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ABCÈS DU FOIE. — SYMPTÔMES, MARCHE, TERMINAISON

recueillis : deux par Hébréard, un par Stokes, un par Passaquay, et le cinquième I par Schrœdter (1).

Bentley (2) a cité un cas dans lequel un abcès du foie s étant ouvert dans le péricarde , a causé une péricardite suraiguë promptement mortelle. Allan a rap- I porté un cas semblable, et l’on cite un troisième exemple de cette rupture dans le | péricarde (3).

[Rouis nous a donné l’analyse de 203 cas d’abcès du foie; sur ce nombre, 90 étaient restés confinés dans le foie. Dans 17 cas, la suppuration étant disséminée • sur plusieurs places, un certain nombre seulement des abcès avaient franchi la périphérie de la glande. Enfin, dans 90 cas, la collection purulente avait été évacuée i complètement. Sur ce nombre, 19 avaient trouvé leur issue h travers la paroi thoi raco-abdominale; ô3 avaient traversé le poumon et les bronches; 8 étaient épan- ' chés dans l’estomac; 7 dans le côlon transverse; lô dans le péritoine; 1 dans le péricarde. Enfin le pus était sorti, une fois par le duodénum, deux fois par la vésicule et les canaux biliaires.]

L’expectoration et les déjections purulentes sont, en certains cas, mêlées de sang, de sanie sanguinolente, de bile, et contiennent parfois des calculs biliaires; c’est qu’alors l’abcès a existé primitivement dans la vésicule du fiel.

Saunders (A) a vu le pus être versé dans le duodénum sans rupture préalable de l'abcès. Les gros conduits biliaires s’ouvrant dans l’abcès, versent, en pareil cas, le pus dans le canal cholédoque, qui le transporte dans l’intestin.

\ons avons dit la terminaison promptement mortelle qui suit la rupture de l’abcès dans le péritoine et dans la veine cave; même lorsque celle-ci a lieu dans des organes creux qui portent le pus au dehors, la terminaison n’est pas toujours favorable. On en voit la preuve dans un cas cité par Pepper, et dans lequel l’expectoration du pus contenu dans l’abcès du foie n’empêcha pas le malade de succomber. La mort arrive, soit parce que les abcès étaient multiples, ce qui est le cas le plus ordinaire, soit parce qu’après l’évacuation d’un abcès unique, il s’en forme d’autres dont l’ouverture n’est pas aussi heureuse, soit enfin parce que la suppuration continuant, et les organes par lesquels le pus est versé au dehors venant à s’enflammer, il survient un dépérissement mortel.

On trouve divers exemples de ces terminaisons dans un mémoire de Petit fils (5). Dans un cas, entre autres, la marche de la maladie, après la rupture de l’abcès dans l’intestin, fut remarquable en ce que, lorsque par une cause difficile à apprécier, le pus retenu dans la cavité accidentelle ne pouvait être chassé dans l’intestin, les signes de l’affection hépatite se reproduisaient, pour cesser dès que les garderobes redevenaient purulentes.

Tl est d’autres cas où l 'abcès manifeste une tendance à s'ouvrir au dehors à tra- 1 vers les parois de l’bypochondre. On voit alors se former dans un endroit limité do l’hypochondre ou de l’épigastre un point saillant, au sommet duquel la peau rougit et s’amincit après un temps plus ou moins long. C’est ce qui eut lieu dans le cas

(1) Schrœdter, Revue médicale , avril 1846.

(2) Bentley, London medical Gazette , décembre 1848.

(3) Abcès dit foie ouvert dans le péricarde (. tournai des Progrès, t. V, et Archives générales de médecine, lre série, 1828, t. XVIII, p. 98.

(4) Saunders, A treatise on the structure, etc., ofthe hiver. London, 1800.

(5) Petit, Mémoires de l’Académie clc chirurgie. Paris, 1743, t. I, p. 237.

MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIOESTIVES

observé par Pasquier (voy. p. 169.) La fluctuation, d’abord profonde, devient ensuite superficielle, ce cpii lève tous les doutes, Suivant la remarque de Boyer (1), la fluctuation se fait quelquefois sentir dans plusieurs points de la tumeur, qui n’est jamais isolée et comme détachée des parties environnantes. On a cité d’assez nombreux exemples de fusées purulentes, qui, parties du foie, sont venues s’ouvrir dans les divers points du tronc, et même à la partie interne de la cuisse, simulant un de ces abcès qui se forment dans la carie vertébrale.

§ ni. — Diagnostic, pronostic.

[Pour tout ce qui précède la formation de l’abcès, 'nous renvoyons à l’article consacré à l’hépatite dont l’abcès est une conséquence; nous nous contenterons de rappeler ici les affections avec lesquelles l’abcès, une fois formé, peut être confondu. Ainsi il ne sera pas toujours facile de reconnaître si du pus expectoré pendant la durée d’un épanchement pleurétique ou d’une pneumonie provient d’un abcès du ioic. On dévia se î appeler alors deux signes presque pathognomoniques des abcès du foie et qui se rencontrent dans la majorité des cas. Le premier, c’est l’expulsion de débris dans lesquels on peut reconnaître la substance hépatique; le second, c’est la présence d’une certaine quantité de bile, tantôt isolée en gouttelettes, tantôt mélangée avec le pus.

Toutes les fois que le pus ne peut sortir de la glande, le pronostic est des plus défavorables, et jusqu’à présent on n’a pas observé un cas de guérison. Celle-ci, au contraire, devient possible lorsque l’abcès, soit artificiellement, soit naturellement, a pu évacuer son contenu à l’extérieur. Les chiffres suivants, que nous empruntons à Rouis, donneront une idée des espérances plus ou moins grandes que l’on doit concevoir, suivant que le pus a suivi, pour s’échapper à l’extérieur, telle ou telle voie. Sur les 203 cas analysés par cet auteur, 39 ont eu une terminaison complètement favorable. Dans tous, le pus était sorti : dix-sept fois, en traversant la paroi thoraco-abdominale ; quinze fois, en pénétrant dans les bronches; trois fois, en s’épanchant dans l’estomac; et quatre fois dans le côlon transverse. Ainsi le pronostic deviendra d’autant plus favorable que l’abcès manifestera une tendance plus marquée à s’échapper par une des voies que nous venons d’indiquer.]

Si du pus a été évacué par l’anus, on pourra encore, en procédant par élimination, diagnostiquer qu’il provient d’un abcès du foie. Pour cela, on s’assurera, à l’aide du toucher rectal et du spéculum, qu’il n’a été fourni ni par des paquets hémorrhoïdaux, ni par une suppuration de. la prostate. De plus, l’existence antérieure d’une hépatite prouvera qu’il ne s’agit pas ici d’un abcès des fosses iliaques ou d’une carie des vertèbres lombaires.

§ IV. — Traitement.

Lorsque, après avoir employé vainement les moyens mis en usage contre l’hépatite, on a la certitude de l’existence d’un abcès, et que cet abcès est accessible à nos instruments, il ne faut pas hésiter à donner issue au pus en pratiquant une ou-

(1) Boyer, Traité des maladies chirurgicales , t. VII, /ie édit., p. 272.

(2) Rouis, Recherches sur les suppurations du foie.

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