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CHOLÉRA -MORDUS SPORADIQUE. — SYMPTÔMES

melons, crabes, œufs de brochet, chair de porc, ou bien d’eau fraîche en grande abondance, devin nouveau, etc.], ou lorsque certaines circonstances particulières sont venues troubler la digestion , et c’est la ce qui a fait attribuer les symptômes à une simple indigestion.

[Chez les jeunes enfants, il se développe pendant les fortes chaleurs de l’été et constitue le choléra infantile. Il survient surtout à l’époque du sevrage.]

Searle (1) a vu la maladie se produire sur les deux tiers des enfants cl’une école, par suite de l’ouverture d’un égout infect dans le voisinage. Deux sujets succombèrent.

Plusieurs auteurs ont regardé comme des choléras des évacuations abondantes dues aux éméto-cathar tiques. Il est certain que les phénomènes de collapsus sont les mêmes en pareil cas; il y a cette différence, que ces derniers accidents ne reconnaissent pas pour cause celle qu’il faut nécessairement admettre pour le choléra ordinaire, et que, uniquement produits par un agent externe, ils sont ordinairement beaucoup plus faciles à arrêter.

Victor Racle (2) a rassemblé un assez bon nombre de cas dans lesquels le choléra sporadique est apparu au milieu d’une autre affection, et il a vu que ce choléra est très-grave. Il a désigné cette espèce de choléra sous le nom de choléra sporadique symptomatique.

Il faut reconnaître l’existence d’une cause inconnue , pour qu’un accident qui, dans les circonstances ordinaires, ne présente pas d’autres phénomènes que ceux d’une indigestion simple, soit accompagné de la supersécrétion gastro-intestinale caractéristique, supersécrétion qui devient la source des plus graves symptômes.

§ IV. — Symptômes.

Suivant J. Copland (3), il faudrait distinguer trois variétés de choléra : le choléra bilieux , le choléra flatulent et le choléra spasmodique. Mais on ne voit dans les observations aucun motif d’admettre une division semblable, et dans l’article de Copland nous n’avons trouvé autre chose, pour distinguer les espèces, que la plus grande prédominance de symptômes communs à tous les cas.

Début. — Très-souvent le choléra européen se manifeste tout h coup, et l’on a remarqué que c’était surtout pendant la nuit qu’avait lieu son invasion. Dans d’autres circonstances il est précédé, pendant un temps variable, de pesanteur, de malaise à l’épigastre, parfois de véritables douleurs, en un mot, de quelques signes d’une violente indigestion.

Symptômes. — Le premier symptôme de cette affection est une douleur plus ou moins violente occupant l’épigastre et souvent une assez grande étendue de l’abdomen. Elle consiste dans des tortillements, des coliques, une compression violente qui donne lieu à une vive anxiété. Si alors on palpe l’abçlomen, on le trouve plus ou moins douloureux à la pression dans les points indiqués.

La percussion donne un son tympanique dans la plus grande étendue, et un son mat là où il y a accumulation de matières.

(1) Searle, On choiera, 1829.

(2) V. Racle, Mémoire sur le choléra sporadique symptomatique ( Revue médico-chirurgicale).

(3) J. Copland, Dictionary of practical Medicine, 1835, t. I.

Los nausées ne tardent pas a apparaître. Elles sont parfois accompagnées (V éructations, de rapports acides ; mais le plus souvent les vomissements leur succèdent presque immédiatement. La matière de ces vomissements consiste d’abord dans les aliments et les boissons mal digérés; puis elle est composée d’un liquide aqueux plus ou moins mêlé de bile ; et enfin les vomissements sont jaunes, verts ou verdâties, amers, et par conséquent presque entièrement bilieux. Cependant les choses ne se passent pas toujours ainsi, et 1 on a vu des vomissements abondants être toujours composés d un liquide acre qui brûlait l’arrière-gorge : c’est ce qu’avaient déjà remarqué les auteurs anciens, et Lazare Rivière (1) en particulier, qui en tirait une objection contre le choléra ou flux de bile.

En même temps que les vomissements, ou presque immédiatement après, surviennent des coliques violentes, des selles abondantes de matières âcres, souvent très-fétides, et qui, chez quelques sujets, corrodent fortement l’anus. Ces selles sont, dans un assez grand nombre de cas, d’une abondance extraordinaire. C’est au point qu’on a vu des sujets remplir en peu d’instants un grand nombre de vases qu’on avait à peine le temps de vider. Elles sont précédées ou accompagnées de gargouillements du ventre, de borborygmes. On les trouve d’abord composées de matières fécales liquides, puis d’un liquide mêlé parfois d’aliments mal d gérés, et enfin elles sont verdâtres, noirâtres, herbacées, évidemment bilieuses.

C’est lorsque les selles ont cette grande abondance qu’on trouve la paroi abdominale dure et rétractée, et que souvent la douleur du ventre est extrême.

Un symptôme qui peut se joindre à ceux qui viennent d’être indiqués est le hoquet , qui parfois est opiniâtre.

Dans le choléra, la langue est ordinairement rouge et sèche; soit par suite de l’irritation causée par le passage des matières âcres, soit par suite de l’abondance des excrétions. Les malades se plaignent souvent d’une sensation d'ardeur très-vive à la gorge; ils éprouvent en même temps une soif plus ou moins \ive, et ce symptôme est d’autant plus incommode, que l'ingestion des boissons provoque presque immédiatement le vomissement. Ces vomissements étant presque toujours douloureux par suite de la contraction convulsive de l’estomac, on a vu des sujets éviter, malgré la soif, toute ingestion de liquide.

Une autre circonstance qui favorise notablement le vomissement, c’est le mouvement. Or les mouvements sont presque incessamment excités par les douleurs spontanées, les crampes, qui engagent le malade à prendre des positions diverses, dans l’espoir de se soulager.

C’est ordinairement après un certain nombre d’évacuations qu’elles se manifestent. Occupant particulièrement les mollets, puis les pieds, elles sont, dans des cas assez rares, étendues à tout le corps. Parfois on les voit se produire dans l’abdomen, où les muscles, en se contractant, forment des bosselures dures et douloureuses. Dans certains cas, elles ont une violence vraiment effrayante.

A la suite de ces symptômes, 1 e pouls devient accéléré, plus ou moins étroit, et lorsque les évacuations sont très-abondantes, il est filiforme, misérable. La voix devient faible, basse, et parfois il y a une aphonie presque complète ; la respiration est haute, quelquefois suspicieuse et accélérée.

(1) L. Rivière, Praxeos nied, lib. IX [Opéra med. univ.j Lugduni , d G G 3) .

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