COMPLICATIONS OE LA BLENNORRHAGIE
gueuse, qui suppure toujours; du reste, la blennorrhagie qu’on a là sous les eux, avertira suffisamment le praticien de la nature de l’inflammation lymphaiique. Le traitement consiste à envelopper la verge dans des compresses imbibées ee liquides résolutifs : l’eau blanche, une solution légère d'alun, de sulfate de zinc, uu de sulfate de fer. Ces moyens n’empêcheront pas de traiter concurremment la l'icnnorrhagie uréthrale par les remèdes appropriés.
l'hk-gcBum et »i»cès péri-uréthi'aux. — Signalés par tous les auteurs qui ont u écrit sur blennorrhagie, ils ont élé particulièrement étudiés par un élève de iiieord, Ch. Hardy (1). Ces abcès siègent particulièrement vers le frein, où ils sonl luelquefois gros comme une petite cerise; vers le bulbe, où ils simulent la forme 'une raquette dont le manche serait en arrière. Ils se forment à la période aiguë ee la blennorrhagie ; le malade en est prévenu par une douleur en un point fixe du aanal. La suppuration est très-rapide. Ces abcès, abandonnés à eux-mêmes, s’ourrent fréquemment dans le canal et occasionnent ainsi un cul-de-sac qui peut conner lieu à des infiltrations urinaires.
Le praticien devra ouvrir de bonne heure, lors même qu’il sentirait difficilement ai fluctuation, et placer une mèche. Si l’abcès s’était déjà ouvert, il ferait une oontre-ouverture (voy. les traités de chirurgie).
Folliculite uréthrale. — Au premier degré, elle est constituée par des granulations que l’on sent sous la fosse naviculaire dans la période aiguë de la blennorlihagie. C’est l’inflammation des sinus de Morgagni. Au deuxième degré, ces glandes Levienncnt probablement le siège des phlegmons et abcès péri-urélhraux que nous wons signalés précédemment. La folliculite uréthrale a été mieux étudiée à l’étal I bionique. Lorsque la blennorrhagie uréthrale passe à l’état chronique, elle se réfugie dans les glandes, d’où elle donne lieu à une blennorrhée difficile à atteindre. ))ans ces cas, certaines glandes peuvent être oblitérées par suite de l’inflammation, tomme l’avait déjà noté Morgagni. Les abcès folliculaires, selon Hardv, sont mne conséquence de cette blennorrhée glandulaire. Mais d’autres fois l’oblitération Le l’orifice de ces glandules donne naissance à de véritables kystes gros comme un t uis, qui ne s’ouvrent pas dans le canal et que le chirurgien peut inciser comme une loupe du cuir chevelu; il peut même se contenter d’enlever une portion de ai coque fibreuse et livrer le reste à la suppuration.
Cowpérite blennorrhagique. — En 18Ù9, dans une thèse inaugurale (T) |iui fit époque, Gubler décrivit l’inflammation des glandes bulbo-uréthrales, découvertes par Méry eu 178à, et mieux étudiées par Cowper, quelques années plus aurd. Ces glandes ont conservé le nom de Cowper, qui regardait leur inflammation <omme une complication de la blennorrhagie. Ce sujet a été étudié depuis par limiter ( loc . cit.), B. Bell ( loc . cit.); mais les travaux de ces auteurs étaient 'empiétement oubliés, lorsque parut le remarquable travail de Gubler sur cette p uestion.
§ I. — Causes.
L’inflammation des glandes bulbo-uréthrales, ou cowpérite, reconnaît générale* ment pour cause l’extension de l’inflammation blennorrhagique, extension qui
(1) Ch. Hardy, Mémoire sur les abcès blennorrhagiques. l'aris, 18G4.
(2) Adolphe Gubler, Des glandes de Méry ( vulgairement glandes de Cowper) et de leurs laladies chez l’homme , thèse de l'aris, 1849, u° 172,
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pont être favorisée par les excès. Toutefois, celle inflammation peui èlre aussi observée à la suite des excès de coït, à la suite du cathétérisme, de l’exercice de l’équitation ou de rétrécissements uréthraux anciens. C’est une complication rare fie la blennorrhagie. On a remarqué que la maladie siégeait plus particulièrement à gauche.
§ II. — Symptômes.
C’est, en général, du troisième au quatrième septénaire que la complication débute. C’est d’abord une tension douloureuse au périnée, dans la région bulbaire, puis la douleur devient lancinante. Les jours suivants, l'inflammation se propage au tissu cellulaire environnant, le gonflement augmente, devient diffus; enfin une tumeur apparaît, arrondie, résistante, très-sensible à la pression. La peau rougit et perd sa mobilité; la tumeur devient rapidement fluctuante, et le pus peut s’échapper au dehors.
Si l’on a trop attendu avant que l’ouverture se produise, l’inflammation peut gagner la racine des bourses, mais elle trouve une barrière sur la ligne médiane parle raphé médian, et en arrière par l’aponévrose moyenne, et forme ainsi comme une tumeur surajoutée à la première.
La miction et la défécation sont rarement gênées; cependant on en a cité des exemples.
L’abcès s’ouvre le plus souvent à l’extérieur, rarement dans l’urèthre. Si cet accident survenait, il faudrait se hâter de faire une contre-ouverture.
L’abcès se forme dans l'espace d’un septénaire en moyenne.
Dans les cas simples, quelques jours suffisent pour faire cicatriser l’ouverture (pii a donné issue au pus.
§ III. — Diagnostic, pronostic.
• Lorsqu’il y a blennorrhagie, le diagnostic est facile, quand l’inflammation est limitée à la glande; mais lorsque l’inflammation dépassera ces limites, son siège précis entre l’aponévrose moyenne et le raphé, la marche de la maladie, suffiront à la distinguer d’un abcès urineux.
§ IV. — Traitement.
Dès le début, antiphlogistiques énergiques, 15 à ‘20 sangsues au périnée, cataplasmes émollients, onctions résolutives. Aussitôt qu’on soupçonnera la présence du pus, ouvrir immédiatement pour prévenir, soit l’extension de l’inflammation aux tissus périphériques, soit l’ouverture possible de l’abcès dans le canal.
Pros utile blennorrhagique et orcliltc blcnnorrhugiquc. — L’histoire (le ces deux graves complications de la blennorrhagie a été exposée, aux articles Maladies de la prostate (vov. p. 649, Prostatite aiguü), et Maladies du testicule (voy. p. 660, Orchite AIGU K), où leurs caractères ont essentiellement servi de type à notre description, en raison de la fréquence et de l’importance de ces deux espèces morbides.
Aux indications thérapeutiques que nous avons données, nous ajouterons les suivantes qui complètent le traitement spécial de l’orchite blennorrhagique.
Si le cordon reste engorgé, il faut avoir recours aux vésicatoires volants que l’on applique après avoir préalablement rasé les poils de la région. Quand le vésicatoire