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HÉPATITE CHRONIQUE. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

,xiste avec l’ictère et la douleur dans une affection de longue durée, on ne peut flou ter que l’inflammation chronique ne se soit emparée de l’organe.

Il y a dans cette affection, comme dans l’hépatite aiguë, des troubles digestifs rrès-variables. On observe une diminution de Y appétit, ou un appétit capricieux, tantôt vif, tantôt médiocre, tantôt nul. Les digestions sont ordinairement plus ou moins difficiles. La soif est nulle ou peu vive. La bouche est parfois pâteuse ou mnère ; on observe les divers accidents qu’on décrit d’habitude sous le nom de lyspepsie.

Du côté de Y intestin, memes symptômes variés que nous avons notés dans l’hé— oatite aiguë; des alternatives de constipation et de diarrhée, et rarement des oliques. Lorsque la constipation existe, les selles sont ordinairement décolorées; fans le cas contraire, elles sont plus souvent bilieuses. Lorsqu’elles sont purui entes, c’est qu’un abcès s’est ouvert dans l’intestin.

Les urines sont naturelles lorsqu’il n’existe pas d’ictère, c’est-à-dire dans la majorité des cas. Chez les sujets affectés d’ictère, elles n’ont pas toujours été examinées, et si nous ne les trouvons rougeâtres, safranées, qu’un petit nombre de 'ois, n’en pas conclure que le fait a lieu rarement. Toutes les fois que les urines ont présenté cet aspect bilieux, l’ictère existait, ce que nous avons signalé dans l’hé— natite aiguë.

Les symptômes généraux sont peu marqués au commencement, dans la plus 'grande partie du cours de l’hépatite chronique. Nous trouvons Yabsence de la ' fièvre marquée presque jusqu’aux derniers jours. Il est quelques cas où un mouvement fébrile léger, caractérisé par une chaleur sèche, un peu de malaise et une faible accélération du pouls, s’est montré à une époque peu avancée et a persisté jusqu’à la fin. Chez un petit nombre de sujets il survient, après un certain temps, dde légères exacerbations le soir, quelquefois annoncées par de légers frissons. Un 'dépérissement lent, signalé par l’amaigrissement, la faiblesse, la pâleur lorsqu’il nn’y a pas d’ictère, complète le tableau de ces symptômes généraux, qui se rapportent à la fièvre hectique ou purulente.

Dans les derniers temps de la maladie, tous les symptômes peuvent acquérir plus d’intensité. La douleur devient plus vive, la fièvre plus ardente et la gène de la respiration plus grande. Dans ces cas, le décubitus dorsal est parfois seul possible, comme on en voit un exemple dans les observations d’Andral, et les sujets lifmissent par succomber dans le dépérissement, ou bien il y a une de ces perfoi rations indiquées à l’article Hépatite aiguë, et alors surviennent les mêmes acci- <klents, terminés soit par une mort rapide, soit par la guérison. (Voy. Abcès idu FOIE.)

Nous n’avons fait figurer ici ni Yinfiltration des membres, ni Y ascite, ni les hémorrhoides, ni les épistaxis, ni les taches hépatiques signalées par les auteurs. (Comme l’on a presque toujours, dans la description de l’hépatite chronique, confondu des maladies différentes, il faut laisser dans le doute ces divers signes.

§ IV. — Marche, durée, terminaison.

La marche n’est pas toujours continue. Nous voyons un exemple remarquable d’une marche intermittente irrégulière, dans l’observation que Dalmas a recueillie s sur lui-même. En pareil cas, l’inflammation chronique envahit-elle, à des inter-

MALADIES DLS ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES

vallcs variables, dilîérents points du tissu hépatique? On peut supposer qu’il eu est ordinairement ainsi; car, dans la formation isolée d’un abcès du foie, on ne trouve pas de temps d’arrêt qui puisse expliquer les intervalles considérables de soulagement plus ou moins complet qu’éprouvent les malades. [En outre, l’évolution peut être complètement latente ; Haspel et Rouis rapportent deux cas fort extraordinaires qui ne laissent aucun doute sur la réalité de celte marche singulière de l’hépatite. Il s’agit de deux individus qui succombèrent tout à coup, sans jamais s’être alités, et dont le foie était le siège d’abcès énormes, arrivés à leur dernière période. Quant à la duree , elle est ordinairement fort longue, dépassant une année dans la majorité des cas; souvent même, d’après Rouis, la maladie tourmentant le malade pendant plusieurs années consécutives, s’exaspérerait à chaque retour des chaleurs ou de l’hiver.

L’hépatite chronique peut-elle se terminer par résolution? Cette terminaison, admise par un grand nombre d’auteurs, doit cependant être regardée comme trèsrare, et même comme exceptionnelle, quand la maladie est arrivée à la période de suppuration. L’abcès une fois formé, le pus doit être évacué d’une façon ou d’une autre, et alors, d’après la voie qu’il suit, on a des chances plus ou moins grandes d’obtenir une guérison. Néanmoins, dans le plus grand nombre de cas de ce genre, la mort est l’issue la plus fréquente.]

§ V. — Lésions anatomiques.

Les lésions anatomiques de l’hépatite chronique ne diffèrent de celles de l’hépatite aiguë que par quelques particularités sans importance. Les abcès sont, sans contredit, la lésion principale ; on ne trouve pas dans les auteurs un seul cas d’hépatite chronique terminé par la mort, sans qu’il y en ait eu un ou plusieurs.

§ VI. — Diagnostic, pronostic.

L’augmentation de volume, qui est un phénomène presque constant, nous pourrions même dire constant, vu l’extrême rareté des exceptions, est un caractère suffisant pour indiquer tout d’abord le siège de l’affection. Mais à quelle maladie chronique du foie a-t-on affaire? On a cité comme pouvant être confondue avec l’hépatite chronique une hypertrophie simple de l’organe; mais l’existence de cette hypertrophie présente encore quelques doutes, et nous ne pouvons exposer ce diagnostic avant d’avoir dit un mot de celte lésion. (Voy. Hypertrophie du foie.)

La simple congestion sanguine ne détermine qu’une gêne plus ou moins grande. Elle est d’ailleurs souvent liée aux troubles de la circulation, et ces caractères suffiront pour la faire reconnaître.

Le cancer du foie se distingue principalement de l’hépatite chronique en ce que la surface de l’organe offre des saillies dures qui déforment son bord inférieur, et en ce que le dépérissement est plus rapide, et par conséquent plus marqué.

Quant aux hydatides, voyez article VII, Hydatides, Éciiinocoques.

Nous ne présenterons pas le diagnostic de la cirrhose ; un des principaux signes de l’hépatite chronique est le développement souvent très-considérable du foie : or, dans la cirrhose, cet organe diminue plus ou moins de volume, excepté dans quelques cas exceptionnels (voy. Cirrhose). Cette circonstance suffit seule pour distinguer les deux affections.

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