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ARTICLE XVIII. ' HÉMORRHOÏDES

Cette affection se trouve mentionnée dans plusieurs écrits d’Hippocrate (1) : et, jusqu’à la fin du siècle dernier, on a beaucoup écrit sur cette matière. Dans ces dernières années, il faut citer Récamier (2), Montègre (3) et plusieurs articles de dictionnaires, tels que celui de J. Burne (U), celui de Ph. Bérard et llaige- Delorme(5), et celui de Monneret et Fleury (6), quelques recherches originales de Jobert (7), de Blandin, recherches qui portent principalement sur l’anatomie pathologique et les opérations auxquelles les hémorrhoïdes donnent lieu, [puis Amussat (8), Chassaignac (9), Lepelletier (10), etc.].

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On ne saurait plus regarder comme une affection hémorrhoïdale tout écoulement de sang provenant du rectum ; le caractère essentiel des tumeurs hémorrhoïdales est d’être formées par des dilatations variqueuses des veines rectales. Les hémorrhoïdes consistent donc dans des tumeurs sanguines de nature variqueuse, avec ou sans écoulement de sang. Quelques objections se sont élevées contre cette définition : nous les examinerons plus tard.

On a décrit aussi celte affection sous les noms d 'hœmorrhagia intestinorum, Iiœmorrhoisis, fluxus hœmorrhoidalis ; les Italiens lui ont donné le nom de morici, les Espagnols celui d 'almorrana, etc. Quelques auteurs, voulant distinguer les divers états dans lesquels, suivant eux, les hémorrhoïdes peuvent se présenter à l’observation, ont proposé de donner le nom de flux hémorrhoïdale l’hémorrhagie simple de l’extrémité du rectum, d’assigner celui de tumeurs hémorrhoïdales aux tumeurs non fluentes, et de réserver le nom d 'hémorroïdes pour la réunion des tumeurs et du llux sanguin. Cette distinction n’a pas d’importance réelle.

Cette affection est fréquente ; nous allons voir dans quelles circonstances elle se produit le plus communément.

§ Et. — Causes.

L’étiologie de cette affection n’a pas encore été bien étudiée.

1° Causes prédisposantes. — Age. — Cette affection appartient particulièrement à l 'âge mûr. IMais tandis que les uns nient qu’elle puisse se montrer chez les

(1) Hippocrate, Œuvres complètes, trad. par Littré. Paris, 1844, t. IV, Aphorismes, sect. 3 et 6.

(2) Récamier, Essai sur les hémorrhoïdes. Paris, an VIII.

(3) Montègre, Des hémorrhoïdes . Paris, 1817.

(4) J. Burne, Cyclopœdia of practical medicine, t. IV, p. 590, art. Hémorrhoïdes.

(5) Raige-Delorme et P. H. Bérard', Dictionnaire de médecine, art. Hémorrhoïdes, t. XV,

(6) Fleury, Compendium de médecine pratique, t. IV.

(7) Jobert, Traité des maladies chirurgicales du canal intestinal. Paris, 1829.

(8) Amussat, Mém. sur la destruction des hémorrhoïdes internes par la cautérisation. Paris, 1846.

(9) Chassaignac, Leçons sur le traitement des tumeurs hémorrhoïdales par l ecraseur linéaire. 1858.

(10) Lepelletier, Des hémorrhoïdes et de la chute du rectum, thèse de concours, 1845.

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