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ÉTRANGLEMENT INTERNE. — TRAITEMENT

adhérences, on peut noter comme antécédents des péritonites, des grossesses répétées, des entérites ; les brides donnent lien à des accidents brusques, tandis que les adhérences n’arrivent qu’à la longue, par engouement, par accumulation des matières au-dessus du point que l’adhérence immobilise ; la tumeur est plus appréciable, la constipation moins absolue (Savopoulo, Vogler, Bristowe) ; toutefois, ce dernier phénomène n’est pas constant. Les vomissements ont été stcrcoraux dans tous les cas rassemblés par Duchaussoy. — Si la majorité des cas d’adhérence a été observée chez des femmes nubiles, les brides l’ont été chez les hommes depuis sept jusqu’à quatre-vingt-cinq ans ; les brides peuvent être la conséquence d’accidents inflammatoires, ou être congénitales ou se montrer brusquement ; elles donnent lieu à une dilatation de l’intestin au-dessus de l’obstacle, à une tumeur , rendant à la percussion un bruit plus sonore que lorsqu’il y a des corps étrangers, à des vomissements, à une douleur locale, violente au début, se renouvelant sous forme de coliques, à de la constipation. — Si l’étranglement est produit par la hernie de l’intestin à travers une perforation du diaphragme, cela n’arrive, en général, qu’à la suite de contusions à la base du thorax, de plaies; l’auscultation facilitera le diagnostic. — St l’étranglement est dû à d’autres organes normaux ou anormaux situés dans le bassin, tels que foie, rate, hypertrophies, tumeurs, etc., le diagnostic est, en général, assez facile. On peut avoir des renseignements sur le développement ordinairement lent de la tumeur; elle siège habituellement dans le I petit bassin; on explorera le vagin, le rectum, la vessie, les fosses iliaques, et cet ? examen attentif mettra à l’abri des erreurs.

II. — Est-ce sur l’intestin grêle, est-ce sur le gros intestin que porte l’étranglei ment? où siége-t-il? Si l’obstacle existe sur X intestin grêle , les vomissements sont I précoces; le ballonnement du ventre est circonscrit à l’ombilic, les régions des < côlons sont déprimées ; on peut introduire par le rectum environ deux litres de

liquide à l’aide de la sonde ou de lavements. (Cloquet.)

Si l’obstacle existe sur le gros intestin, les vomissements, stercoraux ou non, se i montrent tardivement ; la distension du ventre est générale ; le côlon transverse donne lieu à une saillie au-dessous du rebord des fausses côtes ; les côlons ascendant et descendant se dessinent de chaque côté. Le ballonnement peut être tel qu’il i détermine l’asphyxie, par suite du refoulement du diaphragme. On ne pourra inj jecter qu’une minime quantité de liquide par le rectum. Les deux symptômes, degré et forme du météorisme, sont donc caractéristiques. (Laugier, Bcsnier.)

III. — La troisième question est celle-ci : Quels sont les rapports que la lésion de i l’intestin affecte avec les parois abdominales ? Ici la tumeur et la douleur sont les 1 principaux signes, et leur importance acquiert sa principale valeur sous le rapport ' de la thérapeutique, qui est tout à fait chirurgicale.]

Pronostic. — Le pronostic est excessivement grave. Quelquefois les douleurs cessent assez promptement ; mais que l’on ne s’y laisse pas tromper, tant que le ballonnement persiste, tant que le cours des matières est interrompu, la gravité du pronostic reste la même.

§ VII. — Traitement.

Le traitement a peu d’action palliative. Lorsque les douleurs sont très-vives, on emploie les émissions sanguines, et principalement les sangsues en grand

nombre, ce qui, dans la plupart des cas, a produit du soulagement, mais un soulagement peu considérable et passager.

Les purgatifs doux , et en particulier le calomel, sont les moyens dont l’utilité est le plus incontestable. Dans quelques cas , ils ont suüi pour mettre promptement un terme aux premières attaques, et ont procuré quelque soulagement au début de la dernière. L'eau de Sedlitz , Y huile de ricin à la dose de /i0 à 50 grammes, le calomel à celle de 50 à GO centigrammes, etc., rempliront promptement l’indication.

Tant que l’étranglement n’est pas complet, c’est-à-dire tant que l’oblitération de l’intestin n’est pas parvenue à ses dernières limites, l’emploi du purgatif est .suivi, après quelques coliques, d’évacuations alvines abondantes, et d’un soulagement extrême qui en est la conséquence nécessaire ; mais lorsque l’oblitération est complète, les symptômes sont, au contraire, aggravés. Il survient des coliques violentes et une anxiété très-grande que rien ne peut faire cesser. Ces phénomènes sont faciles à comprendre. Tant qu’il reste encore un passage, quelque étroit qu’il soit, les contractions fortes de l’intestin peuvent vaincre l’obstacle et le débarrasser de matières que l’action des purgatifs a rendues liquides; mais lorsque l’obstacle est infranchissable, les purgatifs n’ont d’autre effet que d’augmenter l’amas des matières et d’exciter les contractions de l’intestin, contractions impuissantes dont tout l’effet est de produire les douleurs violentes et les angoisses dont nous venons de parler.

Dans une affection où l’anxiété et les douleurs sont si vives, il est évident que les narcotiques doivent être employés, et qu’il faut les donner à haute dose. Cette simple indication suffira au praticien. On met également en usage les antispasmodiques; on applique sur l’abdomen des préparations calmantes; en un mot, on cherche par tous les moyens à rendre moins intenses les principaux symptômes; car, il faut le redire, le traitement, lorsqu’il existe un étranglement réel, ne peut être que palliatif.

[Oscar Masson (1) a proposé le traitement de l’occlusion intestinale par l’emploi topique de la glace; ses observations, peu nombreuses, ne sont pas concluantes.

Le traitement d’ailleurs variera selon l’espèce d’occlusion. Pour ce qui a rapport à l’invagination proprement dite, nous renvoyons à l’article suivant qui est le complément de celui-ci. Mais si l’étranglement a lieu par rétrécissement, et si ce rétrécissement siège au gros intestin, à un endroit accessible, on cherchera à obtenir une amélioration par l’introduction de bougies dilatantes, de canules à demeure ; on y joindra les douches ascendantes. Il est évident que si le rétrécissement est occasionné par une affection cancéreuse, le traitement est sans effet; si l’on suppose une affection syphilitique on emploiera le mercure, l’iodure do potassium (voy. tome I, Syphilis); s’il existe un polype accessible aux instruments, on

l’enlèvera.

S’il y a obstruction, on cherchera à débarrasser l’intestin scnce de matières fécales endurcies, on tentera d’abord de

; si l’on croit à la prêles ramollir à l’aide de

( H 0. Masson, De l’occlusion intestinale dans la cavité de l’abdomen , et en particulier de son traitement par l’emploi de la glace, thèse inaugurale. Paris, 2 mars 1857, n° 36.

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