APOPLEXIE HÉPATIQUE
épices, les boissons fermentées. On pourra faire appliquer des sangsues à l’anus,
■ ordonner les bains de siège tièdes, les purgatifs salins les plus doux, tels que la crème de tartre, jointe à la pulpe de tamarin. S’il y a de la diarrhée, on ne la supprimera point trop tôt, et dans ce but on se servira de la racine d’ipécacuanha, soit à dose fractionnée, soit comme vomitif. Si l’état devient chronique, on conseillera le changement d’air, on prescrira de petites doses de rhubarbe, d’aloès, jointes au fer ou à des extraits amers et résolutifs : un vomitif peut, dans ce cas, avoir une influence utile. Le régime sera moins rigoureux qu’avec l’hypérémie aiguë : une alimentation légère et nourrissante est nécessaire pour empêcher l’ap-
I pauvrisscment du sang et l’atonie de l’appareil vasculaire. Pringle, Lind, Portai et Haspel (1) recommandent de placer sur la région hépatique des vésicatoires, un
■ séton ou des moxas que l’on renouvelle ou que l’on entretient pendant un certain temps. Enfin quand il y a complication des phénomènes de l’intermittence, on recourra au quinquina ; mais il ne faut pas trop se hâter, car le fébrifuge sera sans action tant que l’hypérémie n’aura pas été modérée par une médication préalable. Une saisoii aux eaux de Kissingen, de Hombourg ou de Marienbad, en Allemagne;
, à Vichy ou à Vais, en France, pourra donner des résultats avantageux, alors même < que l’engorgement hépatique dure déjà depuis longtemps. C’est ainsi que les aut teurs du Dictionnaire clés eaux minérales (2) assurent que l’époque la plus favoi rable pour le traitement de ces affections par les eaux de la Grande-Grille, à Vichy, -serait comprise entre dix-huit mois et quatre ans de durée de la maladie. Les 1 même3 auteurs conseillent de préférer aux eaux bicarbonatées sodiques, les eaux chlorurées, telles que celles de Niederbronn, de Hombourg ou de Kissingen, dans les cas d’hypérêmies hépatiques accompagnées des signes de la pléthore abdominale, de 1 empâtement général du ventre, d’hémorrhoïdes, etc., etc., ou lorsque l’état lymphatique domine.]
Apoplexie hépatique. — Nous possédons des faits d’apoplexie simple du foie; 'mais cette affection a peu d'importance pour Je praticien, car dans tous les cas Ma moi t a été subite ou si prompte, qu’on n’a pu porter secours aux malades.
Les faits d’apoplexie hépatique les plus remarquables sont dus à Andral (3),
I Honoré (ü), Robert (5), Hevfelder (6) et quelques autres. C’est à tort qu’on a voulu réunir à ces faits, sous le nom d 'hémorrhagie hépatique , une observation rapportée par Louis (7); ce cas ressemble à quelques-uns des précédents par l’héiimorrhagie qui s’est fait jour dans l’intestin, mais il en diffère par un point capital, ['puisqu’il y avait existence préalable d’une hépatite et rupture très-probable d’un 'vaisseau dans un foyer purulent. (Vov. Hépatite.)
Ces faits peuvent être divisés en trois espèces différentes. Dans la première ,
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(3) Andral, Clinique médicale, t. II, 3" édit., p. 259
(4) Honoré, Communications à l’Académie cle médecine
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(G) Heyfelder, Archives générales de médecine, décembre 1839.
(/) Louis, Recherches anatomico-patho/ogiqucs, p. 37G.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
nous trouvons une de ces hémorrhagies que l’on doit rapporter à une altération du sang, et qui ont été décrites sous le nom Cl' hémorrhagies constitutionnelles. Le cas cité par Bonorden (1), et celui que nous devons à Brierre de Boismont, sont des exemples de cette espèce d 'apoplexie hépatique. Les sujets de ces observations avaient non-seulement un épanchement de sang dans le foie, mais encore des infiltrations ou des foyers sanguins dans d’autres parties du corps. Dans le cas rapporté par Bonorden, ces épanchements se trouvaient dans un grand nombre de points du tissu sous-cutané, et dans celui de Brierre de Boismont, des tumeurs sanguines occupaient le foie, la rate, les glandes mammaires, la peau du ventre et des fesses, la substance cérébrale, le poumon, le pancréas, les reins et l’ovaire droit.
Dans la seconde espèce , il y a rupture d'un vaisseau dans le foie, et l’on peut rapprocher, en pareil cas, l’apoplexie hépatique de certaines apoplexies cérébrales. Les cas cités par Andral, et celui que l’on doit à Heyfelder, en sont des exemples.
Dans d'autres cas , on ne trouve ni dans l’état du sang, ni dans l’état de l’organe, de cause à laquelle on puisse assigner l’épanchement du sang. Honoré a présenté à l’ Académie de médecine un fait de ce genre.
Le plus souvent on ne peut reconnaître aucun symptôme à l’apoplexie hépatique, soit que les faits n’aient pas attiré suffisamment l’attention, soit que la mort ait été presque subite, soit enfin que, comme dans les cas où il y a en même temps plusieurs hémorrhagies intestinales, on ne puisse pas plus attribuer la production des phénomènes à cette apoplexie qu’aux apoplexies des autres organes et à l’altération du sang. Ce qu’il y a de plus général, c’est un malaise notable, des douleurs dans l'abdomen , et parfois des vomissements. Une syncope peut précéder la mort pendant un temps assez long, comme on l’a constaté dans le cas rapporté par Heyfelder.
.1. Abercrombie (2) a cité un cas d'apoplexie du foie chez une femme en couches. L’apoplexie se produisit environ une heure après l’accouchement. I.es symptômes furent les suivants : Douleur vive à l’hypochondre, oppression, dyspnée, vomissements, refroidissement, pâleur, bourdonnements d’oreilles, éblouissements, pouls petit. On trouva, à l’autopsie, un sac volumineux, formé par le péritoine, occupant la face antérieure et inférieure du foie, et plein de sang. Andral (3) rapporte un cas de ce genre, on en doit un autre «à Gilbert Blanc {h), et Heyfelder (5) a rassemble les cas connus de cette affection.
A Y autopsie, on trouve dans le parenchyme du foie un ou plusieurs foyers assezsemblables à ceux qui constituent l’apoplexie pulmonaire. Le sang, pris ordinairement en caillots noirs, peut être en partie liquide. Après son évacuation, il reste une excavation irrégulière dont les parois, formées par le tissu hépatique, sont infiltrées de sang et plus ou moins ramollies.
Traitemerd. — Saignée, application de sangsues sur la région hépatique etk I anus,. repos , boissons froides , diète, et, dans le cas où I on peut soupçonnei une altéi a—
(1) Bonorden, MedizZeU. herausgegebenvon dem verein für Heilkunde in Preuss. Berlin,
(2) Abercrombie, London medical Gazelle, septembre 18AÆ.
(3) Andral, Anatomie pathologique, 1829, t. II, p. 580.
( à ) Gilbert Blane, Trans. ofaSoc. forthe improv. oj medical and chirurgical knowledge y
(b) Heyfelder, Stud. im Gebiete der IJeilvnssencliaft. Sluttgard, 1838, t. I, p. 130.