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A LA FEMME

Les écoulements pathologiques des organes génitaux de la femme se divisent, comme ceux de l’homme, en écoulement contagieux et écoulement non contagieux. Nous ne devons, en ce moment, ne nous occuper que des premiers, qui constituent, à proprement parler, là blennorrhagie génitale de la femme.

La blennorrhagie peut avoir pour siège le canal de l’urèthre et le conduit vulvo-utérin, mais habituellement il n’y a qu’une partie atteinte; d’autres fois l’inflammation blennorrhagique passe de l’une de ces parties à toutes les autres. Nous étudierons successivement la blennorrhagie vulvaire , la blennorrhagie uréthrale, la blennorrhagie vaginale , la blennorrhagie utérine / puis nous passerons à l’histoire des complications spéciales de la femme.

a. — Blennorrhagie vulvaire ou vulvite.

La vulvite blennorrhagique peut être aiguë ou chronique, générale ou partielle. Lorsque l’inflammation est superficielle, elle pousse les malades à rechercher le coït ou à se livrer à la masturbation; il n’existe alors qu’une tuméfaction légère des grandes et des petites lèvres, la muqueuse est plus ou moins rouge, il s’écoule de sa surface un liquide séreux. Si l’inflammation est plus profonde, la muqueuse est très-rouge, gonflée, quelquefois excoriée. Les glandes qui se trouvent à la face interne des grandes lèvres et autour du clitoris se groupent et proéminent, leur couleur jaune tranche sur le fond rouge de la muqueuse enflammée. Leur sécrétion est exagérée et fournit un liquide d’une odeur repoussante. Les glandules des petites lèvres prennent aussi part à l’inflammation, elles deviennent proéminentes et donnent à la muqueuse des petites lèvres un aspect chagriné. Les petites lèvres s’œdématient et paraissent comme étranglées à leur base, ce que M. Culleriçr compare au paraphimosis de l’homme (1). « La muqueuse, disent Belhomme et Martin, fortement congestionnée, est tuméfiée, comme fongueuse; elle est d’un rouge très-vif, et cette rougeur présente ce caractère particulier qu’elle est beaucoup plus prononcée à la face interne des petites lèvres, au point où les glandes sébacées forment comme un véritable pavé, et qu’elle s’arrête brusquement aux limites du vestibule, qui ne possède aucune glande en grappe sébacée. Les petites dépressions delà muqueuse, culs-de-sac ou cryptes, qu’on a décrites sous le nom de follicules mucipares et qui s’ouvrent au vestibule, au méat et au voisinage de l’orifice vaginal, s’ulcèrent en même temps et sécrètent le pus qui s’accumule dans leur cavité (2). »

Chez les personnes grasses, et qui ne prennent pas certains soins de propreté, il survient un intertrigo causé par le contact du pus; on voit apparaître quelques phénomènes généraux, lorsque l’inflammation est excessive. Les glandes vulvovaginales peuvent se prendre et devenir le siège d’abcès, complication que nous retrouverons dans un instant.

(1) Cullerier, toc. eit., p. 195.

(2) Belhomme et Martin, Traité pratiqua et élémentaire de pathologie syphilitique et vénérienne. P aris, 1864, p. 607.

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Si la maladie est traitée, elle peut durer de deux à trois septénaires ; mais pour peu qu’on la néglige, elle passe à l’état chronique.

L inflammation se limite alors. Il n y a ni tuméfaction, ni rougeur, ni douleur vive ; elle est ordinairement liée a une débilité marquée de l’organisme. La muqueuse prend une teinte violacée, les glandes sébacées s’en distinguent par un piqueté muge. L écoulement est moins épais et plus abondant que dans l’uréthrite aiguë. Les végétations naissent surtout chez la femme à l’occasion dé la blennor- 1 liagie \ ulvaire chronique. L écoulement semble se fixer à la longue dans deux glandules signalées par Alph. Guérin (1), et qui se trouvent de chaque côté de 1 orifice du canal de 1 urèthre. Il sort de ces glandules une gouttelette de pus qui est comme l’analogie de la goutte militaire chez l’homme.

b. — Blennorrhagie uréthrale.

Les auteurs sont partagés sur la question de savoir si la blennorrhagie uréthrale est fréquente ou rare. Elle est plus commune qu’on ne le croit. C’était déjà l’opinion de Bell. La blennorrhagie uréthrale existe quelquefois seule, d’autre fois associée à d autres variétés. Le canal de l’urèthre peut être contagionné directement, malgré l’avis de Swediaur ; il peut l’être aussi par continuité. La maladie s’annonce par un léger prurit du méat et du canal, puis une douleur, une cuisson, une chaleur ardente, accompagnent chaque émission de l’urine. Le muco-pus blennorrhagique ne tarde pas à être produit le long des parois du canal de l’urèthre. Chez les personnes dont le méat est large, on peut constater directement la couleur très-rouge de la muqueuse uréthrale. Tantôt l’inflammation gagne toute la longueur du canal, qui est très-court, et amène une cystite ; tantôt la moitié antérieure seule est envahie ; dans quelques cas, la maladie passe à l’état chronique.

Les douleurs qu’occasionne la miction disparaissent presque complètement. L’écoulement diminue et les malades le confondent avec les flueurs blanches dont elles peuvent être atteintes. Beaucoup de femmes finissent par ne plus éprouver de douleur, et il faut une grande attention pour reconnaître la maladie, et ne pas laisser échapper dans l’examen quelques gouttes de muco-pus dans un canal court et fréquemment balayé par l’urine.

Pour cela, il faut soigneusement enlever, avec des boulettes de charpie, le pus qui baigne le pourtour du méat, et presser celui-ci, lors du moment de la miction, d’arrière en avant et de haut en bas, en ayant soin de comprimer le canal contre l’arcade pubienne. On devra réitérer cet examen plusieurs fois , s’il en est besoin, et toujours à une époque éloignée de la miction.

c. — Blennorrhagie vaginale.

C’est la plus fréquente des manifestations blennorrhagiqnes de la femme.

Chaleur, cuisson et brûlure, sont les sensations qui caractérisent cet état, de même qu’une couleur rouge vive, pouvant aller jusqu'au violet foncé, et un écoulement successivement muqueux, muco-purulent et enfin franchement purulent, en sont les symptômes objectifs. Lorsqu’ils sont très-aigus, quelques symptômes généraux, fièvre, etc., peuvent se manifester en même temps.

Les symptômes sont d’autant plus accusés que la maladie est plus générale. On comprend combien la marche peut, comme dans les variétés blennorrhagiques (1) Alph. Guérin, Maladies des organes génitaux externes de la femme. Paris, 186Û, p. 307.

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