen, d’une part, on empêche l’afflux du sang vers le point où l’hémorrhagie a sa source, et, de l’autre, on favorise la formation de petits caillots qui obstruent les orifices d’où il s’échappe. C’est surtout dans les cas de dilacération du canal que cette précaution est nécessaire.

ARTICLE IL

ÉCOULEMENTS BLENNORRHAG IQUES OU AFFECTIONS BLENNORRHAGIQUES

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