INVAGINATION DE L 'INTESTIN. — TRAITEMENT
.» 3° Lorsqu’aux accidents de l’iléus se joint une dépressibilité normale de la fosse iliaque droite, la présence d’une tumeur du côté gauche, et des mucosités sanguinolentes dans les selles, il est probable que la cause de la maladie doit être rapportée à une invagination du gros intestin. Ces caractères manquent ordinairement, ou du moins varient beaucoup, dans 1 intussusception de 1 intestin gicle.
» U° L’absence de météorisme et les vomissements bilieux, pendant toute la durée de la maladie, sont les signes qui indiquent que l’invagination a son siège dans la partie supérieure de l’intestin grêle. Le ballonnement du ventre et les vomissements stercoraux ne se rencontrent que lorsqu’elle occupe la partie inférieure du tube digestif.
i» 5" L 'intussusception du gros intestin s’accompagne le plus souvent d’accidents inflammatoires promptement mortels (péritonite, ulcération, gangrène) ; celle de l’intestin grêle peut quelquefois ne pas se compliquer d’inflammation ; sa marche alors est lente, et la terminaison funeste est le résultat de l’épuisement du malade.
» L’invagination de l’intestin grêle peut aussi guérir spontanément, car elle offre les conditions les plus avantageuses parla seule terminaison favorable de la maladie, l’élimination des parties invaginées. » ]
§ VII. Traitement.
On a proposé, pour la cure du volvulus, l’administration de matières d’un poids considérable qui, en traversant l’intestin, devaient faire cesser ces plissements anormaux. On faisait avaler des bulles de plomb ou d’or, ou bien on faisait prendre une certaine quantité de mercure métallique; mais cette pratique est aujourd’hui abandonnée. L’anatomie pathologique ayant démontré que c’est, presque toujours le bout supérieur qui s’invagine, il n’était plus possible de persister dans une méthode qui ne peut avoir d’efficacité. On a également proposé, à une époque assez éloignée de nous, d'insuffler l'intestin par l'anus [à l’aide d’un soufflet : cette méthode a réussi dans les cas de Mittchel, de Murphy et de Fox (1). On aura recours aux grands lavements froids, au refoulement avec les doigts, avec un corps solide, au massage, à l’électricité, à la faradisation. La ponction a donné de beaux succès à Boinet , IL Cooper, Piorry, Trincot, Fucbs(2), etc. Elle est plus particulièrement indiquée dans les cas où il y a tympanite abdominale : « L’accumulation énorme de gaz dans la cavité de l’intestin, dit Trousseau (3), en la distendant outre mesure, paralyse la contractilité de sa tunique musculaire. » La ponction donne issue au gaz, fait cesser la distension et rend à l’intestin sa contractilité. Elle se fait à l’aide de petits trocarts explorateurs que l’on enfonce là où le ballonnement paraît le plus prononcé : on peut faire aussi de une à dix ponctions ; elles ne sont ni douloureuses, ni dangereuses : il est important de les pratiquer de bonne heure. Quand le ballonnement a disparu, on donne les purgatifs qui rendent à l’intestin sa contractilité. ]
(1) Mittchel, Nouveau moyen pour guérir V intussusception chez les enfants ( Gazette méd. de Paris, 1838, p. 218). — Fox, Invagination intestinale, emploi de l'insufflation d'air. Expulsion par l’anus de cinq pouces d'intestin. Guérison ( Gazette des hôpitaux, 1839, p. 347).
(2) Fuchs, Hufeland’s Journal, t. IX.
(3) Trousseau, Clinique de l' Hôtel-Dieu, 1865, t. III, p. 203. — Voy. N. A. Labric, De la ponction abdominale dans la tympanite, thèse. Paris, 13 janvier 1852.
MALADIES DUS VOIES DIGESTIVES
Quand ces moyens ont échoué, il reste une ressource, c’est la gastrotomie , (|ui a été proposée dans le but de replacer les intestins dans leur position normale.
Ce n’est qu’à une époque oû l'inflammation s’est emparée des parois intestinales, que le danger devient imminent; que peut alors la gastrotomie? En supposant même que l’on fût appelé à temps, les manœuvres auxquelles on devrait nécessairement se livrer dans l’intérieur du ventre ne sont-elles pas effrayantes ? La gastrotomie, pour les cas de ce genre , est au jourd hui généralement abandonnée. [Trousseau cependant ne paraît pas si exclusif.]
Maisonneuve a proposé Y entérotomie dans un autre but. Rilliet pense que l’on doit y avoir recours. (Voy. page 70.) •
Modérer autant que possible les principaux symptômes et favoriser l’élimination de l’intestin ; contre l'inflammation, diriger principalement la saignée générale , les sangsues en grand nombre appliquées sur la tumeur ; les boisso7is émollientes , les cataplasmes sur l’abdomen, et même les bains. Les narcotiques sont généralement employés pour calmer l’agitation et les douleurs du ventre. De légers laxatifs sont également mis en usage; on n'aura pas recours au x. purgatifs violents , qui donneraient lieu à des contraclions intestinales dangereuses et à un mouvement péristaltique de l’intestin agissant dans le sens de l’invagination.
Delotz (1) a publié deux observations où Y huile d'olive administrée à la dose d’une livre par la bouche, deux fois de suite, en même temps que des lavements avec la même quantité du médicament paraît avoir eu de bons résultats.
Des lavements émollients , ou laudanisés, un repos absolu, un régime trèssévère, compléteront ce traitement, dont le but principal est d’éloigner toutes les causes qui peuvent empêcher la maladie d’arriver au moment où l’élimination de l’intestin doit avoir lieu.
[Lorsqu’il existe une obstruction intestinale, bien assurer le diagnostic de l’accident. Quand la maladie est reconnue, quand le doute ne peut plus exister, qu’il y a vomissements, tension énorme du ventre, absence de toute évacuation alvine, prolongation de cet état pendant plusieurs jours, plus d’une semaine, affaiblissement graduel du malade, mort prochaine, quand tous les purgatifs doux ou drastiques, les bains, les douches, le massage, l’électrisation, n’ont donné aucun résultat, laissera-t-on mourir le malade, ou bien osera-t-on employer un remède héroïque, dernière ressource qui offre encore des chances de succès? Le doute a cet egaid ne nous paraît pas possible.
Si l’obstacle est de sa nature transitoire ; si c’est une bride, un corps étranger ; si, cet obstacle levé, la santé peut reparaître et la vie peut continuer pendant de longues années, une pareille opération est indiquée, absolument nécessaire. Mais les mêmes raisons existeront-elles si la maladie quia donné lieu a 1 accident est un cancer, une lésion organique ancienne et incurable? L’entérotomie pratiquée en pareil cas est aussi justifiée que la trachéotomie chez un phthisique ou un syphilitique ; d’abord empêchez que le malade ne meure de l’accident. La gastrotomie a donné des résultats qui ont dépassé- toute attente, et tenter cette opération chez un
. a \ nplotz Heureux effets de Vliuilc d'olive à haute dose dans deux cas d’accidents se rapportant 'probablement à une invagination intestinale (Revue médico-chirurgicale ,
juillet 1851).