BLENNORRHAGIE URÉTHRALE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON
jtjet devient un peu plus volumineux, plus cylindrique, le canal de l’urèthre devien t uun peu plus souple, les granulations que l’on sentait à la face inférieure disparaissent. L’écoulement devient moins épais et plus clair. Les érections deviennent œnoins fréquentes et moins pénibles, et la maladie marche à sa terminaison par [l’amendement graduel de chaque symptôme. Mais quelquefois, sous l’influence dl’un écart de régime ou d’une imprudence quelconque, la maladie, qui était sur Me point de disparaître, reprend son acuité première et repasse par les mêmes (périodes. L’est ainsi que la maladie peut s’éterniser et passer successivement à ll’état subaigu ou à l’état chronique.
§ III. — Marche, durée, terminaison.
La blennorrhagie aiguë est celle qui parcourt la période de progrès à peu (près tout entière. Les érections se remarquent presque dans toutes, peu de bDlennorrhagies sont cordées; quelques-unes seulement présentent celte série de petites tumeurs qui se trouvent à la face inférieure du canal de l’urèthre, ce qui [■constitue la folliculite aiguë. Abandonnée à elle-même, la maladie peut être indéfinie; sous l’influence du moindre écart de régime elle peut passer à l’état aigu La période de progrès dure de un à deux septénaires, la période de déclin est »lus longue, mais, en moyenne, une blennorrhagie abandonnée à elle-même dure urne quarantaine de jours, bien traitée, une vingtaine de jours, rarement trente.
Blennorrhagie subaigu». — Elle s’observe plus particulièrement chez ceux Hui ont déjà eu la blennorrhagie aiguë. Mais elle peut survenir d’emblée chez ceux qui n’en ont jamais été atteints. Elle est caractérisée par les mêmes phénomènes que ceux de la blennorrhagie aiguë, mais moins prononcés. La douleur urinant est moins vive, l’écoulement moins épais; il y a quelquefois des ‘érections, mais elles sont plus supportables. Tandis que la blennorrhagie aiguë mrrivait rapidement à son summum d’intensité pour décroître avec une rapidité proportionnée, la blennorrhagie subaiguë, au contraire, débute mollement. La période ascendante comme la période descendante sont moins rapides. Elle marche vers aa résolution plus aisément que l’aiguë.
Toute blennorrhagie aiguë passe, avant de finir, par la période subaiguë. Elle ù’a que deux terminaisons : la résolution et le passage à l’état chronique.^
Avant de dire quelques mots de ce dernier, notons quelques variétés que peut présenter la blennorrhagie aiguë au point de vue de l ‘écoulement. Il v en a sous ce dernier rapport, de trois espèces : les séro-muqueuses, les séro-sanguinolentes itt les sèches.
Blennorrhagies séro-muqueuses. — Sans doute, toute blennorrhagie commence par se traduire par un écoulement séro-muqueux, qui ne tarde pas à ldevenir muco-purulent. Mais il peut arriver que, sous l’influence d’injections nnopportunes, l’écoulement devienne séreux et fasse, sur le linge, des taches qui 'i’empèsent comme de l’amidon, tout en conservant les caractères de la blennor- I liagie aiguë, au point de vue de la douleur.
Blennorrhagies séro-sanguinolentes. —II ne peut être question ici de l’écouesment de sang qui accompagne la cystite et que l’on voit se déposer au fond dû iase, qui accompagne le coït ou les érections pendant telle ou telle période de la
maladie, ni encore (le celle hémorrhagie qui suit habituellement la rupture de la corde. Il s’agit d’un écoulement séreux strié de sang. Celte forme, qui, comme la précédente, n’est que transitoire, est ordinairement le résultat d’injections intempestives au nitrate d’argent, surtout à des doses immodérées.
Enfin, les blennorrhagies sèches existent bien réellement, non pas celles qu’a décrites Astruc, et que repoussent avec raison Belhomme et A. Martin (1); car celles-là ne sont qu’une dvsurie causée par un agent quelconque d’irritation du canal. Mais il y a des moments où la blennorrhagie aiguë, malgré le traitement le mieux combiné, cesse, en tant qu 'écoulement, sans que la douleur en urinant soit amoindrie. C’est à cette variété que le nom de blennorrhagie sèche convient parfaitement, car il y a toujours inflammation du canal, mais inflammation sans écoulement, inflammation qui peut céder à la continuation du traitement. D’autres fois, sous l’influence de ce dernier, la blennorrhagie redevient humide.
Blennorrhagie chronique. — La blennorrhagie chronique est caractérisée par l’absence de la douleur ; tout au plus dans l’érection, on sent en un point du canal comme un petit déchirement. L’écoulement est quelquefois très-abondant, franchement purulent ou muco-purulent, d’autres fois peu marqué. Chez beaucoup de malades même, il ne s’aperçoit que le matin sous forme d’une goutte blanche. Cet écoulement est plus abondant si le malade n’a pas uriné depuis longtemps. Belhomme et Martin, dans leur livre (2), disent que l’écoulement, qu’ils appellent blennorrhée avec la plupart des auteurs, n’est pas contagieux. C’est là une assertion plus facile à émettre qu’à justifier, ainsi que le prouve cette observation de AVarlomont, de Bruxelles (3), qui a inoculé avec succès à l’œil du muco-pus emprunté à une blennorrhagie uréthrale cpii datait depuis plus de quatre mois. Rollet voudrait qu’on fît une distinction entre la blennorrhagie chronique et la blennorrhagie qui porte encore le nom de goutte militaire , ou suintement habituel du canal. Pour nous, nous ne pensons pas que les motifs allégués par le chirurgien de Lyon soient suffisants pour tracer une ligne de déniai cation h gitime . Nous donnerons donc le nom de blennorrhagie , avec la plupart des auteurs, a la blennorrhagie chronique, tout en reconnaissant, comme Rollet, qu il j a un écoulement symptomatique, des rétrécissements commençants.
Quant au suintement habituel, il existe en effet, mais ce n’est plus un étal pathologique, c’est tout simplement la sécrétion normale des glandes de l’urèthre, qui se trouve exagérée à la suite des excitations pathologiques des organes génitaux pendant le courant de la maladie. Ce liquide est clair, transparent, malgré son abondance, et c’est celui-là qui n’est pas contagieux et qui, pour cette raison, peut rentrer dans le cadre des affections blcnnorrhoïdes.
Baumès {h) a insisté sur le siège de la blennorrhagie chronique, qu’il place duns les parties profondes du canal, rarement à là fosse naviculaire. La maladie trouve un refuge dans les glandes de Cowper, ou les lacunes de la prostate , d’où il est si difficile dans certains cas de la déloger.
Elle est souvent entretenue par un rétrécissement, occasionné lui-même par une
(!) Belhomme et Martin, Pathologie syphilitique et vénérienne. Paris, 1803.
(2) LL, ihid., p. 527 .
(3) Warlomont, loc. cit-, p. 96, obs. XXI.
(4) Baumès, loc. cit.