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RÉTRÉCISSEMENT DE L’INTESTIN

Le rétrécissement de l’ intestin est extrêmement rare à Y état de simplicité, c’est-à-dire en l’absence d’une affection cancéreuse ou d’une ulcération tuberculeuse. Quelques auteurs cependant affirment en avoir observé des exemples, et suivant Krisch et Valther (2), cités par les auteurs du Compendium, il y aurait des rétrécissements intestinaux dus à la brièveté, à Y inertie, à la stupeur des fibres charnues, à Y ad striction, à Y hypertrophie et au spasme. L’existence de ces diverses espèces n’est nullement démontrée.

Suivant S. Laugier, les rétrécissements du rectum, organe dans lequel se rencontre particulièrement cette lésion, peuvent être le résultat d 'engorgements pro-

(1) Bizot(de Baume), Bulletin de la Société de médecine de Besançon , 1845.

(2) Krisch et tValther, Dissert, de intest, angust. Leipzig, 1731 .

MALADIES DES VOIES DIOESTIVES

duils par la syphilis constitutionnelle , de brides formées par l’induration du tissu sous-muqueux, et, dans d’autres cas, de cloisons avec ouverture centrale étroite, disposition rapportée encore à la syphilis par A. Bérard et Maslieurat-Lagémard (1). On voit, par ce petit nombre de renseignements, combien nous sommes peu instruits sur le rétrécissement simple de l’intestin. Quelquefois on a trouvé un rétrécissement congénital qui se rapporte à une des espèces admises par Kiiscli et Walther, c’est-à-dire à celle qui consiste dans la brièveté des fibres.

Le rétrécissement du rectum est le seul qui soit accessible au traitement. C’est de lui qu’il s’agira principalement dans cet article, qui, à cause du peu de données que nous avons, ne comporte pas de grands détails.

Les symptômes du rétrécissement intestinal sont une constipation plus ou moins opiniâtre, parfois suivie d’une diarrhée abondante, résultat tardif des purgatifs employés à haute dose pour provoquer la défécation. Nous devons encore noter le volume , la tension du ventre au-dessus de l’obstacle; le ballonnement; l’apparition, sur les parois de l’abdomen, de bosselures produites par les anses intestinales ; le hoquet , des nausées , des vomissements alimentaires ou bilieux. Enfin l’appétit est perdu, les digestions deviennent lentes, difficiles : le malade tombe dans la consomption. Lorsque le rétrécissement occupe le rectum, il y a pesanteur vers le périnée et difficulté dans l'émission des urines, dues à la compression de la vessie par les matières fécales accumulées au-dessus de l’obstacle. Si le rétrécissement n’est pas situé trop haut, le doigt fait reconnaître une contraction avec ouverture étroite et bords durs dont il faut toujours rechercher l’existence.

A une époque un peu avancée de la maladie, la constipation devient extrêmement difficile à vaincre. S’il y a encore des selles à des intervalles éloignés, elles offrent ceci de remarquable, que les matières rendues ont un très-petit diamètre, qu’elles sont rubanées , comme passées à la f libre, qu’elles présentent, en un mot, la forme de l’ouverture rétrécie par laquelle elles ont passé. Plus tard encore, toute excrétion est suspendue, le ventre devient énorme, Y anxiété est extrême, on observe parfois des vomissements de matière fécale, et le malade succombe soit aux progrès d’une péritonite générale, due quelquefois à une rupture de l’intestin, soit aux longues souffrances qu’il a endurées.

Cette maladie est chronique. C’est peu a peu que se manifeste la constipation, qui en est le premier symptôme. Sa durée est indéterminée. Lorsqu’elle n’occupe pas le rectum ou une partie peu élevée de l’S iliaque, on doit la regarder comme mortelle, car nos moyens de traitement ne peuvent ni en arrêter les progrès, ni suppléer à l’arrêt des matières.

Nous avons vu plus haut à quelles causes organiques on doit attribuer l’affection. Corbin (2) s’est attaché à prouver que le rétrécissement était presque toujours la conséquence d'ufie ulcération ; mais l’ulcération est-elle ou n’est-clle pas de nature cancéreuse ou tuberculeuse? C’est ce que l’on ne peut dire d’après les faits qu’il a cités, et dont le plus remarquable Nest celui qui lui a été communiqué par Pagès. Ce médecin a trouvé, en effet, dans un cas observé à la Charité, onze rétrécissements successifs correspondant a autant d ulcérations. Chez les tubeiculeux, le

(1) Maslieurat-Lagémard, Gazette médicale, mars 1839.

(2) Corbin, Observations sur quelques cas d’iléus et sur le rétrécissement de l'intestin {Archives générales de médecine , lrc série. Paris, 1830^ t. XXIV, p. 21é).

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