HÉMORRHOÏDES. — DIAGNOSTIC
d’une sanie fétide (Récamier). O11 peut reconnaître par le toucher la surface inégale de l’ulcère ordinairement cancéreux.
Lorsque les tumeurs existent et sont volumineuses et gontlées, il ne saurait y avoir la moindre hésitation. Cependant, si ces tumeurs sont envahies par une inflammation assez vive, on peut se demander si l’on n’a pas affaire simplement à une inflammation du tissu cellulaire de la marge de l’anus. Mais celle-ci n’occupe pas tout le pourtour de l’intestin : elle se manifeste par un point douloureux et induré entre le rectum et la tubérosité sciatique ; la congestion caractéristique n’a pas existé, et cette inflammation n’atteint guère que des tumeurs existant déjà depuis un certain temps, et après plusieurs attaques d’hémorrhoïdes.
Les polypes du rectum peuvent-ils être confondus avec les tumeurs hémorrhoïdales? Les polypes sont plus fermes, ils ne se montrent pas en nombre considérable, ils ne donnent pas lieu à ces alternatives d’intumescence et de flétrissure qui caractérisent les tumeurs hémorrhoïdales.
Lorsque les tumeurs sont endurcies, flétries, et surtout lorsqu’elles sont le siège d’un suintement blanc, par une des causes principalement indiquées, on pourrait les prendre pour des végétations syphilitiques. Mais encore ici la manière dont ces végétations sont survenues, l’absence d’hémorrhagies antérieures, et enfin certaines particularités de forme, comme celle de crête, de chou-fleur, de poireau, etc. , ne permettent pas de rester longtemps dans l’incertitude.
Il n’est pas difficile de distinguer les tumeurs hémorrhoïdales internes formant bourrelet, du cancer du rectum. Outre l’absence des phénomènes des attaques hémorrhoïdales, la dureté du squirrhe, l’absence de séparation des tumeurs, la profondeur à laquelle pénètre la maladie et que l’on peut facilement apprécier, des ulcérations lorsque la maladie est avancée, font reconnaître le cancer.
TABLEAU SYNOPTIQUE DU Di AGNOSTIG.
1° Signes distinctifs du flux hémorrho/dal sans tumeurs appréciables , et de l’entérorrhagie proprement dite.
FLUX HÉMORRHOÏDAL.
Tension de la partie inférieure du rectum.
Tuméfaction de l’anus.
Constipation antécédente.
Pas de tumeur dans l’abdomen.
Pas de signes de cancer ou d’affection typhoïde, de scorbut, etc.
ENTÉRORRHAGIE.
Pas de tension de la partie inférieure du rectum.
Pas de tuméfaction de l’anus.
Souvent pas de constipation antécédente.
Tumeur de l’abdomen dans les cas de cancer.
Signes de cancer, d’affection typhoïde, de scorbut, etc.
2° Signes distinctifs des hémorrhoïdes