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HÉMORRHOÏDES. — CAUSES

(compression prolongée des veines (lu rectum détermine seule la dilatation de ces vaisseaux, en s’opposant au retour du sang. Il est vrai aussi que l’on a regardé (Comme favorisant cette dilatation la contusion plus ou moins grande de l’orifice du i rectum au moment où le bol fécal endurci est expulsé avec une difficulté souvent I très-considérable. La première apparition des hémorrhoïdes est presque toujours I précédée d’une constipation plus ou moins opiniâtre.

La compression exercée par l’utérus dans l’état de grossesse, et par les tumeurs occupant des organes voisins du rectum, agit de la même manière, et ces causes, qui font sentir immédiatement leur influence sur l’organe malade, ont été dési—

. gnées, ainsi que la constipation, sous le nom de causes déterminantes directes. Faut-il y joindre les diverses éruptions qui occupent l’anus, les frictions trop • souvent répétées sur cette partie, les lavages trop multipliés, l’introduction des ■ corps étrangers dans le rectum? Si ces derniers étaient volumineux, ils pourraient agir comme les causes précédentes; mais les cas de ce genre sont très-rares, et l’on peut dire que l’existence de ces dernières influences n’est pas suffisamment mise hors de doute. Il en est de même de cette autre cause signalée par tous les auteurs, c’est-à-dire le séjour trop prolongé à la garderobe. Il est évident, d’ailleurs, que la constipation opiniâtre explique ce séjour prolongé, et cette cause suffit seule pour déterminer la maladie.

Quant à X inflammation du rectum, aux fissures de l’anus, à sa constriction spasmodique, au squirrhe , au cancer de cet organe, on est très-peu fixé sur leur influence, et l’on ne peut s’empêcher de penser que, dans un bon nombre de cas, il y a eu des erreurs de diagnostic. L’influence de la dysenterie n’est pas certaine.

Parmi les causes déterminantes indirectes , dans lesquelles les hémorrhoïdes sont symptomatiques , nous citerons d’abord X usage d'un siège percé : la compression circulaire autour du siège serait, dans ce cas, la cause déterminante des hémorrhoïdes ; mais souvent c’est pour éviter la douleur causée par la pression suides hémorrhoïdes déjà formées, qu’on a eu recours à ces sièges. Quelques auteurs sont d’une opinion tout opposée. Cela suffit pour démontrer l’incertitude qui règne sur ce point. L’usage de vêtements trop serrés a-t-il une influence moins douteuse ? Hildebrandt a cité un fait qui paraît appuyer cette opinion.

La marche longtemps prolongée, X équitation, surtout quand on monte à cheval sans selle (Montègre), le cahotement des voitures, les coups violents, les chutes sur le siège, sont aussi rangés parmi ces causes, mais encore sans preuves. Relativement à l’équitation, Montègre a cité Baldinger, Larrey, et ses propres observations, pour montrer combien l’existence de cette cause est hypothétique.

L’usage immodéré des purgatifs , et principalement clc l’aloès, de la rhubarbe, du jalap, des sels neutres, etc. , a pris également place parmi ces causes. On s’est moins fondé, pour soutenir cette opinion, sur l’observation directe que sur une induction tirée du traitement propre à reproduire les hémorrhoïdes supprimées, et qui consiste dans 1 emploi des substances qui viennent d’être indiquées ; mais on il a pas songé qu’autre chose est d’agir sur le rectum déjà occupé par des varices rectales et antérieurement le siège de la fluxion hémorrhoïdaire, et autre chose de produire ces effets sur un rectum sain. D’un autre côté, n’est-ce pas pour combattre la constipation opiniâtre qu’on met en usage ces purgatifs ? et cette constipation ne suffit-elle pas pour faire naître l’affection? L’emploi des suppositoires, des lave- Valleix, 5e édit. . jy 7

ments irritants, des lavements d’eau froide, entre également dans cette catégorie.

On a attribué aux emménagogues une action puissante sur la production des hémorrhoïdes, et l’on a expliqué cette action par des connexions veineuses de l’utérus et du rectum. Mais ce n’est là en définitive qu’une explication, et les faits qu’on a cités, parmi lesquels il faut en distinguer un rapporté par Stork (1), sont loin de mettre la chose hors de doute.

Relativement à l’application réitérée des sangsues à L'anus et à l’usage des pédiluues chauds , nous n’avons encore que des présomptious. On emploie ces moyens, le premier surtout, pour rappeler les hémorrhoïdes supprimées ; mais à cet égard nous pourrions reproduire les réflexions que nous avons faites à propos de l’action des purgatifs.

Mentionnons comme possibles Y impression locale du chaud et du froid , l’orgasme vénérien , et la présence des vers intestinaux dans le rectum.

Les passions tristes , la colère , la nostalgie , dans un bon nombre de cas, ont été le résultat de la maladie commençante et des douleurs éprouvées par les malades, plutôt que leur cause. Ce ne sont donc pas là des causes de la maladie, mais bien des excitants d’un de ses symptômes, ce qui est très-différent

Des maladies ayant leur siège loin du rectum peuvent, par leur action sur la circulation veineuse intestinale, agir comme la constipation elle-même. Les tumeurs des organes abdominaux, et en particulier celles du foie , produisent cet effet. Dans quelques maladies de cet organe, on a néanmoins vu apparaître les hémorrhoïdes, quoique la circulation ne fût pas sensiblement gênée ; mais le fait s’explique trèsbien par la constipation, qui, en pareil cas, est un symptôme de l’affection hépatique.

Nous mentionnerons encore les métastases produites par la répercussion des dartres , par la suppression de la transpiration, etc. Mais un nombre suffisant d’observations exactes et. bien analysées nous manquent.

Restent enfin les hémorrhoïdes critiques. Le nombre des maladies qui, d’après les auteurs, peuvent être jugées par les hémorrhoïdes, est très-considérable ; mais a-t-on bien observé? S’il existe des cas de ce genre, ils sont exceptionnels. Tout le monde a cité à ce sujet le cas de Forestus (2).

C’est à l’observation à faire cesser toutes les incertitudes dont l’étiologie est remplie. En attendant, remarquons que, de toutes les causes, la plus active et en même temps la plus fréquente est une constipation prolongée, quelle qu’en soit

l’origine.

§ HI. — Symptômes.

Suivant Montègre, il y aurait à distinguer dans les hémorrhoïdes deux ordres, huit espèces et un grand nombre de variétés. Les deux ordres sont : 1° les hémorrhoïdes périodiques et régulières ; 2° les hémorrhoïdes anormales et irrégulières. Les huit espèces sont rangées ainsi qu’il suit : 1 0 H. sèches; 2° II. fluentes; 3° H. avec tumeurs ; h° H. avec douleurs; 5° II. avec rétrécissement de l’anus; 6° H. avec ulcérations ; 7° II. avec chute du rectum ; 8° H. avec irritation de la

(1) Stork, Observ. Clin., ann. 7.

(2) Forestus, Observ. ad curât, med., HD- ama..

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