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VERS INTESTINAUX

rs intestinaux, et en particulier les ascarides lombricoïdes, sont lesentozoai-

Paul Gervais et Van

ASCARIDES LOMBRICOÏDES.. — DÉFINITION. 123

1° ASCARIDES LOMBRICOÏDES.

L’ascaride lorabricoïde ressemble au lombric terrestre, qui lui a valu son nom (fig. 4). Cyliudroïde, allongé, ayant ordinairement de 20 à 25 centimètres

. Fig. 4. — Ascaride.

(Moquin-TanJon, fig. 125.)

de long el de 2 à 5 millimètres de "diamètre, l’ascaridejest d’une couleur rose plus ou moins foncée, lisse, luisant et demi-transparent. Les deux extrémités sont amincies, et surtout l’antérieure. La tête est marquée par une petite dépression circulaire surmontée de trois petites valvules (fig. 5, a). L’anus est placé tout près de l’extrémité postérieure. L’ouverture des organes génitaux de la femelle (c)

Fig. 5. — Ascaride. — a, extrémité céphalique avec les trois nodules et la bouche. — b, extrémité caudale du mâle, avec les deux spinules. — c, étranglement génital de la femelle, avec l’orifice sexuel. — d, csuf.

(Moquin-Tandon, fig. 120.)

se trouvé à la réunion du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs. Le pénis du mâle (b) est près de l’anus cl double. Le mâle est plus petit et plus court (pie la femelle. Ces animaux se reproduisent par des œufs (d).

[C’est exclusivement dans l’intestin grêle que se développent les ascarides lombricoïdes; on en a cependant trouvé dans des parties du corps très-diverses. Mais il n’est guère douteux qu’en pareil cas ces vers n’aient quitté leur siège primitif pour se porter plus ou moins loin ; et alors ils ne tardent pas à être expulsés ou à périr. « Les ascarides lombricoïdes que l’on rencontre dans un organe autre que 1 intestin grêle ne s’v sont pas développés, et, en général, ils n’y vivent point au delà de quelques jours. » (Davaine. )

Le nombre des ascarides existant dans les intestins est très-variable : on n’en rencontre souvent qu’un ou deux, et jusqu’à six ou huit; quelquefois ils sont assez nombreux pour remplir et distendre l’intestin : on les trouve alors, à l’autopsie,

agglomérés en pelotons volumineux Ces vers ne se réunissent probablement en

peloton que lorsqu’ils commencent à ressentir le refroidissement du cadavre, ou lorsqu’ils arrivent dans un organe qui ne leur offre plus des conditions d’existence, tel que le gros intestin. (Davaine.)]

§ II. — Causes.

Causes prédisposantes. — L'âge a une influence non douteuse sur la production de ces entozoaires. Ils sont surtout fréquents de trois à dix ans; on en a trouvé chez un vingtième des sujets dans cette période de la vie, tandis qu’auparavant on en rencontre à peine une ou deux fois sur plusieurs centaines d’enfants. [Extrêmement rares chez les nouveau-nés, ils auraient, dit-on, été vus par Hippocrate, Brendel, à cet âge.] On en observe quelquefois chez les adultes.

On a dit que le sexe féminin prédispose particulièrement à cette allection, ce qui n’est pas prouvé. Quant à la constitution , c’est chez les enfants lymphatiques et scrofuleux que se montrent principalement les ascarides.

Relativement au climat, nous n’avons pas d’observations très-précises ; cependant, si l’on en croit quelques auteurs, ces vers sont très-communs dans la Hollande, dans la Suisse, [l’Allemagne, quelques provinces de l’ouest de la France].

On a attribué à la nourriture une influence très-prononcée sur la production des ascarides, et l’on a accusé principalement le laitage et les fruits, les légumes, le régime végétal, (le leur donner facilement naissance.

Joignons-y l’ habitation d'un lieu froid et humide [et la saison d’été et d’automne]. Enfin on a cité des affections vermineuses régnant sous forme épidémique.

Il reste encore beaucoup à faire pour préciser l’influence de ces causes.

Les causes occasionnelles. ne pourraient être recherchées que dans Yintroduction des œufs avec les aliments et surtout avec les boissons.

[« L’œuf de l’ascaride lombricoïde, dit Davaine, ne se développe pas .dans 1 intestin; il est toujours expulsé avec les garderobes avant qu'il se manifeste en lui aucun phénomène de segmentation.... D’après nos observations et des expériences faites sur le chien, nous croyons pouvoir établir (pie l’embryon reste renfermé

ASCARIDES LOMBRICOÏDES. — SYMPTÔMES.

dans la coque jusqu’à ce que l’œuf soit rapporté dans l’intestin, et que là, l’action des sucs intestinaux ramollissant cette coque, l’embryon la perce et se trouve dans l’organe, qu’il ne doit plus quitter pour atteindre l’état adulte.... Si l’on recherche quelles sont les conditions ou les causes qui déterminent soit la rareté des lombrics dans certaines localités et leur fréquence dans d’autres, soit leur apparition en grand nombre, et, en quelque sorte, par épidémie, il faut avant tout se souvenir que l’ascaride naît d’un œuf, et que cet œuf, déposé avec les fèces à la surface du sol, doit, pour éclore, arriver dans le tube digestif de l’homme (1). il faut donc chercher par quelle voie et comment l’œuf peut être transporté dans le tube digestif. Ce n’est évidemment ni parles légumes, ni par les fryils ou le laitage, ni par un mauvais régime, etc.; c’est par l'eau. Les œufs des lombrics sont expulsés avec les fèces, qui en contiennent quelquefois par myriades. Ces œufs peuvent rester dans l’eau d’une mare, d’un ruisseau, d’un puits, etc., pendant six, sept mois et plus, •sans subir aucune altération; l’embryon s’v développe, et n’est mis en liberté que I lorsque l’ovule arrive dans le tube digeslif de l’homme. Un filtre l’arrête en chei min ; une température élevée le tue. Avec ces données, on pourra trouver sans i doute la raison qui fait ces vers rares à Paris et communs dans les campagnes : à I Paris, où l’on boit généralement des eaux puisées à la Seine et passées au filtre, i lequel retient les ovules des ascarides; à la campagne, où l’on boit l’eau des mares et des puits non filtrée. » ]

§ III. — Symptômes.

Du côté du tube digestif, on a noté des douleurs , des coliques quelquefois aiguës, des picotements ayant leur siège autour de l’ombilic, parfois une sensation difficile iià définir, le sentiment d’un corps qui se meut , qui rampe , etc. ; dans quelques cas, la sensation de picotements est portée à un très-haut degré.

On a noté une certaine sensibilité du ventre à la pression, du gonflement, du ballonnement, une diarrhée tantôt séreuse, tantôt légèrement sanguinolente. Souvent ces symptômes manquent, ou se montrent à des intervalles variables, et l’on peut les attribuer à une autre cause qu’à la présence des ascarides.

Du côté de l’estomac, on a observé la perte plus ou moins grande de l 'appétit, Ides éructations fréquentes, parfois des vomissements glaireux. On a remarqué,

' chez un certain nombre de sujets, V enduit limoneux de la langue, l’acidité, la i fadeur ou la fétidité de Y haleine, et une augmentation plus ou moins marquée de la soif. Des auteurs ont dit que la salive alllue dans la bouche.

Phénomènes nerveux dus à la présence des ascarides dans l'intestin. Ce

'sont la somnolence, la céphalalgie, Y abattement, ou bien Y agitation, Y excitation. Ha dilatation des pupilles. Dans quelques cas rares, on a observé des palpitations nerveuses et même des lipothymies.

On a remarqué que les enfants se frottaient fortement le nez, et qu’ils étaient 'Sujets aux hémorrhagies nasales.

(1) C. Davame, Recherches sur le développement et la propagation du trichocéphnle de [ nomme et de l'ascaride lomhricoide ( Comptes rendus de l’Académie des sciences t XLVl -21 juin 1858). ’ ’*»

La face est pâle, plombée, parfois rouge cependant; les yeux sont abattus, entourés d’un cercle noirâtre.

On a noté une petite toux sèche, et surtout l’accélération avec irrégularité du pouls. Dans un cas, le ralentissement du pouls coïncidait avec l’irrégularité (Bailliez et Rilliet).

Accidents produits par les ascarides lombricoïdes. ■ — Les vers intestinaux franchissent assez souvent les limites de leur siège habituel. C’est de là que résultent les accidents particuliers auxquels ils donnent lieu. Parfois les vers sortent de la cavité intestinale en traversant ses parois, et viennent former à l’extérieur des tumeurs désignées sous le nom d’abcès vermineux (1). Ces abcès se produisent avec une certaine lenteur: lorsqu’on les ouvre, ils donnent issue aux vers lombrics, et, dans quelques cas exceptionnels, a des matières stercorales. ils n ont pas d ailleurs le danger que l’on pourrait leur supposer au premier abord. On n’a pas de laits authentiques qui prouvent la possibilité d’une péritonite par le passage d’un ascaride de l’intestin dans le péritoine. Les adhérences qui se forment en pareil cas, ou, comme le pensent plusieurs auteurs, la très-petite ouverture intestinale résultant de l’écoulement des fibres el non d’une véritable perforation , empêchent

l’animal de tomber dans la cavité séreuse.

L’intestin non altéré par une lésion pathologique peut-il être percé par l’ascaride? [Les faits cités semblent avoir été produits après la mort; Davaine (2), sans admettre la possibilité de la perforation, pense cependant que la pression de la tête de l’animal contre l’intestin ramolli peut en amener la déchirure.]

Il résulte qu’une artériole peut cire percée par un lombric de manière à produire une hémorrhagie intestinale mortelle (Charcellay). Des ulcéiations pcilorantes peuvent se produire dans l’estomac et les intestins, et par conséquent n’attribuons pas à ce fait une importance exagérée.

On a trouvé parfois un si grand nombre de vers dans I intestin, qu il en est résulté une sorte d 'étranglement interne. Ces faits, qui ont été réunis par Davaine (3), sont exceptionnels.

On a encore attribué à la présence des vers le développement de Y inflammation de l'intestin; mais il arrive si souvent que l’on trouve la membrane muqueuse intacte dans les points occupés par les ascarides, que Ion ne peut sempêchei

d’avoir des doutes à cet égard.

Les migrations des vers dans les autres cavités peuvent produire des accidents qu’il est facile de prévoir. Dans l’estomac , ce sont des sensations semblables à celles que nous avons notées dans l’intestin, et de plus des vomissements dans la matière desquels se rencontrent les lombrics. Dans l’œsophage , c’est un sentiment de gêne, de constriction vers le cou, vers la gorge, et une toux qui finit par déterminer les vomissements et l’expulsion des vers parla bouche ou parles narines.

[ Du pharynx ils peuvent se transporter dans la trompe d’Eustache, dans les voies lacrymales. Rodriguez rapporte l’observation d’un ascaride extrait par le grand

angle de l’œil (k).]

(1) Mondière, Recherches pour servir à l’hist. de la perforation des intestins, etc . (Journal l’Expérience, t. II, p. 65, 188).

(2) Davaine, toc. cit., p. 122. — (Voy. Étranglement interne, p. 62.)

(3) Davaine, ouvr. cité , p. 175 à 192.

(û) Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses, p. U a.

ASCARIDES L0MBR1C0ÏÜES.

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