BLENNORRHAGIE UTÉRINE
reproduit ici fermé, cl ouvert. Il se. compose essentiellement (le deux quadnlalères formés par des liges métalliques polies et aplaties de 6 millimétrés de large sur 10 à 12 centimètres de long. Ces quadrilatères interceptent un espace de a même forme, de même longueur, sur 3 centimètres de large environ. Tiois t es angles de ce quadrilatère sont arrondis, le quatrième se continue avec le manc îe qui le supporte. Chacun de ces quadrilatères se continue ainsi avec une tige métallique terminée elle-même par une poignée de bois. Les deux tiges métalliques,^ dont la réunion forme le manche, sont réunies par une vis à pivot qui sert a user l’ouverture que l’on veut donner au spéculum. Lorsque celui-ci est ferme, cestà-dire lorsque les quadrilatères sont appliqués l’un contre l’autre, comme, par exemple, au moment de l’introduction, un des manches est îcctilignc a\ec e qua drilalère qu’il supporte et dans le même plan que lui; tandis que lautii oimi avec son quadrilatère respectif un angle obtus ouvert en dehois.
Lorsque l’instrument est ouvert, comme on le maintient en pressant sur e manche qui forme avec la tige métallique un angle obtus en dehois, on déplisse < vagin, et le col vient se placer entre les extrémités utérines des deux quadi i-
latères. . •
Ou retire l’instrument ouvert, afin d’inspecter complètement es paitics ma
lades. .
Lorsqu’on introduit le spéculum à valves, le muco-pus vaginal se répand sut ses parois ; et quand on arrive au cul-de-sac postérieur du vagin, où s’accumulent les matières sécrétées , l'abondance du pus est quelquefois considérable , et i s’écoule à flots.
La vaginite blennorrhagique présente surtout chez les femmes enceintes une variété qui consiste en ce que la muqueuse offre des granulations t res-rouges qui ne s’ulcèrent pas, et qui surnagent au milieu du pus qui s’écoule des parties malades. C’est ce que Deville a appelé vaginite granuleuse (1), et avant lui Ricord (2) avait dénommé cet état psorélitrie. Ces granulations ont le volume d un grain de millet; on est indécis sur leur caractère anatomique; elles sont très-
tenaces. t ,
La vaginite a une marche envahissante. Lorsqu elle s éteint, elle se îéfugic et st
limite dans le cul-de-sac postérieur, ou elle échappe à un œil inaltenlif.
d. — Blennorrhagie utérine.
La blennorrhagie utérine occupe le plus souvent la muqueuse du museau de tanche. Lorsqu’on a soin d’enlever le pus avec une boulette de charpie, on \oi( la muqueuse d’un rouge vif, quelquefois parsemée de granulations s’il existe une vaginite granuleuse, ou bien elle est excoriée. Cette surface sécrète du muco-pus. La maladie peut être limitée au museau de tanche; mais quelquefois elle gagne le col, et l’on voit que la suppuration vient surtout de ce côté : la maladie peut meme atteindre la muqueuse du corps. La blennorrhagie utérine ne peut être reconnue que par l’examen au spéculum. Elle peut être gagnée directement ou par propagation de l’inflammation, et ce sont probablement ces blennorrhagies de la cavité
(1) Deville, De la vaginite granuleuse {Archives générales de médecine. Paris, 1840, t. V).
(2) Ricord, Journal des connaissances médico-chirurgicales , 1883, et Clinique iconographique de l’hôpital des Vénériens, 1851, pl . XL1I, p. 9.
maladies des voies g énito-u h i n a i fi es.
du roi ou du corps qui donnent le plus de chaudepisses ; car h l’état chronique,- cet écoulement ne perdant pas ses propriétés contagieuses, les femmes qui en sont affectées ne s en doutent pas, tant la douleur est diminuée.
Du reste, elles attribuent à leurs flueurs blanches les taches qui viennent maculer leur linge. La maladie, après s’être étendue en surface s’étend en profondeur, peut atteindre 1 épaisseur du col, et même l’épaisseur du corps de l’utérus.
§ L — Diagnostic, pronostic.
Diagnostic. Ce qui servira surtout à distinguer la vul vite blennorrhagique de la vnlvite simple , c’est la connaissance des antécédents, car, il faut bien l’avouer, le diagnostic peut être quelquefois difficile. Cependant la rougeur des parties, l’abondance de l’écoulement, serviront surtout à établir le diagnostic. Quant à celui de la vaginite blennorrhagique, il faut, comme pour la variété précédente, remonter aux causes pour l’établir. On sait que les violences extérieures peuvent être la cause de vaginites simples plus ou moins inflammatoires, mais moins purulentes.
L’uréthrite, qui a une cause autre que la blennorrhagie, est rare chez la femme, car la plupart des causes de vulvite et de vaginite simple ont peu de prise sur l’urèthre de la femme. Sachant, d’autre part, que l’uréthrite blennorrhagique est fréquente, ce sera là un moyen de diagnostic. L’urèthre, par sa position, échappe aux violences extérieures qui portent leur action sur la vulve ou le vagin.
La blennorrhagie utérine ne sera pas confondue avec le catarrhe utérin , car ce dernier produit un liquide blanc, filant, tachant le linge comme l’amidon; à l’état aigu, il s’en rapproche davantage, cl le diagnostic est souvent impossible. Insister sur les commémoratifs.
Pronostic. • — La blennorrhagie de la femme est moins grave (pie celle de l’homme; il y a moins de complications.. Si la maladie chez elle passe à l’état chronique , cela tient plus à l’incurie des malades qu’à l'opiniâtreté de la maladie ellemême.
Si les surfaces malades sont plus étendues chez la femme que chez l’homme, elles sont aussi plus accessibles à nos moyens médicaux.
La blennorrhagie vulvaire est la moins grave de toutes, mais elle devient la plus longue, lorsque les deux glandes annexées à l’urèthre sont affectées par la maladie. L’inflammation des glandes vulvo-vaginales, qui arrive quelquefois, n’a pas les inconvénients des abcès péri-uréthraux.
La blennorrhagie vaginale est sérieuse, à cause de la grande étendue des surfaces malades, et de la difficulté de les bien atteindre, ce qui permet à la maladie de passer à l’état chronique. Lorsque le casse présente, la maladie se réfugie dans les culs-de-sac du vagin.
La blennorrhagie uréthrale est de beaucoup moins grave que celle de l’homme ; le canal chez la femme est en outre plus court, plus rectiligne, plus large, plus accessible aux instruments et aux topiques qui ont sur lui une action si complète et si heureuse.
La blennorrhagie utérine est la plus fâcheuse, parce que c’est celle qui est le plus exposée à passer à l’état chronique; de plus c’est celle, où la plus grave des complications peut s’observer, la pelvi-péritonite.
BLElVNOKUHAÜIE ITÉKIJNE. — I KAITEMENT. 7Ô9
La terminaison. par suppuration, quoique observée par Vidal (de Cassis), est fort rare, mais du moment qu’elle est possible, elle rend le pronostic fâcheux.
§ II. — Traitement.
La première condition que l’on doit imposer aux malades est le repos, car la marche a pour résultat le frottement des surfaces muqueuses, qui est une source d’irritation entretenant la maladie.
L’isolement des surfaces est une condition importante de la guérison. Elle sera rendue plus efficace par les absorbants de diverse nature qui sont à la disposition du médecin : charpie, linges fins, poudre de riz, de lycopode, de sous-nitrate de bismuth, etc.
Se souvenir que si la vulvite coexiste avec une vaginite, les remèdes employés sont nuis si le traitement n’est pas porté sur les parties affectées plus profondément.
Le traitement de la vulvite blennorrhuyique consiste dans la cautérisation par le nitrate d’argent.
J. ltollet conseille les attouchements avec la solution suivante :
'if Nitrate d’argent . . 10 ou 20 cenligr. [ Eau 30 grain.
Belhomme et Martin préfèrent la solution suivante :
Nitrate d’argent 1 gram. | Eau 100 gram.
A la période la plus aiguë les onctions avec des corps gras, cérat simple ou opiacé, pommade au beurre de cacao ou à l’extrait dejusquiame, trouveront leur indication, mais devront être laissées aussitôt que cette période très-aiguë sera passée.
Dans la forme chronique ne pas oublier les indications d’un traitement général variable avec la constitution du sujet.
Si la maladie se réfugiait dans les follicules, Belhomme et Martin se sont bien trouvés d’injecter une solution de nitrate d’argent au moyen de la seringue de Pravaz. Feu Alphonse Robert, chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Paris, introduisait une lame de ciseaux dans la cavité malade, la coupait et cautérisait au nitrate d’argent solide. Ces traitements ramènent l’état aigu plus facile à guérir que les écoulements chroniques.
La blennorrhagie vulvaire doit être traitée par les mômes moyens. On peut essayer sur elle le traitement abortif avant d’en venir au traitement curatif.
Le traitement abortif n’a pas donné d’excellents résultats, surtout entre les mains de Cullerier (1) qui l’a expérimenté à Loureine. A faibles doses, l’effet est nul; à fortes doses, il provoque des accidents sérieux. Le traitement curatif sera donc celui (pie le médecin sera le plus souvent appelé à mettre en pratique. L’indication principale est d’isoler les surfaces; on peut y arriver par des moyens divers.
llourmann (2) eL surtout Ricord ont insisté sur l'isolement qu’on peut obtenir au moyen du tamponnement avec la charpie. Demarquay (3) et Richard se servent de
(1) Cullerier, Des affections bleu norrhagiques , p. 213.
(2) Hourmann, Journal des connaissances médico-chirurgicales, juillet 1840.
(3) Truité de lu glycérine.
tampons trempés dans un glycérolé de tannin. Ces tampons peuvent être enduits de pommades médicamenteuses diverses dont le principe est plus ou moins
astringent.
Il est bien entendu que toutes les fois que la maladie s’accompagnerait d’une réaction intense, on aurait recours aux antiphlogistiques: repos, grands bains, tisanes délayantes, application de sangsues.
Dans les cas de vaginite chronique les bains froids de rivière, les bains de mer, les bains sulfureux, pourront être tentés avec fruit. Enfin dans des cas qui désespèrent le malade et le médecin, on peut recourir, en désespoir de cause, à un moyen usité à Saint-Lazare et que nous reproduisons textuellement du livre de L. Bclhomme et Aimé Martin (1).
« L’un de nous a vu employer à Saint-Lazare pour le traitement de la vaginite chronique un procédé un peu énergique que nous 11e saurions assez recommander pour les cas où ont échoué tous les moyens locaux et généraux. O11 fait pénétrer dans le vagin un spéculum plein, de verre ; lorsqu’il est introduit, on élève le sié"c de la femme au moyen de coussins et l’on verse dans le spéculum environ 30 ou h 0 grammes d’une solution de nitrate d'argent (sel et eau distillée à parties égales). On retire lentement l’instrument en barbouillant avec un balai de charpie les parois depuis le col jusqu’à la vulve. Cette méthode est certainement douloureuse, mais elle est presque toujours suivie de guérison, à la condition qu’elle soit bien appliquée. » Nous ajouterons qu’après l’emploi du nitrate d’argent les attouchements avec des solutions cathérétiques ou astringentes sont une bonne chose et hâtent la guérison.
Le traitement de la blennorrhagie uréthrale de la femme repose surtout sur les injections avec des solutions de nitrate d’argent, mais à des doses doubles ou triples que les injections employées pour l’urèthre de l’homme:
^ Nitrate d’argent, de 5 à 10 centigr. | Eau 30 grain.
On peut dans certains cas introduire dans le canal le crayon solide de nitrate d’argent et le retirer rapidement. O11 comprend combien doit être énergique une pareille cautérisation; le même moyen peut être utilisé pour la blennorrhagie uréthrale chronique. Si la maladie s'était fixée dans les deux glanditles signalées par \lph. Guérin à l’entrée du canal de l’urèthre, 011 peut les injecter avec une seringe à canule très-fine comme celle d’Anel, et au moyen d’une solution plus ou moins forte de nitrate d’argent. Le traitement de la blennorrhagie utérine consiste dans les moyens suivants: repos, grands bains, introduction du spéculum deux fois la semaine et cautérisation au nitrate d’argent; si la maladie occupe la
cavité du col, introduction du crayon dans la cavité.
Vidal de Cassis (2), conseillait les injections dans la cavité utérine. Il mettait dans 1 . col une canule de gomme ou de verre, d’un tiers moins grande qu’une canule ordinaire, et injectait d’un seul coup 10 à 20 centigrammes de nitrate d’argent lü0 grammes d’eau. Alph. Guérin se sert d’une seringue à doubles parois, de mile sorte que le liquide puisse refluer entre les deux parois de la seringue. Le
m Belhommc et Martin, Traité pratique et élémentaire de pathologie syphilitique et véné- Paris 186Û, p. 618.
r*(2) Vidal (de Cassis), Traité des maladies vénériennes .